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Livres & Histoire • Jean Sévillia : « Notre dernière victoire »


Par Jean Sévillia

Une recension à lire parue dans la dernière livraison du Figaro magazine [7.09]. Une remarquable leçon d'histoire. Qui conduit à une inéluctable prise de conscience de notre terrible déclin. Pourquoi ?  LFAR

 

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En 1918, la France était la première puissance militaire au monde, position qui lui a permis de gagner la Première Guerre mondiale. 

À l'occasion du centième anniversaire de l'armistice de 1918, tous les chefs d'Etat ou de gouvernement des pays ayant participé à la Première Guerre mondiale doivent se retrouver à Paris le 11 novembre prochain.

Donald Trump ayant annoncé sa venue, la présence du président des Etats-Unis confortera sans aucun doute l'idée selon laquelle la guerre de 14-18 aurait été gagnée par les Alliés grâce aux troupes de l'Empire britannique et surtout grâce aux Américains, entrés tardivement dans le conflit, mais dont l'arrivée sur le terrain aurait décidé de la victoire finale. Or, cette idée est fausse, comme le rappelle Michel Goya, un ancien officier, docteur en histoire contemporaine, dans un livre parfaitement documenté.

Le 14 juillet 1919, deux semaines après la signature du traité de Versailles, le grand défilé de la victoire avait lieu à Paris avec toutes les armées alliées, mais c'était 1 000 « gueules cassées » de l'armée française qui ouvraient le défilé, et trois maréchaux français (Joffre, Pétain et Foch) qui chevauchaient en tête des troupes.

diapo_francais_char_premiere_guerre_mondiale_11.jpgSans diminuer en rien l'extraordinaire endurance des Britanniques, engagés au feu pendant quatre ans, ou la bravoure des Américains, montés en ligne à partir du printemps et de l'été 1918, la vérité de l'Histoire oblige à dire que ce sont les forces françaises, parce qu'elles étaient les plus nombreuses, qui ont supporté le plus gros de l'effort de guerre, et qu'elles possédaient, à la fin du conflit, des capacités de manoeuvre que n'avaient pas leurs alliées. Chars jpg_aquarelle_francois_flameng.jpgRenault, avions Breguet, (photos) camions militaires, réseau de télégraphie sans fil : l'industrie française, de plus, avait fait de « l'armée française de 1918, écrit Michel Goya, la plus moderne du monde », offrant aux combattants des moyens inconnus de ceux de 1914, moyens qui ont largement contribué au résultat final. Par conséquent, c'est bien la France, première puissance militaire au monde, qui a gagné la Grande Guerre.

Pourquoi cette puissance s'est-elle ensuite délitée, pour aboutir à l'effondrement de 1940, c'est une tragique histoire sur laquelle l'auteur revient brièvement. Pour les nations aussi, la roche Tarpéienne n'est jamais loin du Capitole.   

Les Vainqueurs. Comment la France a gagné la Grande Guerre, de Michel Goya, Tallandier, 348 p., 21,50 €. 

Commentaires

  • En 1918, la France était la première puissance militaire au monde, position qui lui a permis de gagner la Première Guerre mondiale.

    Pourquoi cette puissance s'est-elle ensuite délitée, pour aboutir à l'effondrement de 1940 ? Et là, oui, il faudra l'appui des Alliés, les troupes de l'Empire britannique et surtout Américains, entrés tardivement dans le conflit après Pearl Harbor, mais dont l'arrivée sur le terrain décidear de la victoire finale le 8 Mai 1945, jour de Sainte-Jeanne d'A5rc (libération d'Orléens)...

  • Cette victoire fut le résultat de morts français et russes par centaines de milliers; en 1918, la France était épuisée et pas du tout la 1ère puissance militaire en Europe. On l'a vu au 10 mai 1940!

  • A la fin de la Grande Guerre c'est tout l'Europe qui était épuisée. Qui s'était suicidée à mener ce conflit.
    Néanmoins, la France fut victorieuse. Tragique et funeste victoire !

  • Hier , sur Arte , intéressante émission ( deuxième volet ) sur " les rêves brisés de l' entre deux guerres " , montrant bien que cette année 1918 , année de victoire était aussi préparatrice des difficultés des deux décennies suivantes , entre autres , endettement des états européens vis à vis des E.U , fausse richesse pour les particuliers découvrant le crédit ( nouvelle mentalité par rapport à l'ancien monde ) , montée des actions du fait de la ruée sur la consommation artificiellement facilitée , jusqu' à au crash boursier , le tout sur fond de révolution bolchévique ( après le 11 novembre , les alliés combattaient , à l 'Est ! ) , de montée du fascisme , de désinhibition vis à vis de la violence . Intéressante car débordant le cadre strictement français montrant une victoire complète en 1918 ( à quel prix ) et combien les facilités monétaires finissent , de toute manière , par se payer .

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