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Jacques Myard a raison : Les gilets jaunes, une crise politique ? Non, une crise structurelle, une crise de régime !

 

Par Jacques Myard

Un article où Jacques Myard frappe fort - mais juste, à son habitude. Il a malheureusement raison ; ses diagnostics sont exacts. [Boulevard Voltaire, 13.12]. 

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La crise des gilets jaunes a surpris et étonné nombre d’observateurs et de politiques ; toutefois, certains (dont je suis) ont toujours annoncé que la politique de Bruxelles et de la BCE de Francfort nous menait dans une impasse.

Une crise structurelle

La France est dans la zone euro et les Français y sont attachés : c’est, en quelque sorte, un acte de foi, de nature quasi religieuse. Il est possible que cela change, mais il est certain, aujourd’hui, qu’aucun gouvernement européen ne prendra l’initiative de sortir de la zone euro. Ce qui ne signifie pas que la monnaie unique ne soit pas aujourd’hui menacée car une monnaie unique comme l’euro, c’est :

– l’impossibilité d’avoir une politique monétaire adaptée à chaque économie nationale, dont certaines peuvent connaître une surchauffe, d’autres stagner ;

– le taux externe de la monnaie unique, notamment vis-à-vis du dollar américain, est le résultat essentiellement de l’économie dominante allemande dont les surplus commerciaux tirent l’euro vers le haut. L’euro surévalué est alors un sérieux handicap pour les exportations de la France ;

– l’impossibilité de dévaluer pour retrouver de la compétitivité ; dès lors, il est jugé préférable de « se serrer la ceinture » et de faire des coupes radicales dans les dépenses, à charge pour le peuple de le comprendre… afin de respecter les fameux 3 % de déficit budgétaire.

Cela s’appelle la dévaluation interne, politique que la Grèce, l’Espagne, le Portugal et l’Italie ont été obligés de mettre en œuvre pour réduire leurs déficits budgétaires et, à un moindre degré, la France.

Le gouvernement Hollande puis Macron ont mis en œuvre cette dévaluation interne en bloquant les salaires de la fonction publique, en réduisant les allocations familiales, les pensions et les allocations vieillesse, et les investissements.

Cette politique a entraîné une récession économique sans pareille puisque l’Italie, aujourd’hui, n’a toujours pas retrouvé son PIB de 2008 et elle a provoqué des mouvements sociaux importants ainsi que l’arrivée au pouvoir d’une coalition qu’Emmanuel Macron qualifie de populiste.

En décidant d’augmenter le SMIC, de défiscaliser les heures supplémentaires, de supprimer la hausse des carburants – laquelle devait compenser la suppression de la taxe d’habitation -, de supprimer la hausse de la CSG pour les revenus inférieurs à 2.000 euros, Emmanuel Macron prend le contre-pied de ses choix européens antérieurs et va à Canossa devant la révolte populaire ; il « lâche » 10 milliards d’euros pour calmer le jeu.

À cela, il faut ajouter l’interdiction, pour les banques centrales, de financer les États (traité de Maastricht), d’où des dettes souveraines colossales et l’atonie complète des investissements !

Une crise politique

Certains ministres doivent se sentir légèrement embarrassés à la suite des décisions du président de la République : l’un a souhaité que l’on rétablisse l’ISF, l’autre a fustigé la hausse du SMIC qui détruit des emplois, et le Premier ministre défend la fiscalité écologique avant d’être désavoué quelques heures après…

Une crise de régime

Mais le problème majeur révélé par cette crise est la défiance, pour ne pas dire le rejet, du président de la République dont l’image, malgré un acte de contrition et de repentance unique de la part d’un président de la République, est brisée. Sa crédibilité est fortement mise à mal et semble irrémédiablement compromise. À travers sa personne, c’est le char de l’État qui s’embourbe.

Mais Emmanuel Macron doit se garder d’oublier, dans le calme précaire revenu, la résolution qu’il a prise pendant la tempête de changer son action, car la tempête risque de gronder encore plus fort s’il n’y a pas un changement radical de politique économique ; loin, très loin de l’idéologie de Bruxelles !

À suivre…   ■ 

Jacques Myard
Homme politique
Député-maire de Maisons-Laffitte

Commentaires

  • Oui une crise de régime et non une crise politique .A force de nous dire à longueur de journée hors de la démocratie point de salut nos politiciens veulent nous faire croire à une crise politique alors qu'ils ressentent très bien ce qui se passe .Vous savez chers amis en République on tout les droits SAUF CELUI D ETRE CONTRE LA REPUBLIQUE alors qu'n monarchie on a le droit d être pour la République là est à mon avis une clé essentielle

  • La crise la plus sûre est celle de la démocratie représentative française qui laisse la moitié du corps électoral aux portes du parlement. Dans les démocraties matures, les saines empoignades d'hémicycles remplacent les désordres de la rue. Donc il faut apprendre aux Français l'art de la coalition et, en même temps, les détourner du césarisme qui exalte le tropisme gaulois du sauveur.
    En fait, revenir à la constitutions de 1958 avant dégradations, en y injectant de la proportionnelle, serait un premier pas. Ce pourrait être le projet du prince Jean qui parle de quelque chose qu'il ne développe jamais.

  • Je crois que le Prince dit ce qui, en la circonstance, peut être raisonnablement dit. Aux royalistes de jouer leur rôle sans prétendre tout savoir de ce que doit faire le Prince. Sont-ils assez efficaces eux-mêmes ? Ne devraient-ils pas aussi se poser cette question ? C'est facile de se défausser sur le Prince. Les royalistes auraient beaucoup de choses à faire pour s'améliorer, progresser, pour que le Prince puisse parler plus haut et plus fort. Ce n'est pas acquis !

  • Les libertés que nous possédons c'est la France qui nous les garanties et non les dimoucratie

  • on a fait de la démocratie une religion on lui rend un culte ce nest qu'un système politique et comme toujours il est plus facile de suivre les pires conséquences que les plus louables et la girouette qu'est la mode devenir un de ses courtisans

  • Bravo ; Ka démocratie religieuse de Jean Madiran !Comme ses analyses nous manquent

  • "Le Prince "parle de quelque chose qu'il ne développe jamais" écrit Kardaillac. Cette constatation, sans doute exacte, serait un reproche justifié si le Prince était un candidat à un pouvoir élu. Ce n'est pas le cas. Le Prince est aujourd'hui l'héritier de la dynastie capétienne nationale. Il voit les problèmes sociaux, il les analyse, il communique sa pensée aux citoyens qui veulent bien le lire, mais ne peut donner de solution, ce qui l'opposerait à ceux qui proposeraient un autre programme. Il doit être nécessairement au-dessus du politique, des décideurs élus, des titulaires des pouvoirs exécutifs, comme dans tous les royaumes d'Europe de nos jours. Est-ce facile? J'en doute mais le Prince essaie d'être à sa place: celle d'un symbole vivant : celui de premier Serviteur du peuple. Mes respects, Monseigneur.

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