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Maîtres et témoins...(II) : Jacques Bainville.

...la "médiatisation" de 1806...

...la "médiatisation" de 1806...

Révolution, Républiques, Empires - pour ce qui est des "affaires allemandes" - ont toujours agi contre l'intérêt national, par germanophilie, et méritent le reproche d' "intelligence avec l'ennemi" : 2. La "médiatisation" de 1806...

(Ndlr : si le mot "recès", on l'a vu, signifie, "décision, résolution...", le mot "médiatisation", en ce qui concerne l'Allemagne signifie "faire qu'un prince, une ville ou un fief de l'ancienne Confédération Germanique ne dépende plus directement de l'empereur..."; en clair, Napoléon, en créant la "Confédération du Rhin", signe la mort du Saint Empire Romain Germanique, vieux de près de mille ans, et - tel l'apprenti sorcier, déchaînant des forces qu'il n'arrive plus à maîtriser - lance le processus, qui lui échappera vite, de l'unification allemande...).

Le "recès" de 1803, c'était donc la folie de l'Empire germanique reconstitué, alors qu'il avait été patiemment détruit par les Rois...

De Jacques Bainville, "Bismarck et la France", dans "Jacques Bainville, La Monarchie des Lettres...", page 28 :

"...Suivant la remarque d'Auguste Himly, l'éminent géographe-historien, c'est toujours à la Révolution française qu'il faut remonter pour comprendre l'Allemagne contemporaine.
Si les Hohenlohe n'avaient été médiatisés en 1806, avec tant d'autres princes, par la volonté de Napoléon, imprudent niveleur du chaos germanique (1), quelle eût été leur histoire au XIXème siècle ?
Souverains de cent mille sujets, ils se fussent occupés de défendre leur indépendance et leurs privilèges, cherchant secours tantôt en Autriche contre la Prusse, tantôt en Prusse contre l'Autriche, tantôt ligués avec la Bavière, tantôt visant à s'arrondir à ses dépens, au besoin subventionnés par la France vers laquelles des princes catholiques, cultivés et chez qui le goût des choses françaises était naturel, se sentaient attirés (2)..."
(1) : En même temps que les Hohenlohe, l'acte cosntitutif de la Confédération du Rhin du 12 juillet 1806 priva de leur indépendance et de leurs droits de souveraineté, avec les trois villes libres d'Augsbourg, de Nuremberg et de Francfort, les illustres familles de Tour et Taxis, de Furstenberg de Schwarzenberg, d'Auerspeg, de Solms, de Ligne etc...
Cet acte de 1806 aggravait encore le recès de 1803 et le Traité de Presbourg qui, par toutes sortes d'échanges de territoires et d' "apurements de frontières", aidaient l'Allemagne à sortir de son chaos, groupaient sa poussière d'Etats, avançaient d'une étape l'unité future et détruisaient l'oeuvre des Traités de Westphalie, sécurité de la France (sur le reces de 1803 et l'acte de 1806, voir Himly, "Histoire de la formation territoriale des Etats de l'Europe centrale", Tome I, pages 326 et suivantes).
(2) : Il y a même eu un Hohenlohe au service de la France et qui devint complètement français, Louis-Aloys de Hohenlohe-Waldenbourg-Bartenstein, qui après avoir commandé un régiment de l'armée de Condé et occupé divers postes en Hollande et en Autriche, servit la France à partir de 1814. Naturalisé sous la Restauration, il mourut en 1829, maréchal et pair.

Illustration : le 12 juillet 1806, Napoléon annonce la signature du traité créant la Confédération du Rhin.
Napoléon pensait naïvement que tous les nouveaux "petits princes" resteraient fidèles à l’Empire.
Mais, au moment des revers, tous déserteront, à l’exception notable du roi de Saxe,
qui paiera sa fidélité en étant fait prisonnier par les Coalisés...

NDLR : sur le mot lui-même de "Médiatisation", voici la définition qu'en donne Michel Mourre dans son Dictionnaire Encyclopédique d'Histoire, page 2905 (Tome K-M) :
"MEDIATISATION : Nom donné, dans l'Empire germanique, à l'incorportaion d'un ancien Etat souverain, relevant directement de l'empereur, dans un Etat vassal.
Par le recez du 25 février 1803 et par la création de la Confédération du Rhin (12 juillet 1806), Napoléon pratiqua largement la médiatisation, supprimant 45 des 51 villes libres de l'Allemagne et plus de 70 principautés et comtés. Il simplifia ainsi la carte politique de l'Allemagne, donna des compensations aux princes dépouillés par la France de leurs territoires de la rive gauche du Rhin (notamment à la Bavière) et prépara l'unité allemande."
Agir ainsi, c'était, tout simplement, agir directement contre les intérêts de la France; c'était commettre un crime contre elle : les conséquences s'appelleront 1814, 1815, 1870, 1914, 1939...