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Politique & Société • Patrick Buisson : « Pour la première fois depuis très longtemps se pose, en France, la question de la légitimité du pouvoir »

Patrick Buisson au colloque de l'Action française du 11 mai à Paris

Le 11 mai, à Paris, devant la jeunesse royaliste militante et de nombreux cadres et anciens du Mouvement d'Action Française, qui organisait un colloque de la plus grande actualité, Patrick Buisson a prononcé un discours de haute volée qui a captivé et enthousiasmé les participants.

De son côté, Boulevard Voltaire a eu l'heureuse initiative  de tendre son micro à Patrick Buisson. Celui-ci s’exprime à brûle-pourpoint sur la notion d’autorité et de légitimité du pouvoir, en particulier dans le contexte de la crise des gilets jaunes, donnant de précieuses clés d’analyse de la situation française actuelle. Pour lui, « le service du bien commun doit être conçu comme un sacrifice »… Ci-après, vidéo et texte. Évidemment, de la plus haute importance.  LFAR 

 

 

Pour la première fois depuis très longtemps se pose, en France, la question de la légitimité du pouvoir. Le pouvoir n’est pas simplement la potestas, l’exercice du pouvoir, c’est aussi l’auctoritas, quelque chose qui transcende et légitime ce pouvoir.

Or, la dissociation entre les deux n’est jamais apparue aussi évidente. Je parle en termes de politologie. Les Français ont ressenti un problème de légitimité. Macron l’a aussi ressenti, il a essayé de resacraliser le corps physique du roi, du chef de l’État en essayant de lui donner une dignité qu’il semblait avoir perdue avec ses prédécesseurs.

Cela ne suffit pas dans la mesure où l’auctoritas n’est pas simplement ce qui grandit, mais ce qui civilise l’usage du pouvoir. L’idée fondamentale est que l’exercice du pouvoir doit passer par une ascèse. Le service du bien commun doit être conçu comme un sacrifice.

Les Français n’ont pas le sentiment de percevoir ce service à travers les trois ou quatre derniers présidents de la République qui se sont succédé. On ne peut pas rétablir l’autorité comme fonctionnalité si on ne la rétablit pas comme transcendance et si on ne donne pas au peuple les raisons d’estimer leurs dirigeants.

C’est le point central de la légitimité, à savoir l’estime qu’on peut avoir du service rendu au bien commun. Cette estime-là est dissoute. Elle a disparu, n’existe plus et pose la question fondamentale de la légitimité du pouvoir. Il n’est pas étonnant que ceux qui ne sont pas prisonniers de nos vieux débats et de nos vieilles querelles se tournent, aujourd’hui, vers une réflexion où les a priori et les postulats qui avaient prévalu jusqu’ici n’ont plus la même force.

Pensez-vous que le mouvement des gilets jaunes est un symptôme de ce que vous venez de décrire ?

Oui, parfaitement. Il est rare de voir un mouvement social s’accompagner d’une demande de refondation du politique. Le référendum d’initiative populaire ou citoyenne est la volonté de se réinstituer en tant que sujet politique. C’est être maître et acteur de son propre destin. C’est la volonté du peuple d’être gouverné selon ses intérêts propres et non pas selon les intérêts privés. Cela fait partie de la singularité du mouvement et de son originalité. Aucun mouvement social ne s’était risqué jusqu’à présent sur ce terrain. 

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Commentaires

  • L'indispensable estime des peuples à l'endroit de leur chef a disparu en France à la mort de Georges Pompidou.
    Il faudra attendre ensuite que le chef meure ou soit devenu incapable pour voir cette estime renaître, ce qui signale la fragilité des opinions voire leur morbidité.

    Nos prétendants devraient pour leur part y veiller pour la maintenir au plus haut chez leurs fidèles.

  • Je crois qu'on n'est pas ici dans le schéma des deux ou x prétendants. Logique mortifère pour le progrès de l'idée monarchique, raison pour laquelle elle est entretenue par les médias du Système et quelques vieux messieurs d'âge post-canonique et de rares jeunes écervelés qui font les zigomards sur Facebbok. Le militantisme qui compte, le prince qui compte on sait où ils sont. .

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