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Bioéthique : La France confrontée à une culture de mort (14), par François Schwerer

Le sénat va connaître dans les jours à venir le projet de loi de bioéthique. Notre ami François Schwerer nous a adressé - avec un message de sympathie - l'ensemble des textes qu'il été amené à écrire sur cette question.

Cet ensemble constitue une véritable somme, aussi bien par son importance que par son intérêt.

Nous en avons commencé la publication le vendredi 10 janvier, et nous la poursuivrons du lundi au vendredi inclus, comme nous l'avons fait, par exemple, pour l'étude de Pierre Debray, Une politique pour l'an 2000.

Et, pour suivre et retrouver ces textes plus commodément, nous regrouperons la totalité de cette étude, vu son importance, dans une nouvelle Catégorie : François Schwerer - Bioéthique : culture de mort : vous pourrez donc retrouver donc l'ensemble de cette chronique en cliquant sur le lien suivant :

François Schwerer - Bioéthique : culture de mort...

Voici le plan de l'étude (hors Annexes et textes divers, qui viendront ensuite); nous le redonnons chaque jour, afin que le lecteur puisse correctement "situer" sa lecture dans cet ensemble :

 

  1. Les étapes de la décadence
  • Un processus téléologique

1/. « Qui n’avance pas recule »

2/. De la pilule à la GPA : l’asservissement des femmes

3/. La révolte des femmes et les mouvements féministes

4/. Le transhumanisme, stade ultime de la destruction

  • La stratégie progressiste

1/. La campagne médiatique préalable

2/. La modification de la loi

3/. Le recours à une novlangue

4/. Le discrédit de l’adversaire

5/. La politique des petits pas

6/. Le viol de la conscience des enfants

  1. « Pour une nouvelle croisade »

A - Une faible résistance

1/. Des hommes politiques sans conviction

2/. Des manifestations apparemment inefficaces

3/. Un refus de mettre en danger son propre confort

4/. Un faux respect de l’apparente liberté d’autrui

5/. Si le Seigneur ne bâtit pas, c’est en vain que s’agitent les bâtisseurs

B – Un combat dont l’enjeu dépasse le fonctionnement de la vie sociale

1/. Il est plus facile de descendre une pente que de la remonter

2/. Un combat ayant une dimension eschatologique

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Schwerer.jpg2/. Des manifestations apparemment inefficaces

 

A quelques années d’intervalle, la France a connu deux séries de manifestations monstres dont l’une a réussi à sauver l’école libre (1) et l’autre a échoué à empêcher la dénaturation du mariage. Pourquoi cette différence alors que la méthode suivie semblait identique ?

Entre 1982 et 2012, les forces de l’ordre ont appris à encadrer, contrôler et canaliser les manifestations qui ne veulent pas se laisser entraîner à la violence, notamment dans les rues de Paris. Les manifestants qui tiennent au respect de la civilisation chrétienne ne viennent pas plus dans la rue pour casser que ceux qui se pressent sur les Champs Elysées pour fêter la nouvelle année, applaudir à l’arrivée du Tour de France ou danser le soir du 14 juillet. Et, comme ils boivent moins d’alcool lors de ces rassemblements et que les organisateurs prévoient toujours eux-mêmes un premier service d’ordre, ces foules sont même nettement plus faciles à discipliner. Ajoutons que La Manif Pour Tous avait poussé la délicatesse jusqu’à cantonner ses rassemblements au dimanche – pour ne pas gêner le commerce puisque c’était avant la loi Macron (2) – et avait appelé les familles ayant des enfants en poussette à s’y joindre… pour un désordre minimum.

Pas de quoi inquiéter un gouvernement !

Une deuxième différence importante tient au fait que les manifestants en faveur de l’école libre étaient mus par un intérêt personnel direct puisqu’il s’agissait pour eux de défendre leur propre école : celle où ils enseignaient ou celle à laquelle ils avaient confié leurs enfants. De plus ces manifestants étaient solidaires ; solidaires des professeurs et des autres parents des élèves de l’école de leurs enfants. Cette solidarité entretenait le souffle du combat. A l’inverse, ceux qui ont battu le pavé lors de La Manif Pour Tous ne se sentaient ni directement concernés ni étroitement liés les uns aux autres. Leur combat n’avait pas un but concret qui aurait pu changer directement leur mode de vie. N’ayant pas d’élément matériel fédérateur et n’étant pas mus par un idéal transcendant et une soif d’absolu, ceux qui étaient présents défendaient un principe qui ne les touchait que dans le monde des idées. Au sein de la « manif », ils ne constituaient pas un corps solidaire mais simplement une masse d’individus qui s’étaient rejoints un jour sur une idée.

Et, dans leur peur d’être amalgamés avec quelques « extrémistes », les organisateurs avaient pris soin d’ouvrir la manifestation à tous, c’est-à-dire à des individus qui, en dehors de cette idée, n’avaient aucun autre élément de liaison entre eux. De même, il n’avait pas été question de définir clairement les motifs pour lesquels on s’opposait au texte de peur de ratisser moins large (comme si une « manif » avait le même poids politique qu’une élection). Une telle opération avait donc tout du soufflet qui enfle vite et se dégonfle aussitôt.

Pas de quoi inquiéter un gouvernement !

Si le projet de loi sur la suppression de l’école libre était allé jusqu’au bout, calendrier électoral aidant, les conséquences se seraient mesurées dans les urnes. Une fois le « mariage pour tous » adopté, les électeurs avaient eu le temps de s’intéresser à d’autres sujets pour effectuer leur choix.

Et c’est la troisième différence essentielle : les partisans de l’école libre étaient prêts à aller jusqu’au bout, les participants à La Manif Pour Tous avaient le sentiment que leur devoir s’arrêtait au soir du grand rassemblement. Ceux qui sont descendus dans la rue à cette occasion, l’ont fait un dimanche, ce qui n’a eu aucune conséquence sur leur feuille de paye ou leur chiffre d’affaires. On voulait bien sacrifier un peu de temps, mais pas trop. Et cela faisait une belle sortie en famille. En dehors des organisateurs dont beaucoup y ont laissé la santé et leur réputation, les manifestants n’étaient pas prêts à se battre pour un idéal. Manifester, oui, mais à condition que cela n’ait aucune conséquence sur le petit confort quotidien. Quant à donner une conséquence dans les urnes à ce coup de force gouvernemental, personne n’y songeait.

Pas de quoi inquiéter un gouvernement !

Cependant, pour franchir une nouvelle étape sur cette voie de l’endormissement des masses, le Gouvernement en place en 2019 ne se sent pas sûr de lui. Aussi, pour empêcher que la majorité silencieuse puisse s’organiser pour contester la nouvelle avancée prévue, il annonce, juste avant les vacances d’été, que la loi sera présentée au Parlement juste après. Il ne faut pas inquiéter le gouvernement !

 

(1) : Encore faut-il considérer cette victoire comme très relative puisque, comme le fait remarquer François Billot de Lochner dans Liberté politique du 2 août 2019, « quelques mois plus tard, les tristes accords Lang-Cloupet, muselaient solidement l’enseignement « libre », condamné à imiter son maître l’enseignement public ».

(2) : Combien de Français savent que le 8 juillet 1873, à Saint Bauzille de la Sylve, la Très sainte Vierge Marie est apparue à un journalier agricole, Auguste Arnaud, pour lui dire : « Il ne faut pas travailler le Dimanche », et qu’en 1879 Monseigneur de Cabrières a fait élever un sanctuaire pour perpétuer cette demande ?

En fait, Notre-Dame reprenait là une demande déjà présentée à La Salette en 1846. « Je vous ai donné six jours pour travailler ; je me suis réservé le septième et on veut [sic] pas me l'accorder, c'est ça qui appesantit tant la main de mon fils ».

Déjà, le 25 mars 1649, Notre Dame de l’Osier avait fait comprendre à un paysan protestant qu’il ne fallait pas travailler le jour des fêtes religieuses, car ces jours sont consacrés à Dieu.

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