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Maurras : « Non, les patries n'étaient pas dissociées ; la guerre non plus n'était pas morte. »

 Charles Maurras à 25 ans, autour de 1895

 

A propos des Lettres des Jeux Olympiques*

 

athens-1004336_960_720.jpg« La quatrième lettre : Les Nations dans le stade et la course de Marathon contient une page qu'on a trop souvent citée pour que je n'évoque pas ici un événement qui touche à une heure décisive de ma vie d'esprit.

Un jeune aristocrate libéral pacifiste, le baron Pierre de Coubertin. avait organisé les Jeux Olympiques d'Athènes, en vue de resserrer la paix qui, depuis à peu près vingt ans, régnait sur le continent. Loin d'étouffer les passions nationales, tout ce faux cosmopolitisme les exaspéra, et les scènes de rivalité auxquelles j'assistai dans le stade m'avertirent. Non, l'assemblée des peuples, leur contact matériel n'aboutissait pas à les unir, au contraire ! Et leur internationale sportive était furieusement susceptible, tant chez les vieux peuples, comme les Grecs, que chez les jeunes, comme les Américains. Non, les patries n'étaient pas encore dissociées ; la guerre non plus n'était pas morte. (C. M. I952.) »**

 

* Antbinéa, édition Flammarion. Appendice, pages 277 et suivantes.

** Anthinéa, d'Athènes à Florence, Œuvres Capitales, p. 183 - 184, Flammarion, 1954

Voir aussi ...

Lettres des Jeux olympiques (Les 6 lettres, intégrales).

Commentaires

  • Les illusions ont la vie dure, et le sport, en tant que théâtre de réconciliation, plus que bien d'autres sans aucun doute. Le sport est un affrontement codifié, comme l'est aussi la guerre, du moins en principe, car en pratique l'horreur n'a pas de limite, mais le sport devrait avoir cette particularité d'être un affrontement dit pacifique. Il' l'est, dans une certaine mesure, celle de cette fine marge existante chez l'humain, et d'une manière générale chez les prédateurs, entre la raison qui fixe les buts organisés, la passion qui enflamme, et l'excitation qui submerge. On comprend donc que la pente naturelle de la violation des règles existe dans la nature des hommes en dépit de tous les garde-fous possibles. Le fait que le sport de masse soit un spectacle soigneusement promotionné, de nature essentiellement politique, n'arrange évidemment pas les choses puisqu'il en radicalise les attentes, et en fait une pyramide d’enjeux, en raison même de l'importance des prémisses, du coût des procédés, des conséquences financières, psychologiques et politiques, qui décuplent le nombre des concernés, les liant inextricablement aux impliqués que sont, peu ou prou, les participants directs et indirects. Tout est ainsi réuni pour un enchaînement d’intérêts petits et grands, ou les natures faibles et fortes se retrouvent pour exalter, qui, les sentiments, qui, les ambitions, qui les intérêts, d’un ballet d’excitation progressive, finissant en tornade, où le dérèglement de la pensée et des sens, est chanté pour une conséquence de la vertu, alors qu’il est en fait un banal avatar de la condition humaine. L’homme aime ainsi à se perdre dans des passions provisoires et brutales, ou l’animal qu’il refoule se réveille, et peut clamer qu’il existe, d’autant plus fort, car pour un instant codifié, et sans crainte de le voir submerger l’être, avec l’illusoire certitude qu’en principe il ne saurait nuire, grâce à la codification des conditions de son apparition. Mais, avec les hommes, rien n’est jamais totalement ce qu’il semble, la nature est ainsi faite qu’elle n’obéit qu’à ses propres Lois et non à celles, bien circonstancielles et parcellaires des mortels, ainsi les submerge-t-elle, pour donner un résultat violent, souvent très éloigné des intentions premières. Horace le disait dans ses épîtres : « Ira brevis furor est », heureusement.

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