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Journal d'un royaliste français au Maroc

  • Froide cathédrale

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    Notre confrère Péroncel-Hugoz, longtemps correspondant du Monde dans l'aire arabe, a publié plusieurs essais sur l'Islam ; il travaille depuis 2005 pour l’édition et la presse francophones au Royaume chérifien. Il tient aussi son Journal d'un royaliste français au Maroc et ailleurs, dont la Nouvelle Revue Universelle a déjà donné des extraits. Nous en faisons autant, depuis janvier 2016, en publiant chaque semaine, généralement le jeudi, des passages inédits de ce Journal.  LFAR    

     
    EXTRAITS DU JOURNAL MAROCAIN 2018 INÉDIT DE PÉRONCEL-HUGOZ 
     

    IMG - JPEG - Copie - Copie.jpgRabat, 22 mars 2018 

    Je dois aller à la cathédrale, vers 17 heures, afin de voir les horaires de la messe des Rameaux (selon moi, la plus grande fête de l’année chrétienne car vraiment « festive », pour employer une fois ce mot mis à la mode par le regretté penseur moderne Philippe Muray).

    Le sanctuaire est déjà fermé, je sonne donc au presbytère sur le bouton « accueil ». Une femme de ménage voilée m’ouvre, a peine amène. Elle veut bien aller voir, quand même, « si un Père est là ». Au bout de longues minutes apparaît un grand Noir, maussade, en civil, à mauvaise haleine et qu’à coup sûr, j’ai dérangé. Il s’avère que les  messes sont bien affichées mais si peu visibles que je ne les ai pas vues... Je repars furieux contre cet accueil renfrogné, cette église fermée l’après-midi, alors qu’il y a de plus en plus de catholiques au Maroc, avec les migrants de Nigritie, bloqués ici, faute de pouvoir aller en France ou Espagne.

    db5526ebaeed6c8c882d8d27bc8e8c29_XL.jpgChez les musulmans, les mosquées sont ouvertes quasi tout le temps. Ils ont bien de la chance. Si c’est ça le « style » du nouvel archevêque de Rabat, un Espagnol, Don Cristobal Romero, intronisé ce mois-ci (photo), on finira par regretter le tristounet Vincent Landel, un pied-noir de Meknès passant son temps à essayer de faire oublier qu’il naquit au foyer d’un « colon », ce dont tout le monde se fiche dans le Maroc du XXI° siècle. ■ 

    Retrouvez l'ensemble des textes parus depuis le 14 janvier 2016 en cliquant sur le lien suivant : Journal d'un royaliste français au Maroc et ailleurs.

  • Une nature saccagée

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    Notre confrère Péroncel-Hugoz, longtemps correspondant du Monde dans l'aire arabe, a publié plusieurs essais sur l'Islam ; il travaille depuis 2005 pour l’édition et la presse francophones au Royaume chérifien. Il tient aussi son Journal d'un royaliste français au Maroc et ailleurs, dont la Nouvelle Revue Universelle a déjà donné des extraits. Nous en faisons autant, depuis janvier 2016, en publiant chaque semaine, généralement le jeudi, des passages inédits de ce Journal.  LFAR    

     
    EXTRAITS DU JOURNAL MAROCAIN 2018 INÉDIT DE PÉRONCEL-HUGOZ 
     

    ph - Copie 3.jpg21 mars 2018, sur la côte atlantique et en Chaouïa 

    Le littoral atlantique entre Moha et Rabat, encore presque intact il y a 10 ou 12 ans, à part quelques ruines de fermes coloniales et quelques maisonnettes de fellahs, est à présent presque entièrement urbanisé, à coups de barres en béton, baptisées « résidences balnéaires » avec d’absurdes noms plus ou moins anglo-américains : Blue Beach, Paradise Beach, Atlantis, San Diego Plage, Eden Island, Badria Golf Beach, Rico Flores Beach, Moonshine, Happy Beach, Bella Vista, Puerto, Andalousia, Magic House, etc, où viennent l’été les nouvelles moyennes bourgeoisies de Casa ou Rabat, plus quelques touristes bas de gamme germaniques ou scandinaves. Une horreur. Les derniers troupeaux de moutons paissent entre « résidences » et chantiers. Les tortues, lapins, perdrix, grues, sangliers que j’ai vus là encore jusqu’en 2010 ont disparu ou sont partis. Les particuliers viennent jeter leurs décombres et gravats, la nuit, dans les derniers espaces encore plus ou moins plantés de pins, lentiques, mimosas (sans odeur contrairement à ceux de Menton ou Hyères) ou eucalyptus. Un « écomassacre » dans le silence absolu de la presse et des autorités marocaines. Ah ! faire sortir journalistes et excellences de leurs bureaux climatisés de Casa ou Rabat !...

    Je pousse donc un peu plus loin dans l’intérieur de la vaste plaine de la Chaouïa vers Ben-Slimane (le Camp-Boulhaut du Protectorat) et je m’enfonce dans le maquis encore apparemment intact, entre vignobles, champs de blé et un ancien aérodrome militaire états-unien modernisé sous ce règne en  « aéroport d’affaires ». Je prends un petit chemin de terre rouge parmi lys des sables en fleurs, lentisques, pois de senteur grimpants, soucis jaunes ou oranges. Je lève un couple de perdrix. Mais bientôt je tombe sur des dépôts de bouteilles vides, de canettes cabossées, de gros morceaux de mousse plastique et surtout, horresco referens, sur tout un réseau de petites routes goudronnées fraîchement tracées et souvent finissant en cul-de-sac. Est-ce un de ces chantiers bidon lancés pour faire travailler l’entreprise de tel politicien ou tel industriel au bras long, dont parlent parfois les auto-stoppeurs paysans du cru qu’on dépanne sur quelques kilomètres ? Quel dommage que la prodigieuse nature marocaine soit si mal aimée - oh ! je sais il y a des exceptions mais elles ne sont ni agissantes ni puissantes - par l’élite de ce beau pays !  ■ 

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  • Un vétérinaire éclairé

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    Notre confrère Péroncel-Hugoz, longtemps correspondant du Monde dans l'aire arabe, a publié plusieurs essais sur l'Islam ; il travaille depuis 2005 pour l’édition et la presse francophones au Royaume chérifien. Il tient aussi son Journal d'un royaliste français au Maroc et ailleurs, dont la Nouvelle Revue Universelle a déjà donné des extraits. Nous en faisons autant, depuis janvier 2016, en publiant chaque semaine, généralement le jeudi, des passages inédits de ce Journal.  LFAR    

     
    EXTRAITS DU JOURNAL MAROCAIN 2018 INÉDIT DE PÉRONCEL-HUGOZ 
     
    peroncel1.jpgRabat, 20 mars 2018

    Déjeuner en face de la gare de Rabat-Ville avec le docteur Jamal Hossaïni-Hilali (photo ci-dessous), un pur Arabe de Salé, vétérinaire formé en anglais en Suède mais maîtrisant la culture française (et arabe cela va de soi). Il est bien sûr nationaliste (quel Marocain ne l’est pas ?…) mais sans hargne contre le Protectorat parce qu’il le connaît bien (contrairement à la plupart de ses compatriotes actuels), au point d’avoir écrit un excellent essai historique (primé en France par l’Académie vétérinaire) sur la fructueuse politique animale de la France en Chérifie. 

    francs-tireurs_0_0-2.jpgNous parlons de la récente opération cardiaque du roi Mohamed VI à Paris, de la possible disgrâce de la mère des Enfants royaux, Lalla Selma ; des troubles populaires dans le Rif, à Zagora, à Jérada, etc… Il ne me paraît pas exagérément inquiet. Il l’est davantage pour la « modernisation » de l’agriculture marocaine, de plus en plus soumise aux diktats en matière de pesticides, insecticides et engrais chimiques, diktats venus de Washington, Bruxelles, Barcelone ou Paris… A ce sujet je lui cite cette répartie d’un secrétaire américain à la Santé, il y a quelques lustres, auquel on faisait remarquer que tous ces produits nocifs, sans parler des hormones données aux bêtes de boucherie, auraient des effets désastreux sur la santé des consommateurs : « Peut-être mais ce sera bon pour notre industrie pharmaceutique…» Le cynisme anglo-saxon à l’état pur, du type des deux guerres menées par Londres au XIX° siècle contre la Chine impériale, pour lui imposer son maléfique opium… ■ 

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  • Colonies de vacances et taxieurs

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    Notre confrère Péroncel-Hugoz, longtemps correspondant du Monde dans l'aire arabe, a publié plusieurs essais sur l'Islam ; il travaille depuis 2005 pour l’édition et la presse francophones au Royaume chérifien. Il tient aussi son Journal d'un royaliste français au Maroc et ailleurs, dont la Nouvelle Revue Universelle a déjà donné des extraits. Nous en faisons autant, depuis janvier 2016, en publiant chaque semaine, généralement le jeudi, des passages inédits de ce Journal.  LFAR    

     
    EXTRAITS DU JOURNAL MAROCAIN 2018 INÉDIT DE PÉRONCEL-HUGOZ 
     

    IMG - JPEG - Copie.jpgRabat, 19 mars 2018 (suite)

    Toujours aux Oudayas, sur un banc à l’écart du flux touristique je lis la presse marocaine qui, entre autres, nous apprend ceci : bien que le gouvernement soit mené par un parti islamiste, proche des Frères musulmans, le ministère de la Jeunesse et des Sports vient d’interdire qu’on réveille les enfants des colonies de vacances à 3 heures du matin pour accomplir la prière rituelle de l’Aube. Il existe donc des islamistes modérés ; du moins au Royaume chérifien. 

    En revanche, les islamistes n’ont pas encore réformé les transports urbains et j’en éprouve une fois de plus les inconvénients, s’agissant des taxis citadins : chose unique au monde à ma connaissance, ici, ce sont les chauffeurs qui décident ou non de vous prendre si la destination demandée leur convient ! « Bab Laâlou ? (une des portes de la médina) - Non ! » Et ainsi de suite 10 fois avant de trouver un taxieur qui veut bien m’amener à ce lieu très passant, de bonne réputation et Casablanca_Train_Station.jpgproche du centre. A Casa, l’an passé, je vis deux pauvres voyageuses japonaises éclater en sanglots, assises sur leurs valises car, à la gare de Casa-Port (photo), aucun taxi n’acceptait de les mener à leur hôtel sur la corniche atlantique. Et pourtant le Maroc a bel et bien besoin de touristes pour boucler son budget…Tout le monde ici le sait, sauf les taxieurs…Que fait le ministre du Tourisme ?   ■ 

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  • Monotone babil touristique

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    Notre confrère Péroncel-Hugoz, longtemps correspondant du Monde dans l'aire arabe, a publié plusieurs essais sur l'Islam ; il travaille depuis 2005 pour l’édition et la presse francophones au Royaume chérifien. Il tient aussi son Journal d'un royaliste français au Maroc et ailleurs, dont la Nouvelle Revue Universelle a déjà donné des extraits. Nous en faisons autant, depuis janvier 2016, en publiant chaque semaine, généralement le jeudi, des passages inédits de ce Journal.  LFAR    

     
    EXTRAITS DU JOURNAL MAROCAIN 2018 INÉDIT DE PÉRONCEL-HUGOZ 
     

    PERONCEL 3.jpgRabat, 19 mars 2018

    Beaucoup de touristes étrangers aux Oudayas : les vieilles venelles, les jardins clos, l’esplanade océanique, le café surplombant l’embouchure du Bou-Regreg, le « fleuve-miroir ».

    Le babil de touristes est partout le même, je l’ai constaté 10 fois du Siam à Rio, des Pyramides à la forteresse des Oudayas : platitudes, ignorance, plaisanteries ineptes etc. Lévi-Strauss détestait à juste titre les touristes. Malheur aux pays qui, comme le Maroc, ont besoin du tourisme (10% du revenu national) ! La seule supériorité de la triste Algérie sur le séduisant Maroc, c’est que la voisine, grâce aux hydrocarbures, légués par le Coq « colonialiste », n’a pas besoin de touristes étrangers chez elle.  ■  (à suivre)

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    L’embouchure du Bou-Regreg, le « fleuve-miroir ».

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  • Joseph de Maistre mahométan

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    EXTRAITS DU JOURNAL MAROCAIN 2018 INÉDIT DE PÉRONCEL-HUGOZ 
     

    PERONCEL 4.jpgMohamédia, 18 mars 2018 (suite)

    Le gouvernement chérifien ne peut sévir contre cette invasion de sans-travail africains, dans un pays déjà accablé de chômeurs nationaux, car la politique royale envers l’Afrique noire est basée sur égards et complaisance, afin d’arracher - et ça marche -  un maximum  de capitales sub-sahariennes à l’influence d’Alger, Prétoria et Abouja, les trois puissants protecteurs du Polisario, mouvement séparatiste au Sahara marocain, financé depuis des décennies par le régime militaroïde algérien.

    Au retour, j’achète sur le trottoir à Rabat le nouveau numéro de la revue d’Histoire, Zamane où est abondamment cité le Joseph de Maistre cherifien, Si Ahmed ben Khaled el Nassiri, auteur du Kitab el Istiqsae, essai en arabe classique, dans son édition de 1954-1956 (tome IX), au moment où s’achevait le Protectorat. Il s’agissait de comparer la liberté selon la Révolution française avec celle existant en Islam : « chesterton-portrait-small.jpgLa liberté individuelle, telle que définie par les auteurs de la Déclaration universelle des droits de l’Homme va à l’encontre de toutes les valeurs de la religion, de la famille et de l’humanité tout entière. C’est une liberté où tous les devoirs sont abolis, en particulier ceux des enfants envers leurs parents ». Voila un penseur arabe qui eut le culot de contester pleinement les « valeurs » occidentales, et singulièrement françaises ! Il y a du Chesterton dans ce Nassiri, vous ne trouvez pas ?  

    (Ci-contre : Chesterton). 

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  • L’Afrique noire à Mohamédia

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    EXTRAITS DU JOURNAL MAROCAIN 2018 INÉDIT DE PÉRONCEL-HUGOZ 

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    Mohamédia, 18 mars 2018

    Je retrouve pour quelques heures l’ancienne Fédala, sous une belle ondée, car j’ai quelques petites affaires à régler dans la ville aux 10.000 palmiers - là aussi, merci Lyautey ! (Photo ci-dessous) -, où j’ai été établi de 2005 à 2017. J’y suis frappé par le nombre de jeunes Négro-Africains y accomplissant des tâches subalternes Maréchal_Lyautey_1929.jpg(gardiens ou laveurs d’autos, portefaix, éboueurs, balayeurs de rues, etc, emplois naguère encore réservés aux plus modestes des Marocains). Beaucoup de mendiants noirs également, surtout des femmes chargées d’enfants en bas âge, s’approchant des voitures aux feux rouges ou à l’entrée des magasins. Des commerçants sont excédés : « Laissez le passage, vous faites peur aux clients ! ». Sur la route côtière, au retour, je note même des bergers africains. Ça alors ! J’ai l’impression que les bergers marocains, qu’on voit parfois maintenant fumer, tranquillement allongés sous pins ou mimosas bordant la voie, ont sous-traité à des Africains leur gardiennage de moutons… (à suivre).   

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  • Le « Journal d'un royaliste français au Maroc et ailleurs » de Péroncel-Hugoz reprendra jeudi prochain

     

    enclave - Copie 6.jpgPar suite d'une erreur de programmation le Journal d'un royaliste français au Maroc et ailleurs de Péroncel-Hugoz n'a pas fait l'objet de la publication normalement prévue jeudi dernier, jour habituel de parution. 

    Toutes nos excuses à nos lecteurs, nombreux à suivre et apprécier ces chroniques. Prochaine parution, donc : jeudi prochain 9 août !  LFAR  

    Vous pouvez retrouver l'ensemble des textes parus depuis le 14 janvier 2016 en cliquant sur le lien Journal d'un royaliste français au Maroc et ailleurs.

  • Un regard marocain lucide

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    Notre confrère Péroncel-Hugoz, longtemps correspondant du Monde dans l'aire arabe, a publié plusieurs essais sur l'Islam ; il travaille depuis 2005 pour l’édition et la presse francophones au Royaume chérifien. Il tient aussi son Journal d'un royaliste français au Maroc et ailleurs, dont la Nouvelle Revue Universelle a déjà donné des extraits. Nous en faisons autant, depuis janvier 2016, en publiant chaque semaine, généralement le jeudi, des passages inédits de ce Journal.  LFAR    

     

    EXTRAITS DU JOURNAL MAROCAIN 2018 INEDIT DE PÉRONCEL-HUGOZ 

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    Rabat,17 mars 2018 (suite)

    Le soir, dans la médina, où je vais résider désormais, bref concert de tambourins. L’Orient sera toujours l’Orient. En revanche, pas de klaxons ni de jappements de chiens, bête que l’Islam n’aime pas, lui préférant les chats. Mahomet ouvrit le paradis musulman à une femme qui avait donné à boire à un félin domestique mourant de soif. C’est canonique. 

    Je m’endors en lisant l’hebdo marocain de centre gauche, Tel Quel (dans lequel les Servan-Schreiber eurent jadis des parts), où mon jeune confrère Omar Saghi est bien avisé d’écrire : « Dans les social-démocraties occidentales classiques, aujourd’hui moribondes, les aides, compléments, revenus minimum et autres allocations servent non pas à payer un service ou un bien mais à permettre à tous de participer à ce grand parc d’attractions qu’est la société de consommation ».

    photo-omar-saghi1.jpgVoilà un garçon qui n’est pas de chez nous mais qui connaît bien nos moeurs aberrantes… 

    Ce que notre confrère marocain (photo ci-contre) ne sait sans doute pas c’est que le contribuable français finance 52 aides sociales, allant, sur son territoire national, la moitié du temps, à des étrangers établis en France. Notre peuple représente environ 1% de la population mondiale mais il finance 15% de toutes les aides sociales distribuées sur la Planète. Aucun autre Etat ne fait mieux mais chut ! Les cocoricos sont mal vus par le « politiquement correct » universel !…   

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  • Arnaque à l’aéroport

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    Notre confrère Péroncel-Hugoz, longtemps correspondant du Monde dans l'aire arabe, a publié plusieurs essais sur l'Islam ; il travaille depuis 2005 pour l’édition et la presse francophones au Royaume chérifien. Il tient aussi son Journal d'un royaliste français au Maroc et ailleurs, dont la Nouvelle Revue Universelle a déjà donné des extraits. Nous en faisons autant, depuis janvier 2016, en publiant chaque semaine, généralement le jeudi, des passages inédits de ce Journal.  LFAR    

     

    EXTRAITS DU JOURNAL MAROCAIN 2018 INEDIT DE PÉRONCEL-HUGOZ 

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    Rabat,17 mars 2018

    Y ayant diminué mes activités journalistiques et éditoriales, je n’avais plus séjourné au Maroc depuis plusieurs mois. A mon retour, ce samedi, je suis arnaqué «grave» (pour parler «jeune»…), dès l’aéroport de Rabat-Salé, par un loueur d’autos que vante le Routard 2018. Heureusement je parle assez d’arabe local pour me tirer de ce guêpier, encore que, sans doute, je vais y laisser quelques plumes… 

    Donc, je loue chez un concurrent, plus cher mais plus sûr et je file vers la capitale royale à travers son épaisse ceinture verte, à base d’eucalyptus tout vernissés d’ondée printanière. Cette verdure non aedificandi est le plus beau des nombreux et inestimables cadeaux offerts par Lyautey au « monastère guerrier » (c’est le nom de Rabat, ribat en arabe). A Dar-Mastaba, en haute médina, près de là où séjourna le futur maréchal-résident avant le Protectorat (1912-1956), je crèche chez Florence Kuntz (l’ex-députée souverainiste). Sa très fidèle et très stylée petite servante m’attend avec ses yeux modestement baissés, son fichu bien tiré; les draps aussi sont bien tirés, dans cette vieille maison aux zelliges bien briqués. 

    Plus tard, je descends en « ville moderne » où une bonne trentaine de femmes mûres en djellabas, étendues sur des couvertures sont en grève de la faim, sous les arcades d’une grande banque du cru, pour protester contre la suppression par le gouvernement à direction islamiste de certaines aides aux populations du Grand Sud. Elles ont collé, sur le mur auquel elles d’adossent une photo du roi Mohamed VI, arrachée dans une revue. En ce Royaume, les grévistes n’ont pas toujours des pancartes revendicatives mais ils n’oublient jamais de se mettre sous la baraka - la bénédiction divine - du monarque chérif, « pape et empereur ». (à suivre).   • 

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  • Le « Journal d'un royaliste français au Maroc et ailleurs » de Péroncel-Hugoz reprend à partir de demain.

     

    enclave - Copie 6.jpgDepuis deux ans et demi (janvier 2016) nous publions chaque jeudi des passages inédits de ce Journal d'un royaliste français au Maroc et ailleurs que tient Péroncel-Hugoz. 

    Nombre de nos lecteurs apprécient ces passionnantes chroniques qui enrichissent notre réflexion, notre culture et notre connaissance de l'Islam, de l'aire arabe ... et d'ailleurs.  

    Cette publication du Journal de Péroncel-Hugoz s'est interrompue début juin. pour quelques semaines. Nous avions annoncé qu'elle reprendrait courant juillet.

    Voici : ce sera dès demain jeudi. Vous serez nombreux à être heureux de la retrouver !  LFAR   

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  • Histoire de parapluies…

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    Notre confrère Péroncel-Hugoz, longtemps correspondant du Monde dans l'aire arabe, a publié plusieurs essais sur l'Islam ; il travaille depuis 2005 pour l’édition et la presse francophones au Royaume chérifien. Il tient aussi son Journal d'un royaliste français au Maroc et ailleurs, dont la Nouvelle Revue Universelle a déjà donné des extraits. Nous en faisons autant, depuis janvier 2016, en publiant chaque semaine, généralement le jeudi, des passages inédits de ce Journal.  LFAR    

     

    Journal de 1994 - Extraits inédits 

    Où on va voir qu’en 1994, les mêmes problèmes qu’en 2018 se posaient déjà en France, sans que rien de sérieux ni de durable ne soit fait pour les résoudre…

     

    IMG - JPEG - Copie - Copie.jpg6 mai 1994  

    6 mai 1994, inauguration du tunnel sous la Manche par Elizabeth II et François Mitterrand.

    Un tunnel que naturellement les voitures particulières ne pourront pas emprunter à cause de ces salopards d’Anglais, qui « au nom de l’Europe » nous ont imposé les aveuglants phares blancs ; « au nom de leur spécificité » leur satanée conduite à gauche va perdurer… Et nous, toujours à la traîne des Anglais depuis l’Entente cordiale, une jolie affaire de dupes dont nous sommes éternellement les perdants… En tous domaines.

    La bonne humeur me revient en regardant Sa Majesté britannique donner  - volontairement ou non, peu importe - une leçon de simplicité à la grimaçante et mal fringuée Danielle Mitterrand. Donc, ladite « présidente », à cause de quelques gouttelettes de pluie, est suivie par un fonctionnaire qui l’abrite sous un grand parapluie noir.

    LLC9403110022.jpgLa reine, elle, se contente de son chapeau rose puis, comme il bruine un peu plus, quelqu’un de sa suite lui apporte un autre grand parapluie noir qu’elle ouvre elle-même, toute seule et sous lequel elle s’abrite, sans porteur de pépin… Quand la pluie cesse la reine ferme le parapluie et le passe à son mari, le duc d’Edimbourg, sans déranger personne… La mère Mitterrand, elle, qui ne semble pas s’être rendue compte qu’il ne pleut plus, continue d’avancer, suivie de son porte-parapluie tenant le pépin toujours grand ouvert au dessus de « Tatie Danielle » ! • 

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  • Une messe pas comme les autres…

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    Journal de 1994 - Extraits inédits 

    Où on va voir qu’en 1994, les mêmes problèmes qu’en 2018 se posaient déjà en France, sans que rien de sérieux ni de durable ne soit fait pour les résoudre…

     

    peroncel1.jpgParis,  27 avril 1994  

    Messe à la mémoire de feu mon directeur de conscience, le Père Georges Anawati, à la chapelle dominicaine Saint-Jacques. Choc en découvrant le devant de l’autel dû à mon ami le peintre Claude Lagoutte (1935-1990), réalisé pour ce lieu en 1987 : superbe collage bleu, blanc, rouge, pointilliste et éclatant dans cette austère et sombre chapelle.  

    Durant l’homélie, le Père Régis Morellon révèle que le Père Anawati avait sur lui, pour sa messe quotidienne, les noms de 320 personnes et qu’il priait chaque fois pour elles. Il dit cela en me regardant. Je communie. L’hostie est dure et brune. Jadis la parcelle de pain divin était friable, blanche, presque immatérielle… (je pense au défunt qui fut sans doute à l’origine de l’écriture de mon Radeau de Mahomet (1983). Un soir que nous parlions, dans son couvent de la rue Masnaâ-el-Tarabiche, au Caire, des excès en tous genres de l’Islam, contre les Coptes, en particulier, le Père me dit: « Mais écrivez donc tout cela ! » J’essaie de le faire dans le Monde mais ma liberté de parole sur ce sujet est limitée… ) Faîtes un livre ! Commencez dès ce soir ! » Rentré chez moi, je me jetais sur mon buvard et j’écrivis le début de mon Radeau, sur les « Turcs de profession », ces chrétiens adhérant à tout ce que faisaient les musulmans, au XVIII° siècle, en Méditerranée, et qui, maintenant, sont de retour à Paris, Bruxelles ou même Rome…   

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  • A la table de Fabius

    Par Péroncel-Hugoz 

    TRAVAUX DIVERS - Largeur +25.jpgNotre confrère Péroncel-Hugoz, longtemps correspondant du Monde dans l'aire arabe, a publié plusieurs essais sur l'Islam ; il travaille depuis 2005 pour l’édition et la presse francophones au Royaume chérifien. Il tient aussi son Journal d'un royaliste français au Maroc, dont la Nouvelle Revue Universelle a déjà donné des extraits. Nous en faisons autant, depuis janvier 2016, en publiant chaque semaine, généralement le jeudi, des passages inédits de ce Journal.  LFAR    

     

    Journal de 1991 - Extraits inédits 

    Où on va voir qu’en 1991, les mêmes problèmes « migratoires » et autres qu’en 2018 se posaient déjà en France, sans que rien de sérieux ni de durable ne soit fait pour les résoudre…

     

    ph - Copie (2).jpgParis,  dimanche 27 octobre 1991  

    Déjeuner « francophone » (alors qu’il est notoire  que notre hôte, comme Giscard, se fiche du sort du français dans le monde, comme de ses premières chaussettes…). Chez le président de la Chambre, Laurent Fabius, en ce moment au centre d’un scandale immense, celui du sang transfusé contaminé. L’intéressé, néanmoins, ne se départit pas de son éternel sourire douçâtre, tandis qu’un de ses yeux est plus que jamais tiré vers le bas, ce qui lui donne un faux air de François Mauriac…

    A la table d’honneur, le chanteur Enrico Macias, deux ou trois académiciens, la ministresse Tasca, le ministre Kiejman, le président du Parlement égyptien (le Caire a adhéré à la francophonie, grâce à Boutros-Ghali), placé à côté de Macias qui fut, il est vrai, reçu naguère par Sadate, comme « messager de paix entre israélites et mahométans »…)

    Après le filet en croûte et la glace au caramel, Fabius essaie de faire rire un peu l’assistance en rappelant l’histoire de l’hôtel de Lassay: « Le marquis de ce  nom était l’amant de la duchesse de Bourbon, cousine du roi et alors habitante de l’actuelle Assemblée du Palais-Bourbon. »

    Personne ne rit à cette évocation et chacun s’en va vite à ses affaires, encore tout glacé par l’atmosphère de ce repas, donné en l’honneur de la Francophonie et où chacun pensait aux victimes abandonnées du Sang contaminé…   

    Retrouvez l'ensemble des textes parus depuis le 14 janvier 2016 en cliquant sur le lien suivant : Journal d'un royaliste français au Maroc.

  • UN ROYALISTE A MATIGNON (2) suite et fin

    Par Péroncel-Hugoz 

    TRAVAUX DIVERS - Largeur +25.jpgNotre confrère Péroncel-Hugoz, longtemps correspondant du Monde dans l'aire arabe, a publié plusieurs essais sur l'Islam ; il travaille depuis 2005 pour l’édition et la presse francophones au Royaume chérifien. Il tient aussi son Journal d'un royaliste français au Maroc, dont la Nouvelle Revue Universelle a déjà donné des extraits. Nous en faisons autant, depuis janvier 2016, en publiant chaque semaine, généralement le jeudi, des passages inédits de ce Journal.  LFAR    

     

    Journal de 1991 - Extraits inédits 

    Où on va voir qu’en 1991, les mêmes problèmes « migratoires » et autres qu’en 2018 se posaient déjà en France, sans que rien de sérieux ni de durable ne soit fait pour les résoudre…

     

    IMG - Copie.jpgParis,  jeudi 8 août 1991 

    Entretien avec Gilbert Comte, conseiller de Mme Cresson, chef du gouvernement socialiste, à l’hôtel Cassini, dépendance de Matignon, rue de Babylone.

    Suite des réflexions dudit conseiller :

    Michel Jobert* ? « Je l’aime beaucoup, je ne dis pas « bien », je dis « beaucoup ».

    Les milieux au pouvoir : « Dégoûtants ! » La chronique vient d’être défrayée par des détournements de fonds, dus apparemment à des fonctionnaires, au détriment des harkis, de la Francophonie, etc…

    Charles Maurras : Dans 500 ans, ce sera peut-être comme Demosphène aujourd’hui. Avec Beuve-Méry, au Monde, j’ai pas mal contribué à ce qu’on reparle de lui. (Je lui offre le livre de Nguyen sur Maurras avant l’Action française).

    Le Monde a malicieusement présenté Comte comme « royaliste » : « J’ai téléphoné à Bruno Frappat** et je lui ai dit : « J’ai effectivement, dans les années 50, écrit des articles pour Aspects de la France*** mais j’ai ensuite, durant 10 ans, chroniqué pour Le Monde et ça vous ne l’avez pas rappelé… Je n’ai pas honte d’avoir écrit dans Aspects mais il n’y a pas que ça dans mon cursus…»   

    * Pied-noir gaulliste du Maroc, proche d’Hassan II, ministre des Affaires Etrangères (très anti-américain) du président Pompidou. 

    ** Catho de gauche, alors l’un des principaux dirigeants du quotidien.

    *** Nom de l’AF à l’époque.

     

    Retrouvez l'ensemble des textes parus depuis le 14 janvier 2016 en cliquant sur le lien suivant : Journal d'un royaliste français au Maroc.