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CRISE ÉCONOMIQUE : Trois propositions pour en sortir, par François Reloujac *

libreechangebccc-635e1.jpgDans un monde globalisé où règne le libre-échange et où les textes qui régissent le fonctionnement de l'économie s'écrivent essentiellement au niveau européen, c'est une vraie gageure que d'imaginer trois mesures nationales qui pourraient améliorer la situation. Il est cependant possible d'amorcer un redressement avec des décisions dont la portée symbolique dépasse la simple conséquence immédiate.

 

1. Donner une nouvelle mission à l'Académie française 

La plupart des textes européens sont d’abord écrits et discutés en anglais, puis plus ou moins bien transposés dans les diverses langues des pays de l'Union européenne. C'est sur ces traductions approximatives que l’on demande aux Parlements nationaux de se prononcer. C'est, ensuite, sous l'unique contrôle de la Cour de justice de l'Union européenne que ces textes sont interprétés et ils le sont dans une optique téléologique. Autant dire que les parlementaires nationaux se prononcent sur des textes dont ils ne mesurent pas les conséquences. Ainsi, à partir du dernier trimestre 2014 le nouveau calcul du PIB intègrera obligatoirement chiffres de « l’économie non observée », même si, en France, pour ne pas effrayer la population, l'lnsee continuera à « communiquer » uniquement sur un PIB n’incluant pas ces chiffres. Cette « économie non observée » recouvre en fait les « transactions » occultes, c'est à dire, entre autres, la prostitution, le trafic de drogue, le travail au noir, la vente clandestine des produits volés… C’est le résultat d'un texte européen écrit il y a plus dix ans, traduit par l’administration bruxelloise en 2010 et imposé par le Parlement européen en 20l2 pour mise en application fin 2014. 

L'exemple est frappant : lorsque le Parlement national a été amené à se prononcer sur le texte d’origine, il n’a pas eu conscience de ce qu'impliquait cette notion de « transaction » pour le calcul du PIB. Or, en vertu de la liberté du commerce, et puisque le marché est le lieu où s'effectuent des transactions, il ne sera pas possible demain de s’opposer à la vente directe de marijuana en France par les dealers néerlandais, puisque, dans ce pays, cette drogue est en vente libre. Comment ne pas se trouver ainsi lié par des conséquences que l'on n'a pas voulues ? En demandant à l’Académie française de présenter au Parlement, avant que celui-ci ne se prononce sur un texte européen, un rapport dans lequel le sens des mots est explicité et en faisant obligatoirement annexer les conclusions de ce rapport au texte européen de façon à encadrer ultérieurement les décisions de la Cour de justice de l'Union européenne.

2. Généraliser la double indexation des crédits 

Aujourd'hui, les Français qui contractent un emprunt n'ont le choix qu'entre un crédit à taux fixe ou un crédit à taux variable. Dans le premier cas, si les taux baissent, les personnes endettées sont désavantagées par rapport à celles qui empruntent par la suite. Pour lutter contre cette « inégalité », les pouvoirs publics ont imposé aux banques d’accepter de renégocier les taux à la baisse, quitte à ce que cela déstabilise leur bilan. Si les taux remontent, les plus anciens emprunteurs bénéficient d'un effet d’aubaine. De façon à se prémunir contre ces deux sources de déstabilisation de leur bilan, les banques majorent toujours les taux fixes par rapport à ce qu’elles pourraient faire si on raisonnait en termes d’intérêts réels – c’est-à-dire, une fois déduit le taux d’inflation - plutôt qu'en termes d'intérêts nominaux (ou apparents). On s’apercevrait, par exemple, qu’aujourd’hui les taux réels supportés par les emprunteurs sont très élevés, compte tenu de la faiblesse de l’inflation et du gel des salaires, alors que les taux apparents semblent n’avoir jamais été aussi bas. Dans le second cas, l’emprunteur prend le risque de voir le taux de son crédit s’envoler sous la pression de la spéculation sur les marchés financiers. Dès lors comment faire pour sécuriser à la fois les prêteurs et les emprunteurs ?

La solution la plus simple, défendue par un ancien dirigeant du Crédit Foncier Jean-Pierre Dufoix, est de recourir à une double indexation. Le montant total des intérêts à payer serait calculé en fonction du coût réel de la ressource pour le prêteur ; le montant de chacune des échéances serait, quant à lui, indexé sur le taux d'inflation - ou sur le taux d’évolution des salaires. Dans une telle hypothèse, l’ajustement se ferait sur la durée du crédit. Etant assuré de retrouver sa mise, avec une rémunération normale, le prêteur n'aurait pas intérêt à gonfler artificiellement sa marge ; étant assuré de pouvoir - toutes choses égales par ailleurs - supporter la charge mensuelle de son crédit, l’emprunteur n'aurait pas de raison, ni d’appréhender le futur, ni de faire pression pour rembourser par anticipation. Les particuliers y gagneraient en sécurité et les entreprises auraient plus de facilités pour se projeter dans l’avenir. 

 

3. Redonner le pouvoir aux investisseurs 

On a pris l'habitude de qualifier d’"investisseurs" ceux qui ne sont au mieux que des épargnants, sinon de vulgaires spéculateurs. Les épargnants ne placent plus leur argent dans des entreprises, mais les confient à des organismes de placement collectif dont la mission n’est pas de soutenir une activité économique quelconque mais de rendre les sommes placées avec une plus-value. La conséquence, lorsque ces sommes sont placées sous forme d’actions dans des sociétés, c’est que le droit de vote attaché à ces actions n’est pas exercé par les « investisseurs » unis par une véritable « affectio societatis », mais par des intermédiaires qui n’ont qu’un objectif financier à très court terme. Ces mercenaires n’ont donc aucun scrupule à voter en assemblée générale pour des mesures qui condamnent l'entreprise à moyen terme. Pourvu qu'elles permettent de dégager une plus-value mobilisable immédiatement ! Puis, ils se défont des actions auxquelles sont attachés ces droits de vote pour aller recommencer ailleurs l’opération. Il ne faut donc pas s’étonner de voir les entreprises nationales délocaliser leur production dans des paradis fiscaux ou administratifs ou se faire absorber par des groupes multinationaux près à surpayer l'acquisition pour faire disparaître un concurrent. 

Comment faire en sorte que les décisions d’assemblée générale soient prises dans l’intérêt général de l’entreprise ? En limitant le droit de vote attaché aux actions aux seuls actionnaires détenant lesdites actions depuis au moins un an et s'étant engagés à les détenir au moins cinq ans – sauf, naturellement, cas de nécessité tel que décès, chômage, accident de la vie, etc. 

Pour conclure, il faut être conscient du fait que si les deux premières mesures sont relativement faciles à mettre en œuvre au plan national, la troisième pourrait avoir dans un premier temps un effet déstabilisateur sur le fonctionnement des Bourses et sur les cours des grandes entreprises françaises. N’est-ce pas le prix à payer pour simplement commencer à remettre de l’ordre dans le fonctionnement de l’économie ?  

 

Source Politique magazine, n°131 - Juillet-août 2014 

 

Commentaires

  • Permettez-moi les réflexions suivantes-animées par un souci principal de simplicité-sur ce texte.
    L'idée exposée en 1 est amusante par son hétérodoxie,mais parfaitement inapplicable:
    -il faut relire les statuts de l'Académie Française concoctés à l'instigation de Richelieu en 1635 pour comprendre que l'AF n' a pas été conçue pour être commise comme traductrice,et que par suite elle refuserait ce rôle réducteur-plus contraire à son règlement que ne le serait une réquisition de rédiger en alexandrins une directive de la Commission Européenne !-
    -le français est une langue beaucoup plus "figée" que l'anglais et surtout l'américain dont l'évolution est quasi-permanente,presque quotidienne même.Les journalistes américains ne se gênent guère pour inventer sans arrêt des néologismes qui font une belle carrière....grâce aux échos qu'ils émettent en particulier....au Royaume-Uni.(Il paraît que cela fait mieux vendre le papier !)
    -plus précisément,en ce qui concerne la Commission Européenne,tout dépend de celui qui tient le porte-plume en anglais: même s'il est britannique,tout porte à croire qu'il sera sous influence américaine,toujours dominante en matière d'économie et de financement.
    L'idée d'une bonne traduction française est sûrement à retenir,à la condition que notre ministère des Finances désigne régulièrement une commission de trois membres, dont au maximum un fonctionnaire,les deux autres étant des opérateurs connaissant aussi bien l'anglais/américain que les marchés eux-mêmes avec leurs détours,leurs habitudes,leurs secrets.
    L'idée émise en 2 me paraît trop compliquée pour l'emprunteur lambda,quelque soient les talents reconnus de M.Dufoix.
    Comme la grande majorité des emprunteurs ne comprendraient rien à ces subtilités d'opérateurs,il vaudrait mieux supprimer purement et simplement la possibilité d'emprunter à taux fixe,et la remplacer par une disposition contractuelle prévoyant des curseurs maximum à la hausse et à la baisse des taux,protégeant ainsi l'emprunteur et le préteur,dans des limites convenues à l'avance-ce qui aurait pour conséquence heureuse de mieux les responsabiliser sur leurs engagements respectifs.
    On ne peut qu'adhérer sans réserve aux suggestions du §3 qui sont de pur bon sens.

  • Je pense que l'inclination de monsieur Reloujac est de "réglementer". Or c'est bien cette manie française de tout écrire et réécrire à son contraire pour conjurer les effets pervers du premier jet qui bride le génie national ou ce qui en reste.

    Re (1): L'utilisation d'une langue ne reflète que la puissance de son économie. Il faut certes des soutiens actifs à la langue en période de basses eaux, en attendant de retrouver un certain primat dans les affaires économiques du monde, mais nous ne pourrons attendre trop avant de voir l'universalité du français disparaître pour de bon, la langue devenant en son usage une élégance littéraire, voire un marqueur social.

    Re (2): Complexifier les emprunts est normal au pays des codes-pavés qui nous ridiculisent. La mesure est inexplicable sauf à tenir pour acquis de laisser le client dans l'ignorance de ce qu'il n'a pas besoin de comprendre. C'est déjà le cas aujourd'hui pour un tas de mesures sociales ou professionnelles. L'usager a le droit de se taire.

    Re (3): Il y a un vrai problème de gouvernance des grands groupes industriels et commerciaux. Il se passe des choses intéressantes aux Etats-Unis sur le sujet. Les banques, souvent à l'origine des politiques de rendement des fonds, sont dans le collimateur des pouvoirs publics agacés par leur arrogance. Après JP Morgan, Citigroup et BNP-Paribas, voici que Bank Of America va être essorée. Il ne serait pas idiot que les Etats européens emboîtent le pas et mette la profession au garde-à-vous une bonne fois, en réactivant peut-être le Glass–Steagall Act partout. On peut rêver.

  • Sortir du système économique issu du Conseil National de la Résistance, voilà ce qui est urgent de faire en premier. Nous sommes en "économie dirigée", c'est à dire que nous cumulons les inconvénients des systèmes libéraux et planifiés à la fois, sans en avoir les avantages.
    Il est grand temps de défaire ce programme et les "réformes" qui en ont suivi entre 1945 et 1952.
    Cette "architecture" singulière a tenu tant bien que mal pendant plus d'un demi-siècle. Elle a même été renforcée en 1981, à contresens de l’histoire, par le programme commun. Pourtant, elle est à l’évidence complètement dépassée, inefficace, datée. Elle ne permet plus à notre pays de s’adapter aux nouvelles exigences économiques, sociales, internationales. Elle se traduit par un décrochage de notre nation par rapport à pratiquement tous ses partenaires.

  • Je suis 100 pour 100 d'accord avec la remarque de Thulé !
    Le travail effectué par le CNR,sous la présidence de Jean Moulin,nommé par de Gaulle anti-démocratiquement,-travail entériné par la suite par le gouvernement provisoire auto-proclamé aussi anti-démocratiquement, alors que le gouvernement de Vichy était toujours légalement en place, et reconnu comme tel par nombre de nations, dont les USA-est depuis 70 ans une calamité pour la France,notamment par le rôle notoirement excessif qu'il a donné aux syndicats (exclusivement dirigés à l'époque par les communistes et les socialistes).

  • Lorsque j'étais en activité, je me souviens de personnes qui avaient achété des maisons avec un crédit à taux variable; beaucoup, par la suite se sont trouvé dans des situations inextricables et, sauf acceptetion du banquier à renégocier à des taux favorables encore pour lui, ont été obligées de les revendre. Ce qui vous parait être une bonne idée, par expérience professionnelle n'en est pas une et est souvent une catastrophe financière et humaine.

  • Les commentaires ci-dessus m'ont tous paru intéressants et judicieux mais je dois dire que ce sont ceux de Patrick Haizet - tout simplement parce qu'ils découlent de son expérience - ue j'ai trouvé les plus concrets et le plus éclairants. Je l'en remercie. D'autant que sur d'autres sujets je me trouve souvent en cordial désaccord avec lui. Mais c'est, je crois, la loi et l'intérêt des commentaires ...

  • Chateaubriand parlait des "petits Cent jours" (à Gand, autour de Louis XVIII) et des "grands Cent jours", lamentablement terminés à Waterloo. En paraphrasant, on peut dire, me semble-t-il - et je suis là d'accord avec Thulé, Patrick Haizet et Anatole - qu'il y a "le grand cycle" de 89, institutionnalisé, hélas, en 1875, et le "petit cycle " de 1945, qui ne fait que renforcer la malfaisance du premier, en le confirmant, en le durcissant, en l'implantant encore plus; "à contre-sens de l'histoire", comme dit Thulé...
    Il nous faut donc sortir de ces deux cycles, qui n'en font qu'un en réalité, mais dénoncer sans cesse "1945" et le programme du CNR est, en effet, une urgence, que Thulé rappelle avec pertinence...

  • En 45, on a infantilisé un peuple battu. La totale !

  • D'accord avec Thulé et Academos - qui a raison dans sa théorie des deux cycles, auquels d'autres, plus larges encore pourraient s'ajouter.

    D'accord, sauf sur l'expression "à contre-sens de l'Histoire" - qui supposerait que celle-ci a un sens, ce qui est loin d'être avéré. A contre-sens du bon sens eût peut-être suffi; et eût sans-doute été plus juste. Même si, j'en conviens, la répétition des deux "sens" n'est pas très heureuse. Encore que leur signification est différente et que la "répétition" n'existe guère, ici, que par euphonie.

  • J'apprends avec surprise qu'il m'arrive d'être en "cordial désaccord" avec...Anatole,un monsieur qui ne s'est jamais présenté à moi,et que je ne dois pas connaître,semble-t-il.
    Il n'y a point de mystère ni de cachoteries sur les sujets sensibles.
    J'en serais vraiment affligé si je savais plus précisément sur quels sujets particuliers cette désaccordance-même "cordiale"-pouvait porter dans l'esprit de ce dernier,afin de "raccorder",ou au minimum faire une mise au point qui pourrait être réparatrice ou éventuellement salvatrice.

  • A Patrick Haizet

    Vous oubliez tout bonnement que je vous ai déjà communiqué par courriel - et non ici - mon nom, adresse, téléphone, etc. A quoi vous m'aviez, d'ailleurs, aimablement répondu.
    Merci de vouloir bien vous en souvenir.

  • Pour Anatole,
    désolé,je n'ai jamais eu l'honneur de recevoir cet éclairant courriel,peut-être trop officieux.Et moi qui me targuais de jouir d'une bonne mémoire !
    Quoi qu'il en soit,vous avez bien raison,Anatole,de vouloir sortir de l'ambiguité en tirant les choses au net : la lumière (au singulier) est plus franche et plus porteuse que l'ombre.Merci donc de bien vouloir me réexpédier votre message identitaire ;avec le nom seul svp,car j'ai pour principe de ne pas déranger les gens chez eux,même cordialement.
    Nous verrons ensuite tous les deux s'il y a lieu d'accorder nos supposées différences,en fonction des sujets, et de leur importance relative pour nos amis.

  • A Patrick Haizet
    Notre échange de courriels date des débuts de votre participation à ces commentaires.
    Vous critiquiez déjà ce que vous appeliez, comme aujourd'hui, l'anonymat des pseudonymes.
    Je m'étais alors présenté à vous par courriel à votre adresse de messagerie, en vous expliquant en bref mon "cursus" d'AF, à Marseille. Et vous m'aviez répondu en rappelant, entre autres choses, vos propres souvenirs marseillais, notamment celui de Pierre Chauvet. Vous souvenez-vous ?
    N'étant pas chez moi, actuellement, j'essaierai, de vous retransmettre cet échange dès que possible.
    Cela dit, nous avons, souvent, confronté nos points de vue dans ces commentaires, notamment sur la politique étrangère de la France, la crise ukrainienne, l'Europe, le libéralisme, etc.
    Nous divergeons, en général, sur ces sujets. Mais, pour l'essentiel, la malfaisance du régime républicain, nous sommes, bien-sûr, d'accord.

  • Pour Anatole,
    j'ai plaisir à faire amende honorable !
    Votre référence à mon vieil ami,Pierre Chauvet,aujourd'hui disparu,me fut un fil conducteur : malgré plusieurs changements d'ordinateurs depuis lors,j'ai pu mettre la main sur un vieil échange de messages entre nous me confirmant bien vos dires.
    J'en profite pour émettre,en pleins et déliers,les conclusions suivantes :
    -une confirmation de ma répugnance pour les ombreux synonymes, qui ajoutent encore à la faillibilité de la mémoire humaine,lesquels pouvent même devenir mensonges.
    -dictature invincible-mais totalement irresponsable-de la redoutable informatique.(Et il y a déjà plus de 7 milliards d'utilisateurs potentiels sur cette terre ).
    Amitiés.
    NB.j'ai appris avec inquiétude le choix fait du "libéralisme"comme thème central du séminaire d'été de Maxime Réal del Sarte.C'est bien imprudent,non pas que je redoute qu'Adam Smith (1723-1790,
    écossais,presbytérien calviniste anti-conformisme-anglican,)se retournât dans sa tombe,-ce qui m'est parfaitement égal-,mais je crains qu'on parle beaucoup pour ne rien dire,en se mettant tout le monde à dos.
    N'oublions pas en effet que, -contrairement à ce que prétendent certains-,le "libéralisme" n'est pas-et ne doit pas être- une religion,une philosophie, faisant partie d'un monolithe de pensée,mais une simple mécanique d'accès de tous à la richesse,même s'il doit répondre à des règles (morales ou économiques,entre autres ).
    Il en va de même pour l'Euro,dans un autre domaine, et tout cela ne devrait certes pas être de nature à susciter l'indignation.

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