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  • Clarifications

    Par Philippe Mesnard 

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    On doit à Emmanuel Macron et à ses ministres plusieurs clarifications importantes.

    Je ne parle pas de ses envolées lors du débat avec les intellectuels, où les « externalités climatiques négatives » rejoignaient les « impacts négatifs d’un système productif » annihilant sans doute le « pouvoir d’évaluation des politiques publiques », ce qui était d’ailleurs sans gravité car « le phasage tel qu’il a été décidé crée une primauté de la fonction présidentielle » dans une « maïeutique à ciel ouvert » (merci à Slate pour son compte rendu).
     
    838_000_1es6cj.jpgOn l’aura compris, il s’agissait moins là de clarifier les choses que de les emporter dans l’empyrée des concepts et en même temps de les poser comme soubassements d’une nouvelle civilisation. Vaste programme. Non, la clarification c’est la manière dont le président de la Ve République a définitivement montré que ses institutions ne servaient à rien. La démocratie représentative a vécu, et sans doute la démocratie elle-même. Voilà plusieurs semaines, plusieurs mois que le Parlement assiste sans bouger à l’organisation d’une consultation directe des Français où les représentants ne servent à rien, sinon à parfois réserver les salles. Chaque corporation s’est emparée du Grand Débat pour y participer ou le décliner en version Medef ou Beaux-Arts, un peu comme ces cuisiniers médiatiques qui revisitent la blanquette, et le président lui-même s’est affranchi joyeusement de la règle qu’il avait posée en cannibalisant les réunions où personne ne parle sinon lui, ses ministres lui servant de porteurs d’eau, et en faisant en sorte que les journaux ne parlent que de ses performances puis de ses possibles arbitrages puis du rythme et des séquences de son quinquennat. Le magicien a fait disparaître les représentants et éclipsé le peuple, bravo l’artiste !

    La démocratie représentative a vécu 

    strats-image-1068702.jpgBruno Le Maire est admirable de constance. À chaque fois que l’Union européenne retoque ses projets fiscaux, sociaux et industriels, il l’accuse d’être une institution aveugle et sourde, insensible aux mouvements du monde et impuissante à s’adapter, refusant tout à la fois de comprendre les enjeux nationaux et d’assurer la défense des intérêts européens – ce qui est logique puisqu’il la suppose incapable de les discerner et de les définir. Les européistes, de leur côté, avec la même constance, expliquent que l’Union européenne protège, défend, et enrichit puis se dépêchent, les uns de ne pas acheter à Arianespace ses vols spatiaux, les autres de ne pas acheter les armes françaises, tous de ne pas taxer les GAFA et ils appellent la France à ne pas traiter ses manifestants comme des Vénézuéliens moyens. Alors Bruno Le Maire explique que les nations sont souveraines puis appelle à voter aux Européennes pour empêcher les nationalistes de défendre les intérêts nationaux et pour empêcher les populistes de réformer l’Union européenne. Quant aux éditorialistes de France Culture, ils expliquent que voter aux Européennes signifie voter contre Marine Le Pen et pour Macron, achevant eux aussi de nationaliser ce scrutin international. Utiles dévoilements des perspectives dans laquelle chacun considère l’Union.

    La dictature de la richesse sans frontière et sans frein 

    Bernard-Henri Lévy considère, dans un journal belge, que le vote des populistes n’est pas à prendre en compte, les adversaires de Trump considèrent que l’enquête qui le blanchit ne prouve rien, les partisans du remain considèrent qu’ils ont raison contre le référendum et qu’il faut donc empêcher le Brexit par tous les moyens légaux ; tous sont démocrates. Démocrate comme Macron qui considère que les Français n’ont pas le choix et pose l’alternative « le chaos ou moi » – alors que le chaos et moi serait plus macronien et plus juste, à considérer les rues. La démocratie ne se confond ni avec la république, ni avec les formes républicaines, ni avec le pouvoir. Voilà l’ultime et la plus nécessaire clarification. Ceux qui détiennent la puissance ne veulent pas que son usage soit limité : les journaux doivent être plus puissants que les faits, la justice doit se plier aux ordres, le peuple ne délègue aucun pouvoir, il doit faire preuve de son allégeance à des intérêts supérieurs que seule l’élite comprend.
     
    ayme.jpg« Les pauvres sont faits pour sentir, les riches pour comprendre et en abuser raisonnablement », disait Marcel Aymé [Photo] dans son Confort intellectuel. C’était avant. Maintenant que les riches sont au pouvoir, ils réclament d’abuser déraisonnablement de leurs privilèges et ils réclament qu’on les acclame : qu’on proteste, qu’on les suspecte, qu’on les contredise, qu’on les déteste leur est insupportable. La dernière liberté dont jouissait le peuple, ils méditent de la lui enlever. Car le pouvoir n’est pas synonyme de consensus ou de dialogue, surtout quand il vise à établir la dictature de la richesse sans frontière et sans frein. ■   

     

    Philippe Mesnard

  • C Politique : F. Lenglet développe tranquillement des analyses économico-politiques « incorrectes » mais novatrices

     

    blue-wallpaper-continuing-background-wallpapers-bigest-images - Copie.jpgCette heure et quart de débats doit être écoutée. Non pas pour ce qu'y disent les différents intervenants qui ne font que ressasser en toute matière des formules convenues archiconnues mais pour ce qu'y déclare François Lenglet de réfléchi, d'original et de juste. 

    Sur chacun des sujets - le Brexit, l'Europe, le libre-échange, la crise économique en vue à court terme, l'évolution des systèmes politico-économiques du monde, etc. - Lenglet développe des analyses libérées de l'idéologie qui ouvrent sur des perspectives économiquement et politiquement incorrectes. Notamment lorsqu'il constate tranquillement la fin du cycle libéral des 50 dernières années et l'ouverture d'un nouveau cycle protectionniste, qui voit le retour des nations, des peuples et des États, des pouvoirs autoritaires et du politique en général. Inutile d'en dire davantage. Bonne écoute !  LFAR 

     

     1h16'

  • Brillants retours dans les « Commentaires » sur « Quand l’oiseau s’envole »

     

    3214517770.jpgL'article de Louis-Joseph Delanglade que nous avons publié hier - « Quand l’oiseau s’envole » - a suscité plusieurs commentaires. Deux d'entre eux particulièrement substantiels et intéressants - phidias et Wargny - doivent être signalés et, s'ils le souhaitent, être lus de tous.  Comme latrick Haizet le remarque in fine ; « Phidias puis Wargny sont terriblement drôles et justes, chacun dans son jus et la sûreté de son jugement ! » Merci et bonne lecture. LFAR 

    Écrit par : phidias 

    1280px-Acropolis.JPGAu-delà des pitreries médiatiques de l'ancienne directrice par protection de l'ENA, force est de reconnaître que la composition de la liste LREM est bien le résultat d'un ragout politicien des plus éculés.

    Le saupoudrage, - « pensée complexe » oblige sans doute,- dans cette liste, de politiciens aux orientations antinomiques, démontre la naïveté transgressive de cette même pensée qui en vient à se caricaturer dans l'expression de son ivresse d'elle-même.

    En somme, on veut se faire croire intelligent parce qu'on n'a rien à dire, et surtout pas sur l'Europe, qui n'est la même, pour quasiment aucun des membres de cet amalgame issu du « en même temps ». Cette comédie à la fois désuète et ridicule prend valeur d'exemple de ce qu'est vraiment la macronie, un théâtre d'amateurs pas vraiment cortiqués, qui se servent du décalage verbal permanent pour se hisser par la trappe du souffleur, sur le devant d'une scène trop grande pour eux.

    Il est frappant de constater que leur discours ressemble plus à la déclamation de compliments rédigés par la cellule de normalisation du « polit-buro » macronien, et appris par cœur, qu'à des propositions nées de convictions, car pour cela il eut fallu en avoir, et que le « Conducteur » l'autorisât.

    On a pu déceler dans cette présentation la danse quelque peu frénétique de ces bourdons politiciens autour de concepts qu'il ne comprennent pas, et qu'ils sont conduits, par leur ignorance, à masquer derrière le bruit d'une logorrhée sociétale, émotionnelle, clivante, et discriminante, afin de capter entre deux linaires, des secondes d'attention de leurs cibles CSP. Le mépris dans la démarche est à la hauteur des ambitions,

    Ils parlent d'Europe, le canon à patates dans la main gauche, et l'épluche légume dans la main droite, avec l'ambition affichée, de faire remonter un soufflé au fromage, qui s'est effondré dans un four éteint. Cette triste aventure qu'ils proposent de prolonger, « toutes choses égales par ailleurs », est celle du sauvetage d'une désillusion à la fois institutionnelle, politique et économique, d'une construction incohérente avec les buts originaux officiellement affichés. L'Europe ressemble aujourd'hui à un navire de haute mer échoué dans un désert de sable, témoin d'une immobilité conceptuelle, voulue par les créateurs, utilisée par les serviteurs, défendue par les profiteurs.

    Le minimum en période électorale voudrait que l'on entende des propositions de réforme précises, concrètes, utiles, faisables, avec un calendrier de réalisation, sur lesquels les débats pourraient s'articuler et se sédimenter, mais il n'y en aura pas car on ne change pas le texte d'une pièce de théâtre en plein milieu de la représentation. De surcroît les scénaristes l'ont exclu, par ce que cela ne rentrait pas dans le cadre de leurs intérêts. La création de l'Europe était et reste un moyen de contrôle géopolitique de ce qui risquait de devenir un concurrent, afin de le faire rester un consommateur reconnaissant. Les élections dramatisées par les bateleurs ne sont que le miroir en trompe l’œil d'une stase affermie par l'entropie des systèmes de castes. C'était prévu. 

    Écrit par : Pierre Builly 

    Voilà un article d'une verve narquoise de grande qualité ! 

    Écrit par : de Wargny 

    Cette liste est une goulash type Budapest. Conduite par une dame, sortie du concours Secrétaire adjoint puis Orient, qui a su habilement surfer sur la vague parité lancée par Chirac et sur son air, depuis caduc, de speakerine. Cette équipe de technos et de carriéristes à tout crin est un précipité de l'esprit Ena Strasbourg. Cette couveuse du formatage et de la langue de bois dont les rejetons persistent malgré des décennies d'échecs à mener la France au déclin et à en faire bientôt un pays sous-développé.

    Le malade imaginaire.1860.65.jpgCar, il est bien clair que pratiquement aucun secteur de ce pays n'est épargné par la décrépitude. Fort de cette déglingue généralisée les « marchistes » vont rouler des mécaniques à Bruxelles et Strasbourg, jouer les fiers-à-bras, déverser la moraline à gros bouillons avec en tête le juteux chef Loiseau. Et ce pour la plus grande joie des 26 autres État-membres qui se contrefichent des galimatias pompeux de Macron et de sa bande de Diafoirus ! 

    Écrit par : Patrick Haizet 

    Phidias puis Wargny sont terriblement drôles et justes, chacun dans son jus et la sûreté de son jugement !  ■