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L'aventure France en feuilleton : Aujourd'hui (192), La marche vers l'Est : la France et le Rhin (II)

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On ne refait bien sûr pas l'Histoire, et Bainville mettait sagement en garde contre ce qu'il appelait l' "uchronie".

Cependant, rien n'interdit, comme le font couramment les Britanniques, de se poser la question : " What if ?...". Que se serait-il passé si ?...

Dans le cas où, par exemple, le cours des choses n'aurait pas été interrompu par la Révolution, et où, comme le disait Maurras, "Louis XVI aurait eu quatre ou cinq successeurs...", comment imaginer "ce mouvement vers l'Est, cette action d'influence et d'assimilation qui est la raison d'être et comme la loi de toute l'histoire de France." dont parle Bainville, dans l'extrait précédent ?

On ne peut que constater que, disons depuis l'avènement de la dynastie des Bourbons, et surtout à partir de Louis XIV, la "marche vers l'Est et le Nord-Est", c'est-à-dire vers le Rhin, la mythique "frontière naturelle", s'accompagnait d'une influence française toujours croissante dans ces régions.


Les Bourbons continuaient d'ailleurs la politique initiée par Henri II qui occupa "les trois Evêchés", en 1552, avant leur réunion définitive lors des Traités de Westphalie en 1648....

Ils sont nombreux, les exemples de cette attraction française, de l'influence qu'exerçait la France sur les populations et les élites des territoires de la rive gauche du Rhin qui, aujourd'hui, sont hors de nos frontières alors qu'ils auraient pu, et dû, faire partie du territoire national :

* Everard Jabach, banquier natif de Cologne, vient se fixer à Paris, où il meurt, naturalisé Français, après avoir vendu à Louis XIV sa somptueuse collection de Peintures et Desseins.

* Les Liégeois Arnold de Ville et Rennequin Sualem viennent de Wallonie, pour construire "la machine de Marly" qui doit approvisionner en eau les jardins et fontaines de Versailles.

* Jean-François Oeben, natif d'Aix-la-Chapelle, vient lui aussi à Paris - où il mourra - pour exécuter, à la demande de Louis XV, le meuble qui est certainement "le plus beau meuble du monde", eu égard à la quantité d'heures qu'il a nécessité et à l'ingéniosité de son mécanisme, qui font de lui un meuble unique au monde; c'est son élève Riesener, natif de Gladback, en Westphalie, qui terminera l'ouvrage : il deviendra l'ébéniste préféré de Marie-Antoinettte et mourra, lui aussi, à Paris, comme tous ces artistes qui considéraient la France, et Paris, comme "leur" pays...

* Adam Lux, aux premiers jours de la funeste Révolution, quittera sa Mayence natale pour venir demander le rattachement du Palatinat à l'Assemblée nationale. Les choses allant vite, en ce temps-là, il sera rapidement dépassé par les subtilités des intrigues partisanes, et finira... sur l'échafaud ! La nouvelle République traitait bien mal ceux qui ne demandaient qu'à devenir français, souhaitant concrétiser par là le voeu de Danton, d'atteindre nos frontières narurelles !

* Le représentant le plus surprenant, peut-être, de ces "élites" rhénanes francophones et francophiles de la rive gauche du Rhin, qui "regardaient vers la France", à l'époque, est Jean-Baptiste du Val-de-Grâce, baron de Cloots. Férocement anti-catholique, il s'était lui-même "rebaptisé" Anacharsis Cloots...
Il était né au château de Gnadenthal, près de Clèves, le 24 juin 1755.
Féru d'antiquité - comme la plupart des révolutionnaires... - il avait tiré ce nom d'Anacharsis d'un philosophe grec et, comme lui, il voulait réformer les peuples et les États selon les modèles et les visions de la démocratie antique.
Toujours modeste - là aussi, comme beaucoup d'autres révolutionnaires - il s'octroya, en toute simplicité, le surnom d' "orateur du genre humain" : rien de moins !
Ardent révolutionnaire, il s'opposa à Robespierre, d'abord, par son athéisme virulent; puis, par son amitié avec Hébert.
Robespierre le fit guillotiner - avec les Hébertistes - le 24 mars 1794.
Connu, dès avant la Révolution pour ses opinions francophiles, dès 1786, dans un ouvrage intitulé "Vœux d’un Gallophile", il demandait le rattachement de la rive gauche du Rhin à la France...

* Et aussi bien d'autres, dont deux que nul ne peut ignorer :

- Jacques Ignace Hittorff, natif lui aussi de Cologne, qui nous a donné la sublime urbanisation du quartier de l'Etoile, à Paris, sans laquelle, on en conviendra, il manquerait bien... "quelque chose" à la Capitale !

- et, bien sûr Gustave Eiffel. Qui imaginerait, aujourd'hui, Paris sans "sa" Tour. Or, la famille Eiffel a porté longtemps le nom double "Bönickhausen dit Eiffel", ce deuxième nom ayant été ajouté par un ancêtre allemand qui s’était installé à Paris au début du XVIIIème siècle, à l'époque où l'Europe parlait français. Cette famille était originaire de l'Eifel, à Marmagen, aujourd'hui en Allemagne, mais "sur la rive gauche du Rhin", où toutes les élites, à l'apoque, "regardaient vers Paris", qui était ce que l'on pourrait appeler l'horizon naturel des Rhénans des XVIIème et XVIIIème siècle. 

Malheureusement, le processus qui prévalut pour l'Alsace et Strasbourg - par la "francisation" des esprits, des mentalités, des moeurs, des goûts... - fut brisé net par la Révolution... 

Et la vérité est que - comme le dit Bainville - l'on peut légitimement penser que si le cours des choses n'avait pas été interrompu comme il l'a été, et surtout de la façon dont il l'a été, c'est toute la rive gauche du Rhin, de la frontière nord de l'Alsace jusqu'à Cologne, qui serait peut-être française aujourd'hui...

On peut comprendre que la sauvagerie et la bestialité de la Révolution, et la guerre d'un quart de siècle qu'elle a déclenchée, aient refroidis les sentiments d'estime et d'admiration qu'éprouvaient pour la France et sa Civilisation les populations rhénanes, sous Louis XIV, Louis XV et Louis XVI...

La détestation des Anglais et des Prussiens fit le reste, eux qui craignaient tant cette sorte d'accroissement indéfini de l'Empire continental français : ils ont érigé une "barrière, en 1815, pour empêcher la France de poursuivre et d'achever sa séculaire "marche vers l'Est", vers sa limite naturelle du Rhin. C'est bien connu, la France est séparée de l'Espagne par les Pyrénées, de l'Italie par les Alpes, et de la Wallonie par... les Anglais !

lafautearousseau

Commentaires

  • C'est Bainville qui avait raison, nous prévenant de l'uchronie. La béance rhénane est dans l'ADN de la France puisqu'elle est l'héritage des rois de la première race. Les Français ont longtemps vu dans le Rhin (fleuve des Germains) la "frontière naturelle" des Gaules en oubliant qu'il y vivait des peuples récalcitrants comme les Hollandais auxquels nous fîmes des guerres mémorables parce qu'ils nous dominaient de la tête et des épaules en mer.

    Aurions-nous malgré tout achevé la marche au Rhin que nous aurions par après combattu les Allemands autant sur la rive gauche que nous y fûmes contraints par trois fois en Lorraine, dans les Vosges et en Alsace. Si les élites de l'ancien saint empire goûtaient la culture française, il n'est pas dit que les peuples résidents les auraient suivis dans cette reddition.

    Il est toutefois "rageant" de voir que la fameuse banane bleue vue de l'espace soit presque tout entière sur les territoires que nous avons longtemps convoités, depuis Milan au sud à Anvers et Amsterdam au nord.

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