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Folle exubérance boursière : plus dure sera la chute !

Par Marc Rousset    

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« ... cacher les réalités derrière un nuage de fumée jusqu’à ce qu’un jour, tout explose ! »

Les médias et le CAC 40 à plus de 5.500 points rêvent debout tandis que le FMI semble être la seule organisation du Système à nous mettre en garde, face au ralentissement attendu pour 70 % de l’économie mondiale en 2019.

Christine Lagarde estime que « de nombreuses économies ne sont pas assez résilientes » et exhorte les pays à se préparer à la prochaine récession en adoptant, dès maintenant, les réformes nécessaires. La Société générale est la seule banque appelant à la prudence sur le marché des actions. La montée des marchés boursiers ne fait que refléter le laxisme monétaire et les déficits budgétaires généralisés partout dans le monde (Europe, USA, Japon, Chine) en oubliant les fondamentaux de l’hyper-endettement, de la fragilité des systèmes bancaires et de la récession à venir.

nixon.jpgSi l’on regarde l’évolution des actifs des banques centrales depuis deux siècles, avec à l’origine le fameux currency principle, on peut dire que nous sommes au sommet du laxisme. On est passé progressivement du 100 % or du Gold Standard du début du XIXe siècle à une fraction de plus en plus faible en or puis, en 1945, au remplacement de l’or par le dollar qui, toutefois, devait être convertible en or (Gold Exchange Standard) pour ne plus l’être en 1971 avec Nixon et, donc, pour passer alors au dollar standard qui se terminera par la chute du dollar et sa valeur zéro.

Au passif des banques centrales, c’est aussi le même phénomène de détérioration continue. Ainsi, on est passé de la banque centrale prêteuse en dernier ressort de l’économiste anglais Walter Bagehot (1826-1877) au banking principle (émission de monnaie en fonction des besoins de l’économie et non plus de la quantité d’or détenue à l’actif). Puis à la politique actuelle ahurissante non conventionnelle consistant à émettre de la monnaie contre des titres d’État, des obligations privées et même parfois des actions (Suisse et Japon) pour en arriver au stade ultime actuel du pompier de service prêteur tous azimuts, c’est-à-dire de la création monétaire illimitée avec des taux zéro ou négatifs (une première depuis 2.000 ans !), ce que préconisent les adeptes de la dernière théorie « bidon » en vogue : la théorie monétaire moderne.

Les actions des banques centrales sont, en fait, un aveu implicite que l’hyper-endettement est intenable avec des taux d’intérêt normaux, que le Système exploserait par manque de liquidités. Aux États-Unis, sept millions d’Américains ont au moins 90 jours de retard pour les mensualités de leur crédit auto et un grand nombre d’étudiants sont dans l’incapacité de rembourser les frais de leurs études. On va donc tout droit vers l’explosion, mais les boursiers regardent le doigt lorsqu’on leur montre la lune des réalités.

À la BCE, l’ordre du jour, c’est : ouvrez toutes les vannes ! À partir de septembre 2019, afin de sauver les banques italiennes, un « TLTRO III » (prêts à long terme à taux zéro) sera lancé et échelonné sur sept trimestres. Les taux zéro sont confirmés pour 2019 et l’Institut de Francfort s’engage à réinvestir aussi longtemps que nécessaire son stock d’obligations pléthorique de 2.600 milliards d’euros.

Aux USA, Wall Street croit de nouveau au père Noël, suite à l’annonce de la Fed que les taux pourraient même baisser en 2019, que la politique de réduction du bilan (« QE » à l’envers) serait arrêtée en septembre 2019, avec même une reprise possible, si nécessaire, de la création monétaire non conventionnelle. Dans ces conditions, rien à perdre, mieux vaut continuer à faire gonfler la bulle boursière, même si la dette publique états-unienne représentera, d’ici quatre ans, 110 % du PIB.

Quant à la bombe italienne, la dette publique devrait atteindre 132 % du PIB en 2019, 138,5 % en 2024, avec un déficit public supérieur à 3 % en 2020. Les banques italiennes détiennent 360 milliards de dettes de leur propre pays, soit 10 % de leurs actifs. La prime de risque du taux des obligations italiennes par rapport au Bund allemand est de 2,56 %. Plus grave : BNP Paribas perdrait 47 % de ses capitaux propres si ses débiteurs italiens faisaient défaut, le Crédit agricole 29 % et la banque Dexia 556 % (ratios CET1 de la BRI).

La triste vérité, c’est que nous vivons dans un monde politicien de déni des évidences, aussi fou en matière économique qu’en matière d’invasion migratoire, qui consiste à cacher les réalités derrière un nuage de fumée jusqu’à ce qu’un jour, tout explose !   

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Économiste
Ancien haut dirigeant d'entreprise

Commentaires

  • La situation n'est pas sans rappeler l'Histoire des années 1970- 80, où les banquiers regardaient effarés dans les séminaires des types un peu cortiqués leur expliquer le problème de la grenouille qui doublait tous les jours sa taille dans un étang, et que le jour où elle en remplissait la moitié était le dernier. La réponse fut, "il y aura toujours des produits financiers". Aujourd'hui avec des taux à zéro il n'y en a plus, mais il y a toujours des ambitieux obéissants qui font profession de banquier, alors on fait semblant en mobilisant des escomptes de commissions d’intervention à venir, (c'est excellent pour les bonus), ou en vendant les bijoux de famille. L' impasse à un moment ou un autre, qui ne sera une surprise que pour les épargnants, éternels dupes du système, provoquera l'incident qui fera exploser l'immense océan monétaire, créé par les politiques, en raison de la soudaine crise de liquidité. Cela provoquera des faillites retentissantes qui effaceront les milliards de papiers virtuels contenus dans les mémoires d'ordinateurs, lors des passages de positions intra-day par satellite autour du globe. Beaucoup y perdront leur job, la plupart leur épargne, et certains la vie. Entre la crise et sa sortie, les politiques jureront la main sur le cœur, cette fois la leçon salutaire, mais comme ce ne seront pas les mêmes, ils se dépêcheront d’oublier devant les nécessités électorales. Autant croire à l’immobilité d’un chacal devant un saucisson. L’urgence voudrait que la prise en compte du risque réel des opérations et des sociétés revienne remplacer l’éthique de la conviction dans les décisions monétaires et financières. Mais cela n’arrivera pas. En effet, pour comprendre comment autant de gens si bien informés peuvent se tromper autant, tous en même temps, il convient de réfléchir à la sidération saisissant le conducteur inexpérimenté d’une voiture de course, dans l’accélération de zéro 100 en moins de quatre secondes, lui soudant le pied de l’accélérateur. Les décisionnaires, les acteurs des marchés, les politiques sont dans ce cas, montants colossaux et profits exorbitants en jeux obligent, et si une tête froide leur fait remarquer un quelconque danger, comme par exemple innocemment le montant monumental des engagements hors bilan croisés des banques, ils ne l’entendent pas, et le regardent éventuellement comme un poison violent qui veut gâcher la fête. Le recours aux explications techniques est le grand argument d’avant crise, mêlant allègrement considérations sur le risque, (que d’ailleurs personne ne regarde plus), résilience des système de compensation, souplesse des marchés de futurs, mécanisme de refinancement des banque centrales, garanties, transparence des marchés organisés, et si cela ne suffit pas à faire taire l’importun, on lui sert les nouvelles règles de stress test, et on lui conseille d’aller voir ailleurs avec sa pelle et son seau. Il suffit d’écouter pour mesurer l'hystérie collective, les tâcherons radiophoniques se raccrocher frénétiquement en jargonnant, à la moindre nouvelle positive pour exulter comme des perroquets sur la montée des cours sans rien y comprendre puisqu’elle est le fruit, d’algorithmes connus des seuls spécialistes qui les ont élaborés. Et tout ce beau petit monde croit faire la pluie et le beau temps. La planète vit sur une gigantesque chaine de Ponzi, lorsqu'elle explosera, le tsunami qui se lèvera sera comme l’impact d’un géo-croiseur dans la mer financière, et cela en étonnera plus d’un.

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