lundi, 01 octobre 2007
Au bon beurre...!(6): Education Nationale, Sénat et EDF...
A l'enseigne du mammouth on loge gratis et bien! L'Éducation Nationale héberge gratuitement 43.000 de ses employés (soit presque un quart des logements de la fonction publique). Évidemment, de la concierge au proviseur, tout le monde ne bénéficie pas du même espace vital. Prenez le proviseur du lycée Henri IV, à Paris: son logement de fonction de 380 mètres carrés avec vue sur le Panthéon ouvre sur un jardin privé au coeur d'un des quartiers les plus chers de la capitale (loyer estimé: environ 15.000 euros par mois). De quoi énerver le recteur de l'Académie de Paris qui ne jouit "que" d'un modeste 90 mètres carrés à la Sorbonne. Pourtant le champion, à une broutille près, reste le proviseur du lycée Louis le Grand et ses 390 mètres carrés. Dans le quarté des bien lotis suivent le proviseur de Jean-Baptiste Say dans le XVI° et celui du lycée Buffon dans le XV° (respectivement 332 et 305 mètres carrés). Tout cela gratuitement. Dans l'immobilier, le mammouth écrase les prix!...
.....Ils sont, palais du Luxembourg, 331 sénateurs qui reçoivent chaque mois, 7.000 euros nets d'indemnités auxquels viennent s'ajouter 6.624 euros de "frais de mandat"; plus la rémunération d'assistants (jusqu'à trois personnes);. Les 1.222 fonctionnaires du Luxembourg, payés en moyenne 50% de plus que leurs collègues de la fonction publique, ne sont pas non plus oubliés au paradis des privilèges. Ainsi les agents de base, surveillants de jardin, chauffeurs, lingères, gagnent en moyenne de 3.000 à 6.000 euros par mois. Le Sénat a les moyens. Outre un patrimoine immobilier hors du commun, sis autour du palais du Luxembourg, la Chambre haute dispose d'un véritable trésor de guerre. Chaque 1° janvier, Bercy vire aux deux Assemblées une dotation dont la partie non utilisée doit être restituée. En 1992, "Le Canard Enchaîné" découvre que Sénat et Assemblée Nationale "oublient" de rendre le magot restant à l'Etat. 680 millions d'euros pour les députés, 800 pour les sénateurs. Depuis, le Palais Bourbon a rendu la plus grosse partie de sa cagnotte. Le conseil des sages de la république, non!.....
.....Un budget de 480 millions d'euros, 5.700 employés, un siège aux allures de ministère à Montreuil...La caisse centrale d'activités sociales d'EDF-GDF constitue une entreprise dans l'entreprise. Contrôlée par la CGT, elle reçoit chaque année 1% des ventes de gaz et d'électricité, ce qui équivaut à environ 5% de la masse salariale. Aux retraites avantageuses et aux réductions conséquentes sur les factures d'électricité s'ajoutent ainsi pour les employés d'EDF des avantages sociaux non négligeables: 6 centres médicaux, trois maisons de retraite, 462 centres de vacances où l'entreprise subventionne de 20 à 80% des séjours. Elle a été sérieusement épinglée en avril dernier par un rapport de la Cour des comptes pour "son manque total de transparence" et "son incohérence"..... (fin)
(source: idem.)
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lundi, 24 septembre 2007
Au bon beurre.....! (5): DOM-TOM: le gouffre!...; Banque de France: tous à l'abri!...
Dans les départements d'outre-mer, les territoires d'outre-mer et les collectivités d'outre-mer (Martinique, Guadeloupe, Guyane et Réunion; Nouvelle-Calédonie, Wallis et Futuba, Polynésie; Mayotte et Saint-Pierre-et-Miquelon), 190.000 fonctionnaires ou retraités de la fonction publique bénéficient d'un incroyable réseau de privilèges. En 2002, date du rapport rédigé par le député UMP Marc Laffineur, ces cadeaux ont coûté aux contribuables français 2,2 milliards d'euros. Soit l'équivalent de 5% de l'impôt sur le revenu. Sous les tropiques, le salaire des fonctionnaires, collectivités locales et hôpitaux marquent une sur-cote de 40 à 108% par rapport à la métropole. S'y ajoutent les "primes d'installation", de douze à seize mois de salaire, les "indemnités d'éloignement", de 10 à 23 mois de traitement en plus pour deux ans de service, des exonérations fiscales de 30 à 40%, des congés payés supplémentaires tous les trois ans avec billets d'avion gratuits pour toute la famille et une retraite majorée de 35 à 75% pour les serviteurs de l'Etat qui y terminent leur vie....
.....Aujourd'hui en Ile-de-France 90 immeubles appartenant à la Banque de France offrent à des employés en activité, à des retraités et parfois à de simples initiés, des loyers inférieurs de 30% au moins à ceux du marché. Un privilège qui parait bien minime rapporté aux activités immobilières de la Banque de France dans le quartier du Palais Royal. Ainsi, rue de Valois, face à son siège social installé côté pair, la respectable institution ne possède pas moins de 19 immeubles ouvrant sur le calme des jardins du Palais Royal. Gouverneurs, sous-gouverneurs, directeurs généraux, retraités, "amis"de la Banque de France, les bénéficiaires de ces somptueux appartements loués à des prix dérisoires constituent un véritable Bottin mondain de ce qui se fait de mieux dans le monde de la politique, des affaires ou de la banque internationale...
.....Et que dire des fonctionnaires détachés dans les organismes internationaux, type OTAN, Conseil de l'Europe, Banque Mondiale ou FMI. Ces salariés surpayés bénéficient en outre, du haut en bas de la hiérarchie, d'une exonération totale ou partielle de l'impôt sur le revenu...Chacun sait que l'employé d'Air France paie 10% d'un billet d'avion sans réservation, pour toute sa famille, autant de fois qu'il le désire; que celui de la SNCF ne paie pas ses voyages en train (sauf sa réservation sur TGV); que le salarié d'EDF bénéficie (en plus des avantages liés au comité d'entreprise le plus riche de France) d'une réduction de 90% sur ses factures d'électricité; que les vacances des postiers, des agents de France Telecom ou de la Caisse des Dépôts jouissent de prix records en raison d'organismes sociaux internes particulièrement bien dotés.... (à suivre...)
(source: idem.)
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lundi, 10 septembre 2007
Au bon beurre...!(4): Préfets, TPG et Diplomates.....
Même si les préfets ne tiennent plus, depuis 1982, les cordons de la bourse départementale (rôle dévolu aux conseils généraux), la république n'est pas mauvaise fille pour ces hauts fonctionnaires nommés par le Président. Dotés d'un salaire net d'environ 6.000 euros par mois en moyenne, ils sont logés, nourris et servis par une armada de gens de maison. Explication à cette générosité: aucun ministre de l'Intérieur n'ayant pu offrir a ses commissaires des émoluments égaux à ceux des conseillers d'Etat, membres de la Cour des Comptes ou autre Inspection des finances, le "rattrapage" s'est fait sur l'intendance hôtelière. Ainsi le préfet du Gers vit dans un ancien palais episcopal du XVIII°, tout comme le préfet du Lot. Le préfet de Paris bénéficie, au coeur du faubourg Saint-Germain, de l'hôtel du duc de Noirmoutier (entretenu par 16 domestiques), le préfet de Marseille, outre sa résidence en centre-ville, jouit d'une villa avec piscine sur la corniche, en bordure de mer. Quant au préfet de Nice, son petit palais avec piscine ouvre, plein cadre, sur la grande bleue. De quoi oublier de si "modestes" fiches de paye....
......Les 110 trésoriers payeurs généraux sont nommés par le Président de la république, avec mission de tenir, dans les départements, les cordons de la bourse de l'Etat, tant côté recettes que côté dépenses. Des postes convoités! Les rémunérations mensuelles de ces grands commis s'échelonnent de 10.000 à 16.666 euros nets, auxquels s'ajoputent logements de fonction somptueux et voiture avec chauffeur. N'est-ce pas assez? L'Etat leur alloue des indemnités pour "risques corporels" supplémentaires placées hors plafond de cumul et bénéficiant d'une éxonération fiscale totale.....
.....La France entretient 157 ambassadeurs en poste à l'étranger. 62% des revenus de ces grands serviteurs, considérés par leurs pairs comme la caste privilégiée de la fonction publique, proviennent d'une "indemnité de résidence". Le Quai d'Orsay refuse de dévoiler les émoluments de ces représentants de la France mais, selon un rapport parlementaire de 2005, deux tiers d'entre eux gagneraient plus de 18.000 euros nets par mois. Sur place, les diplomates disposent d'un personnel nombreux et ils sont, ainsi que leur famille, servis, logés, nourris, blanchis par la république. Détail important: seul le salaire indiciaire, donc hors indemnité de résidence, sert au calcul de l'impôt. (à suivre...)
(source: idem.)
08:40 Publié dans Les privilégiés de la République. | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
lundi, 20 août 2007
Au bon beurre...! (3): retraites et... "prime d'égout"!
Les retraites constituent le fond de nougatine de cette grande pièce montée. Avantage considérable du fonctionnaire: il calcule sa pension non sur les 25 meilleures années ou sur l'ensemble de sa carrière, mais sur les six derniers mois de travail, quand il est au summum de son évolution et cumule années d'ancienneté et promotion. Résultat: "L'État, pour assurer ses obligations, est obligé de verser une cotisation patronale de l'ordre de 50% du salaire versé contre 15,5% pour le privé, à seule fin d'assurer ses obligations vis à vis des retraités. Le cotisant, lui, verse à peine 7,85% de son salaire en cotisation, soit 30% de moins que le salarié du privé", explique le président de l'Ifrap. Mais les 130 régimes spéciaux (RATP, SNCF, EDF...), qui concernent 1,5 million de retraités et cotisants, font encore beaucoup mieux, comme le départ dès 50 ans pour les conducteurs de la SNCF et de la RATP.
Témoin de toutes ces contradictions: Bercy. Le service censé s'assurer de l'imposition et de la collecte des impôts, c'est à dire de la gestion de l'argent public de tous les français, est le plus gros pourvoyeur d'auto-gratifications en tout genre. Cette riante danseuse de la république s'est ainsi distribué 1,67 milliard d'euros de primes diverses en 2002, dernière année connue, et continue d'en inventer de nouvelles. En 2003, le système des 400 primes gratifiant les 180.000 agents du ministère, conçues pour certaines à l'issue de conflits sociaux et pouvant représenter 100% du traitement de base, a certes été simplifié. Mais le coût global reste inchangé et ces compléments de salaire représentent toujours en moyenne 30% des émoluments de ces fonctionnaires qui font pâlir d'envie leurs homologues des autres administrations...
....Les membres du Conseil d'État bénéficient d'une sinécure en or. Parmi les 322 membres, dont 81 ont été nommés de manière discrétionnaire par le président de la république à l'issue du "tour extérieur" -même s'ils n'y connaissent rien en droit administratif-, seuls le le vice-président et les six présidents de sections possèdent un bureau. C'est dire si le stress et la culture du résultat s'avèrent peu compatibles avec les ors du Palais-Royal. Aucune présence, ni participation à une quelconque commission ne sont exigées pour recevoir les émoluments de 10.000 euros net par mois. Une juteuse "poire pour la soif" pour de nombreux membres en attente d'un pantouflage plus payant. Une prime supplémentaire dite "prime d'égout" est réservée aux conseillers, qu'on soupçonne pourtant peu de traîner dans les bas-fonds: la légende raconte qu'un de ces messieurs obtint ce "petit plus" après s'être fait mordre le mollet par un rat alors qu'il visitait les sous-sols....(à suivre...)
(source: idem.)
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jeudi, 16 août 2007
Au bon beurre...! (2): un "fouillis baroque"....
...Traiter le monde des fonctionnaires comme un tout serait absurde. Il est le plus disparate qui soit en terme d'avantages. Aux primes des uns, logements et voitures de fonction et autres indemnités, s'ajoutent pour les autres un fatras de gratifications exotiques, où les primes de "suggestions exceptionnelles" voisinent avec celles de "haute technicité", les indemnités de chaussure, celle d'utilisation de langue étrangère; ce "fouillis baroque" (selon les termes d'un comité d'enquête dépendant de la Cour des Comptes) composant au minimum 16% du salaire moyen des fonctionnaires (mais par exemple 30% de ceux de Bercy ou 40% du salaire net des aides soignantes). Encore s'agit-il des avantages recensés et déclarés.
Un rapport de l'Inspection des Finances a montré que les logements de fonction (200.000 environ) au titre de la "nécessité de service" représentaient en Ile de France un avantage moyen variant entre 7850 euros (dans l'Oise) et 19.850 euros à Paris en 2004, bénéfice qui "échappe largement à la taxation fiscale et sociale". Même constatation concernant les voitures de fonction (150.000 environ) dont le coût est de l'ordre du demi milliard d'euros et dont les trois quarts servent aussi à des déplacements privés. La plupart des Ministères ne déclarent pas ces avantages en nature. Résultat de cet enchevêtrement de primes et avantages, tantôt déclarés, tantôt pas: une formidable opacité et inégalité et de sévères jalousies entre directions et services...
...Ainsi, quand un fonctionnaire s'indigne des avantages automatiques dans l'administration, il pense moins à lui qu'à son voisin! Le salarié des douanes pourra s'offusquer de l'empilement des primes que se versent les fonctionnaires de Bercy, qui répliqueront, eux, en stigmatisant les retraites des employés de la Banque de France (75% du traitement des derniers six mois). Ceux-ci rétorqueront qu'un militaire peut prendre sa retraite après quinze ans à peine de service, et cumuler alors pension et travail dans le privé, mais le même militaire, payé chichement, pourra à son tour se plaindre des émoluments du trésorier-payeur-général (qui flirte avec les 200.000 euros par an, primes comprises). Offusqué, le TPG désignera le régime envié de l'ambassadeur (au statut fiscal imbattable grâce à "l'indemnité de résidence"), qui pointera en retour les avantages des fonctionnaires des DOM-TOM dont la sur-rémunération se chiffre pour la collectivité en milliards d'euros... (à suivre...)
(source: Le Figaro, 4 août 2007, n° 19.597).
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lundi, 06 août 2007
Au bon beurre...! (1)
Contrairement à ce que pourraient croire celles et ceux qui prêteraient l'oreille aux mensonges de la "vérité officielle républicaine", la Révolution n'a pas mis fin aux privilèges et aux injustices. Ceux-ci sont le fruit de la part de méchanceté et de bassesse de l'âme humaine, présentes dans le coeur même de l'homme, et ne disparaîtront jamais. Ils existaient, c'est vrai, sous les Rois, et ils n'étaient bien sûr pas le meilleur côté de la Royauté, celui dont nous sommes le plus fiers. Mais la Révolution ne les a pas fait disparaître: bien au contraire, elle les a multiplié par dix, par cent, par mille; et là où nous avions une Bastille nous en avons maintenant aussi dix, cent, mille! C'en est au point que la République est devenu, de facto, le paradis de l'injustice, du privilège, de la corruption, du passe-droit, de la combine juteuse et...du "Bon Beurre...".
Eh, oui, il faut s'y faire: la république qui, soi disant, a commencé par le désir d'égalité s'est mué en un régime où, oui, vraiment, "la soupe est bonne"; elle est même très bonne; du moins bien sûr pour ceux qui ont remplacé les anciens Rois, qui se sont coulés voluptueusement dans leurs habits et leurs palais mais sans rendre -loin s'en faut- le même service; seulement pour profiter des avantages de la fonction... Vous ne le croyez pas? Voyez la presse: même des journaux qui ne font pas profession de foi royaliste, et s'accommodent fort bien de la République, le disent. Le dernier en date ? "Le Figaro Magazine", numéro 19.597, daté du 4 août (cela ne s'invente pas, mais l'effet est voulu par le journal justement...),
Le reportage montre, par exemple, que "les hauts fonctionnaires sont les gâtés du système", puisqu'ils peuvent tenter leur chance dans leur privé, en étant assurés de retrouver leur place dans leur administration d'origine en cas de problème: c'est "le beurre et l'argent du beurre"! Yvan Stefanovitch, auteur d'un édifiant "Aux frais de la Princesse" (Jean Claude Lattès, 2007) n'y écrit-il pas: "On vit dans une république monarchique. Les hauts fonctionnaires constituent une noblesse d'Etat qui remplace celle du sang d'autrefois". Vous trouverez dans la rubrique/catégorie "Les privilégiés de la République" les différents exemples choisis et proposés à ses lecteurs par Le Figaro: c'est à lire, et à méditer!..... (à suivre...)
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