vendredi, 09 décembre 2011

La « faiblesse de l’AF » enfin mise au jour !.....

        Nombreux sont ceux, amis et adversaires, qui se sont interrogés sur les raisons pour lesquelles l’Action française, malgré une œuvre immense, malgré les talents exceptionnels et les extraordinaires dévouements qu’elle a réunis, n’a pourtant pas réussi, selon l’expression toute simple que Boutang utilisait, à « faire le Roi ». Mais le Comte de Paris, qui avait rompu avec l’Action française aux alentours de 1936 n’y a pas réussi davantage, ce qui, d’ailleurs, élargit l’interrogation bien au-delà de l’Action française....


        Certains se souviendront que dès l’Enquête sur la Monarchie, qui ouvre le XXème siècle, puisqu’elle est datée de l’année 1900, Barrès avait opposé à Maurras une objection de principe, radicale, qui tenait à l’esprit public de cette période : « Vous ne réussirez pas parce que vous n’avez pas avec vous les puissances du sentiment ». Elles étaient, à l’époque, en grande partie, bonapartistes, républicaines ou, comme on disait alors « poignardes ». Barrès en était lui-même imprégné. On pourrait s’interroger, d’ailleurs, sur ce qu’elles sont devenues aujourd’hui, si tant est qu’il en existe encore de convenables ...

 

        Curieusement, quelques vingt-cinq ans plus tard, dans son Cahier pour moi (publié par Dickès, dans son Bainville, la Monarchie des Lettres, page 1106), Bainville reprend lui aussi le problème que Barrès avait posé et, avec la clarté et la concision qui le caractérisent, il lui oppose, à son tour, un point de vue bien différent, sur lequel, nous aussi, aujourd’hui, pourrions réfléchir. Voici la réflexion qu’il se fait à et pour lui-même, puisque ces notes n’étaient pas destinées à être publiées : « Principalement, la faiblesse de l’AF n’est pas, comme le croyait Barrès, de ne s’adresser qu’à la raison et de ne pas tenir compte des puissances des sentiments. C’est de ne s’adresser qu’aux sentiments nobles, désintéressés, à l’amour du bien public, à la vertu.» Par là, Bainville retrouvait son propre stoïcisme…

 

        Cette définition du maurrassisme et, en ce sens, de sa faiblesse n’a guère été mise en avant. On lui a préféré la plupart du temps la caricature ou le rejet. Bainville savait de quoi il parlait : il a passé près de quarante ans à l’Action française….

 

        Reste le problème qu’il pose, qui se pose plus encore en notre temps qu’au sien : « ne s’adresser qu’aux sentiments nobles, désintéressés, à l’amour du bien public, à la vertu » est-ce une faiblesse pour l’éternité ?

 

       Ce n’est pas si sûr.

Commentaires

Après Bainville, c'est de Gaulle qui ne se faisait aucune illusion en analysant d'un lapidaire et sévère "les français sont des veaux", le peu d'intérêt que ceux-ci portent "aux sentiments nobles" et à "l'amour du bien public".

Écrit par : Thulé | vendredi, 09 décembre 2011

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Plutôt que de "sentiments nobles" ou "d'amour du bien public", les Français semblent surtout attachés à leur terre ou racines, à leur liberté ou indépendance, et au principe d'égalité dans lequel ils recherchent la justice.

C'est pourquoi, les temps présents amènent à leur parler : d'une France libre, de démocratie participative, d'esprit d'entreprise, de souveraineté et de justice sociale.

Les royalistes pourront d'autant mieux faire entendre cette voix, si celle-ci est portée puissamment par la Maison de France, face aux discours de renoncement, d'allégeance, de complaisance ou même de collaboration du pouvoir politique au service des puissances d'argent contre les peuples.

La monarchie française comme alliance du Roi et du peuple face aux féodaux, est toujours d'actualité.

Écrit par : DC | dimanche, 11 décembre 2011

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