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Changement de paradigme Continuation des Universaux, par Jeanne Estérelle.

Eric Zemour considère que le paradigme de la politique française a changé. Il semblerait que les antagonismes qui structuraient le modèle dynamique surgi à la Révolution se soient évanouis. Aucun lecteur de l’Action française ne s’en étonnera puisque Charles Maurras lui-même en a averti, en d’autres termes, la « femme sans tête », lors de l’inauguration de la mosquée de Paris, le 13 juillet 1926. Cet avertissement douloureusement prophétique n’a pas eu de répercussion théorique et pratique à l’Action française, malgré l’accumulation des évènements qui en ont confirmé la portée. Les circonstances exigent aujourd’hui un effort psychoplastique sans précédent pour assurer l’avenir des fils de Clovis.

Il s’agit de revenir sur le paradigme révolutionnaire qui a légitimé le combat entrepris contre les républicains, depuis l’Enquête sur la Monarchie, et d’y substituer, consciemment, un autre modèle opérationnel.

Le paradigme né en 1789 a eu ceci de cruel et d’inédit qu’il s’est, en particulier, manifesté dans l’assassinat programmé des enfants des « brigands », comme l’a révélé Reynald Secher, dans Vendée : du génocide au mémoricide, en se fondant, par exemple sur le plaidoyer de Tronson-Ducoudray, lors du procès Carrier : « Un crime, que les fureurs de la guerre rendent à peine croyable, est commis dans Nantes armée pour la Patrie. Des enfants de 10, de 5, de 2 ans, des enfants à la mamelle sont massacrés ou noyés. »

Le Dauphin mort au Temple, le 8 juin 1795, après un martyre ignominieusement organisé par ses geôliers, a pris la tête de tous les enfants de ses peuples, victimes de la Terreur.

L’assassinat de Philippe Daudet1, le 24 novembre 1933, s’inscrit dans la même logique révolutionnaire et républicaine.

L’édification d’une mosquée, à Paris, en 1926, a visiblement modifié le paradigme révolutionnaire parce qu’elle a conféré aux musulmans une légitimité inattendue au sein même des quatre états confédérés qui constituent concrètement la République française. Maurras prévient : « Mais s’il y a un réveil de l’Islam, et je ne crois pas que l’on puisse en douter, un trophée de la foi coranique sur cette colline Sainte Geneviève où tous les plus grands docteurs de la chrétienté enseignèrent contre l’Islam représente plus qu’une offense à notre passé : une menace pour notre avenir…

Nous venons de commettre le crime d’excès. Fasse le ciel que nous n’ayons pas à le payer avant peu et que les nobles races auxquelles nous avons dû un concours si précieux ne soient jamais grisées par leur sentiment de notre faiblesse. »

L’attentat perpétré au Bataclan, le 13 novembre 2015, en raison de la faiblesse républicaine, a signé l’émergence d’un nouveau paradigme : la mort programmée des jeunes républicains libertaires par des terroristes musulmans. C’est un retournement de situation sans précédent : aucun jeune royaliste n’a été tué ! Qu’elle le veuille ou non, la République a un ennemi dont la violence rappelle celle de sa fondation, la Terreur.

La dichotomie première, en revanche, (pays réel, pays légal), n’est plus pertinente en présence des peuples dont la République a favorisé l’implantation en France. Les exilés musulmans imposent, en toute circonstance, une représentation religieuse qui viole en toute impunité les lois républicaines . Même si la Ve République voulait reprendre à leur adresse le cri infernal « La Liberté ou la mort », elle ne pourrait le proférer, sa langue est déjà coupée.

Ce rapport de force inédit, cette mutation sans précédent, dans l’histoire de la République colonisatrice, excède l’ancienne formule duelle : le pays légal collabore avec un pays virtuel cosmopolite dont l’immigration accélère la réalisation. La mutation et l’évasion, dont procède la migration organisée, sont les universaux les plus faciles à déceler dans les peuples contemporains. Deux chambres de l’esprit en sont réceptrices. «   Que la chambre d’évasion communique avec celle de mutation par le «  besoin de faire peau neuve  », cela n’est pas douteux.  »2

La continuation des Universaux que l’on peut entreprendre pour dépasser cet amer constat est plus complexe mais aussi plus pertinente que le simple changement de paradigme prôné par Eric Zémour, en raison de sa qualité dynamique. Le réaliseur intuitif qu’était Léon Daudet doit faire des émules ! «  C’est un poncif que la rapidité avec laquelle circulent les nouvelles dans le bled et le désert. Mais les états d’esprit et de sensibilité doivent se communiquer encore plus rapidement et il m’est apparu que tous ces marocains, au fond de leurs ardentes prunelles, portaient une même pensée d’évasion : laquelle ? Je ne sais pas.  »3 Nous le savons ! Mais ne cédons pas à «  la thèse paresseuse de la fatalité  »4 ! Méditons les derniers évènements !

Malgré l’inertie de la hiérarchie épiscopale, l’Eglise militante a, une nouvelle fois, surpris les pouvoirs publics en distribuant des repas pendant le confinement. L’énergie de ses membres a franchi paisiblement tous les murs de la réglementation. «  Sous les changements soudains et mutatifs5, persiste d’ailleurs quelque chose qui ne change pas.  »6 C’est la victoire de la charité ! En effet, «  avec les Evangiles apparaît un beau nouveau, tout moral, au delà de l’idée elle-même et sur lequel le temps ne mord pas : la charité. Je ne dis pas seulement la pitié, je dis la charité, qui est la pitié agissante et secourable et non plus seulement spectatrice. C’est une voix de plus au choeur des Universaux et qui va modifier leurs rapports.  »7 Surgit donc, sous la plume de Léon Daudet, le rappel d’une force, négligée par tous les historiens, la charité, mais dont les catholiques français courent toujours le risque et inventent les formes adaptées à leurs divers engagements dans la société.

La charité qui enflammait l’évêque Rémi, la curiale Geneviève, la reine Clotilde en faveur du Baptême de Clovis s’oppose encore aux universaux de mutation et d’évasion qui ravagent la France. Ce feu politique fait, aujourd’hui, l’unité comme la force des catholiques bien que beaucoup l’ignorent. La seule mutation intellectuelle que puissent entreprendre les royalistes est de communiquer ce feu multiforme sous la cendre du pays réel, comme le fit Jeanne la Pucelle, par la Triple Donation du Royaume de France et la combustion.

1 Léon Daudet, La Police Politique, Denoël et Steele, Paris, 1934
2 Léon Daudet, Les Universaux, Essai sur les mouvements et les figurez des idées et des passions humaines, Bernard Grasset, Paris, 1935, p 264
3 Id, p 24
4 Id, p 12
5 dont participe aussi l’arrêt de l’économie sous prétexte de coronavirus
6 Léon Daudet, Les Universaux, Essai sur les mouvements et les figurez des idées et des passions humaines, Bernard Grasset, Paris, 1935, p 253
7 Id, p 272

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