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Le progressisme est l’ennemi du peuple !, par Christian Vanneste.

Quand une nation affronte une guerre, un ennemi, la solidarité « mécanique », selon Durkheim, s’affirme, et le nombre des suicides diminue. La crise économique qui disloque une société entre ceux qui bénéficient d’un emploi garanti et les autres n’a pas le même effet. L’expérience d’une crise sanitaire doublée d’une crise économique ne peut évidemment être identifiée à une guerre. Le danger vital d’abord, social ensuite, conduira les membres d’une nation à juger leurs dirigeants selon l’efficacité des moyens employés pour les surmonter l’un et l’autre. Il y aura donc un soutien plus ferme de ceux dont l’action sera jugée positive. Il n’y aura pas d’union nationale.

christian vanneste.jpgC’est ainsi que Mme Merkel a bénéficié des bons résultats allemands face au Covid-19, qui font oublier son aveuglement sur le risque migratoire. La situation est très différente en France, car l’épreuve, mal « gérée », loin de favoriser l’unanimité a renforcé un clivage mondial vécu avec plus d’intensité dans notre pays.

Ce clivage est celui qui oppose une « élite » progressiste à des peuples conservateurs, le progressisme à ce que les progressistes qui dominent les médias appellent dédaigneusement le populisme. La concentration des pouvoirs politiques, économiques et médiatiques dans notre vieux pays d’hypercentralisation jacobine, a toujours renforcé le poids de l’idéologie dominante, inoculée par l’éducation nationale, l’enseignement supérieur, et la presse de « référence ». Le « Monde » trône dans tous les CDI… L’élection de M. Macron en 2017 a placé à la tête du pays une caricature de ce progressisme, réunissant l’ENA, la Haute Fonction Publique, les « cabinets », et la Banque d’affaires…. Impossible de dire mieux ! Michel Onfray souligne que l’un des ouvrages placés en exergue sur une photo du chef de l’Etat, celui d’André Gide contenait « L’Immoraliste ».

Le progressisme repose sur une double confusion qu’on trouve déjà chez Condorcet. Les progrès scientifiques et techniques sont indéniables. Mais, première confusion, ils seraient globaux et ne mettraient pas de terme à la « perfectibilité de l’Homme ». « Nos espérances, sur l’état à venir de l’espèce humaine peuvent se réduire à ces trois points importants : la destruction de l’inégalité entre les nations ; les progrès de l’égalité dans un même peuple ; enfin le perfectionnement réel de l’Homme ». On sourit en relisant cet auteur conduit au suicide dans sa prison de Bourg-l’égalité ( redevenu Bourg-la- Reine), après avoir été pourchassé et arrêté par plus révolutionnaire que lui. Le nom d’alors de la ville est un détail cocasse. Ceci se passait sous la Terreur, en 1794. Plus de deux cents ans après, l’égalité entre les nations ou entre les Français, le perfectionnement réel de l’homme n’ont pour le moins pas progressé à la même vitesse que  la technique. Nous ne vivons pas dans le monde qu’il connaissait. Nos moyens de communiquer, de nous déplacer, de produire, d’échanger, de nous soigner sont infiniment supérieurs. Mais l’Homme s’est-il perfectionné ? A-t-il fait progresser l’égalité entre les peuples et les membres d’une même nation ? Evidemment, non ! Seconde confusion, le progrès une fois perçu doit se poursuivre de manière continue, linéaire jusqu’à l’idéal.  » Il arrivera donc, ce moment où le soleil n’éclairera plus, sur la terre, que des hommes libres ». A nouveau, sourire ! Non seulement la liberté n’a pas conquis la planète, mais elle régresse dans notre pays, en raison des « états d’urgence » à répétition, et des restrictions constantes à la liberté d’expression. La technologie perfectionne même le contrôle et la surveillance. L’idée que l’Histoire n’est pas linéaire, mais cyclique, et qu’un mouvement inverse à celui du passé récent peut s’y produire, devient de plus en plus crédible. A regarder les résultats économiques de la France, le mot de « déclin » s’impose. A regarder sa cohésion sociale, l’état d’esprit de ses habitants, son rayonnement dans le monde, c’est celui de « décadence » qui se profile.

Il est frappant de constater que dans notre pays une minorité privilégiée continue à croire au progrès dont elle se réserve plus ou moins consciemment les bénéfices, et qu’un nombre grandissant de Français en doutent. Ils n’ont pas vécu le confinement de la même manière, n’ont pas la même vision de l’avenir que la caste qui dirige le pays. Celle-ci continue à imposer son idéologie et ses priorités alors que la masse s’en éloigne chaque jour davantage. Durant la crise sanitaire, l’ignorance et le mépris du peuple se sont affichés sans vergogne, sans doute par aveuglement. Deux exemples : le pouvoir a utilisé l’épisode pour promouvoir ses lubies idéologiques. Il a sorti les détenus de prisons et les clandestins des lieux de rétention, pendant qu’il confinait les Français. Il a maintenu les demandes d’asile. Il a allongé les limites de l’avortement jusqu’à trois mois, comme si l’insuffisance des naissances n’était pas prioritaire par rapport à ce « droit’ magnifié par l’idéologie. La ministre de la Justice s’est félicitée de la diminution du taux de « surpopulation carcérale » alors que celui-ci n’est du qu’à l’insuffisance des cellules, et non à l’excès de répression. La comparaison avec nos voisins est humiliante.

Second exemple : la gestion de la crise sanitaire et le barrage institutionnel face à la thérapie « marseillaise » de Raoult. Sous prétexte de favoriser la recherche d’un vaccin, ou de nouvelles molécules spécifiques au Covid-19, on a gêné voire interdit l’usage de cette thérapeutique, entravé la liberté de prescrire des médecins, et sans doute entraîné des décès évitables. Le renvoi chez soi, la non-admission à l’hôpital de patients âgés, condamnés à une absence de traitement efficace sont des crimes, liés certes à la pénurie mais aussi à l’idéologie et aux accointances de la classe dirigeante. Les cénacles parisiens pensaient recherche, découvertes à plus ou moins long terme des laboratoires, comme pour le Sida. A Marseille, Raoult testait, soignait et guérissait le plus souvent avec des remèdes anciens et peu coûteux des malades atteints par une épidémie nouvelle, mais pas exceptionnelle. Raoult ne croit pas comme Condorcet que « la durée moyenne de la vie augmentera sans cesse », mais pense que l’expérience et les molécules du passé doivent être utiles à tous les malades sans discrimination… Ses adversaires « progressistes » étaient favorables à des expérimentations comprenant un « groupe témoin », c’est-à-dire des gens que l’on ne soigne pas. Cela est révélateur : le progressisme élitaire se soucie peu d’égalité, peu de liberté, peu de la vie des « vieux blancs » comme on dit maintenant. Il se contente de régner et d’écraser ce qui lui résiste….

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