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Éric Zemmour : « Pourquoi, dans la primaire de la droite, l'hypothèse Fillon prend de l'épaisseur »

 

Par Eric Zemmour

Cette « insolence » a été publiée dans le Figaro il y a près de deux semaines [4.11] et prévoyait ou constatait déjà que la candidature Fillon aux primaires de la droite « prenait de l'épaisseur.» Ce qui semble être advenu au fil de ce processus électoral étrange et parfaitement contraire à l'esprit des Institutions de la Ve République, en tout cas à ce qu'elles pouvaient avoir de monarchique, aujourd'hui éventé. Au delà du cas Fillon en soi, qui ne passionne sans doute guère plus Eric Zemmour que nous-mêmes, ce qui nous parait intéressant, ce sont les raisons qui l'ont tiré d'assez bas jusqu'à assez haut au sein de l'électorat - des Français - que ces primaires concernent. Et ces raisons, selon Zemmour, tiennent à une sorte de rejet, désormais latent dans notre peuple, de ces sociétés postmodernes mondialisées, hors sol, multiculturelles, multiethniques, libérales-libertaires, et, en fait, exclusivement marchandes, sous leadership étatsunien, que l'on est - ou que l'on était - en train d'édifier. Au delà de ces considérations qui ont leur importance, ces primaires de la droite, toujours selon Zemmour, se traînent dans l'ennui et le désenchantement que semblent désormais inexorablement susciter les spectacles et les rites usés de la caste politico-médiatique.  LFAR 

 

522209694.4.jpgEt si c'était Lui ? Lui, Alain Juppé ? Non, car il a déjà gagné pour ses soutiens et les observateurs, qui en sont à préparer le « jour d'après » ! Lui, Nicolas Sarkozy ? Non, car personne ne remet - encore - en cause sa place au second tour de la primaire, même s'ils sont de moins en moins nombreux, autour de lui, à croire en sa possible victoire. Alors, Lui, Bruno Le Maire ? Bruno le renouveau, mais qui n'a jamais réussi à trancher autrement que par son âge ! Pas lui non plus Copé, ni Poisson, et pas elle, NKM, qui ne parviennent pas à transformer leur parcours en autre chose qu'une candidature de témoignage. Ou à un poste ministériel.

Alors, Lui qui ? François Fillon. Habileté de communicant ou réalité politique ? Les deux, mon général. Fillon était donné perdant depuis le début. Pas de charisme, pas d'audace, pas de caractère, disait-on. Un éternel second, ironisait-on. De Seguin, de Chirac, de Sarkozy. « Pas un mâle dominant », avait tranché Sarkozy.

Et puis, les défauts annoncés de Fillon se sont retournés en sa faveur. Son programme économique était le plus solide et le plus cohérent ; il lui donnait un petit côté Thatcher, même si c'était avec trente ans de retard. Mais tous les autres candidats de la primaire lui ont apporté de la crédibilité en s'alignant peu ou prou sur lui, alors même que la France et le monde d'aujourd'hui cherchent plutôt à corriger les conséquences funestes du thatchérisme mondialisé.

Mais ce quasi-unanimisme économique a permis à Fillon de s'échapper ailleurs. De faire entendre sa différence. De se désaligner de l'occidentalisme pro-américain du duo Sarkozy-Hollande. De lui préférer les charmes de l'alliance russe, et le dialogue avec l'Iran et la Syrie d'Assad. De rappeler qu'il avait voté non à Maastricht. D'évoquer avec nostalgie son séguinisme. Et même de frapper sans lésiner sur « le totalitarisme islamique ». Cette petite musique souverainiste contrastait drôlement avec son discours économique libéral. Il n'en fallait pas plus pour séduire quelques esprits soucieux avant tout de faire barrage à Alain Juppé.

C'est ainsi que vogue cette première primaire de la droite. On ne préfère pas, on « fait barrage ». Avec d'autant plus de ferveur que tout le monde est persuadé que le vainqueur de la primaire à droite sera automatiquement celui de la présidentielle. Les uns élisent Juppé pour « faire barrage » à Sarkozy. On aurait pu croire que l'électorat le plus résolu à droite choisirait Sarkozy pour « faire barrage » à Juppé.

Mais ce barrage-là prend l'eau. Le discours « identitaire » de l'ancien président sent trop sa tactique, « son gros rouge qui tache », son absence de convictions ; son ultime déclaration en faveur du vote Hollande contre Marine Le Pen a achevé de décrédibiliser son propos. Alors, pour faire barrage à Juppé et son « identité heureuse », de nombreux esprits s'échauffent et plébiscitent Fillon. Sans aveuglement. Pas le meilleur, mais le moins pire. Pour éviter le pire. On en est là. 

Commentaires

  • Il faut être très naïf pour croire en Fillon, l'ex-séguiniste passé à l'ultralibéralisme thatchérien à l'heure où les conservateurs anglais sous l'égide de Theresa May le répudient. Entretemps il fût la carpette sur laquelle l'agité Sarkozy passait toutes ses foucades, hystéries. Donc ne nous fiions pas à Fillon. Face au vieux Juppé, et comme tous les acteurs de cette primaire de la droite ils ressassent de vieilles idées que le Brexit et l'élection de Trump rend obsolète. La droite la plus bête du monde !

  • Eh M"r ! Je parie que vous avez deja affiche votre propre "naivete" ! Vous avez vote'Hollande !

  • S'il y a un "pire" dans ces primaires, selon moi, c'est Juppé. Quant à la locution "croire en", elle ne peut s'appliquer à aucun politicien. Y compris à ceux du FN s'ils accédaient au pouvoir. De toute évidence, Zemmour analyse un fait politique. Son article ne signifie pas qu'il "croit en" Fillon.

  • C'est mettre le doigt dans l'engrenage, technique de pub pour fidéliser le client. Bob a raison , lucidement, on nedevrait pas " croire en " aucun politicien. Ce serait de l'infantilisme ou une foi qui se trompe d'objet. Même les enfants qui ne croient plus vraiment au Père Noël continuent à jouer le jeu : pour la magie qui fait tout espérer et parce qu'ils sont fidélisés par les cadeaux.
    Ici, pour des adultes, le cadeau serait d'avoir bien misé. Mais alors, si leur candidat à gagné, ils voteront pour lui en Mai ?
    Quant aux tricheurs qui croient tenir une martingale, un billard à trois bandes, c'est malhonnête...
    Ces primaires ne sont pas démocratiques d'après moi et font beaucoup de pub pour LR, avec les médias qui font l'opinion.
    Et font monter l'un ou l'autre comme au cirque. D'ailleurs, combien vont se détourner de tout ce jeu, à présent, qu'ils ont Macron ?

  • d accord avec vous

    cordialement

Les commentaires sont fermés.