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L'aventure France racontée par les cartes...

Hubris, démesure : le désastre de Russie...

Hubris, démesure : le désastre de Russie...

1. De Michel Mourre :

1.a : "...Napoléon rassembla la plus grande armée qu'on eût jamais encore vue en Europe : au total plus de 600.000 hommes participèrent à l'invasion de la Russie.....
Le 29ème Bulletin de la Grande Armée, daté de Molodetchno, le 3 décembre 1812, devait révéler à la France l'étendue du désastre.....
De la campagne de Russie ne revinrent au total que 110.000 hommes; Napoléon avait perdu 500.000 hommes (100.000 morts au combat, dont 70.000 français; 200.000 morts de froid, de faim, de maladie; 50.000 blessés abandonnés au cours de la retraite; 50.000 déserteurs; 100.000 prisonniers de guerre)".

1.b : La Bérésina :

"...Le passage de la Bérésina ! Il fait moins 20° le jour et moins 30° la nuit. Les corbeaux tombent, morts, raidis en plein vol, foudroyés par le gel, l'haleine des hommes gèle au contact de l'air avec un bruit sec qui ressemble à de petites détonations. Les hommes ne peuvent même plus tenir leurs fusils. L'acier colle à leurs doigts et la plupart jettent leurs armes.
La horde débandée, affamée, attifée d'oripeaux, se presse sur les bords de la Bérésina attendant son tour pour traverser le fleuve. Les pontonniers d'Eblé, de l'eau chargée de glaçons jusqu'aux épaules, reconstruisent sur chevalet leurs ponts que le courant a emportés...."

2. De Chateaubriand :

"Lorsque Bonaparte franchit le Niémen, quatre vingt cinq millions cinq cent mille âmes reconnaissaient sa domination ou celle de sa famille; la moitié de la population de la chrétienté lui obéissait; ses ordres étaient exécutés dans un espace qui comprenait dix-neuf degrés de latitude et trente degrés de longitude. Jamais expédition plus gigantesque ne s'était vu, ne se reverra.
Le 22 juin, à son quartier général de Wilkowiski, Napoléon proclame le guerre : "Soldats, la seconde guerre de Pologne est commencée; la première s'est terminée à Tilsit; la Russie est entraînée par la fatalité: ses destins doivent s'accomplir."
Moscou répond à cette voix jeune encore par la bouche de son métropolitain, âgé de cent-dix ans:
"La ville de Moscou reçoit Alexandre, son Christ, comme une mère dans les bras de ses fils zélés, et chante Hosanna ! Béni soit celui qui arrive !" Bonaparte s'adressait au destin, Alexandre à la Providence...."