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Dans Point de Vue : Famille d'Orléans, le comte de Paris nous reçoit chez lui.

Source : https://www.pointdevue.fr/

Ils ont accepté de recevoir Point de Vue en plein confinement. Nous invitant à passer auprès d’eux une journée ordinaire de cet étrange temps suspendu qui ne doit pas être un temps perdu. À la rencontre de Philomena et Jean de France et de leurs cinq enfants, poussons les grilles du Domaine royal de Dreux.

Ce sont la princesse Louise-Marguerite et le prince Joseph de France, bientôt 6 et 4 ans, qui viennent à notre rencontre, escortés de Léonora, la chienne Terre-Neuve aussi impressionnante que débonnaire. L’allée à descendre, virage à gauche pour longer le bâtiment de l’évêché et voici le joyeux cortège devant la résidence privée du Comte et de la Comtesse de Paris.

La porte en est ouverte, comme pour inviter enfants et visiteurs à entrer sans faire de manières. Au bout du couloir, une voix professorale se fait entendre du côté du salon. Le chef de la maison de France, qui fête ses 55 ans ce 19 mai, suit un cours sur la cybersécurité en téléconférence, par ordinateur. Une formation militaire aux problématiques de Défense, entamée en septembre, en compagnie de Joachim de Danemark, et que les deux princes achèvent désormais à distance, coronavirus oblige, l’un depuis Dreux, l’autre depuis le Jutland. "Je passe juste la tête pour vous saluer, excusez-moi, je suis pris jusqu’au déjeuner. Mon épouse est de l’autre côté avec les aînés et Jacinthe." Le Comte de Paris retourné à ses études, nous marchons au bruit des rires et des galopades dans l’escalier qui mène aux étages.

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Depuis son salon transformé en bureau, le Comte de Paris poursuit sa formation aux problématiques de Défense. ©David Nivière

En ce vendredi, la discipline scolaire se relâche quelque peu, mais le bonheur, la vivacité des enfants font plaisir à voir. Et nous ramènent tout droit à l’univers enchanté de la comtesse de Ségur. D’ailleurs, assise sur son lit, la princesse Antoinette, 8 ans, lit quelques pages des Petites filles modèles. Ravi d’avoir échappé le temps du confinement à son pensionnat de Carcassonne, le prince Gaston, l’aîné du haut de ses 10 ans bientôt et demi, a fugué du côté du poulailler ou de son jardin potager. Pieds nus, comme Antoinette et Joseph. Seule Louise-Marguerite, coquette, a mis sa plus jolie robe, et des souliers. "Difficile de garder longtemps Gaston à sa table d’étude, sourit la Comtesse de Paris, il n’est heureux que parmi les bêtes et les mains dans la terre. Il rêve d’être paysan. Une belle vocation mais qui réclame aussi des études pour être pleinement aboutie."

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Gaston remet une fugueuse dans le poulailler du bas. ©David Nivière

Comme une volée de moineaux, les petits princes se sont égayés aux quatre vents pour se disputer les soins à apporter aux poules et poussins, courir, faire la ronde ou grimper à l’assaut de l’arbre-cabane, avec sa branche qui s’avance tel le beaupré d’un navire corsaire au service du… roi, cela va sans dire. À un an et demi, Jacinthe se contente de s’asseoir sur le dos de Léonora qui la désarçonne sans même paraître s’en apercevoir. Brave cœur, le prince Gaston hisse sa petite sœur sur ses épaules pour la consoler.

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Jacinthe n’est jamais plus heureuse que sur le dos de Léonora, le chien de la famille. ©David Nivière

La Comtesse de Paris a repéré un coq blessé dont les pattes sont attaquées par des parasites. Elle l’attrape par les ailes et le soulève de terre tandis qu’Antoinette lui enduit les ergots d’huile de cade. Dans la famille de France, la nature n’est pas une conversation de salon et les circuits courts s’imposent comme une réalité quotidienne. "Outre nous-mêmes, nous fournissons en œufs amis et voisins." La princesse Philomena fait bien plus, véhicule des patients chez le médecin, veille sur les courses de personnes isolées ou fournit tissus et fil pour la confection de blouses à destination de l’hôpital de Dreux.

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Chaque enfant doit s’occuper de ses poussins: le petit prince Joseph a une méthode bien à lui. ©David Nivière

Après le déjeuner –un gratin de chou-fleur arrosé d’un Château Talbot Caillou blanc à tutoyer les anges–, café libanais corsé à souhait et entretien à bâtons rompus dans le bureau du Comte de Paris. "On mesure l’essentiel quand il nous manque, lance le prince. À commencer, avec cette crise et ce confinement, par le tissu social. D’être, par exemple, séparés de nos anciens nous fait ressentir au plus intime à quel point nous avons besoin d’eux et eux de nous. Avec la liberté de mouvement et de circulation mises entre parenthèses, comme la liberté d’exercer une activité au sein de la société lorsqu’elle est incompatible avec le télétravail ou jugée non essentielle, nous sommes revenus à des bases: la vie de famille. Cette crise confronte chacun de nous à ce qui est le cœur de l’existence humaine."

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Dans la salle à manger, Antoinette, Gaston et Louise-Marguerite découvrent quelques messages humoristiques sur le confinement, adressés à la Comtesse de Paris sur son smartphone. ©David Nivière

"Elle exacerbe aussi, insiste le Comte de Paris, les fractures entre plusieurs France, rend la vie insupportable à ceux qui sont déjà précaires ou entassés dans des HLM. Oblige à revoir notre modèle social, invite à retrouver notre souveraineté, notamment sur le plan de la santé, à explorer de nouveaux modes de production qui allègent notre empreinte carbone. Le retour à la terre. Regardez les dizaines de milliers de volontaires qui sont allés aider nos agriculteurs dans leurs récoltes. Je suis très frappé par ce que disait le pape François dans son encyclique sur l’environnement: "Ce qu’on est soi-même, on le répercute sur son environnement". Le contraire est aussi vrai: l’environnement va participer à la construction de l’individu et de la société."

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Le Comte de Paris fait la classe à Gaston, "privé" de pensionnat. ©David Nivière

La sonnerie de son portable l’interrompt. C’est le prince Charles de Bourbon-Siciles. Le réseau familial permet au Comte de Paris de savoir au plus près ce qui se passe dans d’autres pays. Et le téléphone de garder le contact avec ses proches. Notamment sa mère, la duchesse de Montpensier, confinée à Paris, et sa sœur, la princesse Blanche, qu’il peut voir par WhatsApp. "C’est dur pour les personnes âgées. Maman a heureusement quelqu’un qui s’occupe de faire ses courses. Mon frère Eudes est à Bordeaux, en famille. Il héberge un des enfants de ma sœur Marie, qui sont grands et éparpillés un peu partout. Il y en a en Autriche, au Portugal et même à Hawaï."

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Les princesses Antoinette et Louise-Marguerite font la ronde derrière le chevet de la chapelle royale Saint-Louis. ©David Nivière

Aux yeux du Comte de Paris, le confinement pourrait poser la question des libertés publiques. De même que le projet d’application (pour l’heure renvoyé à juin) permettant de suivre les personnes contaminées via leur smartphone. "Plus largement, on voit se profiler cette problématique avec le lancement de grappes de satellites en orbite basse pour la 5G, avec des possibilités accrues dans les domaines de la reconnaissance faciale, de la surveillance individuelle. Même si nous sommes encore assez protégés en France, nous devons réfléchir à ce que nous voulons vraiment construire. On ne peut pas faire sans les citoyens, rebâtir un monde qui se résume à une oligarchie décidant et agissant dans l’entre-soi."

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La chapelle Saint-Louis, cœur du Domaine royal de Dreux. ©David Nivière

Notamment président d’honneur de la Fondation Saint-Louis, Jean de France travaille assez souvent en visioconférence. Il garde aussi le lien avec ses concitoyens via son blog et son journal de confinement, ou des tribunes comme la dernière publiée sur le site de Marianne, le 15 avril. L’occasion de plaider en faveur d’un nouveau pacte social et d’un retour en force des corps intermédiaires. "Comme notre modèle politique est très vertical, tout bloque. Il faut faire confiance aux solidarités citoyennes, aux entrepreneurs, aux élus locaux, regarder ce qui se pratique sur le terrain. À Dreux, nous avons une excellente coopération entre le maire et le préfet qui facilite les choses. Cela a permis par exemple de laisser ouvert le marché couvert. L’union sacrée existe depuis longtemps au niveau local. C’est là-dessus qu’il faut s’appuyer."

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Louise-Marguerite de France vous fait sa révérence​. ©David Nivière

De cette épreuve, le Comte de Paris espère que la France saura faire une chance. Que les gestes d’entraide, que les dévouements seront plus contagieux et durables que la maladie et permettront de placer l’homme au cœur du projet de société. "Il y a là tant d’exemples merveilleux qui invitent chacun d’entre nous à redécouvrir le plein sens du mot servir. Qui nous invitent à marcher ensemble vers l’espérance."

Par Antoine Michelland

 

Famille d'Orléans, le comte de Paris nous reçoit chez lui
Promenade en famille. Le Comte de Paris tient dans ses bras la princesse Louise-Marguerite, la Comtesse de Paris marche entre la princesse Antoinette et le prince Joseph, le prince Gaston porte sur ses épaules la princesse Jacinthe.
Courtesy of David Nivière
 

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