Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Journal d'un royaliste français au Maroc

  • La « Droiche » au Maroc

    Nicolas Sarkozy à Washington

     

    Par Péroncel-Hugoz 

    TRAVAUX DIVERS - Largeur + 2.jpgNotre confrère Péroncel-Hugoz, longtemps correspondant du Monde dans l'aire arabe, a publié plusieurs essais sur l'Islam, et il travaille maintenant à Casablanca pour le 360,  l'un des principaux titres de la presse francophone en ligne au Royaume chérifien. Il tient aussi son Journal d'un royaliste français au Maroc, dont la Nouvelle Revue Universelle a déjà donné des extraits. Nous en faisons autant, depuis janvier 2016, en publiant chaque semaine, généralement le jeudi, des passages inédits de ce Journal.  LFAR    

     

    ph - Copie (2).jpgDimanche 6 février 2011 

    Tous ces blogueurs de la « bonne société » marocaine qui s'agitent maintenant sur Internet en faveur disent-ils d'une vraie « monarchie parlementaire » à la place de la royauté « exécutive » actuelle ... Ils savent que Mohamed VI est trop aimé par le peuple pour qu'ils osent envisager publiquement un système sans roi, même si certains y pensent in pectore...

    On a froid dans le dos si on connaît un peu la classe politique traditionnelle marocaine, qu'elle se dise de « droite », ou de « gauche » (en fait c'est la « droiche » selon le néologisme réaliste de Jean-Eden Hallier), un ramassis peu ragoûtant de vieux ou moins vieux combinards, jouisseurs, affairistes, concussionnaires, courtisans, sans autre conviction que le maintien de leur situation sociale... Ces gens-là conduiraient le Royaume au bas de l'échelle politique... Qu'Allah en préserve les Marocains !

    Autre plaie, internationale celle-là : « Les agences de notations » à l'autorité auto-proclamée, les associations dites « caritatives », les organisations non « gouvernementales », en fait très souvent inspirées et financées par les gouvernements anglo-saxons, toute cette engeance, classifiant, déclassifiant à longueur d'année des pays comme le Maroc (même la France américaine de Nicolas Sarkozy n'y échappe pas ; bien fait pour ce président qui a osé aller dire au Capitole à Washington coram populo qu'il admirait éperdument les States...)

    Au XIXe siècle l'Occident voulait imposer partout « la civilisation », à des peuples tout aussi civilisés que lui, sinon plus ; au XXIe siècle le même Occident, avec le même toupet, veut imposer partout « la démocratie », à des peuples qui ont leurs propres systèmes politico-culturels...  • 

    Retrouvez l'ensemble des textes parus depuis le 14 janvier 2016 en cliquant sur le lien suivant : Journal d'un royaliste français au Maroc.

  • Le prix des tomates

    « Maxime Rousselle un médecin du bled »

     

    Par Péroncel-Hugoz 

    TRAVAUX DIVERS - Largeur + 2.jpgNotre confrère Péroncel-Hugoz, longtemps correspondant du Monde dans l'aire arabe, a publié plusieurs essais sur l'Islam, et il travaille maintenant à Casablanca pour le 360,  l'un des principaux titres de la presse francophone en ligne au Royaume chérifien. Il tient aussi son Journal d'un royaliste français au Maroc, dont la Nouvelle Revue Universelle a déjà donné des extraits. Nous en faisons autant, depuis janvier 2016, en publiant chaque semaine, généralement le jeudi, des passages inédits de ce Journal.  LFAR    

     

    peroncel1.jpgSamedi 5 février 2011 

    Je ne sais pas si la protestation contre la vie chère secouant actuellement nombre de villes arabes, hors Maroc, y est pour quelque chose mais je vois au souk que les tomates du jour au lendemain sont redescendues subitement de 10 dirhams le kilo (environ 8 centimes d'euros) à 5 ou 6 dirhams, presque leur prix habituel de 4 dirhams le kilo...

    De même, le gouvernement reparle des « villes sans bidonvilles ». Selon le ministre chérifien de l'Habitat, il ne reste plus que 43 villes avec bidonvilles sur les 85 dans ce cas, listées en 2003, soit, alors 5 millions de bidonvillois (sur 30 millions d'habitants) répartis dans 1000 karyane (nom en francarabe marocain, dérivé de Carrières-Centrales, à Casa, où serait apparu, sous le Protectorat, le premier habitat de ce type, baptisé par les Français « Bidonville » , voulu alors comme un nom propre, vite transformé en nom commun devant la prolifération de ces quartiers de planches et de tôles). Sitôt l'indépendance retrouvée, Mohamed V fit venir en consultation l'abbé Pierre, héraut des mal-logés français de l'époque. L'abbé au béret repartit sidéré par l'ampleur de la tâche et sans donner de recette miracle... Sous Hassan II, Maxime Rousselle un médecin du bled, totalement dévoué depuis des décennies à ses patients de l'Atlas - son livre Toubib du bled, préfacé par Michel Jobert, auto-édité en France en 1990 est un chef-d’œuvre de vraie littérature humaniste -, fut en 1959 bombardé directeur de l'Hygiène à Rabat, par Sa Majesté chérifienne. Il s'attaqua aussitôt aux bidonvilles et pondit un rapport révolutionnaire qui resta quasi lettre morte mais me paraît plus que jamais d'actualité et qu'on peut résumer ainsi : il ne faut pas détruire les karyanes mais les aménager en douceur avec l'accord des habitants qui aiment leurs cabanes, y sont souvent nés, y ont leurs habitudes, leurs commodités, leurs métiers et ne veulent pas s'exiler dans des banlieues lointaines dont les loyers, même « modestes»  sont encore trop chers pour leurs revenus.

    Rousselle, qui resta à son poste jusqu'en 1975, préconisait donc que le Makhzen - l'Etat marocain - viabilise, draine, assainisse peu à peu les parties communes des bidonvilles, laissant les résidents améliorer eux-mêmes leur habitat personnel. Le peu que ce brave médecin des pauvres réussit à appliquer de sa théorie déclencha bien-sûr l'enthousiasme des bidonvillois. Hélas, sous les injonctions comminatoires des organisations internationales, de l'Europe, des associations tiers-mondistes étrangères, c'est tout le contraire qu'on a fait ensuite et qu'on continue à faire : « Eradiquer l'habitat précaire » à grands frais au lieu de l'améliorer, le transformer, l'humaniser à moindres frais ...

    Pour ma part, à Salé, Rabat, Casa, Mohamédia, depuis 5 ans je ne vois guère reculer les karyanes, et si l'un disparaît, j'en vois un autre renaître plus loin. J'ai vu également d'ex-bidonvillois désespérés, désorientés se lamentant sur les ruines de leurs cabanes défoncées par les machines de l'Etat et aux prises avec une bureaucratie digne de Kafka, Courteline et Ubu, quand il s'agit de demander à être relogé. Souvent les pauvres gens vivent ensuite des mois, des années - c'est le cas en ce moment au bord de la route Mohamédia-Bouznika - sous des tentes fournies par les services officiels...  • 

    Retrouvez l'ensemble des textes parus depuis le 14 janvier 2016 en cliquant sur le lien suivant : Journal d'un royaliste français au Maroc.

  • Moubarak sans gloire

    Le président Moubarak

     

    Par Péroncel-Hugoz 

    TRAVAUX DIVERS - Largeur + 2.jpgNotre confrère Péroncel-Hugoz, longtemps correspondant du Monde dans l'aire arabe, a publié plusieurs essais sur l'Islam, et il travaille maintenant à Casablanca pour le 360,  l'un des principaux titres de la presse francophone en ligne au Royaume chérifien. Il tient aussi son Journal d'un royaliste français au Maroc, dont la Nouvelle Revue Universelle a déjà donné des extraits. Nous en faisons autant, depuis janvier 2016, en publiant chaque semaine, généralement le jeudi, des passages inédits de ce Journal.  LFAR    

     

    IMG - Copie.jpgVendredi 4 février 2011 

    Impudence insensée, pur néo-colonialisme (tant de fois invoqué sans raison...) que ces déclarations des Occidentaux (Etats-Unis, Union européenne, France, Angleterre, Turquie même...) pressant le président Moubarak, leur fidèle allié depuis 30 ans, de quitter sans délai le pouvoir... Oh ! certes le successeur de Sadate a régné trois décennies sans aucune gloire, fermant sa frontière aux Palestiniens de Gaza bombardés par Israël, abandonnant aux terroristes islamiques ses compatriotes coptes sans défense, laissant les affairistes civils ou militaires continuer à pressurer le pauvre peuple égyptien, installant dans la vallée du Nil un immobilisme socio-politique absolu, truquant les élections, envisageant même, par une caricature de l'hérédité monarchique de céder sa place à son fils Gamal, freluquet occidentalisé marié à une gourgandine égyptienne aux lèvres artificiellement gonflées, j'en passe. et des pires sans doute. Mais c'est quand même un chef d'Etat légal, sinon légitime, reconnu et encensé jusqu'ici par le monde entier, le chef officiel d'une vieille nation théoriquement souveraine... Quel mépris de l'Occident pour ces gens du Sud ! L'impression que m'avait faite le vice-président Hosni Moubarak, alors dans l'ombre de Sadate le Grand, rencontré un jour au cours d'une cérémonie officielle à bord d'un bateau sur le canal, cette impression d'un homme précautionneux, douillet et imbu de son importance, ne fit que se confirmer ensuite en le voyant gouverner... J'en eus la nostalgie des dynastes issus de Méhémet-Ali qui firent de l'Egypte une grande puissance régionale, forte, saine et vivable (1805-1953). Je comprends que Sadate ait pensé à restaurer cette lignée, jusqu'à rendre à Fouad II (roi-enfant nominal en 1952-53) l'épée de son père Farouk et sa nationalité égyptienne... Il ne put aller plus loin - devenir peut-être un Monk ou un Franco ? - devant la levée de boucliers immédiats des profiteurs du régime militaire, héréditaires, eux aussi, mais sans bénéfice pour le pays...

    J'ai sous les yeux le texte complet des déclarations du prince Hicham, troisième dans l'ordre de succession au Trône chérifien (après le petit Hassan, fils de Mohamed VI et l'émir Rachid, frère cadet du roi), au quotidien espagnol de gauche El Pais. C'est une véritable déclaration de guerre politique d'un cousin à l'autre : « Il ne faut pas se tromper : presque tous les systèmes autoritaires seront affectés par la vague de protestations [commencée en Tunisie, Algérie, Egypte, etc.]. Le Maroc ne sera probablement pas une exception. Reste à savoir si la contestation sera sociale ou aussi politique. L' Europe doit se réveiller, arrêter d'appuyer des dictatures, etc. »

    La rumeur publique veut que l'antipathie réciproque entre les deux princes remonte à leur enfance lorsqu'un jour, pour une querelle de gosses, Hicham rossa Mohamed d'importance devant témoins... En somme le « vainqueur »  serait plus rancunier que le « rossé » ...

    A Marrakech, la mairie, occupée par une jeune femme à la mode, ignorante de l'histoire de sa ville et de son pays, a rebaptisé en décembre 2010 la rue Jacques-Majorelle (1886-1962), lequel peignit le Maroc arabo-berbère comme personne, du nom du couturier Yves Saint-Laurent, dont la liaison contre-nature affichée avec le milliardaire gauchiste Pierre Bergé scandalisa les Marocains, en dépit du mécénat de ce duo en faveur de l'Art arabo-berbère.

    Ubuesque Union européenne, qui en 2010 a laissé partir au Maroc un cirque avec quatre éléphantes d'Asie, bloquées ici depuis plus d'un trimestre car Bruxelles leur refuse obstinément le droit de revenir à Montauban, d'où les pauvres bêtes étaient parties, car elles auraient pu contracter Dieu sait quel virus africain risquant de contaminer les pachydermes vivant en Europe... Or il n'y a plus d'éléphants autochtones au Maroc depuis l'époque de Carthage et Rome... Les enseignants des écoles françaises du Maroc se mêlent actuellement de faire signer des pétitions.à leurs élèves pour sauver telle condamnée iranienne ; ils feraient mieux de mobiliser écoliers et collégiens en faveur du quatuor de dames Babar, sujet concernant les enfants s'il en est... • 

    Retrouvez l'ensemble des textes parus depuis le 14 janvier 2016 en cliquant sur le lien suivant : Journal d'un royaliste français au Maroc.

  • Les Turcs succèdent aux Portugais ... [2]

    Le roi Mohamed VI et Monsieur Moncef Marzouki, président de la république tunisienne

     

    Par Péroncel-Hugoz 

    TRAVAUX DIVERS - Largeur + 2.jpgNotre confrère Péroncel-Hugoz, longtemps correspondant du Monde dans l'aire arabe, a publié plusieurs essais sur l'Islam, et il travaille maintenant à Casablanca pour le 360,  l'un des principaux titres de la presse francophone en ligne au Royaume chérifien. Il tient aussi son Journal d'un royaliste français au Maroc, dont la Nouvelle Revue Universelle a déjà donné des extraits. Nous en faisons autant, depuis janvier 2016, en publiant chaque semaine, généralement le jeudi, des passages inédits de ce Journal.  LFAR    

     

    IMG - JPEG - Copie - Copie.jpgJeudi 3 février 2011, Casa 

    Ce que ne savent pas les journalistes parisiens ou les eurocrates de Bruxelles qui congratulent à longueur d'année le Maroc pour ses « réformes sociétales » - essentiellement le Code de la Famille qui complique la polygamie, facilite le divorce et met théoriquement sur le même pied père et mère pour la direction de la famille -, c'est que lesdites réformes sont impopulaires parmi les sujets de Mohamed VI, sexes et âges confondus. Cela ressort des sondages, des reportages, des conversations. Dans les tribunaux, les juges accordent généralement les dispenses d'âge aux filles de moins de 18 ans désireuses de se marier. On se demande si le législateur marocain auteur de l'élévation de l'âge du mariage n’a jamais regardé les filles de 14-15 ans à la sortie des écoles ou travaillant dans les champs et qui sont déjà, la plupart du temps, de vraies petites femmes. En outre, Mahomet, le Modèle parfait aux yeux de ses fidèles, épousa Aicha à 6 ans et consomma cette union quand elle en eut 9. C'est ce que relatent les sira, biographies autorisées du prophète de l'Islam.

    La chaîne états-unienne de Nefaste-food, Mc Do, organise un concours, placardé partout au Maroc, dont le gros lot est « une semaine en Egypte » ... L'Egypte en pleine révolte armée... Il est vrai que le tourisme de guerre fut lancé en 1973 par des voyagistes israéliens, qui amenèrent sur les bords du canal de Suez - j'y étais et je les vis - des individus morbidement avides de voir des champs de bataille encore chauds...

    Mon auteur tunisien, le prof de médecine Moncef Marzouki, dont en 1987 je publiai en France le livre-choc Arabes si vous parliez... où il disait ce qu'aucun musulman n'avait encore dit, est rentré ces jours-ci de son long exil européen et a annoncé illico sa candidature à la présidence. Cependant, peu après, déambulant parmi la foule tunisoise il s'est fait traiter de « mécréant » (kafer) et certains passants lui ont lancé : « Retourne d'où tu viens » Il faut dire que Marzouki n'y va pas de plume morte. Voici ce que j'avais retenu, en 1983, d'un autre de ses livres, dans mon Radeau de Mahomet : « L’Arabe se méprise, méprise son réel, parce qu'il sait que ce réel est un tissu de contrevérités. Mensonges de la politique, de l'information, des intellectuels, [...} Que les slogans meurent pour que vive l'homme arabe ! »

    Remontant dans le temps, Marzouki ne craignit pas même durant la décennie 1980 de s'en prendre aux quatre califes « bien dirigés », successeurs de Mahomet, que tout le monde arabe, des maîtres d'école aux prédicateurs de mosquée, est généralement d'accord pour révérer sans nuance, bien que trois de ces « souverains pontifes » aient fini assassinés au sein de confuses intrigues : « Notre passé était une série de complots et de guerres. Ça a commencé par l'assassinat d'Omar, en passant par ceux d'Osman, d'Ali, d'Hussein [...]. C'était une période d'esclavagisme et de tyrannie. [...]. Nous ignorons presque tout de ceux qui ont été opprimés, crucifiés et tués pour que la face de la vérité ne soit pas dévoilée. »

    Cet homme au franc-parler peu commun dans la société arabe actuelle s'attaque même aux tabous les plus solides. Il est d'avis de ne plus dissimuler ce que les Arabes doivent, sur le plan de la civilisation, aux Hindous, aux Perses ou aux Grecs. Il envoie promener la pieuse légende d'un Occident redevable de sa Renaissance aux Arabes : « L’Occident a fait des progrès grâce à son génie propre et cela s'est parfois réalisé par le refus du patrimoine arabo-musulman et son dépassement. »  Aucun « sacrilège » ne le faisant reculer, Marzouki va jusqu'à reconnaître que la « situation des [Arabes] n'a pas empiré avec la colonisation. »  Au contraire, estime-t-il, car elle a donné un coup de fouet à des peuples avachis qui se sont relevés pour récupérer leur indépendance.

    Aujourd'hui, leur énergie, un moment recouvrée, est retombée face au défi du sous-développement, dont les Arabes rendent responsables « la colonisation, l'impérialisme et le destin », alors que les coupables sont d'abord « la pensée, la religion, la politique, l'homme arabe lui-même. » • (Suite et fin)

    Retrouvez l'ensemble des textes parus depuis le 14 janvier 2016 en cliquant sur le lien suivant : Journal d'un royaliste français au Maroc.

  • Les Turcs succèdent aux Portugais ... [1]

    Le roi Mohamed VI et le Premier ministre Recip-Tayep Erdogan

     

    Par Péroncel-Hugoz 

    TRAVAUX DIVERS - Largeur + 2.jpgNotre confrère Péroncel-Hugoz, longtemps correspondant du Monde dans l'aire arabe, a publié plusieurs essais sur l'Islam, et il travaille maintenant à Casablanca pour le 360,  l'un des principaux titres de la presse francophone en ligne au Royaume chérifien. Il tient aussi son Journal d'un royaliste français au Maroc, dont la Nouvelle Revue Universelle a déjà donné des extraits. Nous en faisons autant, depuis janvier 2016, en publiant chaque semaine, généralement le jeudi, des passages inédits de ce Journal.  LFAR    

     

    IMG - JPEG - Copie - Copie.jpgJeudi 3 février 2011, Casa 

    C'est encore Au Fait qui, citant l'Agence France-Presse, annonce une nouvelle tentative de suicide par le feu, à Rabat, de la part d'un jeune enseignant réclamant sa titularisation et manifestant devant le ministère de l'Education.

    Après la fuite de Ben-Ali en Tunisie, on a eu droit, comme après le départ du couple impérial iranien de Téhéran pour l’Egypte en janvier 1979, à une jolie série de minables trahisons envers le régime tombé.

    En Iran, le champion du reniement avait été le chorégraphe français Maurice Béjart, qui devait mille choses à l'impératrice Farah (d'où d'ailleurs le ballet Farah qu'il composa), et qui apparut sans tarder à la télévision : « Je n'avais rien à voir avec ces gens-là « ! Pour la Tunisie, on a droit aux justifications embarrassées de deux individus ayant notoirement pu se livrer en toute impunité, au pays du jasmin, à leurs turpitudes favorites ; pourtant interdites par la loi tunisienne (et musulmane), grâce à la haute protection du régime Ben-Ali... Il paraît que Frédéric Mitterrand, actuel ministre français de la Culture, puisque c'est de lui qu'il s'agit, l'autre impudent étant Bertrand Delanoë, actuel maire de Paris, il paraît que le premier de ces compères fut même naturalisé tunisien...

    Egypte ensuite, où le régime du général Moubarak, comme tous les systèmes aux abois, despotiques ou libéraux, a fait ouvrir les prisons, a rameuté les gros bras du parti quasi-unique, a ramassé des hommes désœuvrés comme on en compte tant dans la monstruosité urbaine qu'est devenue le Caire (22 millions d'habitants) ; et a lancé cette horde de baltaguia, de voyous, contre la foule désarmée ; et pacifique, sauf dans ses paroles fort dures contre Moubarak, le vieux raïs inactif, sorte de Chirac arabe.

    Ça y est, le Maroc a trouvé un remplaçant pour finir l'agrandissement de l'autoroute Casa-Rabat : les défaillants Portugais de Conduril vont être remplacés par les vaillants Turcs de Makyol. Signe des temps : revanche de l'Histoire qui vit jadis le petit Portugal faire reculer l'énorme Empire ottoman sûr la route des Epices entre mer Rouge et Indes... On parle des Chinois mais ce sont les Turcs qui avancent le plus leurs pions au Maroc en ce moment, avec leurs superettes Bim, leurs séries télévisées traduites en arabe, leurs ingénieurs et contremaîtres au complexe pétrolier de Mohamédia via maintenant les autoroutes... le tout sur fond de popularité grandissante, parmi les Arabes, du gouvernement islamiste turc, lequel tient tête pour de bon à Israël et aux Etats-Unis, s'interpose entre l'Occident et l'Iran, voile les épouses de ses ministres, se comporte en « soldat de l'Islam », comme l'avaient au reste annoncé, avant leur élection, et c'est d'ailleurs sur ce programme qu'ils ont été élus, l'actuel président Abdullah Gul et le Premier ministre Recip-Tayep Erdogan. La Turquie a de beaux jours politiques devant elle côté Islam, c'est sûr, et on comprend qu'un nombre grandissant de Turcs ne se soucie plus de voir leur pays accepté dans l'Union européenne... Notons qu'à l'assemblée générale des Nations-Unies, à New-York, le 21 septembre 2010, le roi du Maroc a tenu à s'entretenir avec le chef de l'Etat Turc et que l'image de cette rencontre a été répandue avec approbation populaire à travers le Royaume chérifien.  (A suivre)

    Retrouvez l'ensemble des textes parus depuis le 14 janvier 2016 en cliquant sur le lien suivant : Journal d'un royaliste français au Maroc.

  • Les Tunisiennes sur la sellette ...

    Leïla Ben-Ali 

     

    Par Péroncel-Hugoz 

    TRAVAUX DIVERS - Largeur + 2.jpgNotre confrère Péroncel-Hugoz, longtemps correspondant du Monde dans l'aire arabe, a publié plusieurs essais sur l'Islam, et il travaille maintenant à Casablanca pour le 360,  l'un des principaux titres de la presse francophone en ligne au Royaume chérifien. Il tient aussi son Journal d'un royaliste français au Maroc, dont la Nouvelle Revue Universelle a déjà donné des extraits. Nous en faisons autant, depuis janvier 2016, en publiant chaque semaine, généralement le jeudi, des passages inédits de ce Journal.  LFAR    

     

    PERONCEL 4.jpgFin janvier, début février 2011, Casa

    Oh ! Le mépris de la presse parisienne envers Leïla Ben-Ali, « la petite coiffeuse de Carthage qui se voyait déjà piloter la Tunisie » (Paris-Match du 27 janvier). En tous cas, selon les critères orientaux, c'était, même à 50 ans passés, une belle femme, saine, souriante, bien en chair, avec d'épais cheveux longs, un regard énergique et mutin à la fois. Et autant qu'on sache, elle n'a assassiné ou torturé personne. Et si son mari fut un dictateur, il n'instaura jamais un « régime de terreur » contrairement à ce qu'écrivent sans crainte du ridicule deux islamologues de salon (Le Monde du 1er février). Simplement, il empêchait les islamistes armés d'agir, il faisait en sorte que, contrairement à l'Algérie, on n'assassine pas régulièrement des gens ou des gendarmes sur les routes tunisiennes... 

    Les féministes tunisoises se font du souci, quant à elles, avec le retour des islamistes dans le jeu politique. Vous voulez la démocratie, le pluralisme, l'égalité, eh ! bien, il faut vous mesurer électoralement avec les barbus ! Vous verrez bien de quel côté va le peuple, et de grâce, ne criez pas au « populisme » si les islamistes remportent les élections ou y obtiennent une bonne place !

    En attendant, la gifle de la policière de Sidi-Bouzid au futur immolé par le feu, a été en quelque sorte rendue à l'aéroport de Tunis, au moment de l'arrivée du vieux chef islamiste, Rachid Ghanouchi, et où l'un de ses partisans a giflé une Tunisienne occidentalisée qui conspuait ledit chef... A propos des immolations, tentées ou réussies, il y en a eu trois en janvier au Maroc, selon le gratuit casaoui francophone Au fait : à Casa, Beni-Mellal et Laâyoune. « Pourquoi n'y en a-t-il pas eu plus de trois, questionne le naïf et la rue répond : Parce que chez nous le peuple n'a pas les moyens pour acheter de l'essence... »  

    Retrouvez l'ensemble des textes parus depuis le 14 janvier 2016 en cliquant sur le lien suivant : Journal d'un royaliste français au Maroc.

  • Un républicain marocain

    Aboubaker Jamaï 

     

    Par Péroncel-Hugoz 

    TRAVAUX DIVERS - Largeur + 2.jpgNotre confrère Péroncel-Hugoz, longtemps correspondant du Monde dans l'aire arabe, a publié plusieurs essais sur l'Islam, et il travaille maintenant à Casablanca pour le 360,  l'un des principaux titres de la presse francophone en ligne au Royaume chérifien. Il tient aussi son Journal d'un royaliste français au Maroc, dont la Nouvelle Revue Universelle a déjà donné des extraits. Nous en faisons autant, depuis janvier 2016, en publiant chaque semaine, généralement le jeudi, des passages inédits de ce Journal.  LFAR    

     

    ph - Copie (2).jpgVendredi 21 janvier 2011

    L'hebdomadaire parisien ultra-politiquement correct le Nouvel Observateur dans sa livraison datée d'hier, qu'apparemment les autorités marocaines ont eu la finesse de ne pas saisir, publie une déclaration-bombe du journaliste marocain crypto-républicain, Aboubaker Jamaï, issu de la riche et vieille famille de ce nom, et maintenant en exil volontaire à l'étranger : « Au Maroc, la révolution serait beaucoup plus sanglante qu'en Tunisie. Les câbles de Wikileaks ont révélé que la corruption était plus importante aujourd'hui que du temps d'Hassan II. Si vous voulez faire des affaires au Maroc, il vous faudra obligatoirement passer par une de ces trois personnes : le roi, Fouad-Ali El Himma ou Mounir Majidi, secrétaire particulier du roi, expliquait un homme d'affaires proche du Palais. Aujourd'hui le roi est le premier banquier, le premier assureur du pays. Il est dans les télécoms. Mohamed VI a commis une série de fautes politiques : il a été actionnaire des Brasseries du Maroc et de casinos à Macao, lui le commandeur des croyants ! C'est un miracle [qu'il n'y ait pas encore eu de soulèvement] dans un pays où la richesse est aussi obscène que la misère. »

    Je reçois des courriels me demandant ce que je pense des affirmations de mon confrère. Voici ce que je réponds : « je ne suis pas dans le secret des dieux ou des palais et à priori je me méfie toujours des sources anglo-saxonnes, auxquelles Jamaï s'abreuve au moins en partie, et'surtout des sources venant des Etats-Unis, pays de tout temps cherchant à saper les royautés et aussi les gouvernements francophiles, les pays francophones. On l'a vu au Cambodge, en Iran, Afghanistan, Bulgarie, Roumanie, ces derniers Etats ne restaurant pas leur roi à cause du véto américain, et ainsi de suite, donc, malgré les apparences, la monarchie chérifienne est dans le viseur de Washington. Ce n'est un secret pour personne que les Yanquis couvent aux Etats-Unis où il s'est installé, l'émir Hicham, cousin germain de Mohamed VI, bêtement surnommé « le prince rouge » par les médias occidentaux alors qu'il mériterait plutôt d'être dit « le prince gauche-américaine ».

    Les salons républicains de Casa ou Rabat envisagent depuis longtemps, un scénario un peu à l'image de ce que fit jadis à Kaboul le prince Daoud (encore « un émir rouge » !) qui renversa son parent le chah Zaher, instaura la république, etc. Les salons d'ici n'ont pas l'air de se souvenir que ledit Daoud fut assassiné, remplacé par des Rouges purs et durs ; que le Royaume des Mohamadzaïs fut envahi par les Soviétiques (au Maroc, ça pourrait être l'Algérie pour installer un Etat-croupion à ses ordres dans l'ancien Sahara espagnol, récupéré par Rabat en 1975) et est, depuis lors en guerre étrangère ou (et) civile permanente...

    Tout cela posé, ajoutons à cette évidence que le vieil Etat-nation chérifien, instauré pour la première fois avant Charlemagne, avant même les Capétiens, n'est en rien comparable par sa cohésion nationale, ses racines monarchiques et son économie jamais ravagée par le socialisme, aux vulgaires dictatures militaroïdes d'Alger,Tunis,Tripoli ou Le Caire - mais... mais les problèmes y sont les mêmes : pas assez de travail et toujours mal payé, scandaleusement mal payé ; pléthore de diplômés sans emploi, psychose de la fuite vers feu l'eldorado européen avec l'inévitable déception, etc.

    « Alors quoi ? », me lance, provocant, l'un de mes interlocuteurs français, « faudrait-il renoncer à alphabétiser les enfants du peuple parce que ceux-ci, actuellement, ne trouvent pas tous d'emplois en Algérie, Egypte, Maroc, etc. ? - Oui, le dogme de la diplomation à tout prix, et d'ailleurs généralement au rabais, doit être revu malgré l'intense pression des Nations-Unies, de l'Unesco, de l'Union européenne et tout le bataclan ».

    Et cette révision doit être précédée par un long travail de réhabilitation sociale et salariale des emplois manuels et agricoles. Je sais, il n'est pas facile d'aller à l'encontre des idées reçues, des habitudes, des conformismes, de tout ce qui pousse à vouloir les bureaux, l'asphalte, la ville et non plus le troupeau, le tracteur, la campagne. Un seul régime a osé aller à contre-courant, à ma connaissance, un régime disparu hélas ! ; celui d'Houphouët-Boigny, en Côte-d'Ivoire où, chaque jour la radiotélévision, l'école, la presse, le gouvernement célébraient les valeurs, la noblesse, l'utilité du labeur agricole, lequel, bien sûr était payé en conséquence.

    Quand il ne sera plus honteux, en Afrique du Nord, en Islam, d'être paysan, « beau métier, utile et digne, et bien rémunéré » quand âroubi (campagnard) ne sera plus un terme dépréciatif, les peuples de cette région seront sauvés. Il est vrai que les éventuels réformateurs de la mentalité islamique ne sont pas aidés par les préjugés arabes favorables au citadin et au négociant - ce qu'était Mahomet, celui-ci, selon la Sunna étant allé un jour jusqu'à maudire une charrue... Néanmoins, je ne vois pas d'autre solution que la revalorisation sociale et salariale des métiers manuels en particulier agricoles, pour faire en sorte que le moindre titulaire maghrébin d'un petit diplôme ne vienne pas réclamer un « emploi assis » et accepte au contraire un poste rural. Sinon, il faudra bientôt appeler des Sénégalais ou des Congolais pour cultiver les immenses plaines atlantiques du Maroc...

    Les déclarations du journaliste Jamaï au Nouvel Observateur du 20 janvier sont assorties d'un articulet du prince Hicham qui se répand aussi sur le même sujet dans la presse espagnole, avide de tout ce qui peut embarrasser Mohamed VI : « Si le schéma tunisien se reproduit [au Maroc], il risque d'aboutir à des violences beaucoup plus graves, avec l'émergence probable du populisme », affirme le cousin de Sa Majesté chérifienne. Ce qui est sûr, c'est que si les Tunisiens, selon la sagesse populaire nord-africaine, ne passent pas pour des foudres de guerre ; que si les Algériens sont réputés agressifs, belliqueux et brutaux mais peu combatifs ; les Marocains, en revanche, sont partout donnés, entre autres par les généraux français du Protectorat (Lyautey, Noguès, Guillaume etc.) ou par les militaires israéliens qui eurent affaire à eux en Syrie en 1973, lors de la guerre de Six-Jours, pour des « guerriers-nés », braves, fonceurs, efficaces, redoutables. Ces soldats-rois sont bien évidemment le reflet du peuple marocain, de la paysannerie marocaine.

    Les émeutes urbaines sous Hassan II furent brutales et tout aussi brutalement réprimées. La différence avec aujourd'hui c'est que, si Hassan II était craint, Mohamed VI est aimé. Au-delà même du raisonnable, à telle enseigne que les grévistes, quand il y en a, je l'ai constaté 10 fois, dans la zone industrielle casablancaise, ou à Rabat, les grévistes, donc, présentent leurs revendications, généralement salariales, sous un portrait de Mohamed VI...

    Et comment n'y aurait il pas de réclamation salariale quand on sait qu'au Maroc, depuis des années, le smig réel est l'équivalent de 1500 dirhams (environ 135 euros) alors que le loyer d'une simple pièce minuscule dans un bidonville des faubourgs casaouis est de 500 dirhams, que le kilo de tomates, l'une des bases de la cuisine populaire marocaine, est passé en quelques mois de 5 à 10 dirhams, etc.

    Le patronat marocain est l'un des plus aveugles, des plus avaricieux, des plus inhumains que j'ai jamais connus, depuis 40 ans que je sillonne la planète. Cela m'a surpris depuis que je vis au Maroc une partie de l'année car jusque-là mes séjours, généralement pour des reportages plutôt rapides, ne m'avaient pas permis d'avoir une idée réelle du comportement de la bourgeoisie négociante ou industrielle du Royaume alaouite, envers ses domestiques, ses ouvriers, ses paysans.

    Je ne m'attendais pas à ça de la part de cette classe, le plus souvent ancienne, et donc pas susceptible d'être touchée par l'esprit « nouveau-riche » ; eh ! bien les vieilles familles fortunées, de Fez par exemple, n'ont rien du bon vieux paternalisme qui donne des primes, consent des crédits, crée des colonies de vacances et au contraire elles ont tout du parvenu, de I' « ancien pauvre » enrichi et qui mène la vie dure à ses pareils d'hier...

    En revanche, la bienfaisance sociale est devenue depuis une dizaine d'années, au Maroc, le quasi-apanage des islamistes. On ne peut donc contester ce que Jamaï déclare au Nouvel Observateur : « Les islamistes, en soulageant localement les pauvres, agissent comme la soupape d'une cocotte-minute ».

    Pour conclure cette journée , mon ex-consoeur tunisienne, Soheir Belhassen, passée au droit delhommisme haut de gamme, n'ayant pas pour autant perdu toute lucidité, déclare à Maroc-Hebdo du 21 janvier 2011 : « Les Marocains sont foncièrement monarchistes et le roi y est perçu comme un recours. Au cas où des troubles sociaux se produiraient au Maroc, c'est le peuple lui-même qui réclamerait la médiation de Mohamed VI, lequel est par ailleurs un gage de stabilité ».  

    Retrouvez l'ensemble des textes parus depuis le 14 janvier 2016 en cliquant sur le lien suivant : Journal d'un royaliste français au Maroc.

  • Les femmes en accusation ...

    Ben Ali et sa femme Leila Trabelsi 

     

    Par Péroncel-Hugoz 

    TRAVAUX DIVERS - Largeur + 2.jpgNotre confrère Péroncel-Hugoz, longtemps correspondant du Monde dans l'aire arabe, a publié plusieurs essais sur l'Islam, et il travaille maintenant à Casablanca pour le 360,  l'un des principaux titres de la presse francophone en ligne au Royaume chérifien. Il tient aussi son Journal d'un royaliste français au Maroc, dont la Nouvelle Revue Universelle a déjà donné des extraits. Nous en faisons autant, depuis janvier 2016, en publiant chaque semaine, généralement le jeudi, des passages inédits de ce Journal.  LFAR    

     

    peroncel1.jpgMercredi 19 janvier 2011, Khouribga


    A la gare routière de la capitale phosphatière du Maroc (principal gisement national dans lequel, depuis le Protectorat, puise l'Office chérifien des phosphates), où je dois passer plusieurs heures, tout bruisse des événements de Tunisie, côté masculin en tout cas, car la gent féminine en prend pour son grade : « C'est la faute de sa seconde épouse [Ben-Ali fut, semble-t-il, bigame, malgré la loi Bourguiba contre la polygamie, car sa première femme ne lui ayant donné que des filles, il obtint une dispense pour en prendre une autre en 1992, laquelle, après deux filles en 2005, en vue de ses 50 ans, enfanta enfin un fils, Mohamed], il lui laissait tout faire, finalement c'est elle qui commandait, et Sidna Mohamed [Mahomet] l'a dit : « Un pays gouverné par une femme court à sa perte ! » « Elle avait une dizaine de frères et ils se servaient à volonté dans le Trésor public. Elle, la Leila, elle avait un avion privé pour aller faire ses courses en France, et malgré ça les Français ont refusé que Ben-Ali se réfugie chez eux ! D'ailleurs, tout ça, c'est la faute d'une autre femme, une policière qui, en décembre [2010], à Sidi-Bouzid [Tunisie centrale] a publiquement giflé un jeune marchand ambulant sans licence. Il n'a pas supporté cet affront à sa virilité (rojola) et il s'est fait brûler. C'est comme ça que tout a commencé, etc, etc. » Ce dernier point est avéré mais la presse occidentale a naturellement refusé de prendre en considération cet aspect « sexiste » du drame, pourtant capital dès lors qu'on connaît un peu la mentalité 100% virile des Arabes, au reste conforme à la nature humaine.  

    Retrouvez l'ensemble des textes parus depuis le 14 janvier 2016 en cliquant sur le lien suivant : Journal d'un royaliste français au Maroc.

  • Illogique Union Européenne …

    « L'heure est aux barbus » 

     

    Par Péroncel-Hugoz 

    TRAVAUX DIVERS - Largeur + 2.jpgNotre confrère Péroncel-Hugoz, longtemps correspondant du Monde dans l'aire arabe, a publié plusieurs essais sur l'Islam, et il travaille maintenant à Casablanca pour le 360,  l'un des principaux titres de la presse francophone en ligne au Royaume chérifien. Il tient aussi son Journal d'un royaliste français au Maroc, dont la Nouvelle Revue Universelle a déjà donné des extraits. Nous en faisons autant, depuis janvier 2016, en publiant chaque semaine, généralement le jeudi, des passages inédits de ce Journal.  LFAR    

     

    IMG - Copie.jpgMercredi 12 janvier 2011, Casablanca

    Les rats quittent le navire tunisien... A part la France, surtout le Quai d'Orsay, d'ailleurs, et le colonel Kadhafi, « le fou de Libye » , comme l'appellent les Arabes, tous les pouvoirs étrangers se détournent pudiquement du pauvre Ben-Ali, ce qui en dit long une fois de plus sur l'ingratitude des Etats, ledit Ben-Ali ayant, qu'on le veuille ou non, accompli ce que l'Europe attendait de lui : tenir en respect les islamistes avec un minimum de casse c'est-à-dire le contraire de l'Algérie où ça a débouché sur une meurtrière guerre civile. A cette aune-là, bravo Ben-Ali !

    Cependant, l'Union européenne se comporte en total illogisme depuis que l'Islam politique progresse sur son flanc Sud et également sur son propre sol : d'une part, elle ne veut pas entendre parler des «  barbus «  au pouvoir ; d'autre part, elle réclame à cors et à cris l'instauration de la « démocratie » , de la « transparence » , des droits de l'Homme et tout le tremblement, sachant pourtant qu'à peu près partout, en Islam, des élections «  libres » , c'est-à -dire « à l'occidentale » , donneraient un fort nombre de sièges, si ce n'est la majorité, aux islamistes : on l'a vu en Algérie (où le régime « démocratique »  du président Mitterrand avalisa lui‑même l'interruption du processus électoral de 1991 qui risquait d' être un succès pour les barbus) ; à Gaza, où le pouvoir est exercé maintenant par le très islamique Hamas ; au Maroc où malgré les obstacles dressés devant le parti à la Lampe, les islamistes (lesquels sont d'ailleurs, autant qu'on sache, royalistes et réformistes) arrivèrent en tête, quant aux voix, lors des élections législatives de 2007, etc. On le verra partout, à l'avenir, je prends les paris, partout en Islam où auront lieu des élections pluralistes et « libres ». L'heure est aux barbus, aux femmes voilées, au respect public absolu du jeûne ramadanesque, aux restrictions sur. l'alcool, les jeux d'argent etc.

    On l'a vu, naturellement, en Turquie avec les islamistes « modérés » d’Erdogan et GuI qui appliquent imperturbablement leur programme, avec le soutien de l'opinion populaire anatolienne, et malgré les cris des occidentalisés, des féministes, des efféminés ; etc. Et également, avec le soutien de l'opinion populaire musulmane, notamment arabe, au Maroc par exemple. Il y a deux ans, 72% des Turcs sondés à ce sujet, ont déclaré qu'ils n'aimeraient pas avoir un voisin buvant de l'alcool. Je ne serais pas étonné qu'on arrive au même pourcentage au Maroc, le cas échéant, malgré le fléau de l'alcoolisme jusqu'au fin fond du bled.

    S'agissant de son pays, l'islamologue turque Nilufer Narli opine : « Il y a ici une tendance à criminaliser l'alcool, ça correspond au renforcement de la religiosité ». « Mais, non, madame, ça correspond aux prescriptions de votre religion, depuis qu'elle a été révélée par Mahomet vers l'an 600 de notre ère, prescriptions qui n'ont jamais nulle part en Islam été abolies !... Même les musulmans qui consomment de l'alcool, et Allah sait s'il y'en a, y compris parmi les paysans et les ouvriers, même ces croyants-là, si on leur pose la question, et je l'ai fait maintes fois, se disent favorables à la prohibition... Contradiction ? Oui et non. C'est surtout la réponse d'hommes conscients d'enfreindre un interdit très clair de leur religion auquel, étant croyants, ils restent très attachés, même s'ils le violent en se disant : « Chacun a droit. à un vice. Nous ne sommes pas des anges. Dieu sera indulgent [motasameh]. »   

    Retrouvez l'ensemble des textes parus depuis le 14 janvier 2016 en cliquant sur le lien suivant : Journal d'un royaliste français au Maroc.

  • Le passé caché de Fédala-Mohammedia où Péroncel-Hugoz réside lors de ses séjours marocains

     

    Quand j'ai annoncé, autour de moi, en 2005, que j'allais m'établir un certain temps à Mohammedia, l'ancienne Fédala, sur la côte atlantique entre Rabat et Casablanca, plusieurs voix, goguenardement, me lancèrent : « Quelle idée, toi qui as toujours vécu dans l'Histoire, d'aller te fourrer dans un endroit sans Histoire ! » (...)

    Mal vu ! À peine avais-je transporté quelques-unes de mes pénates entre le cap Fédala et la Casbah de Mansouria, sur le littoral de la Chaouïa, que je me rendis compte - en arpentant ruelles et campagnes, en discutant avec les gens du cru, en feuilletant quelques antiques revues acquises dans une joute ou prêtées par des pieds-noirs restés fidèles au poste, en ouvrant quelques livres d'hier et d'aujourd'hui - que si l'actuelle Mohammedia était bien une « ville nouvelle », déjà centenaire quand même, fondée ou plutôt refondée par le maréchal Lyautey et quelques autres Français entreprenants, dont la fratrie industrielle Hersent, sous le règne et avec l'onction du sultan Youssef le Sage (1912-1927), elle n'en reposait pas moins sur un substrat préhistorique et historique consistant, en terrain humainement giboyeux, puisque faisant entrer en scène, sur l'immuable base de la vigoureuse race berbère : Phéniciens, Romains, Byzantins, Vandales, Arabes, Portugais, Espagnols, Français; tous ayant laissé des traces visibles ou invisibles dans cette « cité des 10 000 palmiers» et ses entours.  

    Péroncel-Hugoz

    2000 ans d'histoires marocaines, 2e édition, 2014, p.7.

     

  • Une paroissienne féministe

     

    Par Péroncel-Hugoz 

    TRAVAUX DIVERS - Largeur + 2.jpgNotre confrère Péroncel-Hugoz, longtemps correspondant du Monde dans l'aire arabe, a publié plusieurs essais sur l'Islam, et il travaille maintenant à Casablanca pour le 360,  l'un des principaux titres de la presse francophone en ligne au Royaume chérifien. Il tient aussi son Journal d'un royaliste français au Maroc, dont la Nouvelle Revue Universelle a déjà donné des extraits. Nous en faisons autant, depuis janvier 2016, en publiant chaque semaine, généralement le jeudi, des passages inédits de ce Journal.  LFAR    

     

    IMG - JPEG - Copie - Copie.jpgDimanche 9 janvier 2011, Fédala-Mohamédia 

    Messe à Saint Jacques, dite par un prêtre négro-africain venu spécialement de Casablanca, comme chaque dimanche. Environ la moitié de la centaine d'assistants (pour quelque 1500 catholiques vivant dans cette ville, entre Rabat et Casa) est de la même origine continentale, étudiants à l'Université locale Hassan-II, ce qui confère à notre office une vibration religieuse me rappelant celle de la cathédrale d'Abidjan, à l'époque bénie d'Houphouët-Boigny...

    A la sortie, une Parisienne féministe, mariée à un pied-noir pas féministe, me remet une coupure de presse casaouie d'avril 2008 indiquant que « 8% seulement des Marocaines sont hostiles au port du voile. »  « Et en Tunisie », ajoute la brave dame, « les islamistes risquent maintenant de vouloir faire la loi. Regardez, même ici, une élue islamiste a eu le toupet de déclarer que si Lalla-Selma [l'épouse de Mohamed VI, mère du prince héritier] sortait en cheveux, c'était pour l'image du Maroc en Occident et que ça ne devait pas être pris pour une désobéissance délibérée à l'injonction coranique d'Allah sur le voile ! »

    Je scandalise mon interlocutrice en lui rétorquant : « Mais, madame, laissez ces pays faire ce qu'ils veulent ! Ce n'est pas à nous de leur indiquer la façon d'appliquer les prescriptions islamiques. Même à l'époque coloniale, même en Algérie, nous ne l'avons pas fait, nous contentant de supprimer discrètement les mutilations judiciaires et l'esclavage, et encore même pour ça des mahométans n'ont pas manqué de nous reprocher de nous mêler de ce qui ne nous regardait pas... - Oui, mais monsieur, on n'est plus au XIXe siècle ! - Merci, madame, de me le rappeler mais je vous signale que la ré-islamisation sociale en Tunisie, voile compris, a commencé depuis 15 ou 20 ans et se poursuivra quel que soit le successeur de Ben-Ali...- Mais alors, et le progrès ? - Madame, les musulmans n'en ont pas la même conception que nous, puisqu'ils le subordonnent à leur foi, etc. »
    Ma compatriote, qui ne comprend pas qu'elle fait sans le savoir de l'impérialisme culturel, s'en va furieuse... 

    Retrouvez l'ensemble des textes parus depuis le 14 janvier 2016 en cliquant sur le lien suivant : Journal d'un royaliste français au Maroc.

  • Benali victime de Bourguiba ?

    Bourguiba en compagnie de Benali 

     

    Par Péroncel-Hugoz 

    TRAVAUX DIVERS - Largeur + 2.jpgNotre confrère Péroncel-Hugoz, longtemps correspondant du Monde dans l'aire arabe, a publié plusieurs essais sur l'Islam, et il travaille maintenant à Casablanca pour le 360,  l'un des principaux titres de la presse francophone en ligne au Royaume chérifien. Il tient aussi son Journal d'un royaliste français au Maroc, dont la Nouvelle Revue Universelle a déjà donné des extraits. Nous en faisons autant, depuis janvier 2016, en publiant chaque semaine, généralement le jeudi, des passages inédits de ce Journal.  LFAR    

     

    PERONCEL 4.jpgSamedi 8 janvier 2011, Rabat


    Comme d'hab, depuis un lustre, nous tirons les Rois à Rabat chez la famille Kuntz. Logique : la première fois que j'ai vu Florence Kuntz, alors élue euro-rhonalpine, c'était aux Baux, jadis, pour y accueillir le prince Jean de France.

    Au marché, à la superette, chez le mécanicien, le coiffeur, le kiosquier, le traiteur, etc, les Marocains entre eux ne parlent, avec passion, à haute voix, que d'une seule et unique chose : les événements de Tunisie, et accessoirement de ceux qui se dessinent en Algérie. Partira-t-il ? Oui ou non ? Qui ? Le général-président Ben-Ali (dont le prénom, Zine-el-Abidine, « la parure des dévots [d'Allah] » est tout un poème...)

    Pour ma part je n'ai jamais prisé ce militaire à esprit flic qui certes a eu beau jeu en 1987 d'opérer un coup d'Etat médical pour écarter un Bourguiba quasi retombé en enfance mais qui, alors, annonça sa couleur en ne prévenant que Washington de cette mesure salutaire - et non point Paris, pourtant traditionnellement aux petits soins pour l'ancienne Régence de Tunis... Au reste, le principal responsable des incertitudes tunisiennes actuelles, c'est Bourguiba, qui faisait risette aux Occidentaux et se laissait volontiers surnommer par les musulmans, el moudjahid el akbar, complaisamment traduit en français par « le Combattant suprême » mais qui, en arabe, veut dire « le plus grand djihadiste »... De même, le quotidien francophone officieux de l'Etat-fellaga d'Alger s'est toujours appelé El Moudjahid (sans traduction, et pour cause). Oui, Bourguiba peut être largement crédité de la présente situation plus qu'incertaine à Tunis, car c'est lui et lui seul, sans demande populaire, qui, en 1957, l'an d'après la fin du Protectorat français sur son pays, déposa Lamine-Bey qui venait de se proclamer roi de Tunisie (comme au Maroc le sultan de l'Empire chérifien devenait le roi, malik). Si l'émir Fayçal, régnait aujourd'hui à Tunis, au lieu d'écrire des romans historiques inspirés par son histoire dynastique (une lignée au départ créto-corse, d'obédience ottomane, sur le trône de Tunis depuis 1705), la transition pourrait sans doute s'opérer plus sereinement, dans le respect de la continuité étatique, ce dont on est loin maintenant, la rue, très excitée, imposant sa loi ...  

    Retrouvez l'ensemble des textes parus depuis le 14 janvier 2016 en cliquant sur le lien suivant : Journal d'un royaliste français au Maroc.

  • Mes sept citations monarchistes

    Michel de Montaigne, ici le premier cité  

     

    Par Péroncel-Hugoz 

    TRAVAUX DIVERS - Largeur + 2.jpgNotre confrère Péroncel-Hugoz, longtemps correspondant du Monde dans l'aire arabe, a publié plusieurs essais sur l'Islam, et il travaille maintenant à Casablanca pour le 360,  l'un des principaux titres de la presse francophone en ligne au Royaume chérifien. Il tient aussi son Journal d'un royaliste français au Maroc, dont la Nouvelle Revue Universelle a déjà donné des extraits. Nous en faisons autant, depuis janvier 2016, en publiant chaque semaine, généralement le jeudi, des passages inédits de ce Journal.  LFAR    

     

    ph - Copie (2).jpgJanvier 2011

     

    « Le plus âpre et difficile métier du monde, c'est dignement le roi ! »

    Michel de Montaigne
    Essais

    « Etre roi n'est rien, il faut l'être en sécurité »

    Shakespeare, Macbeth

     

    « Le respect mythique et l'allégeance religieuse sont les rouages essentiels d'une vraie monarchie »

    Walter Bagehot
    Codificateur de la royauté britannique au XIX' siècle

     

    « La monarchie n'est pas une boucherie-charcuterie ! »

    Albert 1er de Belgique

     

    « On ne découvre pas la Couronne »

    Précepte belge

     

    « Rien ne rehausse l'autorité mieux que le silence »

    Général de Gaulle, Au fil de l'épée.

     

    « La démocratie est une idée totalitaire »

    Alain Badiou
    Philosophe communiste, 2008

     

    Retrouvez l'ensemble des textes parus depuis le 14 janvier 2016 en cliquant sur le lien suivant : Journal d'un royaliste français au Maroc.

  • La France encore bafouée

    Le footballeur Zlatan Ibrahimovic  

     

    Par Péroncel-Hugoz 

    TRAVAUX DIVERS - Largeur + 2.jpgNotre confrère Péroncel-Hugoz, longtemps correspondant du Monde dans l'aire arabe, a publié plusieurs essais sur l'Islam, et il travaille maintenant à Casablanca pour le 360,  l'un des principaux titres de la presse francophone en ligne au Royaume chérifien. Il tient aussi son Journal d'un royaliste français au Maroc, dont la Nouvelle Revue Universelle a déjà donné des extraits. Nous en faisons autant, depuis janvier 2016, en publiant chaque semaine, généralement le jeudi, des passages inédits de ce Journal.  LFAR    

     

    peroncel1.jpgLe 15 mars 2015

    Dans je ne sais quel stade européen, un footballeur « suédois », en fait musulman de Bosnie, né en Suède, adulé des foules sportives en chambre, habitué à gagner, est battu par les Girondins de Bordeaux et, aussitôt, mauvais perdant, il insulte la France, « pays de merde »...

    Croyez-vous que cet insolent ait été interdit de jeu ou de séjour sur nos terrains ? Non, bien sûr, on s'est contenté de vagues excuses de la part de cette brute à queue de cheval, des excuses suintantes d'insincérité, eh ! oui, que voulez-vous, il ne faut pas trop exiger d'une « idole de notre jeunesse »...

    Cette pénible affaire rappelle, mutatis mutandis, celle du 25 mars 2012, où une Algérienne installée en France, mère du grand criminel mahométan Mohamed Merah, une Algérienne nommé Zoulikha Aziri, remariée avec un Tunisien, lui-même père d'un djihadiste, osa déclarer, en France, chez nous : « Mon fils a mis ce pays à genoux. Je suis fière de mon fils ! ».

    Ce qu'il aurait fallu faire : emprisonner cette Algérienne (et si elle avait la nationalité française l'en déchoir en urgence) et la renvoyer, à nos frais, avec ses baluchons, dans son vrai pays. Cela aurait été le début du respect que la France est en droit d'attendre  de la part de ces étrangers qui profitent d'elle et l'insultent.

    En Turquie, il y a quelques années, avant même que les islamistes soient au pouvoir, une Allemande, épouse d'un Turc musulman, laissa par mégarde, un jour de fête à Ankara, choir un drapeau turc de sa fenêtre dans la boue du trottoir. En un clin d'oeil, ce fut un attroupement, des cris, la police, l'arrestation de la pauvre femme maladroite et sa condamnation à je ne sais plus quelle peine...

    Les Turcs, eux, savent se faire respecter.  

    Retrouvez l'ensemble des textes parus depuis le 14 janvier 2016 en cliquant sur le lien suivant : Journal d'un royaliste français au Maroc.

  • Baptême à Saint-Jacques-de-Fédala

    Mgr Vincent Landel, archevêque de Rabat 

    Par Péroncel-Hugoz 

    TRAVAUX DIVERS - Largeur + 2.jpgNotre confrère Péroncel-Hugoz, longtemps correspondant du Monde dans l'aire arabe, a publié plusieurs essais sur l'Islam, et il travaille maintenant à Casablanca pour le 360,  l'un des principaux titres de la presse francophone en ligne au Royaume chérifien. Il tient aussi son Journal d'un royaliste français au Maroc, dont la Nouvelle Revue Universelle a déjà donné des extraits. Nous en faisons autant, depuis janvier 2016, en publiant chaque semaine, généralement le jeudi, des passages inédits de ce Journal.  LFAR    

     

    IMG - Copie.jpgDimanche 22 mars 2015, Mohamédia

    En visite pastorale en notre paroisse, l'archevêque de Rabat en profite au cours de la messe, pour baptiser Grâce, une accorte choriste africaine venue étudier au Maroc et qui, au lieu d'y découvrir l'Islam des indigènes, y a été séduite par le catholicisme d'autres étudiants venus de Nigritie en Chérifie. Si Grâce avait été mahométane, ce baptême n'aurait pas été possible car la loi marocaine prévoit des pénalités pour quiconque a « ébranlé » la foi d'un musulman. Donc l'impétrante se dirige vers l'évêque, tremblant sur des talons aiguilles d'une hauteur stupéfiante , et, plus haut, on découvre des formes hippopotamesques moulées à fond dans un jean clair. On a un haut-le-corps. Le curé, la catéchiste n'auraient-ils pas dû donner quelques conseils de sobriété vestimentaire à la catéchumène qui, en plus, porte une veste noire pour couronner le tout...

    Ce n'est pas fini, la marraine, une certaine Hortense, africaine aussi, a beau être appelée, elle est absente, et il faut qu'un fidèle se dévoue à sa place...

    Je sais bien que le mot d'ordre est à la simplicité, dans l'Eglise, depuis que règne François; mais quand même...  

    Retrouvez l'ensemble des textes parus depuis le 14 janvier 2016 en cliquant sur le lien suivant : Journal d'un royaliste français au Maroc.