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La consolation chrétienne (Épidémie de coronavirus), par Gérard Leclerc.

Église Saint-Jean-Baptiste, Arras. Chemin de Croix. VIIIe station : Jésus console les filles d’Israel© Philippe Lissac / Godong

Le quotidien La Croix d’hier titrait : « Être chrétien au temps du COVID-19. » Rien de plus légitime que cette interrogation alors que les précautions préconisées par les pouvoirs publics touchent jusqu’à la pratique religieuse, avec fermeture des églises là où l’épidémie est la plus menaçante. Cela va même plus loin en Italie. C’est encore La Croix qui nous informe que dans le diocèse de Brescia, pour les morts du coronavirus, la dépouille est immédiatement conduite au cimetière où est célébré le court rite de l’ensevelissement, le passage à l’église étant exclu. On imagine la détresse des familles privées ainsi du réconfort de la liturgie et abandonnées à leur solitude.

gerard leclerc.jpgL’État du Vatican lui-même est soumis aux mesures de confinement en usage dans la péninsule italienne. Le Pape n’est pas apparu dimanche à sa fenêtre de la place Saint-Pierre, préférant s’adresser aux fidèles par le seul canal de la télévision. Cela ne l’a pas empêché de demander aux prêtres « d’avoir le courage de sortir et d’aller chez les malades, apportant la force de la Parole de Dieu et l’Eucharistie et d’accompagner les agents de la santé, les bénévoles dans ce travail qu’ils font ». Cette invitation ne reçoit pas un acquiescement unanime, car l’on remarque que la personne qui visite les malades peut être contaminée à son insu et menacer son entourage. Il y a donc lieu de faire preuve d’imagination pour trouver les moyens pour aider, ne serait-ce que par téléphone, nos frères et nos sœurs en souffrance.

Aider spécifiquement pour un chrétien, qu’est-ce que cela peut bien signifier ? Est-ce apporter de la consolation ? Ce mot de consolation appartient au vocabulaire des spirituels. Il est notamment employé par saint Ignace de Loyola dans ses Exercices spirituels, chers à notre pape jésuite. Ignace le définit comme un accroissement de foi, d’espérance et de charité, ce qui renvoie à la plus haute expression chrétienne. Comme l’écrit le Père Pascal Ide, nous sommes bien au-delà des seuls réconforts sensibles [1]. Ou même des grands allègements que Flaubert réclamait pour rendre acceptable une vie qu’il trouvait si triste. C’est l’excellente critique littéraire Mona Ozouf qui aime citer ce mot désenchanté de l’écrivain. Mais pour un chrétien, il ne s’agit pas d’alléger la vie, il s’agit d’accéder à la vraie vie !

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