UA-147560259-1 UA-147538561-1

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

L'aventure France racontée par les cartes...

1915/1916 : les Dardanelles, l'autre Front...

1915/1916 : les Dardanelles, l'autre Front...

On appelle "les Détroits" l'ensemble formé par le Bosphore et les Dardanelles, et faisant communiquer la Méditterranée et la Mer noire.
Après bien des péripéties, un accord international avait été trouvé et un "statut" des Détroits, avait été avalisé par la Turquie (maîtresse des lieux depuis la prise de Constantinople, en 1453...) : ce statut prévoyait expréssement que le passage des Détroits était, en temps de paix interdit à tout navire de guerre non Turc.
Ce statut était donc en vigueur durant la Première Guerre mondiale : or, "en août 1914, la Turquie, qui n'était pas encore entrée en guerre, autorisa les deux croiseurs allemands Goeben et Breslau à se réfugier dans les eaux des Détroits. En 1915, les Alliés, au cours de l'Expédition des Dardanelles, tentèrent vainement de forcer les Détroits afin de porter secours à leur allié russe. Après la défaite de la Turquie, alliée aux Empires centraux, , le Traité de Sèvres internationalisa les Détroits, qui, placés sous la surveillance d'une "Commission des Détroits", furent ouverts à tous les navires de guerre étrangers...." (Michel Mourre).

"L'arrivée de deux croiseurs allemands... - poursuit Michel Mourre - et l'entrée en guerre de la Turquie aux côtés des empires centraux (5 novembre 1914) rendaient très difficile la liaison des Alliés avec la Russie. En dehors des Détroits, elle ne pouvait en effet être établie que par le port d'Archangelsk, bloqué par les glaces pendant six mois de l'annnée, ou par Vladivostok et le Transsibérien, qui était encore à cette époque un chemin de fer à vois unique. Les Russes pressaient en outre les Alliés d'ouvrir contre la Turquie un second front, afin de diminuer la pression turque dans le Caucase. Préconisée par Winston Churchill, premier lord de l'Amirauté, l'expédition des Dardanelles fut déciée à la fin de janvier 1915. Elle commença par l'échec d'une tentative navale (18 mars 1915) qui coûta aux Alliés le cuirassé français Bouvet et les cuirassés anglais Océan et Irrésistible. Après la constitution du corps expéditionnaire (quatre divisions britanniques, une division française), deux débarquement purent être effectués au Sud de la presqu'île de Gallipoli, à Seddülbahr et à Gapa-Tépé (25 avril). La puissance des fortifications ennemies et l'énergie de la résistance turque, animée par le général allemand Liman von Sanders et par Moustafa Kémal, empêchèrent ces deux têtes de pont d'opérer leur jonction; la pénétration alliée ne dépassa jamais cinq kilomètres de profondeur.
Après la stabilisation du front (juillet 1915), l'entrée en guerre de la Bulgarie contraignit la France à distraire une partie de ses troupes pour les porter au secours de l'armée serbe. A la suite d'une visite de lord Kitchener, l'évacuation fut décidée (novembre) et réalisée en deux étapes (19/20 décembre 1915, front de Gapa-Tépé et de Silva; 7/9 janvier 1916, front de Seddülbahr).
Engagée avec une préparation insuffisante et des moyens trop faibles, l'expédition des Dardanelles se soldait par un désastre : 213.980 Britanniques et 27.049 Français mis hors de combat.
Elle eut de fâcheuses répercussions psychologiques : en Angleterre, elle entraîna la démission de Churchill et contribua à la chute du cabinet Asquith (décembre 1916".