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  • Si les disciples se taisent, les pierres crieront

    par François Schwerer

    François-2012.jpgLa Semaine Sainte dans la France de 2018 avait été marquée par l’attentat de Trèbes et l’assassinat du gendarme Arnaud Beltrame. Celle de 2019 a vu Notre-Dame ravagée par les flammes. On s’interrogera longtemps sur les causes réelles de l’incendie et l’on se disputera sur la reconstruction du monument de pierre. Ici, plus simplement, essayons de faire une lecture symbolique de ce qui s’est passé.

    L’incendie est intervenu alors que l’Eglise universelle est en flamme et quelques jours à peine après que Benoît XVI, qui le lendemain fêtait son 92e anniversaire, venait de lancer son brûlot sur les causes de la crise qui secoue la barque de Pierre. Il y avait particulièrement remarqué qu’aujourd’hui, « l’Eglise meurt dans les âmes » et que « c’est une inertie du cœur qui nous conduit à ne pas vouloir (…) reconnaître » les « témoin(s) du Dieu vivant ».

    A ce moment, la France aussi était en feu et c’était ce 15 avril qu’Emmanuel Macron avait décidé d’intervenir pour essayer d’éteindre le feu allumé par la crise des « gilets jaunes ». C’est Notre-Dame, « la première en chemin », qui a tout bouleversé.

    Les premières images du sinistre montrent une fumée blanche qui s’échappe du pied de la flèche, comme celle qui sort de la cheminée de la Chapelle Sixtine lors de l’élection d’un nouveau pape. Cette fumée-là annoncerait-elle donc un nouveau départ pour l’Eglise qui est en France ?… Et comme certains veulent que Notre-Dame appartienne au patrimoine universel, s’agirait-il d’une nouvelle ère pour le monde ?

    Plus tard, l’orgueilleuse flèche est tombée. Doigt pointé vers le ciel, chef-d’œuvre de la démesure dont l’architecte s’est représenté lui-même à ses pieds, sous l’apparence de l’apôtre Thomas l’incrédule. Il regarde le sommet de la flèche, la main en visière au-dessus de ses yeux pour ne pas être ébloui par cette prouesse humaine, matérielle et technique. Mais, la flèche en tombant a percé la voute de la nef (voute qui a tenu malgré la chute de la clé de voûte, la chaleur qui fend la pierre et le poids de l’eau) comme la lance du soldat avait percé le cœur du Christ.

    Pendant l’incendie, il y avait des badauds en silence sur les ponts et dans les rues adjacentes, mais la foule rassemblée place Saint-Michel priait. Et l’on sait maintenant que l’aumônier des pompiers de Paris, l’abbé Fournier, ce héros du Bataclan et de la guerre en Afghanistan, après avoir sauvé la couronne d’épines, est retourné dans le brasier pour aller mettre les hosties contenues dans le tabernacle de l’autel dédié à saint Georges (celui qui terrasse le dragon) à l’abri et, avec elles, bénir la cathédrale en flamme.

    Les drones qui ont survolé Notre-Dame, pendant le sinistre, ont fait briller dans la nuit des ténèbres une croix rouge comme le sang, qui illuminait Paris. Le plan sur lequel est bâti la cathédrale est, à lui seul un témoignage de la foi des artistes anonymes qui nous légué un tel héritage.

    Quand les pompiers ont pu enfin entrer dans le fond de la nef ils ont pu constater et montrer au monde entier que la grande croix dorée qui surmontait l’autel, la piéta, les statues de Notre-Dame n’avaient pas été abîmées. Notre Dame, toujours debout au pied de la croix. En découvrant ces images, l’artiste qui avait sculpté cette magnifique croix glorieuse, Marc Couturier, a été très étonné de la voir si brillante :

    « C’est mystérieux, c’est très étrange ! Car elle n’est pas éclairée… cette lumière qui émane de la croix, c’est étonnant… Elle remplissait son devoir : resplendir dans la nuit et dans le chaos. »

    Aux pieds de la piéta, si la statue de Louis-Dieudonné (Louis XIV) n’a pas été atteinte non plus, celle de Louis XIII offrant sa couronne à la Reine du Ciel a été juste décapitée (comme Louis XVI). Elle semble avoir été atteinte par un coup donné latéralement alors que la cause de sa mutilation venait d’en-haut. La couronne de France, elle, est demeurée intacte, offerte à Notre-Dame, qui est Reine de France.

    Le coq de bronze qui était au sommet de la flèche pour servir de « paratonnerre spirituel » aux chrétiens et aux parisiens et qui renfermait trois précieuses reliques (de saint Denis, de sainte Geneviève et une épine de la couronne d’épines) a été retrouvé dans les décombres, n’ayant pas fondu malgré la chaleur. Pourtant le bronze fond à moins de 900° et la couleur des flammes et de la fumée montrait que cette température devait être dépassée.

    L’émotion suscitée dans tout le pays, les promesses de dons pour la reconstruction montrent, comme l’a exprimé Monseigneur Rougé, évêque de Nanterre, « ce paradoxe singulier d’une France qui est à la fois l’un des pays les plus laïques au monde et en même temps l’un des plus viscéralement catholiques ». Cela suffira-t-il à réveiller les croyants ? Se souviendront-ils que, la veille, à la fin de la procession des rameaux, ils entendaient la voix du Christ leur disant que si les disciples se taisent, « les pierres crieront » ?  ■  

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    Dans le chœur dévasté, la croix de l’autel demeure.

    Le témoignage de l'aumônier des pompiers de Paris

  • Toujours à propos de Notre Dame ... De qui sont ces vers étonnants ?

    l’An Deux mille n’aura pas lieu (Extraits)

    « Donnez-moi votre cathédrale pour à voix haute y dire 
    Ce que je porte en moi comme un enfant qui ne bouge pas encore
    (…..) 
    Une cathédrale par pitié de ce qui demande à naître
    Une cathédrale pour mon royaume 
    Pour ce royaume de misère en moi que je porte 
    Ce royaume de splendeur en moi que je porte 
    Comme un enfant craintivement qui commence à bouger.»

    1963

    Portrait_Aragon.jpgDe qui est ce cri prophétique ? Pas d'un poète catholique. Alors qui ? (Il n'est pas étranger à la Semaine Sainte). 

    Vous serez peut-être étonné de la réponse ... Il s'agit de Louis Aragon.

    [Merci à Henri de sa transmission.]

  • D'accord avec Golnadel : « Quand l’incendie de Notre-Dame révèle la bêtise de l’UNEF »

             Mélanie Luce, présidente du syndicat Unef. Sébastien SORIANO/Le Figaro

    Par  

    296519203.jpg Pour Gilles-William Golnadel, l’actualité montre chaque jour un peu plus l’absurdité qui régit « la rive gauche du spectre idéologique », dont les réactions des membres de l’UNEF à l’incendie de Notre-Dame sont le visage éclatant.[Figarovox, 23.04]. Il le démontre avec courage, lucidité, sans craindre de dire les choses. Il a raison.   LFAR

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    « La bêtise habite désormais au coin de la rue, à gauche en sortant. »

    Cette semaine, ce bêtisier nous montre dans quel quartier de la rive gauche du spectre idéologique la sottise a définitivement élu sa résidence principale. C’était un quartier, autrefois surpeuplé, désormais déserté par l’intelligence.

    La générosité n’y trouve plus son gîte. Et pourtant, c’est ici encore où les snobs préfèrent traîner.

    Visitons quelques lieux privilégiés, où quelques sentencieux ont déposé des perles d’inculture.

    L’UNEF tout d’abord. Ainsi, comme tout se sait, une certaine Hafsa Askar, membre du bureau national de l’UNEF, aura twitté quelques instants après le début du drame de Notre-Dame cette fine pensée :

    « Jusqu’à les gens (sic) ils vont pleurer pour des bouts de bois, wallah (re-sic) vous aimez trop l’identité française alors qu’on son balek (re-sic, traduction libre: on s’en bat les couilles) objectivement c’est vos délires de petits blancs ». Ce beau texte en dit long sur le goût de son estudiantin auteur pour les belles lettres. La présidente de l’UNEF, loin d’exclure sur-le-champ celle qui voulait excommunier ex cathedra les Français blancs, coupables de pleurer leur cathédrale, se fendit d’un communiqué empreint d’une très inhabituelle neutralité.

    En réalité, l’UNEF montrait dans son absence réelle de condamnation une franche cohérence dans sa détestation de la France et dans le fait qu’elle assume d’être devenue le siège de l’islamo-gauchisme estudiantin le plus inepte et virulent.

    Présidente voilée, camps racisés interdits virtuellement aux blancs, jeunes étudiants syndiqués sexuellement harcelés, sans oublier les insultes racistes contre la France, les catholiques et les blancs dont le tweet d’Hafsa Askar constituait l’ultime flatulence. (Avocats Sans Frontières, que je préside, a décidé de porter plainte contre l’auteur du tweet.)

    Et puisque nous sommes dans le cadre d’un bêtisier, nous ne saurions nous priver du dernier gazouillis de Clémence Zamora-Cruz, responsable LGBT, relayée par l’UNEF : « en tant que femme transgenre racisée, je suis intersectionnelle mais ma racisation fait de moi une personne plus privilégiée qu’une personne afro descente (sic) et c’est à cause du colorisme (re -sic) qui créee un privilège entre les personnes racisées ».

    L’UNEF, serait-elle en fait pionnière contre la dépression ? Selon certains scientifiques réputés, lire, chaque jour, un échantillon de son jargon, constituerait remède plus puissant que toutes les médecines chimiques pour vaincre le chagrin, le spleen et la mélancolie.

    La démission du politologue fantasque Thomas Guénolé de chez les Insoumis, et surtout ses conditions méritent également leur place au sein de ce sottisier.

    Elles en disent long, non seulement sur le mouvement politique précité, son management et sa direction mais encore sur l’air du temps (le Figaro 19 avril). Accusé, en interne, de harcèlement sexuel, Monsieur Guénolé reproche à Monsieur Mélenchon et à sa proche Sophia Chikirou (anciennement responsable de Média avec Gérard Miller, avant d’être remplacée, par Aude Lancelin avant qu’elle-même soit remplacée…) une dérive autoritaire. T. Guénolé aurait entamé une procédure judiciaire à l’égard du mouvement. Monsieur Mélenchon s’est dit stupéfait des reproches de Monsieur Guénolé qui lui aurait réaffirmé son amitié et son admiration encore très récemment.

    Prenant cette posture de la victime qui lui sied à ravir, il déclarait : « décidément, rien ne me sera épargné ».

    Mais c’est le procès en harcèlement fait à Thomas Guénolé qui lui vaut principalement les honneurs de la présente chronique. Son accusatrice serait une ancienne de ses étudiantes de Sciences-Po.

    Il aurait fait des compliments sur sa voix ! Plus inaudible encore, Thomas Guénolé aurait osé lui écrire (mais en la voussoyant) : «si je peux me permettre, le rouge vous va très bien. ».

    L’avocat de l’accusé l’innocentait par une exégèse des compliments professoraux : « c’était une blague, il la félicitait d’avoir été convertie à ses idées politiques, parce qu’elle était verte (Émilie été engagée dans Sciences-Po Environnement) et que lui était rouge »

    Monsieur Guénolé est en tout état de cause coupable de ne pas avoir su que lorsqu’on est rouge et féministe, on ne se permet pas de plaisanter avec ses étudiantes. Surtout lorsque l’on s’engage en politique. Toute plaisanterie, d’ailleurs, est désormais bannie.

    Enfin et pour terminer par un grand éclat de rire, il y a cette tribune dans le Monde du 18 avril qui s’interroge lourdement sur la pertinence de la décision du Président de la République de remettre la Légion d’Honneur à Michel Houellebecq. Pour résumer le propos, la Légion d’Honneur est une récompense républicaine qui perd tout son sens dès l’instant où celle-ci serait remise à l’auteur de Sérotonine dont le narrateur, comme toujours dans les romans du récipiendaire, exprime « son dégoût de l’émancipation ». Dans le même ordre d’idées qui se caractérisent sans doute par l’ouverture d’esprit, l’auteur s’indigne qu’on ait rendu un hommage funèbre et national aux Invalides à Jean d’Ormesson. Le rédacteur de la tribune rend hommage à « l’esprit de finesse » d’André Markovic qui, paraît-il, publia dans Le Monde du 11 décembre 2017 une tribune intitulée : « aux Invalides, c’était juste la vieille droite ». 

    Je m’enorgueillis d’écrire dans les colonnes d’un journal qui rend hommage régulièrement à Ken Loach, cinéaste anglais d’extrême-gauche, que je ne porte pas particulièrement dans mon cœur.

    Je crois impossible que Le Monde rende un jour un hommage ou publie la critique positive d’un cinéaste ou d’un écrivain vivant, engagé aussi à droite que Loach l’est à gauche.

    J’oubliais de préciser que l’auteur de cette tribune protestant contre l’honneur républicain rendu à Michel Houellebecq se nomme Jean-Philippe Domecq et est écrivain.

    Il s’agit sans doute d’un auteur de réputation mondiale qui n’a aucune raison de jalouser son honoré confrère.

    Je note que Houellebecq finit comme Domecq. J’essaie de trouver une quelconque explication de l’acrimonie par le patronyme. Mais cela ne rime à rien. Domecq ne finira certainement pas comme Houellebecq.

    La bêtise habite désormais au coin de la rue, à gauche en sortant.  ■

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    Gilles-William Goldnadel est avocat et essayiste. Son dernier ouvrage, Névroses Médiatiques. Le monde est devenu une foule déchaînée, est paru chez Plon.
  • La réaction lapidaire de Péroncel-Hugoz : Retour sur « Castaner, le syndrome du rien »

     

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    Oui, Casta c'est bien la vieille, très vieille, gauche marxisante sectaire et confite en bonne conscience, républicarde, laïcarde, fanatique ... 

    Péroncel-Hugoz

    Grand-reporter émérite, membre de la société des rédacteurs du Monde
    Chroniqueur a La Nouvelle Revue Universelle et à lafautearousseau 
    Directeur de la collection « Maroc », Casablanca

     

    A lire dans lafautearousseau ...

    CASTANER ; LE SYNDROME DU « RIEN »

  • CERCLE ALGÉRIANISTE DE MARSEILLE : CONFÉRENCE DE JEAN SÉVILLIA, JEUDI 25 AVRIL... C'EST CE SOIR

     

    Réunion du Cercle algérianiste de Marseille 

    Le jeudi 25 avril 2019, dans les salons de la Maison des travaux publics et du bâtiment, 344 boulevard Michelet 13009 - Marseille 

    Conférence de Jean SÉVILLIA 

    « LES VÉRITÉS CACHÉES DE LA GUERRE D'ALGÉRIE
    LA GUERRE D'ALGÉRIE EST-ELLE TERMINÉE ? »

    Journaliste-Écrivain né à Paris en 1952, Jean SEVILLIA fut Rédacteur en Chef Adjoint au Figaro Magazine dès 1981, et en reste un des chroniqueurs. Il est l’auteur de très nombreux ouvrages, biographies et essais historiques récompensés en 1997 et en 2004. Son dernier livre Les VÉRITÉS CACHÉES DE LA GUERRE D'ALGÉRIE a obtenu le Prix du GUESCLIN en 2018.
     
    Accueil à partir de 17 heures – Conférence à 18 heures
    Inscriptions préalables avant le 23/04/2019
    auprès de :
    Serge DOMENECH : 04.42.02.60.04 – e-mail : domenech_serge@orange.fr
    Michèle PEPE : 09.51.69.54.53 – e-mail : pepe.michele13@yahoo.fr
    Participation aux frais à régler sur place : 15€ (conférence et apéritif dînatoire)