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Littérature • Bloy et Bernanos

 

par Gérard Leclerc

 

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Hier, Leonardo Castellani, un étonnant génie du pays de notre pape François, nous offrait, en quelque sorte, une clé pour entrer dans l’intimité de cet autre génie qu’est Léon Bloy.

Une clé qui risquait d’en rebuter plus d’un. Reconnaissons-le : l’annonce du Royaume avec Bloy, ça n’est pas une partie de plaisir. Ça risque même d’en faire fuir beaucoup. Mais la Bonne Nouvelle ne se traduit pas non plus facilement en termes publicitaires. L’Évangile, qui nous amène au Vendredi saint, suffirait à nous en avertir. Et de ce point de vue là, Bloy est dans la ligne, il ne nous raconte pas d’histoire. Bernanos confirme le diagnostic de Castellani. Il a écrit en 1947 un texte intitulé Dans l’amitié de Léon Bloy, où il note que si l’écrivain a dans le monde, et singulièrement en Amérique latine, des milliers d’amis, « nul, en apparence, n’a moins que lui recherché l’amitié ; il l’eut plutôt déconcertée, découragée, il l’a souvent défiée, provoquée avec une espèce de colère sacrée… ».

De cette attitude, Bernanos tire une leçon pour son temps qui peut être prolongée encore aujourd’hui. Et là encore, il nous faut encaisser. Nous sommes, en effet, très loin d’une thématique qui a cours chez nous autour de « l’ouverture au monde ». Nous serions trop loin des attentes du monde, et c’est pourquoi l’Évangile n’y serait pas entendu. Bien sûr, il y a quelque chose de vrai là-dedans, si l’on entend par ouverture proximité avec le prochain, écoute du cœur. Mais c’est tout autre chose qu’un alignement sur l’esprit du temps et les idéologies en cour.

C’est là que l’inflexibilité de Bloy et de Bernanos fait réfléchir. La question n’est pas, je traduis, de se trouver du côté du monde, mais de s’y trouver avec Jésus Christ. Et pour cela, il y a des ruptures nécessaires, des conversions, et même des polémiques, comme il y a des polémiques dans l’Évangile. Polémiques qui ne servent pas à rabaisser l’autre, mais à le faire émerger, ne serait-ce que pour découvrir la charte du Royaume, où se trouve exalté l’esprit de pauvreté. Cet esprit que Léon Bloy a poursuivi toute sa vie.   

Gérard Leclerc

Chronique diffusée sur Radio Notre-Dame le 7 novembre 2017

Commentaires

  • merci cher GÉRARD mais je vous transmets une interrogation sur ma bonne langue de FRANCE
    CONVERTISSEZ VOUS nous dit on le jour des cendres qui nous invite a une humilité
    mais quand je vois et que j'entends comment est traitée notre RELIGION est ce par manque d'apôtres ? de TEMPS ? de valeurs piétinées par la vitesse ou la richesse des MOTS francophone ?
    de toutes les façons mon bon SAINT est présent donc ceci se traduit par 'je pense donc je suis' et la route de mon SALÉSIEN est présente et cheminer est ardu

  • je pense que vous avez raison mais il ne faut pas confondre pastorale et stratégie que l'on peut adopter mais il faut respecter la fin ne justifie pas les moyens et ne pas oublier que nous vivons aussi dans un monde où malheureusement l'honnêteté n'est pas généralement respectée même par ceux qui le devraient professionnellement cl politiques journalistes intellectuels ... et malheureusement religieux ... la fin ne justifie pas les moyens le Pape Benoit XVI avait raison (voir la suite des évènements ) à Ratisbonne mais la presse même catholique l'a critiqué, le Pape Francois ne tient pas à l'être mais dans les faits quand on a un rôle de gardien de la vérité de la vie pour l'Eternité

  • Le commentaire de Zamours est comme toujours incompréhensible et hors sujet. De ce fait, celui d'Henri de Langle n'est pas bien clair. Passons.

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