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QU’EST-CE QUE LE « SYSTEME » ?

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La question – évidemment importante - nous est posée dans les commentaires : " Le Système " et sa contestation sont à l'ordre du jour. S'agit-il là d'une tendance lourde ? (…) Il est temps d'éclairer les uns et les autres sur ce que nous nommons " le système ". (…) Pour lutter contre le Système, (…) encore faut-il le définir avec plus de précisions et en dessiner finement le contour. Mais la réponse ne va pas de soi. Même si, aujourd'hui, la contestation du système se généralise massivement et si on ne peut donc pas nier que le terme soit "ressenti".

 

Par définition, un « système », bien qu’il constitue une unité active, est chose complexe, composite. Il n’est donc pas si simple de le définir. Hasardons néanmoins quelques réflexions qui, si elles n’épuisent pas le sujet, contribueront à y mettre un début d’ordre et de clarté.

 

Qu’est-ce qu’un système ? Classiquement, les dictionnaires en donnent une définition de ce type : « Un système est un ensemble d'éléments interagissant entre eux et se définit par : ses éléments constitutifs ; les interactions entre ces derniers ; sa limite ». Voilà qui correspond bien à notre sujet.

Notons que (sans-doute dans les années 1920) Léon Daudet – que nous citons souvent – dit son opposition au Régime, celle de l’Action française, alors qu’aujourd’hui nous avons plutôt tendance - par delà Droite et Gauche - à pointer le Système, le second incluant et subordonnant de plus en plus le premier. Tendance lourde ? Sans doute.

 

Lorsque Daudet dit son opposition au Régime, il s’agit évidemment de la République, en l’occurrence de la IIIème. Aujourd’hui comme hier, la Constitution définit les Institutions de la République : la Présidence de la République ; le Gouvernement ; le Parlement, Assemblée Nationale et Sénat ; les Partis politiques qui, de fait, les composent et dont la Constitution consacre le rôle ; le Conseil Constitutionnel … Etc. Tel est notre Régime politique. Mais l’on « ressent » bien que le Système avec lequel, selon la définition des dictionnaires, le Régime interagit - dont il est l’un des éléments, théoriquement le premier - est un ensemble qui s’étend bien au-delà des Institutions politiques proprement dites et se compose d’autres éléments, devenus, somme toute, souvent tout aussi déterminants. Dans l’écart entre ces deux termes (Régime et Système) se trouve sans doute la réponse à la question que nous nous posons.       

 

Par delà les Institutions de la République proprement dites et leurs différents moyens d’action, les autres éléments constitutifs du Système – en interaction permanente avec les Institutions aussi bien qu’entre eux - sont assez aisément discernables. Pour être brefs, nous nous bornerons, sans les analyser en détails, à les désigner :

 

= Une pensée dominante (le Politiquement correct, la Bien-pensance) qui, malgré un certain nombre d’oppositions et de réactions, est très généralement partagée par l’ensemble des composantes du Système ; elle a valeur politique, sociétale, morale, voire religieuse. Rien à voir avec l’une de ces grandes pensées politiques, dont Edgar Morin déplore la disparition. Il s’agit d’un ensemble d’opinions.

 

= Les moyens de communication et d’information, notamment audiovisuels, et la grande presse, largement peuplés de journalistes et de managers en grande majorité pénétrés de la doxa que nous avons évoquée précédemment et spontanément appliqués à la diffuser, l’imposer à tous, la ressasser incessamment comme croyances et morale obligées. A noter que cette profession n’est pas loin de constituer, ne serait-ce que du simple point de vue des rémunérations, une communauté de privilégiés. A noter, aussi, les nombreux couplages existant entre le monde politique et celui des médias.

 

= Le monde clos des financiers, propriétaires, soutiens et utilisateurs des moyens de communication en question (chaînes de télévision, grands titres de la presse écrite, etc.). Ils les achètent ou ils les vendent. Ils payent leurs factures et assurent leurs fins de mois.       

 

= Ce que l’on nomme de plus en plus, comme s’agissant d’un tout homogène et mono-orienté, les Associations, à peu près comme l’on dit les Institutions (!). N’ont d’influence et d’interaction avec les autres éléments du Système que les associations conformes à la doxa commune, quelle que soit leur importance réelle. (Aucune chance pour la Manif pour tous d’exercer une influence sur le Régime ou sur le Système).  

 

= L’Etat, en France, s’en étant attribué la responsabilité et le contrôle, l’Education Nationale  est, à l’évidence, une autre composante essentielle du Système. Monopolisée par une caste de faiseurs de programmes et de pédagogistes - qui se renouvellent, d’ailleurs par cooptation - elle a de moins en moins pour mission la transmission des savoirs, comme l’atteste la dégringolade des niveaux scolaires. Il s’agit bien davantage de former la jeunesse de notre pays aux dogmes et comportements qu’implique la doxa commune, cette Religion républicaine qui, selon Vincent Peillon, doit remplacer les anciennes religions et façonner le citoyen nouveau. L’introduction de la théorie du Genre à l’école, qui implique la négation des sexes, montre que cette Religion nouvelle admet les lubies les plus extrêmes.     

 

Si l’on ajoute aux composantes du système, les appareils syndicaux et, malgré leur faible représentativité, leurs cohortes d’apparatchiks, largement intégrés à la classe des bureaucrates de l’Administration ou, même, des grandes entreprises, un certain monde de la culture et des arts ou prétendus tels, l’on comprend que cette imposante conjonction de moyens, d’hommes, de structures et d’argent, puisse exercer sur l’ensemble du peuple français une sorte de totalitarisme mou et qu'il soit, bel et bien, largement ressenti comme tel.

 

Chacune des composantes du Système énumérées ci-dessus mériterait une étude spécifique qui, ici, nous mènerait trop loin. Toutes nous semblent concourir à un même résultat : celui de la déconstruction.

 

Il n’est pas forcément mauvais qu’un peuple, une nation, un Etat soient régis par un Système quasi unanimement reconnu et respecté, sous réserve qu’il n’étouffe ni les libertés, ni les différences légitimes. L’erreur du nôtre, sa spécificité, est qu’il vise la déconstruction : déconstruction nationale, déconstruction sociétale, déconstruction culturelle, déconstruction anthropologique.

 

Nous n’avons pas épuisé ce (trop) vaste sujet. Les réalités multiformes du quotidien nous y ramèneront immanquablement. 

 

Lafautearousseau

 

 

Commentaires

  • Le système ?
    La 1ère réponse qui vient à l'esprit paraît simple : c'est le régime républicain avec ses supports naturels que sont la division et la corruption.
    Il devient plus redoutable encore,lorsque,comme aujourd'hui,il est prisonnier d'une idéologie anti-chrétienne et anti-française (ce qui,au fond, est la même chose, et fait de franc-maçonnerie son bras armé).1er exemple : Peillon.

  • Quand je pense que certains de nos amis ont pu avoir l'invraisemblable tentation de voter pour le petit mec qui a fait une lamentable prestation ce soir,- tout juste un fornicateur de bazar-cherchant à se justifier,proposant un programme mystère purement verbal,et s'irritant quand il perdait pied sur certaines questions bien ajustées,j'en ai froid dans le dos!
    Et il est si médiocre que nous risquons de l'avoir jusqu'en 2017!

  • Tout d'abord je remercie les responsables de ce blog pour la réponse apportée à mon commentaire. Qui mieux est, il ne sagit pas d'une réponse à la va vite, donc au rabais. Non il sagit bien d'une réponse résultant d'un effort de conceptualisation. Le vieux Maitre aurait probablement parlé de "Recherche", terme qu'il affectionnait autant que la démarche.

    La réponse apportée est riche et invite à des remarques.

    1) La première c'est qu'en tant qu'informaticien j'apprécie la définition que vous etes aller chercher :
    « Un système est un ensemble d'éléments interagissant entre eux et se définit par : ses éléments constitutifs ; les interactions entre ces derniers ; sa limite »
    et ensuite vous cherchez à identifier les autres éléments constitutifs du Système, complémentaires au "Régime".Votre résultat est intéressant et vous gagneriez peut-etre en poussant la démarche jusqu'a définir les différentes relations entre ces éléments constitutifs proposés. Vous pourriez aussi pousser la reflexion sur la notion de "limite" du dit Système ainsi proposé. Cette démarche inductive pourrait peut-etre nous amener quelques déductions (induire pour déduire afin de conclure : Auguste Comte )

    2) De mon coté je vais essayer de retrouver les textes de vos prédécesseurs royalistes sur le concept de Système afin de comparer les définitions. Je pense bien entendu à Gérard Leclerc vers 1976 mais aussi à la longue série de reflexion de Pierre Debray sur "Le Système en question"datant des années suivantes et parues dans l'excellent mensuel provençal : Je Suis Français. J'espère ainsi pouvoir alimenter la "discussion", seconde étape de la méthode maurrassienne. Il me semble aussi qu'un numéro des Cahiers d'Action Française des années 1990 avait fait un effort de mise a jour du concept de Pays légal d'ailleurs approfondi par l'excellent Jean de Penanros. Là encore je vais retourner dans mes archives mais il me faut un peu de temps.

    Encore une fois merci a ce blog de créer un espace ouvert pour la réflexion royaliste. A bientôt....

  • Il conviendrait,je pense,d'ajouter au dossier la conférence de presse d'hier soir de FH.

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