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Bioéthique : La France confrontée à une culture de mort (16), par François Schwerer

Le sénat va connaître dans les jours à venir le projet de loi de bioéthique. Notre ami François Schwerer nous a adressé - avec un message de sympathie - l'ensemble des textes qu'il été amené à écrire sur cette question.

Cet ensemble constitue une véritable somme, aussi bien par son importance que par son intérêt.

Nous en avons commencé la publication le vendredi 10 janvier, et nous la poursuivrons du lundi au vendredi inclus, comme nous l'avons fait, par exemple, pour l'étude de Pierre Debray, Une politique pour l'an 2000.

Et, pour suivre et retrouver ces textes plus commodément, nous regrouperons la totalité de cette étude, vu son importance, dans une nouvelle Catégorie : François Schwerer - Bioéthique : culture de mort : vous pourrez donc retrouver donc l'ensemble de cette chronique en cliquant sur le lien suivant :

François Schwerer - Bioéthique : culture de mort...

Voici le plan de l'étude (hors Annexes et textes divers, qui viendront ensuite); nous le redonnons chaque jour, afin que le lecteur puisse correctement "situer" sa lecture dans cet ensemble :

 

  1. Les étapes de la décadence
  • Un processus téléologique

1/. « Qui n’avance pas recule »

2/. De la pilule à la GPA : l’asservissement des femmes

3/. La révolte des femmes et les mouvements féministes

4/. Le transhumanisme, stade ultime de la destruction

  • La stratégie progressiste

1/. La campagne médiatique préalable

2/. La modification de la loi

3/. Le recours à une novlangue

4/. Le discrédit de l’adversaire

5/. La politique des petits pas

6/. Le viol de la conscience des enfants

  1. « Pour une nouvelle croisade »

A - Une faible résistance

1/. Des hommes politiques sans conviction

2/. Des manifestations apparemment inefficaces

3/. Un refus de mettre en danger son propre confort

4/. Un faux respect de l’apparente liberté d’autrui

5/. Si le Seigneur ne bâtit pas, c’est en vain que s’agitent les bâtisseurs

B – Un combat dont l’enjeu dépasse le fonctionnement de la vie sociale

1/. Il est plus facile de descendre une pente que de la remonter

2/. Un combat ayant une dimension eschatologique

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Schwerer.jpg4/. Un faux respect de l’apparente liberté d’autrui

 

Les personnes qui ne veulent pas voir s’effondrer tous les principes auxquels ils croient et toutes les valeurs qui ont fait leur civilisation sont, par nature, ce que l’on appelle « bien élevés ». En fait, ils sont respectueux des autres et des biens d’autrui. Mais ils sont aussi marqués par l’idéologie dominante. Depuis que les lois des hommes ont remplacé les lois de Dieu : toutes les idées se valent. A chacun sa vérité ! Dès lors, au nom de quoi, imposer aux autres les opinions que l’on défend ? Et puis, les autres ne sont-ils pas libres, eux aussi ? Comment s’opposer aux nouveaux « droits » qu’ils réclament ? Si quelqu’un ne veut pas jouir de ces nouveaux « droits » libre à lui ; personne ne le force. Mais qu’il n’empêche pas ceux qui veulent en profiter de le faire.

Là, on touche à l’essentiel. La société d’aujourd’hui n’ose plus formuler la question de Pilate : « Qu’est-ce que la Vérité ? »  La société d’aujourd’hui ne sait même plus ce qu’est fondamentalement la liberté ; elle confond le sens de ce mot avec celui du mot licence. La société d’aujourd’hui habille du nom de « droit » ce qui n’est que caprice égoïste. La société refuse toute limite et n’accepte plus aucune vulnérabilité. Plus personne ne semble capable de proclamer haut et fort ce qu’il en est réellement. « Si le sel s’affadit, avec quoi le salera-t-on ? » Les chrétiens au moins devraient se souvenir de la fin de cette mise en garde du Christ : « il n’est plus bon qu’à être jeté par terre et foulé aux pieds par les passants ». 

Si, par hasard, quelqu’un qui refuse de se laisser entraîner dans cette culture de mort explique l’engrenage mis en place, il se fait aussitôt taxer de vouloir intenter aux « progressistes » un véritable « procès d’intention ». Non !

Comment peut-on imaginer que ces « progressistes » ne soient pas sincères ? Comment peut-on imaginer  qu’au-delà de la dernière « avancée sociétale », il n’y en aura pas une autre ? C’est même pour l’empêcher d’advenir que, faisant la part du feu, on accepte cette nouvelle capitulation devant l’évolution de l’opinion publique.

Que ces nouvelles avancées conduisent à des situations insolubles importe peu. Non, la PMA n’a aucune incidence sur l’équilibre des enfants ! Que pour leur « construction », ils aient besoin d’une mère qui leur apporte leur structure interne, et d’un père qui les situe par rapport au monde externe, ne compte pas. Et ceux qui paraissent devoir lutter contre cette catastrophe n’osent plus utiliser un langage qui soit compréhensible tant ils ont peur de se faire mettre au pilori, comme Agnès Thill. Mais, comme ils ne sont pas à l’aise avec eux-mêmes, ils en arrivent à utiliser, pour défendre leurs opinions, des tournures tellement absconses que personne ne les comprend sur le moment, mais derrière lesquelles ils pourront se retrancher si le vent tourne un jour. C’est Jean-Louis Bourlanges qui en arrive à écrire à propos du projet de loi bioéthique : « il s’agit de se prononcer sur la portée des évolutions en cours de la structure familiale, évolution qui comporte des enjeux de civilisation majeurs. J’en citerai deux : la dissociation volontaire et encouragée dans l’exercice des responsabilités parentales des fonctions d’engendrement et d’encadrement de l’enfant ; la concurrence de moins en moins bien pensée et gérée entre les réalités biologiques et sociologiques constitutives de la famille ». Ne serait-il pas plus compréhensible d’écrire que le but de ces réformes est de détruire la famille, fondement de la société ? Quant à réduire l’engendrement à une fonction et l’éducation des enfants à un simple encadrement, n’est-ce pas apporter sa pierre à l’œuvre de destruction ? Destruction de la famille bien sûr, mais aussi destruction de la langue, c’est-à-dire de la pensée.

Et, que dire des incohérences de cette évolution que ceux qui n’en veulent officiellement pas n’osent pas dénoncer ? Ainsi, par exemple, au moment où de plus en plus de jeunes ayant été conçu au moyen de « dons » de gamètes recherchent leurs ascendants (1) et où le gouvernement est tiraillé entre le « respect » de l’anonymat exigé par les donneurs et le droit de l’enfant à connaître ses « géniteurs ». Comme pour les vaches ou les chevaux de course, le ministre de la Santé, Agnès Buzyn, a préconisé la mise en place d’un « dossier » qui permettrait à l’enfant ainsi conçu d’avoir un minimum de connaissance de son origine. Ce qui ne satisfait personne et risque de conduire à une « pénurie » de gamètes, donc à une envolée des cours sur ce nouveau marché qui devrait être très lucratif.

Pour remédier à ces difficultés, Jean-Louis Bourlanges explique : « certains en viennent d’ailleurs à concevoir les procédures les plus abracadabrantesques – mélange des spermes chez les hommes, séparations des mères ovocytaires et porteuses chez les femmes – pour brouiller les pistes et ignorer les origines, à défaut de pouvoir les détruire ». Quant à l’association Avenir pour tous, elle fait diversion en ne demandant que la possible levée de l’anonymat du donneur de gamètes pour les couples qui le souhaitent. Lors de son audition devant la commission spéciale de l’Assemblée nationale, le docteur Frydman a opposé à cette ouverture au « don fléché » la possibilité de tensions qui pourraient survenir ultérieurement entre le donneur et la receveuse. Rappelons que le Conseil de l’Europe a adopté en avril 2019 une recommandation selon laquelle le droit de connaître ses origines « n’est pas absolu et doit donc être contrebalancé par les intérêts des autres parties impliquées dans le don de spermatozoïdes et d’ovocytes : principalement les intérêts du ou des donneurs et du ou des parents légaux, mais aussi ceux des cliniques et des prestataires de services, ainsi que ceux de la société et les obligations de l’Etat ».

Une chose est sûre : lorsque les « parents d’intention » – pour reprendre la terminologie mise à la mode par les tribunaux californiens – auront payé pour avoir un  enfant correspondant à certains critères bien précis, que fera-t-on du produit s’il ne répond aux attentes ? Si le « produit fini » ne correspond pas au « cahier des charges », faudra-t-il mettre le « produit » au rebus ? Le traiter comme un déchet ? Ou faudra-t-il considérer la mère porteuse[2] comme ayant trompé les « parents d’intention » et lui demander d’indemniser ses donneurs d’ordre ?

 

(1) : Ainsi, par exemple, aux Pays-Bas, on a appris qu’une jeune femme de 21 ans, conçue grâce à « un don de sperme » a demandé en justice de connaître l’identité de son père biologique. Celui-ci avait, à l’époque, donné son consentement à la mère pour qu’il en fut ainsi. Mais depuis il a changé d’avis, ce qui, comme l’a expliqué le docteur Frydman devant la commission spéciale de l’Assemblée nationale le 28 août 2019, est normal « parce que cela relève de |sa] liberté, et que le cours de la vie fait évoluer notre volonté ». La jeune femme sait simplement que l’homme qui se cache derrière le dossier ID « K34 », connu de l’hôpital de Amhem, a ainsi donné naissance à 57 enfants. 

L’anonymat du don des gamètes en France résulte du fait qu’en 1969, le médecin qui a commencé à lutter contre l’infertilité au Kremlin-Bicêtre, le professeur Georges David, avait voulu transposer le modèle éthique et juridique du don du sang : volontaire, gratuit et anonyme.

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