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Un « maurrassien » d'Outre-Atlantique qui n'est pas le premier venu

Charles Mauras, Stephen Miller 

 

En deux mots.jpgConnaissez-vous Stephen Miller ?

Il né à Santa Monica, en Californie, Etats-Unis, dans une famille juive aisée, le 23 août 1985. Il a 32 ans, a étudié à l'université de Duke, puis a exercé le très moderne métier de « communiquant » ; enfin il est nommé en 2017 « Haut conseiller politique du président des Etats-Unis ». 

Tout New-York se demandait, paraît-il, hier, si ce serait lui qui écrirait le discours de Donald Trump à l'ONU. C’est ce que nous apprend MSN, et bien autre chose de plus important : « Les mauvaises langues rappellent que Miller a comme livre de chevet, parmi d’autres, l’œuvre de Charles Maurras. Inutile d'ajouter dès lors que cette inspiration contribuera à donner un discours très ethnocentré à l’ONU, sévère pour cette institution, accusée par Trump lui-même il y a quelques années d’être minable, d'abriter des gens qui y bavardent sans rien faire. » 

Ainsi, Maurras n'est pas M le maudit pour tout le monde. Pas plus Outre-Atlantique qu’en vérité en France et ailleurs. Cette condition qui lui est faite est l’un des aspects de la réalité de sa destinée politique et littéraire. Elle est artificiellement maintenue par nos élites politiques, médiatiques et, en partie, intellectuelles. Et, quelques fois encore, par de vieux maurrassiens complexés. Elle est une réalité secondaire et nous aurions tort aussi bien de la nier que de la mettre en avant. Dans la réflexion politique contemporaine, en vérité, et même si tout est fait pour ne pas avouer la place qu’il tient, Maurras est bien plutôt, selon l’expression d’Olivier Dard, ce « contemporain capital » qu’il n’est ni inutile, ni ringard de lire. Bien des signes, bien des choses le montrent, que nous n’allons pas détailler ici. 

Stephen Miller, par exemple, lit Maurras, y puise son « inspiration ». L’oeuvre de Maurras, nous dit-on, est sur la table de chevet de ce jeune-homme de 32 ans. Et figurez-vous qu’accessoirement, il écrit les discours du président des Etats-Unis. •

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En deux mots, réflexion sur l'actualité

Commentaires

  • Avant-hier (lundi 18 septembre) Lallement a posté un commentaire a propos de Valérie Pécresse, dans lequel il rappelle utilement - puisqu'elle lui est fréquemment accolée - l'origine de l'expression "M. le Maudit" en parlant de Maurras (une expression qui, pour les cinéphiles, rappelle évidemment, par ailleurs, le titre du film de Fritz Lang...). Ne sachant s'il compte le reposter aujourd'hui, je me permets de le faire, in extenso et sans rien changer, évidemment... :

    "Précision :
    L'expression " Maurras - M le Maudit" est habituelle depuis la campagne "Génération Maurras" du début des années 1990. La direction de la propagande avait alors utilisé cette expression, certes dans un sens provocateur (parlez de moi, même en mal, mais parlez de moi...) mais non pas victimaire mais au contraire prophétique, suite à son utilisation par Pierre Debray dans sa dernière série d'article de Je Suis Français (JSF).
    Voici le texte :
    Les insurgés du mai de 68 furent de bien piètres contestataires, en comparaison du grand maudit. Comme Tocqueville, Maurras avait compris que les forces industrielles conduisaient au règne de la masse dont la démocratie constitue I'expression politique. Tocqueville, ou son disciple Raymond Aron, s'y résignait, pas Maurras. Pas nous. Inéluctablement le règne de la masse détruisait toute civilisation, toute humanité."

  • Il faut comprendre qu'a l'époque, vers 1986-87, , l'AF connaissait un début de renaissance avec un groupe étudiant regroupé autour du dijonnais Nicolas Portier et sa revue Le Feu-Follet.
    Cette nouvelle génération d'AF se fit appel à d'anciens militants de la RN qui les aidèrent pendant 4 années consécutives à déployer les campagnes de propagande suivantes :
    - L'Action Française revient,
    - La France Bouge,
    - Génération Maurras,
    - Monarchie Fédérative
    Le choix du thème de chaque campagne fut à chaque fois l'objet de réflexion et de choix collectifs.
    En ce qui concerne Génération Maurras, les jeunes souhaitaient une campagne, disons identitaire... car à l'époque la Droite radicale avait mis en avant Maurice Barrès (avec un certains succès).. Ce en quoi vous avez raison, Maurras n'était pas maudit mais totalement oublié et il sagissait donc de le remettre sur le devant de la scène. La RN disposant de peu de moyens financiers, la seule solution était de jouer la provocation, d'où :
    - le choix du slogan "retournant" le slogan Génération Mitterand d'Harlem Désir et ses potes.
    - le choix graphique d'un Maurras stylisé un peu comme les affiches sérigraphique de Mao en 1968
    - le choix d'assumer (peut-etre de façon excessive) la diabolisation en l'assumant (un peu comme avait fait les black panther aux USA...) et en rajoutant avec le choix du M le Maudit, personnage immonde de Fritz Lang ainsi que la lettre Mu pour représenter le M de Maurras, ce signe étant celui du "méchant" Olrik des bandes dessinées du vieux journal Tintin (les editions menacèrent d'ailleurs la RN de procès.
    - le choix enfin de casser l’image d'un jeune Maurras contestataire d'avant 1914 mais trop politiquement correct, au profit d'une mise en perspective de la continuité entre le jeune et le vieux Maurras. Sachant que les derniers textes de Maurras en prison sont souvent parmi les meilleurs. En fait nous reprenions l'idée de Georges-Paul Wagner dans le premier numéro de La Revue Royaliste. L'idée était d'assumer Maurras et TOUT Maurras.
    - le choix d'imposer les couleurs. Bleu et jaune fut retenu de justesse sur Rouge et jaune. Il fallait que l'AF soit reconnaissable visuellement, immédiatement. D'ailleurs un peu plustard le FN tenta de reprendre ses couleurs que la Génération 2.0 actuelle à intelligement récupéré.

    Voici en gros ce qui explique le" Maurras le Maudi"t. Il ne sagissait pas de demander la réhabilitation de la ridicule condamnation pour intelligence avec l'ennemi de 1945 mais que Maurras devienne un drapeau brandi pour une jeunesse à la fois en colère et combattive mais surtout pleine d'espérance.

    Bien entendu on peut faire le bilan de ces essais de propagande et les passer à la moulinette de l'empirisme organisateur. Cela serait même une bonne chose pour developper l'esprit critique des nouveaux cadres d'AF.

  • Merci, cher Philippe Lallement, pour ce rappel de divers points d'histoire interne de notre Action Française.
    Trente ans ont passé et Fritz Lang est mort depuis 40 ans. A part les cinéphiles, la jeune génération ignore jusqu'à son nom.
    Inutile, me semble-t-il, de se plaindre auprès des gens du Système de la malédiction qu'ils entendent continuer de faire peser sur Maurras. Encore moins de leur "demander" de la lever. Ils ne le feront jamais. Ce serait de notre part enfantin et minable.
    Je pense que nous avons intérêt, aujourd'hui, à montrer le positif et le réel. La malédiction du Système persistera. Mais la réalité d'actualité c'est que le rédacteur des discours du président des Etats-Unis est un grand lecteur de Maurras. Et La Cause du peuple nous a révélé que NKM avait raison : c'était bien les idées de Maurras que Patrick Buisson entendait faire gagner depuis l'Elysée via l'indigne Sarkozy.
    Il me semble que c'est cela la plus positive actualité de Maurras. Et la réalité de son influence derrière l'apparente malédiction. Pour un "grand maudit", ce n'est pas mal !
    Amitiés.

  • Cher Gérard, cher François

    Effectivement en 2017 utiliser l'expression "Maurras le maudit" aurait beaucoup moins de sens. D'ailleurs l'évoquer n'a qu'un intérêt historique du point de vu de l'histoire du mouvement royaliste. D’où mes remarques.
    Aujourd'hui on pourrait plutôt évoquer" Maurras l'incontournable" vu la fréquence de l'utilisation tant de son nom comme repoussoir que de son oeuvre pour comprendre l'évolution de la société post-industrielle (c'est le cas des américains qui se sont toujours intéressés à la pensée de Maurras mais aussi de certains "nouveaux intellectuels" d'une droite française en
    besoin de recomposition).
    Pour le 150° anniversaire de sa naissance je pense même qu'il serait judicieux d'orienter les différents travaux sur l'influence maurrassienne, y compris sur De Gaulle. C'était déjà là, une piste relevée par le regretté Victor Nguyen lors des passionnants colloques à Aix en Provence.

    Amitié

  • Le discours de Trump a sûrement été écrit par Stephen Miller ! Pour ceux qui l'ont écouté !

  • L'article aurait pu dire qu'un "maurrassien" à la Maison Blanche, ça ne fait pas les affaire de la France. Elle devra faire face à un nationalisme américain renforcé pur et dur.
    Sur Maurras pas si maudit que ça, d'accord avec votre article.

  • 2018 verra le 150ème anniversaire de Charles MAURRAS. Il est intéressant qu'après Steve BANNON, il y a un 2ème intellectuel Américain qui s' intéresse au Maître de Martigues. Avec les jeunes chercheurs français il y devrait avoir un fort courant porteur qui rendra , ENFIN, justice à celui qui fut injustement condamné.

  • Charles Maurras aura permis au royalisme de franchir le cap du XXème siècle mais en lui injectant la drogue du nationalisme , potion inventée par la révolution française !
    Combien de temps faudra -t-il pour se désintoxiquer tout en perpétuant le royalisme et en gardant, bien entendu ,le sentiment national comme amour du pays natal plutôt que le nationalisme dirigé contre d'autres peuples ?

  • Le nationalisme a une origine de gauche, c'est un fait. Cependant il s'est rapidement retourné contre ceux qui l'avaient conçu. Il en est ainsi dans le domaine des idées. A l'origine de la Contre-révolution française, il y a l'antirationalisme maçonnique de Saint-Martin. A l'origine de la pensée anti-humanitaire de Barrès, il y a l'illumination de Herder, passée en contrebande dans les écrits de,,,Michelet. Donc il ne faut pas se soucier de l'origine d'une idée. Du reste Maurras, dans ses écrits doctrinaux, ne cache rien des côtés dangereux du nationalisme. Enfin, je me permets de vous dire que votre définition du nationalisme "dirigé contre les autres peuples" n'est pas conforme à la nature du politique, qui est naturellement conflictuel.

  • A mon très humble avis, il ne faut surtout pas songer un seul instant à demander la "levée" de la condamnation de Maurras, ni la révision de son procès. Avoir été condamné par le Système qui déclasse et déconstruit la France est au contraire le plus beau titre de gloire de Maurras ; c'est ce qui prouve le mieux la justesse de son action, c'est la plus belle preuve de la noblesse et de la grandeur de sa vie. Aucune "révision", aucune Légion d'honneur "de compensation", rien ne pourrait s'approcher un tant soit peu de ce magnifique brevet décerné par la république idéologique à celui qui est son adversaire essentiel, et qu'elle a donc maudit en tant que tel...

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