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Le principe même (et l'idée même) de la démocratie mis à mal, en direct, sur France info.....

          Passionnant début de journal sur France info, ce vendredi 12 décembre, à 6h30. Passionnant et surtout totalement inattendu. On s'attend à quelque chose d'assez habituel, mais le journaliste commence par annoncer que les irlandais vont finalement devoir revoter, car leur gouvernement a obtenu suffisamment de garanties, de concessions et d'avantages de la part de Bruxelles.

           Et là, bien plus qu'à un traditionnel journal d'information,  on a droit, pendant les presque deux minutes que va durer le sujet, à quelque chose qui va s'apparenter beaucoup plus à une sorte de cours ou de débat genre Sciences-Po....

          Le journaliste donne en effet, tour à tour, la parole à Jean-Luc Mélenchon puis à Axel Poniatowski.

          Mélenchon, bougon, rageur et pourfendeur de tout et de tous -comme assez souvent...- commence par dire en substance qu'il est, comme d'habitude, furieux. On le connaît, on n'est donc pas étonné. Mais il faut bien reconnaître qu'il parle d'or, sur ce sujet (1): il affirme en substance (et en râlant) qu'il s'agit d'une décision "a-démocratique"; qu' "on se moque du monde et de l'idée même de démocratie"; que "quoi que disent, que fassent ou que votent les gens et les peuples"on va les faire se re-exprimer, "ce qui veut dire concrètement que l'on ne tient aucun compte de leur volonté souveraine", et que "c'est un déni de démocratie".

          Comment ne pas reconnaître que, sur ce point précis, il a raison, et plutôt deux fois qu'une ? 

          Changement complet de ton. Après le punch revigorant et roboratif, l'onction non dénuée d'une certaine ironie ( de suffisance ?...) d'Axel Poniatowski. Par un sophisme admirable, Axel répond à Jean-Luc que pas du tout, que faire re-voter les irlandais non seulement ce n'est pas "a" ou "anti"démocratique, mais que c'est au contraire "très démocratique" ! : "On ne va pas permettre à moins de cinq millions d'habitants de décider ou de bloquer pour cinq cents millions...". Fermez le ban !

          Ponia croit avoir asséné là l'argument massue, et imparable. C'est peut-être ce qu'il pense, c'est son problème, mais il n'empêche que, évidemment, il se trompe. Et sur deux points.

          D'abord il travestit la réalité ( c'est-à-dire concrètement qu'il ment) : ses propos laissent entendre qu'on aurait d'un côté, 500 millions d'européens désirant fiévreusement une chose et, de l'autre 5 millions de casse-pieds bloquant cette chose si merveilleuse, tant désirée par tous les autres. Le gros problème c'est que cette vision idyllique n'est rien d'autre qu'un énorme et monstrueux mensonge, franchement répugnant, et qui disqualifie ceux qui le colportent. En l'occurrence Ponia.

          Comment peut-il dire ce que souhaitent les 500 millions d'européens ? Et qu'en sait-il puisque, précisément, "on" se garde bien de faire voter tous les peuples, ce qui là, pour le coup, serait fort démocratique. Mais "on" s'en garde bien : pourquoi ?  Tout simplement parce que "on" sait très bien que si "on" faisait voter les peuples la plupart d'entre eux rejetteraient ce qu'on leur propose. La meilleure preuve en est qu'il y a eu trois votes et qu'à chaque fois les trois peuples concernés (français, hollandais et irlandais) ont rejeté le texte proposé !

           Mais il y a une deuxième chose, en plus du mensonge, dans le sophisme de Ponia. Comment n'a-t-il pas vu - et ne voit-il toujours pas -qu'en s'exprimant comme il le fait, lui et les siens ruinent, comme le disait Mélenchon, l'idée même de démocratie, à savoir la sacro sainte règle de la majorité ? Il est peut-être regrettable, en effet, de voir un petit peuple prononcer un Non qui arrête et bloque toute une machine. Mais, et on ne peut que le constater, d'une part il n'y a aucun vote démocratique qui ait, dans aucun autre pays, manifesté un désir contraire à celui des irlandais; et, d'autre part, en Irlande le résultat a été incontestable (large participation, et large victoire du Non sur un nombre record de suffrages exprimés).

           Qu'il vire et tourne autant qu'il voudra, ce que dit Ponia n'est rien moins qu'un rejet, donc un refus, de la règle démocratique, qui ne peut ni se discuter, ni s'apprécier mais seulement se constater. Et donc parler et agir comme le font Ponia et les siens, Mélenchon a raison, c'est la mort ipso facto de cette idée, de ce principe....

(1) : et, d'ailleurs, nous avons plus d'une fois relevé des propos de lui avec lesquels nous étions d'accord, pour tout ou partie de ses déclarations; on peut être adversaires, cela n'empêche bien sûr pas de reconnaître telle ou telle convergence, sur tel ou tel point.....

Commentaires

  • Le raisonnement,de M. MELENCHON n'est pas mauvais,mais il fait cela par ambition et pour se démarquer,de façon à se mettre en avant pour son avenir.
    Il n'y a qu'un système démocratique,c'est celui de la monarchie telle que l'a présentée CH MAURRAS;QUANT 0 L' europe,elle n'existe pas et tant mieux;mais il faut sortir et de l'euro et de bruxelles au + vite.

  • L’histoire retiendra donc que le seul peuple qui a pu s’exprimer directement sur le traité de
    Lisbonne a dit « non ».
    Le Conseil constitutionnel français, a maintes fois souligné que les lois référendaires, étant « l’expression directe de la souveraineté nationale », elles sont d’une « essence supérieure à la loi parlementaire ».
    En refusant de soumettre le traité de Lisbonne à un nouveau référendum, ainsi que le souhaitaient plus de 70 % des Français, en se servant des parlementaires pour n’avoir pas à tenir compte de l’opinion du peuple, Nicolas Sarkozy a méprisé ses concitoyens.
    Il a fait désavouer le peuple par le Parlement, alors que le second est censé exprimer la volonté du premier.

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