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Sarkozy affirme sa volonté de défendre l'agriculture, et par elle, "l'identité nationale française": la réaction affligeante de la Confédération paysanne….

            A la fin octobre, Nicolas Sarkozy a ardemment défendu, à Poligny (Jura), une agriculture en pleine crise, exaltant à travers elle "l'identité nationale française" constituée par le "rapport singulier des Français avec la terre".

            Déterminé à livrer "un combat stratégique" en faveur de l'agriculture, le chef de l'Etat a annoncé un plan "sans précédent" de 650 millions d'euros d'aide et d'un milliard d'euros de prêts bonifiés (taux réduits) pour permettre de faire face à une crise "absolument exceptionnelle".

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            C'est la quatrième fois depuis son arrivée à l'Elysée que M. Sarkozy se livrait à un plaidoyer en faveur de l'agriculture, après son discours au salon Space à Rennes en septembre 2007, au Salon de l'Agriculture en février 2008 et à Daumeray (Maine-et-Loire) en février 2009. A Rennes comme à Daumeray, il avait aussi conclu ses discours en liant terre et "identité nationale française", comme il l'a fait avec force à Poligny. "La France a un lien charnel avec son agriculture, j'ose le mot, avec sa terre", a lancé le chef de l'Etat, devant un parterre d'agriculteurs et de responsables syndicaux.

 

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 Visitant une ferme de polyculture à Rahon, Nicolas Sarkozy a pu mesurer les difficultés d'une profession dont le niveau de vie a baissé de      20% en 2008 et qui s'attend à une baisse analogue en 2009.

            "Le mot terre a une signification française et j'ai été élu pour défendre l'identité nationale française. Ces mots ne me font pas peur, je les revendique", a-t-il martelé. Ces mots "identité nationale française" ne sont "agressifs envers personne, ils sont simplement l'expression du devoir que nous devons aux générations qui nous ont précédés et qui ont fait au prix de leur vie et de leur sang ce que la France est devenue", a insisté le président.

            Voilà pour les faits et pour les propos du Chef de l’Etat, rapidement résumés. Chacun est libre, ensuite, d’avoir l’opinion de son choix sur la sincérité, l’opportunité, la pertinence de l’action du Président en matière d’agriculture, et... sur ses futurs résultats. Nous nous sommes bornés, ici, à rapporter les faits et gestes, et les paroles d’un Chef d’Etat après tout dans son rôle lorsqu’il s’occupe, aussi, de l’agriculture.

            Par contre, il faut le reconnaître, un commentaire sur cette visite présidentielle –et un seul- a été particulièrement surprenant, et il mérite à ce titre d’être relevé, et dénoncé : c’est celui de Philippe Colin, porte-parole de la Confédération paysanne, qui va nous mener bien loin de notre point de départ !

            Philippe Colin a assuré avec mépris –se voulant ironique et condescendant- que ce "lien charnel" évoqué par le président "fait beaucoup penser au Maréchal Pétain qui disait "la terre ne ment pas". Propos rapportés, légèrement modifiés, par France info, dont un journaliste déclara –en substance- que pour la Confédération paysanne ces propos rappelaient  le pétainisme le plus éculé !

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            La probable erreur (ou confusion) et le mauvais esprit de Philippe Colin -le tout en une seule et courte phrase- sont confondants ! Colin croit, ou feint de croire, que c’est Pétain qui a prononcé cette phrase ultra connue, et qu’elle est donc ipso facto, en quelque sorte, vouée aux gémonies. Disqualifiée, hors jeu, exclue. On a bien compris où il veut en venir : si Sarko fait penser à « ça », lui aussi … il est disqualifié, hors jeu, exclu, La ficelle est un peu grosse, mais quand on est idéologue, on ne s’arrête pas à ces détails !.....

            En fait, pour éclairer sa lanterne, il faut rappeler à monsieur Colin que c’est Emmanuel Berl qui a soufflée cette phrase à Pétain, ainsi que bon nombre d’autres, d’ailleurs, puisque, jusqu’à la fin 1940, Emmanuel Berl fut son proche conseiller (on dit familièrement, nègre…). Voici d’ailleurs la phrase dans son entier: " La terre, elle, ne ment pas ; elle demeure votre recours ; elle est la patrie elle-même ; un champ qui tombe en friche, c'est une portion de France qui meurt ; une jachère de nouveau emblavée, c'est une France qui renaît. "

            Soit Colin ignore cela, soit il préfère ne pas en parler, car le fait que ce soit un intellectuel de qualité, d’origine juive, qui en est à l’origine, le gêne dans son idéologie. C’est son problème. Cette phrase, et cette idée, que monsieur Colin rejette et tourne en dérision, sont au contraire superbes, et elles honorent celui qui en est l'auteur, que cela plaise ou non au cerveau idéologue de monsieur Colin. A qui nous préférons, et de très loin, la hauteur de vue -réellement épique- d'Emmanuel Berl.

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            Monsieur Colin, adepte semble-t-il de l'idéologie et de l'histoire officielle, a un problème avec le passé; il n'arrive pas à trier le bon grain de l'ivraie. Mais ce n'est pas parce que, à cette époque, tant d'erreurs et d'horreurs ont été commises qu'il faut tout jeter en bloc. Plutôt que de faire ce qu'il croit être de l'humour, ou de l'ironie, monsieur Colin devrait s'interroger -au contraire- sur les vraies responsabilités, les culpabilités profondes et essentielles de cette période de notre Histoire, en 1940, quand la Chambre du Front Populaire a livré la France à l'invasion allemande par impréparation, s'enfuyant lamentablement ensuite, non sans avoir au préalable -pour la majorité de ses représentants, pas tous, il est vrai....- voté les pleins pouvoirs à... Pétain.

            Là est l'origine, et la culpabilité, de tous les désastres ultérieurs. Dans tout ce temps perdu avant-guerrre, à ne pas préparer, justement, la guerre qui venait, et donc à créer de fait les conditions de toutes les conséquences dramatiques qui n'ont, bien sûr, pas manquées de s'ensuivre.....    

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