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Justice et justice…

PAR JACQUES TRÉMOLET DE VILLERS

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Quand le fait d’être un Français de France rend la justice implacable 

Au soir d’une longue et belle et pleine existence professionnelle, mon regretté confrère Georges-Paul Wagner constatait que, globalement, la justice pénale était plus sévère avec les gens de droite qu’avec les gens de gauche.

Depuis, le constat s’est aggravé et il ne porte plus seulement sur la justice pénale. Il y a, dans les affaires civiles, et notamment les affaires familiales, des « profils » humains qui, dès le premier contact, disqualifient l’homme, ou la femme, à qui certains traits les attribuent : catholiques pratiquants, fonctionnaires d’autorité et particulièrement, militaires, chefs d’entreprise ou patrons de P.M.E.…

Les nouveaux critères

Nous n’en sommes plus aux « gauche » ou « droite », mais aux « réacs », « fachos », « machos », « nantis », qui se repèrent à leur allure, leur façon de s’habiller, de s’exprimer. Une étonnante séparation se crée entre la vie normale, familiale, professionnelle, sociale et l’appréhension judiciaire de la même existence. Tout ce qui paraît sain et recommandé dans la vie réelle : une bonne tenue, une certaine élégance, une aisance de parole, le goût du travail bien fait, le sens de l’autorité et de la discipline, est pratiquement considéré comme suspect en arrivant devant les tribunaux. Si on y ajoute une raisonnable aisance financière et un nom sentant la vieille France, la cause est entendue.

CpqnNmWWYAAQFP4.jpgUn bon exemple a été le traitement judiciaire des manifestants de La Manif Pour Tous. On y voyait une différence d’appréciation avec les délinquants habituels et les manifestants des banlieues (photo), mais aussi une étonnante divergence entre le Ministère public, chargé de la répression, requérant parfois avec une violence inouïe, et les magistrats du siège plus raisonnables dans l’appréciation des sanctions.

Aujourd’hui, avec les Gilets jaunes, il semble que la volonté de réprimer se fasse plus sévère encore. Ici, ce ne sont plus les familles de La Manif Pour Tous, souvent disqualifiées comme bourgeoises, voire aristo-réactionnaires ou catholiques intégristes. Le ton est différent, mais le reproche est le même. Ils ne sont pas « vieille France », mais ils sont « franchouillards » et ressemblent aux manifestants du 6 février 1934 qui étaient, dans leur immense majorité, des gens du peuple.

Donc, c’est le peuple de France qui est mal vu par la Justice de France qui est pourtant rendue « au nom du peuple français ». Il y a là comme une « contradiction dans l’essence même des choses », aurait dit Lénine, et qui laisse prévoir une explosion. Car la justice se dit aujourd’hui « gérante du contrat social et du pacte républicain ». Si la République et ses juges sont contre le peuple, parce que ce peuple est français et que les « autorités morales » le disent pour cela « homophobe, raciste, xénophobe, etc. », la tension va monter et le pacte républicain voler en éclats. Dès lors, la justice ne pourra pas, même avec une répression sévère, modérer l’exaspération. Au contraire, les condamnations vont entraîner une solidarité… On connaît l’engrenage : provocation, répression, révolution.

Une justice qui n’existe plus pour les justiciables

Il est temps de rappeler que, depuis Aristote, la justice veut l’égalité de ceux qui comparaissent devant elle et une harmonie des traitements réservés aux délinquants. On ne peut pas, à Coutances, comme on l’a vu tout récemment, acquitter un violeur au motif que sa culture ne lui permet pas de savoir que la victime n’était pas consentante, et, à Strasbourg, jeter en prison un homme au gilet jaune parce que son entrave à la circulation met en danger la vie d’autrui.

Déjà, en 1661, notait Louis XIV dans ses Mémoires, « la justice, à qui il appartenait de tout réformer, était la première à devoir l’être », car les jugements rendus au nom du Roi disaient le contraire les uns des autres. Cette unité dans le droit et l’application du droit est la seule garantie d’une société éprise de justice. Elle est aussi la condition de la confiance. Aujourd’hui, en France, les justiciables n’ont plus confiance. Ils vont vers la justice quand ils ne peuvent faire autrement, mais dans la crainte, le tremblement et, surtout, la défiance. Nous avons là un symptôme fort et certain d’une grande maladie sociale. Il ne semble pas que nos « élites » s’en préoccupent. Elles ont tort.

Le besoin de justice est attaché au cœur de la vie sociale plus fort encore que l’aorte au cœur de l’homme. Qui le contrarie, s’expose au pire des infarctus. Pour un régime aux abois tenté de s’acharner démesurément sur des hommes en colère, le moment est d’en prendre conscience. Avant le collapsus.

Actu justice : La sévérité des peines prononcées, quand même ce ne serait que du sursis, contraste avec l’étonnante mansuétude dont jouissent les petits malfrats et leurs frasques ordinaires.   

Jacques Trémolet de Villers

Commentaires

  • L'on pourrait également parler de la '' condamnation '' de ce rappeur noir qui appelait à pendre des blancs, disait vouloir entrer dans des crèches pour tuer des enfants blancs. 5000 euros d'amende avec sursis. Ce verdict est une véritable incitation au racisme anti-blanc, qui sait désormais qu'il ne risque rien. Imaginons un instant un chanteur blanc ayant demandé de tuer des enfants noirs et la condamnation encourue (avec raison) ! Il y a en France, pour la '' justice '' deux poids deux mesures. Il y a en fait en France deux justices, une pour les régnicoles, c'est-à-dire nous, et une autre, pleine de mansuétude, pour les aubains.

  • La justice n’est pas indépendante . Plus de 95% de juges sont choisis par le gouvernement.
    Tout est à repenser dans ce domaine comme dans les autres, 40 ans d’inertie sont la cause des débordements actuels. Il faut tout reprendre dans les bases et ce n’est pas le travail de Jupiter mais celui d’Hercule.


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  • et une fois que ce constat est fait , que fait-on ? (car tous les constats ont déjà été faits mille fois )
    Tous ces gens qui font des constats et qui ne proposent rien, pas d'action ?
    Moi, je pose une question :
    Comment le peuple souverain peut-il imposer sa volonté à un pouvoir devenu illégitime ?
    Comment se sont faites les révolutions de 1789, de 1830, de 1848, de 1870 ?
    Car ce pouvoir oppresseur, lui, ne renoncera pas à son projet funeste !.....

  • Le Droit pénal n'a jamais été autre chose, sous couvert d'une égalité proclamée, qu'un instrument politique entre les mains du pouvoir, et cela est patent dans le traitement différencié des mêmes délits à travers l'Histoire de France suivant les régimes en place. Notre époque dite moderne, a introduit deux biais dans les traitements appliqués aux affaires judiciaires : Le premier est la politisation univoque sur le plan intellectuel et sensible de la Justice, par l'influence de théories sociales de gauche, sur la culpabilisation, comme celle notamment du Doyen Stanciu, faisant du criminel une victime de la société, au détriment des victimes elles-mêmes. La seconde vient de l'évolution du système médiatique qui a entrepris de s’ériger en magistère de la pensée de gauche grâce au formatage des intellects dans les écoles de journalisme (rappelons en tant que de besoin que 90% des écoles d'élèves journalistes avaient voté pour le candidat Hollande). Ce tropisme est la plus part du temps recoupé avec celui des magistrats également formatés par une théorie de type "droit-de-l’hommisme", reliée aux concepts marxistes d'une domination des masses par des minorités, toujours évoquées comme représentantes d'intérêts cartellisés, mais également toujours opportunément éligibles à la réduction ad-hitlerum. L'ensemble de cette manipulation est réputée auto-justificative par la croyance, non démontrée, dans les affirmations sur lesquels elle s'appuie, et la fréquence des références qui y sont faites, par la minorité qui l'utilise. C'est pourquoi, la Justice, en France, se permet d'interpréter un Droit français normatif, (Ce qui est dit par la Loi est obligatoire, ce qui ne l’est pas est interdit), tout en affirmant respecter son obligation de non interprétation, en s'appuyant sur un faux consensus relayé, avant et après le jugement, par des media pointant le socialement souhaitable-acceptable, qui organise l'approbation populaire de gauche des décisions prononcées. Ce type de dérive a bien entendu toujours existé en fond de sauce, quoi que de manière moins théorisée, et moins vaste, déjà, les Templiers en firent les frais sous Philippe Le Bel, pour instrulentaliser la Loi afin, en autre, de détruire leur pouvoir et leur voler leurs richesses. Notre époque ajoute un aspect totalitaire mou et inquiétant à travers la brièveté des informations dans les consciences, due à la vitesse de rotation des sujets assenées aux consommateurs de nouvelles, à la cadence de mitrailleuses. Mais bien entendu cela aussi est voulu et optimisé, comme l’os que l’on présente au chien pour lui faire oublier qu’on le mène vers la baignoire. Rien n’est innocent quand il s’agit de manipuler, surtout comme en France, où la République régicide déteste le citoyen, et où le gouvernement en peur.

  • Pour rétablir les prérogatives du pouvoir judiciaire, il faudrait :

    Assurer l’indépendance des juges,
    Bannir constitutionnellement la politisation de la magistrature,
    Supprimer l’Ecole Nationale de la Magistrature,
    Renforcer les moyens du pouvoir judiciaire,
    Revaloriser, aussi et peut-être avant tout, le statut des juges,
    Rétablir la justice de paix...

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