UA-147560259-1

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Maîtres et témoins (III) : Léon Daudet

Attaches provençales : le château de Montauban...

Attaches provençales : le château de Montauban...

Alphonse Daudet, lors de ses séjours en Provence, a souvent résidé à Fontvieille, à partir de 1863, en compagnie de sa femme Julia.
Il logeait au Château de Montauban (et non dans le "moulin" Saint Pierre - dit aussi Moulin Ribet - réputé être celui des "Lettres"...), château appartenant à la famille Ambroy, cousins des Daudet.
Cette demeure fut avant tout un lieu de calme et de repos pour l'écrivain :
"Maison bénie, que de fois je suis venu là, me reprendre à la nature, me guérir de Paris et de ses fièvres...".
Ce château, à la façade imposante, était en réalité un "mas", et les façades de côté ont complètement conservé cet aspect de ferme : c'est au XIXème siècle que fut ajoutée au mas son imposante façade, qui fait maintenant de lui une construction hybride, et contrastée....

De "Fantômes et vivants", pages 73/74 :

"...Un autre milieu provençal, moins illustre, mais d'un grand caractère, était celui des Ambroy, au château de Fontvieille. Ils étaient quatre frères, dissemblables de tempérament et de goûts, que réunissait et conciliait leur mère, vieille bourgeoise du Midi, de haute allure, pleine de sagesse et de dignité.
A sa mort, la discorde se mit définitivement entre les fils. Mon père prit parti pour Timoléon Ambroy, et leur solide amitié s'en trouva encore resserrée.
Homme d'initiative et de bon sens, on l'appelait dans la famille "Maître Bon Sens". Timoléon fut un des premiers à inonder ses vignes pour les sauver du phylloxéra...
Fontvieille était une spacieuse demeure meublée à l'ancienne, avec des pièces hautes et larges. La chambre d'angle du premier étage subissait les assauts d'un mistral si furieux, qu'on la laissait inhabitée. On l'appelait la chambre du vent.
Le parc, planté de pins et garni de "cagnards" ou abris contre la bourrasque et le froid, était immense et sans clôture, vallonné, coupé de petits murs de pierres éboulées et, de-ci de là, de claies de roseaux. Il se perdait, de façon indéterminée, dans la campagne environnante, jusqu'aux premiers contreforts des Alpilles.
Enfant, puis jeune homme, j'ai joui là d'une liberté sans limites, buvant l'air et la lumière, écoutant le chant des cigales, les clochettes des troupeaux qui rentrent, et sentant autour de moi le frémissement du passé et de l'histoire, mais léger, mêlé à la vie champêtre, dépouillé de tout attribut funèbre.
Ces paysages méridionaux sont une leçon d'équilibre morale et de sérénité..."