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Maîtres et témoins...(II) : Jacques Bainville.

"Intelligence avec l'ennemi" : le "recès" de 1803

"Intelligence avec l'ennemi" : le "recès" de 1803

Révolution, Républiques, Empires - pour ce qui est des "affaires allemandes" - ont toujours agi contre l'intérêt national, par germanophilie, et méritent le reproche d' "intelligence avec l'ennemi": 1. Le "Recès" de 1803...

Le "Recès" de la Diète d’Empire est une résolution (ou "recès") de la dernière séance de la Diète d’Empire tenue le à Ratisbonne.
Il avait été décidé, suite à l’accord entre la France et l’Autriche de 1802 et en conséquence du traité de Lunéville, de dédommager les princes allemands des terres qu’ils avaient perdues lors de l’annexion de la rive gauche du Rhin par la France.
Mais, d’une part, certains princes, qui ne possédaient rien sur la rive gauche du Rhin, obtinrent des avantages territoriaux.
D’autre part, le "recès" bouleversait le Saint-Empire dans la mesure où les principautés ecclésiastiques disparaissaient, ainsi que 45 villes libres sur 51.

Michel Mourre monte bien comment ce "recès" fut l’ouverture de la boîte de Pandore et comment il inaugura une dynamique en rupture avec la politique traditionnelle française de division des Allemagnes; le "recès" lançait, en fait, le processus d’unification allemande, et devait très vite se révéler désastreux pour nous, comme on le vit en 1814/1815, et, surtout, en 1870, 1914 et 1939 …

Du "Dictionnaire Encyclopédique d’histoire", Tome I, page 166 :

"…A la suite des Traités de Campoformio (1797) et de Lunéville (1801), la France annexa toute la rive gauche du Rhin…
En vertu des Traités, les Princes qui avaient été dépossédés sur la rive gauche du Rhin devaient être dédommagés : après de longues négociations, le recès impérial de février 1803 remania complètement la carte de l’Allemagne.
Presque toutes les principautés ecclésiastiques ainsi que la plupart des villes libres et des petites seigneuries disparurent pour agrandir la Prusse, la Bavière, le Wurtemberg, Bade, la Hesse-Darmstadt et le Nassau.
Par cette simplification révolutionnaire, qui faisait passer "les Allemagnes" de quelques 300 Etats en 1789 à moins de quarante, Napoléon Bonaparte prenait le contre-pied de la politique de la monarchie, laquelle s’était employée à maintenir en Allemagne le chaos créé par les Traités de Westphalie…"

Pour ne prendre que quatre exemple, au lieu de "la croix des géographes" et de l’Allemagne divisée en plus de 300 entités, quatre régions grandissaient considérablement :
1. La Prusse passait de 2.000 km2 à 12.000, et de 140.000 habitants à 600.000.
2. La Bavière passait de 10.000 km2 à 14.000, et de 600.000 habitants à 850.000.
3. Le Bade passait de 450 km2 à 2.000, et de 30.000 habitants à 240.000.
4. Le Wurtemberg passait de 400 km2 à 1.500, et de 30.000 à 120.000 habitants.

Cette rupture avec la politique traditionnelle de la monarchie était une folie.
Elle fut mise en route par la Révolution et par son "sabre", Napoléon….

Illustration : couverture du "recès" du 25 février 1803.