Reçu d'Urgence Patrimoine


Chers adhérents, chers soutiens, chers amis,
Même si nous avons suspendu nos communications sur les réseaux sociaux en raison des incendies qui ont ravagé notre pays, nous préparons une rentrée déterminante pour la survie de plusieurs édifices.
Mais avant de rentrer dans le vif du sujet, adressons tous nos vœux de bonheur à Aurélie et Erwan, qui se sont dit « oui » en Bretagne le 15 août. Pour tous ceux qui ne nous connaissent pas encore très bien, Aurélie est le plus important pilier d’Urgences Patrimoine, puisque c’est elle qui a la lourde charge de vous adresser toutes les communications que vous recevez par mail. Vous savez, celles qui vous agacent parce que nous vous sollicitons à la fin. Quoi qu’il en soit, saluons ici la jeunesse qui s’engage devant Dieu et qui contribue à faire vivre notre patrimoine religieux. Vive les mariés !

Passée cette petite introduction heureuse, il nous faudra redoubler d’efforts dès la rentrée pour :
- Tenter l’impossible pour sauver le château du Pey, toujours menacé de démolition ;
- Sauver définitivement l’église Saint-Gault, que le maire s’obstine à vouloir démolir malgré une offre de rachat ;
- Préparer notre appel pour sauver la ferme du XVIIIe siècle de Dieppe, seul dossier perdu cette année et pour lequel nous avons été condamnés à verser 3 000 € au promoteur LOGEAL. Quand on voit ce promoteur fait du patrimoine, on peut se demander qui devrait être condamné…
Le château de la Haline, éventré depuis plus d’un an et toujours en attente de sa « réhabilitation », en est une parfaite illustration. La photo parle d’elle-même ;

Il nous faudra également relancer les démarches auprès du ministère de la Culture en ce qui concerne le Muséum d’histoire naturelle de Rouen, car c’est bien gentil d’avoir eu gain de cause devant le tribunal administratif de Rouen et que ce dernier ait contraint la ministre à signer notre demande de mise en instance de classement d’urgence, mais les mois passent et aucune protection in situ de la muséographie du XIXe n’a été actée. De plus, nous regrettons que les parlementaires s’offusquent du projet de démolition du pavillon de l’Assemblée nationale au profit de la construction d’une horreur à 52 millions d’euros, et qu’aucun d’entre eux, même pas localement, ne dénonce la démolition de 30 % du muséum et la construction d’une horrible tour en plein secteur sauvegardé pour la modique somme de 70 millions d’euros. À croire que seul le patrimoine parisien intéresse ceux qui sont censés défendre nos territoires.

Notre infatigable déléguée de la Nièvre, Brigitte Compain-Murez devra redoubler d’efforts pour sauver (enfin) ce patrimoine emblématique de Nevers qu’est « Le Grand Monarque » et qui voit approcher, chaque jour un peu plus, les pelleteuses malgré les promesses de sauvegarde de la municipalité, suite à une première mobilisation d’Urgences Patrimoine en 2017 qui avait permis de surseoir à la démolition de l’édifice.

ais aussi nous mobiliser aux côtés de l’association locale contre l’implantation d’un énorme transformateur en forêt d’Eu. Comme si nos forêts n’avaient pas assez souffert.

Il nous faudra encore trouver des moyens pour la restauration des deux chapelles que nous nous sommes engagés à accompagner, car nous avons été contraints d’interrompre notre « Une tournée pour nos clochers » à la suite des incendies. Cette souscription amusante aurait été mal perçue quand la France était en flammes, donc il nous faudra « relancer la machine » à la rentrée afin de tenir nos engagements.

Enfin, nous allons devoir assumer le financement de plusieurs œuvres en péril de nos pauvres églises, notamment les dernières stations du chemin de croix de l’église de Saint-Maixent-de-Beugné (79) et une œuvre majeure de l’église de Belle-Église (60), ainsi qu’une grande partie de la restauration de la Sainte-Famille-aux-Anges de l’église de Rémy (60), la commune n’ayant pas mobilisé ses mécènes comme elle s’était engagée à le faire.

Alors pour faire tout cela, nous avons besoin de vous !
Pour la première fois depuis la création d’Urgences Patrimoine, nous n’avons le soutien d’aucun mécène. Pourtant, hormis Dieppe, nous avons cette année tout gagné, à commencer par sauver trois édifices religieux de la démolition, même si l’église Saint-Gault est toujours en sursis.
Mais sauver le patrimoine demande du temps, beaucoup de travail et c’est parce que nous sommes surchargés de dossiers de sauvegarde que nous n’avons pas une seconde à consacrer à la recherche de mécènes potentiels. Il nous a fallu faire un choix entre sauver le patrimoine ou sauver Urgences Patrimoine.
Alors oui, nos appels à votre soutien sont répétitifs. Mais sans vous, nous ne pourrons pas continuer à mener tous ces combats et ces actions pour sauver le patrimoine menacé.
Pour lutter contre les incendies, il y a les pompiers. Pour lutter contre le pillage de nos musées et de nos églises, il y a, en théorie, les forces de l’ordre.
Mais pour lutter contre les patrimonicides que subissent nos belles provinces, il n’y a que nous. Notre objectif n’est pas de faire le buzz en défendant de grands patrimoines parisiens médiatiques, mais bel et bien de défendre le patrimoine dont personne ne parle et qui est pourtant essentiel au rayonnement et à l’identité de nos territoires.
Et ça, nous ne pourrons pas le faire sans vous. Vous êtes 40 sur 48 000 destinataires de nos communications à avoir fait un geste en faveur de nos actions lors de notre dernier appel à soutien début août. J’espère que vous serez encore plus nombreux à répondre à celui-ci.
Vive le patrimoine !
Vive la France !
Alexandra Sobczak-Romanski
Présidente d’Urgences Patrimoine