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L'épidémie met en lumière l'opposition entre classes dominantes et classes populaires, par Aristide Renou.

Si l’épidémie actuelle devait servir à quelque chose d’utile, cela pourrait être de rappeler que l’idée que les classes dominantes pourraient se passer des classes populaires est largement une illusion. Une illusion certes plausible dans les temps paisibles, lorsque ni la nature ni la politique ne se manifestent trop brutalement, mais une illusion qui se dissipe dans les temps de crise, ou qui devrait se dissiper si nos élites avaient encore un minimum de clairvoyance.

Comme l’a dit fort justement Rachida Dati ces derniers jours (eh oui…), ce sont les Gilets Jaunes qui tiennent actuellement le pays à bout de bras, les « aides-soignantes, infirmières, ambulanciers, aides à domicile, femmes de ménage, caissières, livreurs ou encore personnel pénitentiaire » qui se lèvent encore chaque matin pour se rendre sur leur lieu de travail, au péril de leur santé, et qui permettent aux bobos urbains ou au CSP+ de rester confinés tranquillement chez eux en attendant la fin de l’épidémie. Aujourd’hui comme il y a 2500 ans les « pauvres » sont les murs de la cité, les murs derrière lesquels on court se réfugier en cas de tempête ou de guerre. La nature et la politique (qui est la nature de l’homme) reprennent toujours leurs droits.

« Le modèle économique de la société s’étant transformé, comme il l’a été dit précédemment, une grande partie de la main-d’œuvre ouvrière est devenue inutile. Les classes dominantes peuvent pour la première fois dans l’Histoire se passer des classes populaires, une fois les services de base à la personne (garderie, restauration, ménage, garde de malades et de personnes âgées) assurés par une main d’œuvre interchangeable ; les classes populaires sont dès lors face à une drôle d’alternative.

Ou bien elles acceptent de travailler pour de bas salaires qui, selon toute évidence, ne permettent pas de vivre décemment ni d’élever une famille avec les standards du XXIème siècle français. C’est dans les rangs de ceux qui ont fait ce choix que se recrutent les Gilets Jaunes. En effet, le salaire médian en France (1762 euros en 2017), qui correspond au plafond touché par la moitié des salariés, n’autorise que la précarité, non seulement dans les grandes villes, mais même dans cette France périphérique où la voiture est nécessaire (en France, 70% des salariés se rendent au travail en voiture, contre 4% à vélo). Le complément de salaire lié aux revenus sociaux est indispensable, même en l’absence d’accident de la vie. Or cela nuit à la valorisation du travail et à l’estime que se porte le travailleur.

Ou bien ces classes populaires renoncent à l’emploi, surtout s’il est rare et précaire, et elles basculent dans le système économique socialisé. Celui-ci est parfaitement rodé et accepté puisque la France distribue les plus généreuses prestations sociales au monde (le quart de son PIB). Cette économie sociale hors marché est un système unique au monde, devenu le marqueur de l’économie française : la grande distribution, le logement, les loisirs, la médecine, le système de formation, etc., dépendent aussi de la distribution des paiements de transfert. Les huit à neuf millions de pauvres sont ainsi économiquement intégrés au système, et ils contribuent indirectement à la croissance globale, non par l’emploi dont ils sont exclus (ou dont ils s’autoexcluent par manque de stimulation), mais par l’économie sociale pourvoyeuse de rentes ; les 85% d’immigrants annuels qui ne sont pas des migrants professionnels participent de cette étrange économie. A ce stade, enfin, la délinquance est une option non nulle, puisqu’elle offre un complément de revenu et qu’elle n’est pas moralement en balance avec une activité professionnelle qui n’existe pas. »

Pierre Vermeren, La France qui déclasse

Commentaires

  • Excellent article ! Bravo à Aristide Renou qui a parfaitement compris que ce ne sont ni la Start Up Nation, ni les grandes fortunes "ruisseleuses" qui font aujourd'hui tourner la Nation, mais bien ceux qui sont en première ligne, au travail, dans nos hôpitaux ou dans les cabinets de nos médecins et de nos infirmiers libéraux. Voilà la ligne sociale sur laquelle devraient être tous les royalistes. Et bravo à LFAR qui publie d'aussi bons papiers ! Le souci du social fait partie de nos gênes, chers camarades, ne l'oublions pas.

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