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Journal d'un royaliste français au Maroc

  • Retour sur une gifle fatale

     

    Par Péroncel-Hugoz 

    TRAVAUX DIVERS - Largeur +25.jpgNotre confrère Péroncel-Hugoz, longtemps correspondant du Monde dans l'aire arabe, a publié plusieurs essais sur l'Islam, et il travaille maintenant en France et au Maroc, pour plusieurs titres, notamment « La Nouvelle Revue d'Histoire » et « le360 ». Il tient aussi son Journal d'un royaliste français au Maroc, dont la Nouvelle Revue Universelle a déjà donné des extraits. Nous en faisons autant, depuis janvier 2016, en publiant chaque semaine, généralement le jeudi, des passages inédits de ce Journal.  LFAR    

     

    IMG - JPEG - Copie - Copie.jpgLundi 21 février 2011, Rabat

    Jeune Afrique du 17 décembre 2010 revient à juste titre sur la gifle qui, en Tunisie, a tout déclenché :

    Une gifle fatale

    « Les agents municipaux lui saisissent encore une fois sa charrette. Quand il ose aller déposer une réclamation au gouvernorat, aucun responsable ne prend la peine de le recevoir. Pis, une auxiliaire municipale, Feida Hamdi, le gifle et lui crache à la figure. L'humiliation publique, infligée par une femme dans un environnement où le respect fait partie du code social, est le geste de trop, une souillure dont Mohamed va se purifier par le feu. Il ne réfléchit plus, est pris dans la spirale du désespoir, d'un implacable no future. Puisqu'il ne peut se faire entendre, il va protester de la manière la plus voyante. Consumé par la misère, il se sent déjà brûlé de l'intérieur, alors autant affronter le feu. Il n'a pas peur, ne tremble pas. Il craque une allumette comme on claque des doigts et s'immole sur la place publique. Un geste qui embrase le pays et fait de tous les Tunisiens - et peut-être de tous les Arabes - des marchands ambulants bafoués dans leurs droits. »

    L'opposant tunisien Moncef Marzouki (et premier auteur dans ma première collection éditoriale en 1987, à Paris) a inventé ce mot pour les régimes arabes Joumloukia, mélange de joumhouria, république et mouloukia, royauté, mais il est républicain et les plus grandes dictatures ont toujours été des républiques, partout de la Chine au Brésil, de la Soviétie à l'Allemagne...

    En Cyrénaïque, les opposants à Kadhafi ont ressorti le drapeau noir, vert, rouge du feu roi Idriss que cet escogriffe de Kadhafi avait renversé hélas ! en 1969. Le prince héritier Hassan-Réda fut tué à petit feu en prison. Où est la lignée sénoussie aujourd'hui ? Qu'un de ses émirs se manifeste bon sang de bon sang !    

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  • Baisemain royal

     

    Par Péroncel-Hugoz 

    TRAVAUX DIVERS - Largeur +25.jpgNotre confrère Péroncel-Hugoz, longtemps correspondant du Monde dans l'aire arabe, a publié plusieurs essais sur l'Islam, et il travaille maintenant en France et au Maroc, pour plusieurs titres, notamment « La Nouvelle Revue d'Histoire » et « le360 ». Il tient aussi son Journal d'un royaliste français au Maroc, dont la Nouvelle Revue Universelle a déjà donné des extraits. Nous en faisons autant, depuis janvier 2016, en publiant chaque semaine, généralement le jeudi, des passages inédits de ce Journal.  LFAR    

     

    PERONCEL 3.jpgDimanche 20 février 2011  

    Maigres manifs à Casa et Rabat, sous la pluie avec portraits du roi, présentés comme un bouclier par les manifestants. A la campagne, dans un café, images de Télé-Tanger et d'Euronews que des paysans regardent, passifs, plutôt éberlués, taiseux en tous cas. Savent-ils, au fond d'eux-mêmes, qu'il y a bien peu de chance que quelque chose, en tout état de cause, s'améliore pour eux ?...

    Le magazine Tel Quel, toujours aussi vain et occidentomane réclame, entre autres réformes (hausse du smic, santé gratuite pour les pauvres, etc.), ta suppression du ... baisemain à Sa Majesté chérifienne qui, rappelons-le, est facultatif ; mais ici, traditionnellement, on embrasse la main (ou l'épaule ou la tête) de ses aînés, de ses supérieurs, cela remonte à Mahomet. Faudrait-il supprimer, en France, le baisemain aux dames de qualité ?...

    Mourad, un jeune ouvrier tisserand qui vient de se marier et a travaillé pour moi, vient me voir et me demande un petit prêt que je lui consens : « On aime le roi, j'aime le roi, il nous protège mais les patrons ne lâchent rien, on n'y arrive plus, même si le sucre et l'huile ont un peu baissé... » Je le sens sincère et inquiet ; les loyers n'ont pas baissé, ni l'eau, ni la tricinti (l'éléctricité), ni l'essence, ni les vêtements, ni les médicaments, la liste serait interminable.    

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  • Tourmente politique hivernale

     

    Par Péroncel-Hugoz 

    TRAVAUX DIVERS - Largeur +25.jpgNotre confrère Péroncel-Hugoz, longtemps correspondant du Monde dans l'aire arabe, a publié plusieurs essais sur l'Islam, et il travaille maintenant en France et au Maroc, pour plusieurs titres, notamment « La Nouvelle Revue d'Histoire » et « le360 ». Il tient aussi son Journal d'un royaliste français au Maroc, dont la Nouvelle Revue Universelle a déjà donné des extraits. Nous en faisons autant, depuis janvier 2016, en publiant chaque semaine, généralement le jeudi, des passages inédits de ce Journal.  LFAR    

     

    ph - Copie 3.jpgVendredi 18 février 2011

    Je doute de plus en plus que le Maroc puisse échapper à cette tourmente politique hivernale (habituellement les peuples arabes font leurs révolutions en été : Egypte 1952, Irak 1958, Libye 1969 etc.) qui ravage l'aire courant de Bahreïn à Alger via Sanaâ, Amman, le Caire, Tunis, Benghazi etc.

    Certes, ici au Maroc tous les produits de base viennent de baisser, y compris le butagaz, comme par miracle, mais les grandes plaies restent ouvertes : très bas salaires, bidonvilles, médicaments hors de prix, refus des emplois manuels par le plus petit diplômé, etc.

    C'est vrai, la popularité royale reste très élevée et ne désempare pas depuis 12 ans que Mohamed VI règne, les « sujets du bas » réclamant une augmentation des pouvoirs du monarque et non leur limitation, etc. mais le Makhzen n'a pas vraiment utilisé ces données très favorables, par exemple pour obliger le patronat à donner des payes décentes, pour revaloriser financièrement et socialement les métiers manuels, notamment agricoles. Que de temps perdu ! Que d'exemples historiques de souverains adorés puis détestés (Louis XV, Alphonse XIII, Léopold III, Farouk, Mohamed-Réza-Chah, etc) ! Qu'Allah épargne cette disgrâce à Mohamed VI !

    France : madame Le Pen et le président Sarkozy se retrouvent sur l' « islamophobie ». Ils ne veulent plus de minarets, de prières publiques, peut-être demain d'égorgement à vif des bêtes de boucherie (mais là, ce sera plus difficile car les israélites ont introduit en France, bien avant l'arrivée de l'Islam, ce viol de la loi nationale...) - et alors les musulmans réagiront sans doute violemment, comme des enfants auxquels on a tout passé jusqu'à la puberté et auxquels brusquement on veut imposer des règles de ponctualité, d'ordre, de travail, etc. - le pire sera alors à craindre.  

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  • Lang du rose au jaune …

    Par Péroncel-Hugoz 

    TRAVAUX DIVERS - Largeur + 2.jpgNotre confrère Péroncel-Hugoz, longtemps correspondant du Monde dans l'aire arabe, a publié plusieurs essais sur l'Islam, et il travaille maintenant à Casablanca pour le 360,  l'un des principaux titres de la presse francophone en ligne au Royaume chérifien. Il tient aussi son Journal d'un royaliste français au Maroc, dont la Nouvelle Revue Universelle a déjà donné des extraits. Nous en faisons autant, depuis janvier 2016, en publiant chaque semaine, généralement le jeudi, des passages inédits de ce Journal.  LFAR    

     

    peroncel1.jpgMardi 15 février 2011, Marrakech

    Venu ici pour la journée, afin de choisir des photos du XIXe siècle chez le collectionneur Patrick Manach, pour mon projet de réédition d'Escale .à Tanger de Dumas père ; Florence Kuntz est du déplacement. Je traverse seul la ville de la librairie du Guéliz à la Médina et y prend derechef toute la mesure des ravages esthétiques et moraux du tourisme occidental, avec ses vieux bobos à queue de cheval et pantalons bouffants, ses retraités en ticheurts, frigorifiés par l'air passé sur les neiges atlassiques avant de ventiler Marrakech, ses hachichin parigots bas-de-gamme, ses magasins de mode hors de prix, accessibles sans doute à 1% et encore des Marocains, ses courtisanes ou ses gigolos indigènes tortillant du popotin sur les trottoirs fleuris, etc. bref tout ce que j’ai fui en Europe et qui brusquement me rattrape ici, avec en plus, Jack Lang, en chemise jaune (quand je le fréquentais professionnellement dans les années 1980 sa chemise était rose...), visitant la même exposition que nous... • 

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  • Le jardinier et le saint

     

    Par Péroncel-Hugoz 

    TRAVAUX DIVERS - Largeur + 2.jpgNotre confrère Péroncel-Hugoz, longtemps correspondant du Monde dans l'aire arabe, a publié plusieurs essais sur l'Islam, et il travaille maintenant à Casablanca pour le 360,  l'un des principaux titres de la presse francophone en ligne au Royaume chérifien. Il tient aussi son Journal d'un royaliste français au Maroc, dont la Nouvelle Revue Universelle a déjà donné des extraits. Nous en faisons autant, depuis janvier 2016, en publiant chaque semaine, généralement le jeudi, des passages inédits de ce Journal.  LFAR    

     

    IMG - Copie.jpgLundi 14 février, Chaouïa

    Bouchaïb, un quadra père de trois enfants, Mzabi (originaire de Benahmed, près de Khouribga et non du Mzab algérien), analphabète, brave homme, bon jardinier, souvent sans travail et auquel j'en ai donné un peu ces temps-ci, dans mes deux jardinets, en marge d'un remplacement qu'il faisait au service municipal des jardins de Moha, m'appelle pour savoir si je n'ai pas besoin de lui en ce moment. Hélas ! pour lui non mais je lui dis que je suis preneur d'œufs de sa petite basse-­cour. Il habite un douar minuscule en bordure. de l'ancienne base aérienne américaine de Benslimane, à 30 km de chez moi. Il prend le bus et une heure après il est ici. Je le trouve amaigri, hâve même. Faouzia lui prépare un bon gros sandwich au casher, cette saucisse musulmane industrielle prisée des autochtones, un thé, des bananes. Une fois qu'il est rassasié, je le fais un peu parler. Le travail ? Ouallou, rien en ce moment ni à la campagne ni à la ville. « Je suis allé tailler des vignes près de Moulay-Bouchaïb [son saint patron], à Azemmour - Tu*as donc rapporté un peu de baraka du saint...  - Pas du tout, je ne suis même pas allé visiter sa koubba, là-bas avec les autres ouvriers agricoles on a surtout bu du 3/4 ...». C'est le nom que les Marocains donnent au vin : trois quarts (de litre). Je suis édifié.  • 

    *En arabe, n'existe que le tutoiement et je parle bien sûr cette langue avec Bouchaïb qui ne connaît que deux ou trois mots de français. L'accusation idéologique de « tutoiement colonial » envers nos colons ne tient plus dès lors qu'on sait que cet usage était surtout une marque d'adaptation à l'idiome local. Je m'efforce de suivre cet exemple.

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  • Médiocrité des partis marocains

    « Dans son discours du 29 juillet 2017, à l'occasion de la Fête du Trône, le roi Mohammed VI a mis les partis politiques face à leurs responsabilités. Leur échec dans l'encadrement des citoyens et leur opportunisme sont particulièrement mis à l'index ». [Le360, journal marocain en ligne du 29.07.2017]

     

    Par Péroncel-Hugoz 

    TRAVAUX DIVERS - Largeur + 2.jpgNotre confrère Péroncel-Hugoz, longtemps correspondant du Monde dans l'aire arabe, a publié plusieurs essais sur l'Islam, et il travaille maintenant à Casablanca pour le 360,  l'un des principaux titres de la presse francophone en ligne au Royaume chérifien. Il tient aussi son Journal d'un royaliste français au Maroc, dont la Nouvelle Revue Universelle a déjà donné des extraits. Nous en faisons autant, depuis janvier 2016, en publiant chaque semaine, généralement le jeudi, des passages inédits de ce Journal.  LFAR    

     

    IMG - JPEG - Copie - Copie.jpgSamedi 12 février 2011

    Les renversements des présidents, par la rue, en Egypte et à Tunis, font croire à l'installation prochaine de la démocratie à l'occidentale dans ces pays. Je n'en crois rien et je dirai : Allah merci ! Car la démocratie, primat de l'Homme sur Dieu, ne peut fonctionner sans dégâts chez les peuples croyants, comme le sont, jusqu'à plus ample informé, les musulmans.

    Du coup les commentateurs estiment que le roi du Maroc doit renoncer à une partie de ses pouvoirs, se contenter de régner sans gouverner. Or les Marocains de base ne veulent pas de ça, ne connaissant que trop la médiocrité, la vénalité, la rapacité de leurs partis politiques. Néanmoins, les «élites» se croient déjà en démocratie, et on en a les désagréables prémices : grèves du personnel judiciaire, grève des enseignants, grève du personnel marocain des lycées français et même, symbole de la grève à la française, grève des pharmaciens mécontents de la juste politique du gouvernement royal visant à diminuer le prix des médicaments, en diffusant largement les génériques... Eh ! bien non, la Pharmacie marocaine ne veut rien entendre, le spectacle des pauvres gens dans la rue montrant des ordonnances dont ils ne peuvent acheter les prescriptions indiquées, ne l'émeut pas... Une seule chose compte : la continuation des gros profits.   • 

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  • Pique-nique avec P.M. Coûteaux

    Paul-Marie Coûteaux et Florence Kuntz - avril 2001 - devant la statue équestre de Louis XIV, place des Victoires à Paris

     

    Par Péroncel-Hugoz 

    TRAVAUX DIVERS - Largeur + 2.jpgNotre confrère Péroncel-Hugoz, longtemps correspondant du Monde dans l'aire arabe, a publié plusieurs essais sur l'Islam, et il travaille maintenant à Casablanca pour le 360,  l'un des principaux titres de la presse francophone en ligne au Royaume chérifien. Il tient aussi son Journal d'un royaliste français au Maroc, dont la Nouvelle Revue Universelle a déjà donné des extraits. Nous en faisons autant, depuis janvier 2016, en publiant chaque semaine, généralement le jeudi, des passages inédits de ce Journal.  LFAR    

     

    PERONCEL 4.jpgDimanche 6 février 2011, Aïn-Dakhla (Ben-Slimane)

    Marche à la grotte escarpée d'Ain-Dakhla, au milieu des indigènes en pique-nique, avec la famille Kuntz et l'ex-eurodéputé souverainiste Paul-Marie Coûteaux.

    La rumeur nous apprend que le roi du Maroc est aux sports d'hiver en France. Voyage royal privé, donc non annoncé, selon l'usage chérifien. Mais là, ce séjour « privé » a bien une signification politique : si le chef peut se permettre une absence de son pays à un moment où toute l'Afrique blanche, du Nil au fleuve Sénégal, est en ébullition, en attente, en écoute, c'est qu'il sent que la situation est, pour lui, sûre. Ou alors, il en doute mais en s'absentant il veut donner l'impression qu'il n'est pas inquiet. Dans les deux cas, surtout le second, bien sûr, c'est risqué...

    L'intrépidité, qui était l'une des vertus d'Hassan II et ne paraissait pas trop figurer parmi les qualités de son fils et successeur, vient peut-être d'apparaître dans le comportement de Mohamed VI. • 

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  • La « Droiche » au Maroc

    Nicolas Sarkozy à Washington

     

    Par Péroncel-Hugoz 

    TRAVAUX DIVERS - Largeur + 2.jpgNotre confrère Péroncel-Hugoz, longtemps correspondant du Monde dans l'aire arabe, a publié plusieurs essais sur l'Islam, et il travaille maintenant à Casablanca pour le 360,  l'un des principaux titres de la presse francophone en ligne au Royaume chérifien. Il tient aussi son Journal d'un royaliste français au Maroc, dont la Nouvelle Revue Universelle a déjà donné des extraits. Nous en faisons autant, depuis janvier 2016, en publiant chaque semaine, généralement le jeudi, des passages inédits de ce Journal.  LFAR    

     

    ph - Copie (2).jpgDimanche 6 février 2011 

    Tous ces blogueurs de la « bonne société » marocaine qui s'agitent maintenant sur Internet en faveur disent-ils d'une vraie « monarchie parlementaire » à la place de la royauté « exécutive » actuelle ... Ils savent que Mohamed VI est trop aimé par le peuple pour qu'ils osent envisager publiquement un système sans roi, même si certains y pensent in pectore...

    On a froid dans le dos si on connaît un peu la classe politique traditionnelle marocaine, qu'elle se dise de « droite », ou de « gauche » (en fait c'est la « droiche » selon le néologisme réaliste de Jean-Eden Hallier), un ramassis peu ragoûtant de vieux ou moins vieux combinards, jouisseurs, affairistes, concussionnaires, courtisans, sans autre conviction que le maintien de leur situation sociale... Ces gens-là conduiraient le Royaume au bas de l'échelle politique... Qu'Allah en préserve les Marocains !

    Autre plaie, internationale celle-là : « Les agences de notations » à l'autorité auto-proclamée, les associations dites « caritatives », les organisations non « gouvernementales », en fait très souvent inspirées et financées par les gouvernements anglo-saxons, toute cette engeance, classifiant, déclassifiant à longueur d'année des pays comme le Maroc (même la France américaine de Nicolas Sarkozy n'y échappe pas ; bien fait pour ce président qui a osé aller dire au Capitole à Washington coram populo qu'il admirait éperdument les States...)

    Au XIXe siècle l'Occident voulait imposer partout « la civilisation », à des peuples tout aussi civilisés que lui, sinon plus ; au XXIe siècle le même Occident, avec le même toupet, veut imposer partout « la démocratie », à des peuples qui ont leurs propres systèmes politico-culturels...  • 

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  • Le prix des tomates

    « Maxime Rousselle un médecin du bled »

     

    Par Péroncel-Hugoz 

    TRAVAUX DIVERS - Largeur + 2.jpgNotre confrère Péroncel-Hugoz, longtemps correspondant du Monde dans l'aire arabe, a publié plusieurs essais sur l'Islam, et il travaille maintenant à Casablanca pour le 360,  l'un des principaux titres de la presse francophone en ligne au Royaume chérifien. Il tient aussi son Journal d'un royaliste français au Maroc, dont la Nouvelle Revue Universelle a déjà donné des extraits. Nous en faisons autant, depuis janvier 2016, en publiant chaque semaine, généralement le jeudi, des passages inédits de ce Journal.  LFAR    

     

    peroncel1.jpgSamedi 5 février 2011 

    Je ne sais pas si la protestation contre la vie chère secouant actuellement nombre de villes arabes, hors Maroc, y est pour quelque chose mais je vois au souk que les tomates du jour au lendemain sont redescendues subitement de 10 dirhams le kilo (environ 8 centimes d'euros) à 5 ou 6 dirhams, presque leur prix habituel de 4 dirhams le kilo...

    De même, le gouvernement reparle des « villes sans bidonvilles ». Selon le ministre chérifien de l'Habitat, il ne reste plus que 43 villes avec bidonvilles sur les 85 dans ce cas, listées en 2003, soit, alors 5 millions de bidonvillois (sur 30 millions d'habitants) répartis dans 1000 karyane (nom en francarabe marocain, dérivé de Carrières-Centrales, à Casa, où serait apparu, sous le Protectorat, le premier habitat de ce type, baptisé par les Français « Bidonville » , voulu alors comme un nom propre, vite transformé en nom commun devant la prolifération de ces quartiers de planches et de tôles). Sitôt l'indépendance retrouvée, Mohamed V fit venir en consultation l'abbé Pierre, héraut des mal-logés français de l'époque. L'abbé au béret repartit sidéré par l'ampleur de la tâche et sans donner de recette miracle... Sous Hassan II, Maxime Rousselle un médecin du bled, totalement dévoué depuis des décennies à ses patients de l'Atlas - son livre Toubib du bled, préfacé par Michel Jobert, auto-édité en France en 1990 est un chef-d’œuvre de vraie littérature humaniste -, fut en 1959 bombardé directeur de l'Hygiène à Rabat, par Sa Majesté chérifienne. Il s'attaqua aussitôt aux bidonvilles et pondit un rapport révolutionnaire qui resta quasi lettre morte mais me paraît plus que jamais d'actualité et qu'on peut résumer ainsi : il ne faut pas détruire les karyanes mais les aménager en douceur avec l'accord des habitants qui aiment leurs cabanes, y sont souvent nés, y ont leurs habitudes, leurs commodités, leurs métiers et ne veulent pas s'exiler dans des banlieues lointaines dont les loyers, même « modestes»  sont encore trop chers pour leurs revenus.

    Rousselle, qui resta à son poste jusqu'en 1975, préconisait donc que le Makhzen - l'Etat marocain - viabilise, draine, assainisse peu à peu les parties communes des bidonvilles, laissant les résidents améliorer eux-mêmes leur habitat personnel. Le peu que ce brave médecin des pauvres réussit à appliquer de sa théorie déclencha bien-sûr l'enthousiasme des bidonvillois. Hélas, sous les injonctions comminatoires des organisations internationales, de l'Europe, des associations tiers-mondistes étrangères, c'est tout le contraire qu'on a fait ensuite et qu'on continue à faire : « Eradiquer l'habitat précaire » à grands frais au lieu de l'améliorer, le transformer, l'humaniser à moindres frais ...

    Pour ma part, à Salé, Rabat, Casa, Mohamédia, depuis 5 ans je ne vois guère reculer les karyanes, et si l'un disparaît, j'en vois un autre renaître plus loin. J'ai vu également d'ex-bidonvillois désespérés, désorientés se lamentant sur les ruines de leurs cabanes défoncées par les machines de l'Etat et aux prises avec une bureaucratie digne de Kafka, Courteline et Ubu, quand il s'agit de demander à être relogé. Souvent les pauvres gens vivent ensuite des mois, des années - c'est le cas en ce moment au bord de la route Mohamédia-Bouznika - sous des tentes fournies par les services officiels...  • 

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  • Moubarak sans gloire

    Le président Moubarak

     

    Par Péroncel-Hugoz 

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    IMG - Copie.jpgVendredi 4 février 2011 

    Impudence insensée, pur néo-colonialisme (tant de fois invoqué sans raison...) que ces déclarations des Occidentaux (Etats-Unis, Union européenne, France, Angleterre, Turquie même...) pressant le président Moubarak, leur fidèle allié depuis 30 ans, de quitter sans délai le pouvoir... Oh ! certes le successeur de Sadate a régné trois décennies sans aucune gloire, fermant sa frontière aux Palestiniens de Gaza bombardés par Israël, abandonnant aux terroristes islamiques ses compatriotes coptes sans défense, laissant les affairistes civils ou militaires continuer à pressurer le pauvre peuple égyptien, installant dans la vallée du Nil un immobilisme socio-politique absolu, truquant les élections, envisageant même, par une caricature de l'hérédité monarchique de céder sa place à son fils Gamal, freluquet occidentalisé marié à une gourgandine égyptienne aux lèvres artificiellement gonflées, j'en passe. et des pires sans doute. Mais c'est quand même un chef d'Etat légal, sinon légitime, reconnu et encensé jusqu'ici par le monde entier, le chef officiel d'une vieille nation théoriquement souveraine... Quel mépris de l'Occident pour ces gens du Sud ! L'impression que m'avait faite le vice-président Hosni Moubarak, alors dans l'ombre de Sadate le Grand, rencontré un jour au cours d'une cérémonie officielle à bord d'un bateau sur le canal, cette impression d'un homme précautionneux, douillet et imbu de son importance, ne fit que se confirmer ensuite en le voyant gouverner... J'en eus la nostalgie des dynastes issus de Méhémet-Ali qui firent de l'Egypte une grande puissance régionale, forte, saine et vivable (1805-1953). Je comprends que Sadate ait pensé à restaurer cette lignée, jusqu'à rendre à Fouad II (roi-enfant nominal en 1952-53) l'épée de son père Farouk et sa nationalité égyptienne... Il ne put aller plus loin - devenir peut-être un Monk ou un Franco ? - devant la levée de boucliers immédiats des profiteurs du régime militaire, héréditaires, eux aussi, mais sans bénéfice pour le pays...

    J'ai sous les yeux le texte complet des déclarations du prince Hicham, troisième dans l'ordre de succession au Trône chérifien (après le petit Hassan, fils de Mohamed VI et l'émir Rachid, frère cadet du roi), au quotidien espagnol de gauche El Pais. C'est une véritable déclaration de guerre politique d'un cousin à l'autre : « Il ne faut pas se tromper : presque tous les systèmes autoritaires seront affectés par la vague de protestations [commencée en Tunisie, Algérie, Egypte, etc.]. Le Maroc ne sera probablement pas une exception. Reste à savoir si la contestation sera sociale ou aussi politique. L' Europe doit se réveiller, arrêter d'appuyer des dictatures, etc. »

    La rumeur publique veut que l'antipathie réciproque entre les deux princes remonte à leur enfance lorsqu'un jour, pour une querelle de gosses, Hicham rossa Mohamed d'importance devant témoins... En somme le « vainqueur »  serait plus rancunier que le « rossé » ...

    A Marrakech, la mairie, occupée par une jeune femme à la mode, ignorante de l'histoire de sa ville et de son pays, a rebaptisé en décembre 2010 la rue Jacques-Majorelle (1886-1962), lequel peignit le Maroc arabo-berbère comme personne, du nom du couturier Yves Saint-Laurent, dont la liaison contre-nature affichée avec le milliardaire gauchiste Pierre Bergé scandalisa les Marocains, en dépit du mécénat de ce duo en faveur de l'Art arabo-berbère.

    Ubuesque Union européenne, qui en 2010 a laissé partir au Maroc un cirque avec quatre éléphantes d'Asie, bloquées ici depuis plus d'un trimestre car Bruxelles leur refuse obstinément le droit de revenir à Montauban, d'où les pauvres bêtes étaient parties, car elles auraient pu contracter Dieu sait quel virus africain risquant de contaminer les pachydermes vivant en Europe... Or il n'y a plus d'éléphants autochtones au Maroc depuis l'époque de Carthage et Rome... Les enseignants des écoles françaises du Maroc se mêlent actuellement de faire signer des pétitions.à leurs élèves pour sauver telle condamnée iranienne ; ils feraient mieux de mobiliser écoliers et collégiens en faveur du quatuor de dames Babar, sujet concernant les enfants s'il en est... • 

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  • Les Turcs succèdent aux Portugais ... [2]

    Le roi Mohamed VI et Monsieur Moncef Marzouki, président de la république tunisienne

     

    Par Péroncel-Hugoz 

    TRAVAUX DIVERS - Largeur + 2.jpgNotre confrère Péroncel-Hugoz, longtemps correspondant du Monde dans l'aire arabe, a publié plusieurs essais sur l'Islam, et il travaille maintenant à Casablanca pour le 360,  l'un des principaux titres de la presse francophone en ligne au Royaume chérifien. Il tient aussi son Journal d'un royaliste français au Maroc, dont la Nouvelle Revue Universelle a déjà donné des extraits. Nous en faisons autant, depuis janvier 2016, en publiant chaque semaine, généralement le jeudi, des passages inédits de ce Journal.  LFAR    

     

    IMG - JPEG - Copie - Copie.jpgJeudi 3 février 2011, Casa 

    Ce que ne savent pas les journalistes parisiens ou les eurocrates de Bruxelles qui congratulent à longueur d'année le Maroc pour ses « réformes sociétales » - essentiellement le Code de la Famille qui complique la polygamie, facilite le divorce et met théoriquement sur le même pied père et mère pour la direction de la famille -, c'est que lesdites réformes sont impopulaires parmi les sujets de Mohamed VI, sexes et âges confondus. Cela ressort des sondages, des reportages, des conversations. Dans les tribunaux, les juges accordent généralement les dispenses d'âge aux filles de moins de 18 ans désireuses de se marier. On se demande si le législateur marocain auteur de l'élévation de l'âge du mariage n’a jamais regardé les filles de 14-15 ans à la sortie des écoles ou travaillant dans les champs et qui sont déjà, la plupart du temps, de vraies petites femmes. En outre, Mahomet, le Modèle parfait aux yeux de ses fidèles, épousa Aicha à 6 ans et consomma cette union quand elle en eut 9. C'est ce que relatent les sira, biographies autorisées du prophète de l'Islam.

    La chaîne états-unienne de Nefaste-food, Mc Do, organise un concours, placardé partout au Maroc, dont le gros lot est « une semaine en Egypte » ... L'Egypte en pleine révolte armée... Il est vrai que le tourisme de guerre fut lancé en 1973 par des voyagistes israéliens, qui amenèrent sur les bords du canal de Suez - j'y étais et je les vis - des individus morbidement avides de voir des champs de bataille encore chauds...

    Mon auteur tunisien, le prof de médecine Moncef Marzouki, dont en 1987 je publiai en France le livre-choc Arabes si vous parliez... où il disait ce qu'aucun musulman n'avait encore dit, est rentré ces jours-ci de son long exil européen et a annoncé illico sa candidature à la présidence. Cependant, peu après, déambulant parmi la foule tunisoise il s'est fait traiter de « mécréant » (kafer) et certains passants lui ont lancé : « Retourne d'où tu viens » Il faut dire que Marzouki n'y va pas de plume morte. Voici ce que j'avais retenu, en 1983, d'un autre de ses livres, dans mon Radeau de Mahomet : « L’Arabe se méprise, méprise son réel, parce qu'il sait que ce réel est un tissu de contrevérités. Mensonges de la politique, de l'information, des intellectuels, [...} Que les slogans meurent pour que vive l'homme arabe ! »

    Remontant dans le temps, Marzouki ne craignit pas même durant la décennie 1980 de s'en prendre aux quatre califes « bien dirigés », successeurs de Mahomet, que tout le monde arabe, des maîtres d'école aux prédicateurs de mosquée, est généralement d'accord pour révérer sans nuance, bien que trois de ces « souverains pontifes » aient fini assassinés au sein de confuses intrigues : « Notre passé était une série de complots et de guerres. Ça a commencé par l'assassinat d'Omar, en passant par ceux d'Osman, d'Ali, d'Hussein [...]. C'était une période d'esclavagisme et de tyrannie. [...]. Nous ignorons presque tout de ceux qui ont été opprimés, crucifiés et tués pour que la face de la vérité ne soit pas dévoilée. »

    Cet homme au franc-parler peu commun dans la société arabe actuelle s'attaque même aux tabous les plus solides. Il est d'avis de ne plus dissimuler ce que les Arabes doivent, sur le plan de la civilisation, aux Hindous, aux Perses ou aux Grecs. Il envoie promener la pieuse légende d'un Occident redevable de sa Renaissance aux Arabes : « L’Occident a fait des progrès grâce à son génie propre et cela s'est parfois réalisé par le refus du patrimoine arabo-musulman et son dépassement. »  Aucun « sacrilège » ne le faisant reculer, Marzouki va jusqu'à reconnaître que la « situation des [Arabes] n'a pas empiré avec la colonisation. »  Au contraire, estime-t-il, car elle a donné un coup de fouet à des peuples avachis qui se sont relevés pour récupérer leur indépendance.

    Aujourd'hui, leur énergie, un moment recouvrée, est retombée face au défi du sous-développement, dont les Arabes rendent responsables « la colonisation, l'impérialisme et le destin », alors que les coupables sont d'abord « la pensée, la religion, la politique, l'homme arabe lui-même. » • (Suite et fin)

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  • Les Turcs succèdent aux Portugais ... [1]

    Le roi Mohamed VI et le Premier ministre Recip-Tayep Erdogan

     

    Par Péroncel-Hugoz 

    TRAVAUX DIVERS - Largeur + 2.jpgNotre confrère Péroncel-Hugoz, longtemps correspondant du Monde dans l'aire arabe, a publié plusieurs essais sur l'Islam, et il travaille maintenant à Casablanca pour le 360,  l'un des principaux titres de la presse francophone en ligne au Royaume chérifien. Il tient aussi son Journal d'un royaliste français au Maroc, dont la Nouvelle Revue Universelle a déjà donné des extraits. Nous en faisons autant, depuis janvier 2016, en publiant chaque semaine, généralement le jeudi, des passages inédits de ce Journal.  LFAR    

     

    IMG - JPEG - Copie - Copie.jpgJeudi 3 février 2011, Casa 

    C'est encore Au Fait qui, citant l'Agence France-Presse, annonce une nouvelle tentative de suicide par le feu, à Rabat, de la part d'un jeune enseignant réclamant sa titularisation et manifestant devant le ministère de l'Education.

    Après la fuite de Ben-Ali en Tunisie, on a eu droit, comme après le départ du couple impérial iranien de Téhéran pour l’Egypte en janvier 1979, à une jolie série de minables trahisons envers le régime tombé.

    En Iran, le champion du reniement avait été le chorégraphe français Maurice Béjart, qui devait mille choses à l'impératrice Farah (d'où d'ailleurs le ballet Farah qu'il composa), et qui apparut sans tarder à la télévision : « Je n'avais rien à voir avec ces gens-là « ! Pour la Tunisie, on a droit aux justifications embarrassées de deux individus ayant notoirement pu se livrer en toute impunité, au pays du jasmin, à leurs turpitudes favorites ; pourtant interdites par la loi tunisienne (et musulmane), grâce à la haute protection du régime Ben-Ali... Il paraît que Frédéric Mitterrand, actuel ministre français de la Culture, puisque c'est de lui qu'il s'agit, l'autre impudent étant Bertrand Delanoë, actuel maire de Paris, il paraît que le premier de ces compères fut même naturalisé tunisien...

    Egypte ensuite, où le régime du général Moubarak, comme tous les systèmes aux abois, despotiques ou libéraux, a fait ouvrir les prisons, a rameuté les gros bras du parti quasi-unique, a ramassé des hommes désœuvrés comme on en compte tant dans la monstruosité urbaine qu'est devenue le Caire (22 millions d'habitants) ; et a lancé cette horde de baltaguia, de voyous, contre la foule désarmée ; et pacifique, sauf dans ses paroles fort dures contre Moubarak, le vieux raïs inactif, sorte de Chirac arabe.

    Ça y est, le Maroc a trouvé un remplaçant pour finir l'agrandissement de l'autoroute Casa-Rabat : les défaillants Portugais de Conduril vont être remplacés par les vaillants Turcs de Makyol. Signe des temps : revanche de l'Histoire qui vit jadis le petit Portugal faire reculer l'énorme Empire ottoman sûr la route des Epices entre mer Rouge et Indes... On parle des Chinois mais ce sont les Turcs qui avancent le plus leurs pions au Maroc en ce moment, avec leurs superettes Bim, leurs séries télévisées traduites en arabe, leurs ingénieurs et contremaîtres au complexe pétrolier de Mohamédia via maintenant les autoroutes... le tout sur fond de popularité grandissante, parmi les Arabes, du gouvernement islamiste turc, lequel tient tête pour de bon à Israël et aux Etats-Unis, s'interpose entre l'Occident et l'Iran, voile les épouses de ses ministres, se comporte en « soldat de l'Islam », comme l'avaient au reste annoncé, avant leur élection, et c'est d'ailleurs sur ce programme qu'ils ont été élus, l'actuel président Abdullah Gul et le Premier ministre Recip-Tayep Erdogan. La Turquie a de beaux jours politiques devant elle côté Islam, c'est sûr, et on comprend qu'un nombre grandissant de Turcs ne se soucie plus de voir leur pays accepté dans l'Union européenne... Notons qu'à l'assemblée générale des Nations-Unies, à New-York, le 21 septembre 2010, le roi du Maroc a tenu à s'entretenir avec le chef de l'Etat Turc et que l'image de cette rencontre a été répandue avec approbation populaire à travers le Royaume chérifien.  (A suivre)

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  • Les Tunisiennes sur la sellette ...

    Leïla Ben-Ali 

     

    Par Péroncel-Hugoz 

    TRAVAUX DIVERS - Largeur + 2.jpgNotre confrère Péroncel-Hugoz, longtemps correspondant du Monde dans l'aire arabe, a publié plusieurs essais sur l'Islam, et il travaille maintenant à Casablanca pour le 360,  l'un des principaux titres de la presse francophone en ligne au Royaume chérifien. Il tient aussi son Journal d'un royaliste français au Maroc, dont la Nouvelle Revue Universelle a déjà donné des extraits. Nous en faisons autant, depuis janvier 2016, en publiant chaque semaine, généralement le jeudi, des passages inédits de ce Journal.  LFAR    

     

    PERONCEL 4.jpgFin janvier, début février 2011, Casa

    Oh ! Le mépris de la presse parisienne envers Leïla Ben-Ali, « la petite coiffeuse de Carthage qui se voyait déjà piloter la Tunisie » (Paris-Match du 27 janvier). En tous cas, selon les critères orientaux, c'était, même à 50 ans passés, une belle femme, saine, souriante, bien en chair, avec d'épais cheveux longs, un regard énergique et mutin à la fois. Et autant qu'on sache, elle n'a assassiné ou torturé personne. Et si son mari fut un dictateur, il n'instaura jamais un « régime de terreur » contrairement à ce qu'écrivent sans crainte du ridicule deux islamologues de salon (Le Monde du 1er février). Simplement, il empêchait les islamistes armés d'agir, il faisait en sorte que, contrairement à l'Algérie, on n'assassine pas régulièrement des gens ou des gendarmes sur les routes tunisiennes... 

    Les féministes tunisoises se font du souci, quant à elles, avec le retour des islamistes dans le jeu politique. Vous voulez la démocratie, le pluralisme, l'égalité, eh ! bien, il faut vous mesurer électoralement avec les barbus ! Vous verrez bien de quel côté va le peuple, et de grâce, ne criez pas au « populisme » si les islamistes remportent les élections ou y obtiennent une bonne place !

    En attendant, la gifle de la policière de Sidi-Bouzid au futur immolé par le feu, a été en quelque sorte rendue à l'aéroport de Tunis, au moment de l'arrivée du vieux chef islamiste, Rachid Ghanouchi, et où l'un de ses partisans a giflé une Tunisienne occidentalisée qui conspuait ledit chef... A propos des immolations, tentées ou réussies, il y en a eu trois en janvier au Maroc, selon le gratuit casaoui francophone Au fait : à Casa, Beni-Mellal et Laâyoune. « Pourquoi n'y en a-t-il pas eu plus de trois, questionne le naïf et la rue répond : Parce que chez nous le peuple n'a pas les moyens pour acheter de l'essence... »  

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  • Un républicain marocain

    Aboubaker Jamaï 

     

    Par Péroncel-Hugoz 

    TRAVAUX DIVERS - Largeur + 2.jpgNotre confrère Péroncel-Hugoz, longtemps correspondant du Monde dans l'aire arabe, a publié plusieurs essais sur l'Islam, et il travaille maintenant à Casablanca pour le 360,  l'un des principaux titres de la presse francophone en ligne au Royaume chérifien. Il tient aussi son Journal d'un royaliste français au Maroc, dont la Nouvelle Revue Universelle a déjà donné des extraits. Nous en faisons autant, depuis janvier 2016, en publiant chaque semaine, généralement le jeudi, des passages inédits de ce Journal.  LFAR    

     

    ph - Copie (2).jpgVendredi 21 janvier 2011

    L'hebdomadaire parisien ultra-politiquement correct le Nouvel Observateur dans sa livraison datée d'hier, qu'apparemment les autorités marocaines ont eu la finesse de ne pas saisir, publie une déclaration-bombe du journaliste marocain crypto-républicain, Aboubaker Jamaï, issu de la riche et vieille famille de ce nom, et maintenant en exil volontaire à l'étranger : « Au Maroc, la révolution serait beaucoup plus sanglante qu'en Tunisie. Les câbles de Wikileaks ont révélé que la corruption était plus importante aujourd'hui que du temps d'Hassan II. Si vous voulez faire des affaires au Maroc, il vous faudra obligatoirement passer par une de ces trois personnes : le roi, Fouad-Ali El Himma ou Mounir Majidi, secrétaire particulier du roi, expliquait un homme d'affaires proche du Palais. Aujourd'hui le roi est le premier banquier, le premier assureur du pays. Il est dans les télécoms. Mohamed VI a commis une série de fautes politiques : il a été actionnaire des Brasseries du Maroc et de casinos à Macao, lui le commandeur des croyants ! C'est un miracle [qu'il n'y ait pas encore eu de soulèvement] dans un pays où la richesse est aussi obscène que la misère. »

    Je reçois des courriels me demandant ce que je pense des affirmations de mon confrère. Voici ce que je réponds : « je ne suis pas dans le secret des dieux ou des palais et à priori je me méfie toujours des sources anglo-saxonnes, auxquelles Jamaï s'abreuve au moins en partie, et'surtout des sources venant des Etats-Unis, pays de tout temps cherchant à saper les royautés et aussi les gouvernements francophiles, les pays francophones. On l'a vu au Cambodge, en Iran, Afghanistan, Bulgarie, Roumanie, ces derniers Etats ne restaurant pas leur roi à cause du véto américain, et ainsi de suite, donc, malgré les apparences, la monarchie chérifienne est dans le viseur de Washington. Ce n'est un secret pour personne que les Yanquis couvent aux Etats-Unis où il s'est installé, l'émir Hicham, cousin germain de Mohamed VI, bêtement surnommé « le prince rouge » par les médias occidentaux alors qu'il mériterait plutôt d'être dit « le prince gauche-américaine ».

    Les salons républicains de Casa ou Rabat envisagent depuis longtemps, un scénario un peu à l'image de ce que fit jadis à Kaboul le prince Daoud (encore « un émir rouge » !) qui renversa son parent le chah Zaher, instaura la république, etc. Les salons d'ici n'ont pas l'air de se souvenir que ledit Daoud fut assassiné, remplacé par des Rouges purs et durs ; que le Royaume des Mohamadzaïs fut envahi par les Soviétiques (au Maroc, ça pourrait être l'Algérie pour installer un Etat-croupion à ses ordres dans l'ancien Sahara espagnol, récupéré par Rabat en 1975) et est, depuis lors en guerre étrangère ou (et) civile permanente...

    Tout cela posé, ajoutons à cette évidence que le vieil Etat-nation chérifien, instauré pour la première fois avant Charlemagne, avant même les Capétiens, n'est en rien comparable par sa cohésion nationale, ses racines monarchiques et son économie jamais ravagée par le socialisme, aux vulgaires dictatures militaroïdes d'Alger,Tunis,Tripoli ou Le Caire - mais... mais les problèmes y sont les mêmes : pas assez de travail et toujours mal payé, scandaleusement mal payé ; pléthore de diplômés sans emploi, psychose de la fuite vers feu l'eldorado européen avec l'inévitable déception, etc.

    « Alors quoi ? », me lance, provocant, l'un de mes interlocuteurs français, « faudrait-il renoncer à alphabétiser les enfants du peuple parce que ceux-ci, actuellement, ne trouvent pas tous d'emplois en Algérie, Egypte, Maroc, etc. ? - Oui, le dogme de la diplomation à tout prix, et d'ailleurs généralement au rabais, doit être revu malgré l'intense pression des Nations-Unies, de l'Unesco, de l'Union européenne et tout le bataclan ».

    Et cette révision doit être précédée par un long travail de réhabilitation sociale et salariale des emplois manuels et agricoles. Je sais, il n'est pas facile d'aller à l'encontre des idées reçues, des habitudes, des conformismes, de tout ce qui pousse à vouloir les bureaux, l'asphalte, la ville et non plus le troupeau, le tracteur, la campagne. Un seul régime a osé aller à contre-courant, à ma connaissance, un régime disparu hélas ! ; celui d'Houphouët-Boigny, en Côte-d'Ivoire où, chaque jour la radiotélévision, l'école, la presse, le gouvernement célébraient les valeurs, la noblesse, l'utilité du labeur agricole, lequel, bien sûr était payé en conséquence.

    Quand il ne sera plus honteux, en Afrique du Nord, en Islam, d'être paysan, « beau métier, utile et digne, et bien rémunéré » quand âroubi (campagnard) ne sera plus un terme dépréciatif, les peuples de cette région seront sauvés. Il est vrai que les éventuels réformateurs de la mentalité islamique ne sont pas aidés par les préjugés arabes favorables au citadin et au négociant - ce qu'était Mahomet, celui-ci, selon la Sunna étant allé un jour jusqu'à maudire une charrue... Néanmoins, je ne vois pas d'autre solution que la revalorisation sociale et salariale des métiers manuels en particulier agricoles, pour faire en sorte que le moindre titulaire maghrébin d'un petit diplôme ne vienne pas réclamer un « emploi assis » et accepte au contraire un poste rural. Sinon, il faudra bientôt appeler des Sénégalais ou des Congolais pour cultiver les immenses plaines atlantiques du Maroc...

    Les déclarations du journaliste Jamaï au Nouvel Observateur du 20 janvier sont assorties d'un articulet du prince Hicham qui se répand aussi sur le même sujet dans la presse espagnole, avide de tout ce qui peut embarrasser Mohamed VI : « Si le schéma tunisien se reproduit [au Maroc], il risque d'aboutir à des violences beaucoup plus graves, avec l'émergence probable du populisme », affirme le cousin de Sa Majesté chérifienne. Ce qui est sûr, c'est que si les Tunisiens, selon la sagesse populaire nord-africaine, ne passent pas pour des foudres de guerre ; que si les Algériens sont réputés agressifs, belliqueux et brutaux mais peu combatifs ; les Marocains, en revanche, sont partout donnés, entre autres par les généraux français du Protectorat (Lyautey, Noguès, Guillaume etc.) ou par les militaires israéliens qui eurent affaire à eux en Syrie en 1973, lors de la guerre de Six-Jours, pour des « guerriers-nés », braves, fonceurs, efficaces, redoutables. Ces soldats-rois sont bien évidemment le reflet du peuple marocain, de la paysannerie marocaine.

    Les émeutes urbaines sous Hassan II furent brutales et tout aussi brutalement réprimées. La différence avec aujourd'hui c'est que, si Hassan II était craint, Mohamed VI est aimé. Au-delà même du raisonnable, à telle enseigne que les grévistes, quand il y en a, je l'ai constaté 10 fois, dans la zone industrielle casablancaise, ou à Rabat, les grévistes, donc, présentent leurs revendications, généralement salariales, sous un portrait de Mohamed VI...

    Et comment n'y aurait il pas de réclamation salariale quand on sait qu'au Maroc, depuis des années, le smig réel est l'équivalent de 1500 dirhams (environ 135 euros) alors que le loyer d'une simple pièce minuscule dans un bidonville des faubourgs casaouis est de 500 dirhams, que le kilo de tomates, l'une des bases de la cuisine populaire marocaine, est passé en quelques mois de 5 à 10 dirhams, etc.

    Le patronat marocain est l'un des plus aveugles, des plus avaricieux, des plus inhumains que j'ai jamais connus, depuis 40 ans que je sillonne la planète. Cela m'a surpris depuis que je vis au Maroc une partie de l'année car jusque-là mes séjours, généralement pour des reportages plutôt rapides, ne m'avaient pas permis d'avoir une idée réelle du comportement de la bourgeoisie négociante ou industrielle du Royaume alaouite, envers ses domestiques, ses ouvriers, ses paysans.

    Je ne m'attendais pas à ça de la part de cette classe, le plus souvent ancienne, et donc pas susceptible d'être touchée par l'esprit « nouveau-riche » ; eh ! bien les vieilles familles fortunées, de Fez par exemple, n'ont rien du bon vieux paternalisme qui donne des primes, consent des crédits, crée des colonies de vacances et au contraire elles ont tout du parvenu, de I' « ancien pauvre » enrichi et qui mène la vie dure à ses pareils d'hier...

    En revanche, la bienfaisance sociale est devenue depuis une dizaine d'années, au Maroc, le quasi-apanage des islamistes. On ne peut donc contester ce que Jamaï déclare au Nouvel Observateur : « Les islamistes, en soulageant localement les pauvres, agissent comme la soupape d'une cocotte-minute ».

    Pour conclure cette journée , mon ex-consoeur tunisienne, Soheir Belhassen, passée au droit delhommisme haut de gamme, n'ayant pas pour autant perdu toute lucidité, déclare à Maroc-Hebdo du 21 janvier 2011 : « Les Marocains sont foncièrement monarchistes et le roi y est perçu comme un recours. Au cas où des troubles sociaux se produiraient au Maroc, c'est le peuple lui-même qui réclamerait la médiation de Mohamed VI, lequel est par ailleurs un gage de stabilité ».  

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  • Les femmes en accusation ...

    Ben Ali et sa femme Leila Trabelsi 

     

    Par Péroncel-Hugoz 

    TRAVAUX DIVERS - Largeur + 2.jpgNotre confrère Péroncel-Hugoz, longtemps correspondant du Monde dans l'aire arabe, a publié plusieurs essais sur l'Islam, et il travaille maintenant à Casablanca pour le 360,  l'un des principaux titres de la presse francophone en ligne au Royaume chérifien. Il tient aussi son Journal d'un royaliste français au Maroc, dont la Nouvelle Revue Universelle a déjà donné des extraits. Nous en faisons autant, depuis janvier 2016, en publiant chaque semaine, généralement le jeudi, des passages inédits de ce Journal.  LFAR    

     

    peroncel1.jpgMercredi 19 janvier 2011, Khouribga


    A la gare routière de la capitale phosphatière du Maroc (principal gisement national dans lequel, depuis le Protectorat, puise l'Office chérifien des phosphates), où je dois passer plusieurs heures, tout bruisse des événements de Tunisie, côté masculin en tout cas, car la gent féminine en prend pour son grade : « C'est la faute de sa seconde épouse [Ben-Ali fut, semble-t-il, bigame, malgré la loi Bourguiba contre la polygamie, car sa première femme ne lui ayant donné que des filles, il obtint une dispense pour en prendre une autre en 1992, laquelle, après deux filles en 2005, en vue de ses 50 ans, enfanta enfin un fils, Mohamed], il lui laissait tout faire, finalement c'est elle qui commandait, et Sidna Mohamed [Mahomet] l'a dit : « Un pays gouverné par une femme court à sa perte ! » « Elle avait une dizaine de frères et ils se servaient à volonté dans le Trésor public. Elle, la Leila, elle avait un avion privé pour aller faire ses courses en France, et malgré ça les Français ont refusé que Ben-Ali se réfugie chez eux ! D'ailleurs, tout ça, c'est la faute d'une autre femme, une policière qui, en décembre [2010], à Sidi-Bouzid [Tunisie centrale] a publiquement giflé un jeune marchand ambulant sans licence. Il n'a pas supporté cet affront à sa virilité (rojola) et il s'est fait brûler. C'est comme ça que tout a commencé, etc, etc. » Ce dernier point est avéré mais la presse occidentale a naturellement refusé de prendre en considération cet aspect « sexiste » du drame, pourtant capital dès lors qu'on connaît un peu la mentalité 100% virile des Arabes, au reste conforme à la nature humaine.  

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