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Journal d'un royaliste français au Maroc - Page 2

  • Illogique Union Européenne …

    « L'heure est aux barbus » 

     

    Par Péroncel-Hugoz 

    TRAVAUX DIVERS - Largeur + 2.jpgNotre confrère Péroncel-Hugoz, longtemps correspondant du Monde dans l'aire arabe, a publié plusieurs essais sur l'Islam, et il travaille maintenant à Casablanca pour le 360,  l'un des principaux titres de la presse francophone en ligne au Royaume chérifien. Il tient aussi son Journal d'un royaliste français au Maroc, dont la Nouvelle Revue Universelle a déjà donné des extraits. Nous en faisons autant, depuis janvier 2016, en publiant chaque semaine, généralement le jeudi, des passages inédits de ce Journal.  LFAR    

     

    IMG - Copie.jpgMercredi 12 janvier 2011, Casablanca

    Les rats quittent le navire tunisien... A part la France, surtout le Quai d'Orsay, d'ailleurs, et le colonel Kadhafi, « le fou de Libye » , comme l'appellent les Arabes, tous les pouvoirs étrangers se détournent pudiquement du pauvre Ben-Ali, ce qui en dit long une fois de plus sur l'ingratitude des Etats, ledit Ben-Ali ayant, qu'on le veuille ou non, accompli ce que l'Europe attendait de lui : tenir en respect les islamistes avec un minimum de casse c'est-à-dire le contraire de l'Algérie où ça a débouché sur une meurtrière guerre civile. A cette aune-là, bravo Ben-Ali !

    Cependant, l'Union européenne se comporte en total illogisme depuis que l'Islam politique progresse sur son flanc Sud et également sur son propre sol : d'une part, elle ne veut pas entendre parler des «  barbus «  au pouvoir ; d'autre part, elle réclame à cors et à cris l'instauration de la « démocratie » , de la « transparence » , des droits de l'Homme et tout le tremblement, sachant pourtant qu'à peu près partout, en Islam, des élections «  libres » , c'est-à -dire « à l'occidentale » , donneraient un fort nombre de sièges, si ce n'est la majorité, aux islamistes : on l'a vu en Algérie (où le régime « démocratique »  du président Mitterrand avalisa lui‑même l'interruption du processus électoral de 1991 qui risquait d' être un succès pour les barbus) ; à Gaza, où le pouvoir est exercé maintenant par le très islamique Hamas ; au Maroc où malgré les obstacles dressés devant le parti à la Lampe, les islamistes (lesquels sont d'ailleurs, autant qu'on sache, royalistes et réformistes) arrivèrent en tête, quant aux voix, lors des élections législatives de 2007, etc. On le verra partout, à l'avenir, je prends les paris, partout en Islam où auront lieu des élections pluralistes et « libres ». L'heure est aux barbus, aux femmes voilées, au respect public absolu du jeûne ramadanesque, aux restrictions sur. l'alcool, les jeux d'argent etc.

    On l'a vu, naturellement, en Turquie avec les islamistes « modérés » d’Erdogan et GuI qui appliquent imperturbablement leur programme, avec le soutien de l'opinion populaire anatolienne, et malgré les cris des occidentalisés, des féministes, des efféminés ; etc. Et également, avec le soutien de l'opinion populaire musulmane, notamment arabe, au Maroc par exemple. Il y a deux ans, 72% des Turcs sondés à ce sujet, ont déclaré qu'ils n'aimeraient pas avoir un voisin buvant de l'alcool. Je ne serais pas étonné qu'on arrive au même pourcentage au Maroc, le cas échéant, malgré le fléau de l'alcoolisme jusqu'au fin fond du bled.

    S'agissant de son pays, l'islamologue turque Nilufer Narli opine : « Il y a ici une tendance à criminaliser l'alcool, ça correspond au renforcement de la religiosité ». « Mais, non, madame, ça correspond aux prescriptions de votre religion, depuis qu'elle a été révélée par Mahomet vers l'an 600 de notre ère, prescriptions qui n'ont jamais nulle part en Islam été abolies !... Même les musulmans qui consomment de l'alcool, et Allah sait s'il y'en a, y compris parmi les paysans et les ouvriers, même ces croyants-là, si on leur pose la question, et je l'ai fait maintes fois, se disent favorables à la prohibition... Contradiction ? Oui et non. C'est surtout la réponse d'hommes conscients d'enfreindre un interdit très clair de leur religion auquel, étant croyants, ils restent très attachés, même s'ils le violent en se disant : « Chacun a droit. à un vice. Nous ne sommes pas des anges. Dieu sera indulgent [motasameh]. »   

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  • Le passé caché de Fédala-Mohammedia où Péroncel-Hugoz réside lors de ses séjours marocains

     

    Quand j'ai annoncé, autour de moi, en 2005, que j'allais m'établir un certain temps à Mohammedia, l'ancienne Fédala, sur la côte atlantique entre Rabat et Casablanca, plusieurs voix, goguenardement, me lancèrent : « Quelle idée, toi qui as toujours vécu dans l'Histoire, d'aller te fourrer dans un endroit sans Histoire ! » (...)

    Mal vu ! À peine avais-je transporté quelques-unes de mes pénates entre le cap Fédala et la Casbah de Mansouria, sur le littoral de la Chaouïa, que je me rendis compte - en arpentant ruelles et campagnes, en discutant avec les gens du cru, en feuilletant quelques antiques revues acquises dans une joute ou prêtées par des pieds-noirs restés fidèles au poste, en ouvrant quelques livres d'hier et d'aujourd'hui - que si l'actuelle Mohammedia était bien une « ville nouvelle », déjà centenaire quand même, fondée ou plutôt refondée par le maréchal Lyautey et quelques autres Français entreprenants, dont la fratrie industrielle Hersent, sous le règne et avec l'onction du sultan Youssef le Sage (1912-1927), elle n'en reposait pas moins sur un substrat préhistorique et historique consistant, en terrain humainement giboyeux, puisque faisant entrer en scène, sur l'immuable base de la vigoureuse race berbère : Phéniciens, Romains, Byzantins, Vandales, Arabes, Portugais, Espagnols, Français; tous ayant laissé des traces visibles ou invisibles dans cette « cité des 10 000 palmiers» et ses entours.  

    Péroncel-Hugoz

    2000 ans d'histoires marocaines, 2e édition, 2014, p.7.

     

  • Une paroissienne féministe

     

    Par Péroncel-Hugoz 

    TRAVAUX DIVERS - Largeur + 2.jpgNotre confrère Péroncel-Hugoz, longtemps correspondant du Monde dans l'aire arabe, a publié plusieurs essais sur l'Islam, et il travaille maintenant à Casablanca pour le 360,  l'un des principaux titres de la presse francophone en ligne au Royaume chérifien. Il tient aussi son Journal d'un royaliste français au Maroc, dont la Nouvelle Revue Universelle a déjà donné des extraits. Nous en faisons autant, depuis janvier 2016, en publiant chaque semaine, généralement le jeudi, des passages inédits de ce Journal.  LFAR    

     

    IMG - JPEG - Copie - Copie.jpgDimanche 9 janvier 2011, Fédala-Mohamédia 

    Messe à Saint Jacques, dite par un prêtre négro-africain venu spécialement de Casablanca, comme chaque dimanche. Environ la moitié de la centaine d'assistants (pour quelque 1500 catholiques vivant dans cette ville, entre Rabat et Casa) est de la même origine continentale, étudiants à l'Université locale Hassan-II, ce qui confère à notre office une vibration religieuse me rappelant celle de la cathédrale d'Abidjan, à l'époque bénie d'Houphouët-Boigny...

    A la sortie, une Parisienne féministe, mariée à un pied-noir pas féministe, me remet une coupure de presse casaouie d'avril 2008 indiquant que « 8% seulement des Marocaines sont hostiles au port du voile. »  « Et en Tunisie », ajoute la brave dame, « les islamistes risquent maintenant de vouloir faire la loi. Regardez, même ici, une élue islamiste a eu le toupet de déclarer que si Lalla-Selma [l'épouse de Mohamed VI, mère du prince héritier] sortait en cheveux, c'était pour l'image du Maroc en Occident et que ça ne devait pas être pris pour une désobéissance délibérée à l'injonction coranique d'Allah sur le voile ! »

    Je scandalise mon interlocutrice en lui rétorquant : « Mais, madame, laissez ces pays faire ce qu'ils veulent ! Ce n'est pas à nous de leur indiquer la façon d'appliquer les prescriptions islamiques. Même à l'époque coloniale, même en Algérie, nous ne l'avons pas fait, nous contentant de supprimer discrètement les mutilations judiciaires et l'esclavage, et encore même pour ça des mahométans n'ont pas manqué de nous reprocher de nous mêler de ce qui ne nous regardait pas... - Oui, mais monsieur, on n'est plus au XIXe siècle ! - Merci, madame, de me le rappeler mais je vous signale que la ré-islamisation sociale en Tunisie, voile compris, a commencé depuis 15 ou 20 ans et se poursuivra quel que soit le successeur de Ben-Ali...- Mais alors, et le progrès ? - Madame, les musulmans n'en ont pas la même conception que nous, puisqu'ils le subordonnent à leur foi, etc. »
    Ma compatriote, qui ne comprend pas qu'elle fait sans le savoir de l'impérialisme culturel, s'en va furieuse... 

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  • Benali victime de Bourguiba ?

    Bourguiba en compagnie de Benali 

     

    Par Péroncel-Hugoz 

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    PERONCEL 4.jpgSamedi 8 janvier 2011, Rabat


    Comme d'hab, depuis un lustre, nous tirons les Rois à Rabat chez la famille Kuntz. Logique : la première fois que j'ai vu Florence Kuntz, alors élue euro-rhonalpine, c'était aux Baux, jadis, pour y accueillir le prince Jean de France.

    Au marché, à la superette, chez le mécanicien, le coiffeur, le kiosquier, le traiteur, etc, les Marocains entre eux ne parlent, avec passion, à haute voix, que d'une seule et unique chose : les événements de Tunisie, et accessoirement de ceux qui se dessinent en Algérie. Partira-t-il ? Oui ou non ? Qui ? Le général-président Ben-Ali (dont le prénom, Zine-el-Abidine, « la parure des dévots [d'Allah] » est tout un poème...)

    Pour ma part je n'ai jamais prisé ce militaire à esprit flic qui certes a eu beau jeu en 1987 d'opérer un coup d'Etat médical pour écarter un Bourguiba quasi retombé en enfance mais qui, alors, annonça sa couleur en ne prévenant que Washington de cette mesure salutaire - et non point Paris, pourtant traditionnellement aux petits soins pour l'ancienne Régence de Tunis... Au reste, le principal responsable des incertitudes tunisiennes actuelles, c'est Bourguiba, qui faisait risette aux Occidentaux et se laissait volontiers surnommer par les musulmans, el moudjahid el akbar, complaisamment traduit en français par « le Combattant suprême » mais qui, en arabe, veut dire « le plus grand djihadiste »... De même, le quotidien francophone officieux de l'Etat-fellaga d'Alger s'est toujours appelé El Moudjahid (sans traduction, et pour cause). Oui, Bourguiba peut être largement crédité de la présente situation plus qu'incertaine à Tunis, car c'est lui et lui seul, sans demande populaire, qui, en 1957, l'an d'après la fin du Protectorat français sur son pays, déposa Lamine-Bey qui venait de se proclamer roi de Tunisie (comme au Maroc le sultan de l'Empire chérifien devenait le roi, malik). Si l'émir Fayçal, régnait aujourd'hui à Tunis, au lieu d'écrire des romans historiques inspirés par son histoire dynastique (une lignée au départ créto-corse, d'obédience ottomane, sur le trône de Tunis depuis 1705), la transition pourrait sans doute s'opérer plus sereinement, dans le respect de la continuité étatique, ce dont on est loin maintenant, la rue, très excitée, imposant sa loi ...  

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  • Mes sept citations monarchistes

    Michel de Montaigne, ici le premier cité  

     

    Par Péroncel-Hugoz 

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    ph - Copie (2).jpgJanvier 2011

     

    « Le plus âpre et difficile métier du monde, c'est dignement le roi ! »

    Michel de Montaigne
    Essais

    « Etre roi n'est rien, il faut l'être en sécurité »

    Shakespeare, Macbeth

     

    « Le respect mythique et l'allégeance religieuse sont les rouages essentiels d'une vraie monarchie »

    Walter Bagehot
    Codificateur de la royauté britannique au XIX' siècle

     

    « La monarchie n'est pas une boucherie-charcuterie ! »

    Albert 1er de Belgique

     

    « On ne découvre pas la Couronne »

    Précepte belge

     

    « Rien ne rehausse l'autorité mieux que le silence »

    Général de Gaulle, Au fil de l'épée.

     

    « La démocratie est une idée totalitaire »

    Alain Badiou
    Philosophe communiste, 2008

     

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  • La France encore bafouée

    Le footballeur Zlatan Ibrahimovic  

     

    Par Péroncel-Hugoz 

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    peroncel1.jpgLe 15 mars 2015

    Dans je ne sais quel stade européen, un footballeur « suédois », en fait musulman de Bosnie, né en Suède, adulé des foules sportives en chambre, habitué à gagner, est battu par les Girondins de Bordeaux et, aussitôt, mauvais perdant, il insulte la France, « pays de merde »...

    Croyez-vous que cet insolent ait été interdit de jeu ou de séjour sur nos terrains ? Non, bien sûr, on s'est contenté de vagues excuses de la part de cette brute à queue de cheval, des excuses suintantes d'insincérité, eh ! oui, que voulez-vous, il ne faut pas trop exiger d'une « idole de notre jeunesse »...

    Cette pénible affaire rappelle, mutatis mutandis, celle du 25 mars 2012, où une Algérienne installée en France, mère du grand criminel mahométan Mohamed Merah, une Algérienne nommé Zoulikha Aziri, remariée avec un Tunisien, lui-même père d'un djihadiste, osa déclarer, en France, chez nous : « Mon fils a mis ce pays à genoux. Je suis fière de mon fils ! ».

    Ce qu'il aurait fallu faire : emprisonner cette Algérienne (et si elle avait la nationalité française l'en déchoir en urgence) et la renvoyer, à nos frais, avec ses baluchons, dans son vrai pays. Cela aurait été le début du respect que la France est en droit d'attendre  de la part de ces étrangers qui profitent d'elle et l'insultent.

    En Turquie, il y a quelques années, avant même que les islamistes soient au pouvoir, une Allemande, épouse d'un Turc musulman, laissa par mégarde, un jour de fête à Ankara, choir un drapeau turc de sa fenêtre dans la boue du trottoir. En un clin d'oeil, ce fut un attroupement, des cris, la police, l'arrestation de la pauvre femme maladroite et sa condamnation à je ne sais plus quelle peine...

    Les Turcs, eux, savent se faire respecter.  

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  • Baptême à Saint-Jacques-de-Fédala

    Mgr Vincent Landel, archevêque de Rabat 

    Par Péroncel-Hugoz 

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    IMG - Copie.jpgDimanche 22 mars 2015, Mohamédia

    En visite pastorale en notre paroisse, l'archevêque de Rabat en profite au cours de la messe, pour baptiser Grâce, une accorte choriste africaine venue étudier au Maroc et qui, au lieu d'y découvrir l'Islam des indigènes, y a été séduite par le catholicisme d'autres étudiants venus de Nigritie en Chérifie. Si Grâce avait été mahométane, ce baptême n'aurait pas été possible car la loi marocaine prévoit des pénalités pour quiconque a « ébranlé » la foi d'un musulman. Donc l'impétrante se dirige vers l'évêque, tremblant sur des talons aiguilles d'une hauteur stupéfiante , et, plus haut, on découvre des formes hippopotamesques moulées à fond dans un jean clair. On a un haut-le-corps. Le curé, la catéchiste n'auraient-ils pas dû donner quelques conseils de sobriété vestimentaire à la catéchumène qui, en plus, porte une veste noire pour couronner le tout...

    Ce n'est pas fini, la marraine, une certaine Hortense, africaine aussi, a beau être appelée, elle est absente, et il faut qu'un fidèle se dévoue à sa place...

    Je sais bien que le mot d'ordre est à la simplicité, dans l'Eglise, depuis que règne François; mais quand même...  

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  • Américaneries

    Le port de pêche 

    Par Péroncel-Hugoz 

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    IMG - JPEG - Copie - Copie.jpgCasablanca, 20 mars 2015

    Au restaurant Ostreade, au port de pêche, je reçois, mon confrère le téléaste Omar Sélima. Impossible de s'entendre tant les chansonnettes anglo-américaines sont diffusées fort dans cet établissement marocain naguère silencieux. Le garçon a l'air ahuri quand je lui demande de baisser un peu le son, ce qui n'est fait qu'au bout d'un long, long moment et encore de seulement quelques décibels.

    C'est un mal universel et qui a sa seule raison d'être dans les fabuleuses redevances que ramassent partout sur cette musique diffusée en public les « majors », compagnies états-uniennes de production musicale. Et le monde entier ou quasi se soumet à ce rançonnement...

    Sur le même registre de la soumission générale à l'hégémonie industrio-financière du monde anglo-saxon, j'ouvre le luxueux magazine francophone marocain Leaders (sic) de mars 2015 : toutes les nouvelles entreprises locales mentionnées ont, à l'image d'ailleurs de ce qui se passe en France et ailleurs, des intitulés anglophones : Hit-Radio, Logistics Services, Hellofood, Upline Group, Ero-Friendly, Afric Industries, Industube, Bank Mouamalat-Saaba, CIH Bank, Mytrippy, Fastpayment, Linky, Virtual Building Solutions, Twiyer, Moo's, Smala and Co, Play Academy, Loolys, et je m'arrête car j'en aurais encore jusqu'à demain...

    Une consolation : le bon vieux Crédit agricole du Maroc conserve pour le moment son intitulé francophone...

    Je rentre chez moi et je mets Médi-1, la station franco-arabe de Tanger, pour écouter le journal parlé en français. Avant ça, ça broie les mêmes chansonnettes idiotes et « tapantes » que dans les restaurants, les super-marchés, les supérettes, les parc-autos payants, bref tous les endroits publics où les terribles « majors » peuvent se remplir les poches en nous cassant les oreilles...  

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  • Eclair de lucidité

    Après l'attentat du musée du Bardo ...

     

    Par Péroncel-Hugoz 

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    PERONCEL 4.jpgMohamedia, 19 mars 2015

    Parfois nous parvient de l'Eurocratie un trait de vérité mais, en général, il est vite oublié comme un lapsus. Ainsi ce réveil du Luxembourgeois Juncker, actuel président de la Commission européenne :

    « Sans l'armée française, l'Europe serait sans défense ! »

    La réaction la plus stupide, après l'attentat islamiste (21 tués, tous Européens, sauf un, dont 3 Français) contre le musée du Bardo, à Tunis, le 18 mars 2015 :

    « Ces attaques visent le multiculturalisme et la diversité ! », selon Jean-Luc Martinez, président-directeur du Louvre. Et tant qu'il y est pourquoi pas la parité hommes-femmes, le mariage contre-nature, la théorie du genre et toutes les lubies actuelles de la société occidentale... 

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  • Petite histoire marocaine ... [4/8]

    Ramadan 2017 au Maroc 

     

    Par Péroncel-Hugoz 

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    ph - Copie (2).jpgMohamedia, mars 2015

    Petite histoire marocaine (mais qui pourrait se passer partout en Islam, France comprise) racontée par son « héros » principal, l'abbé Jean Parry, en poste au Maroc depuis des décennies. Ce prêtre a eu aussi une longue carrière d'infirmier dans plusieurs régions du Royaume,  carrière exercée en même temps que son service sacerdotal :

    « Je travaillais donc depuis un certain temps avec une équipe médicale et paramédicale à 100% musulmane, sauf moi. Par intérêt, par solidarité, je m'intéressais à ce que je voyais de la vie religieuse de ces Marocains, notamment le jeûne du mois sacré de Ramadan. Certains jours même je jeûnais avec eux, on parlait des faits et dits de Mahomet, de telle ou telle citation du Coran etc... Et puis un beau jour, un drôle de jour plutôt, toute l'équipe se jeta sur moi et m'étendit sur une table, en tirant mon pantalon : "Tu es prêt pour devenir musulman, tu jeûnes, tu te réfères au Coran, il ne te manque que la circoncision etc.. etc...".

    Je me débattis tellement, je criais sans doute aussi, que mes "circonciseurs" finirent par me libérer... On était dans un hôpital et ils avaient tout préparé, les braves gens... C'est ainsi que je ne devins pas musulman...» conclut notre brave abbé, qui est resté néanmoins adepte du « partage » avec les non-chrétiens... 

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  • Prions pour le sportif qui priait... [3/8]

    Alexis Vastine (1986-2015) 

     

    Par Péroncel-Hugoz 

    TRAVAUX DIVERS - Largeur + 2.jpgNotre confrère Péroncel-Hugoz, longtemps correspondant du Monde dans l'aire arabe, a publié plusieurs essais sur l'Islam, et il travaille maintenant à Casablanca pour le 360,  l'un des principaux titres de la presse francophone en ligne au Royaume chérifien. Il tient aussi son Journal d'un royaliste français au Maroc, dont la Nouvelle Revue Universelle a déjà donné des extraits. Nous en faisons autant, depuis janvier 2016, en publiant chaque semaine, généralement le jeudi, des passages inédits de ce Journal.  LFAR    

     

    peroncel1.jpgMohamedia, 10 Mars 2015

    Prions pour le sportif qui priait... et qui vient de se tuer, en Argentine, avec d'autres personnes, lors d'un accident d'hélicoptère : Alexis Vastine, 28 ans, pugiliste et qu'à cause de ses nom et prénom, de sa blondeur et surtout, surtout, des signes de croix qu'il faisait sur les stades avant de se lancer, j'avais pris pour un Russe... Eh ! bien ce « provocateur » était normand, donc d'une province particulièrement déchristianisée mais où il avait, lui, gardé la fierté de sa religion. Avec sa mort, quelques vérités cachées sortent : cette médaille d'or militaire au Championnat du monde 2014 avait été éliminé par le jury aux Jeux olympiques de 2012 au profit d'un Ukrainien douteux... Il fallait alors chouchouter à tout prix les gens de Kiev. Vastine s'en était rendu compte mais ses protestations « incorrectes » avaient été étouffées. Il avait dit clairement : « C'est un vol pur et simple. C'est de la politique, pas du sport ».

    « C'est parce que nous sommes impuissants à avoir des héros et des saints que nosu avons des stars, dont les champions sportifs font partie » (Robert Redeker, philosophe, Le Figaro, 11 mars 2015).

    ...mais Alexis Vastine, finalement, fut sans doute plus un « héros » voire un saint qu'une simple vedette sportive...  

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  • Cantiques idiots [2/8]

    Le concile Vatican II [1962-1965] 

     

    Par Péroncel-Hugoz 

    TRAVAUX DIVERS - Largeur + 2.jpgNotre confrère Péroncel-Hugoz, longtemps correspondant du Monde dans l'aire arabe, a publié plusieurs essais sur l'Islam, et il travaille maintenant à Casablanca pour le 360,  l'un des principaux titres de la presse francophone en ligne au Royaume chérifien. Il tient aussi son Journal d'un royaliste français au Maroc, dont la Nouvelle Revue Universelle a déjà donné des extraits. Nous en faisons autant, depuis janvier 2016, en publiant chaque semaine, généralement le jeudi, des passages inédits de ce Journal.  LFAR    

     

    IMG - Copie.jpgMohamedia, 9 Mars 2015

    Toujours à la messe du 8 mars (voir mon précédent article du Journal), j'ai dû subir les paroles stupides d'un de ces cantiques qui ont remplacé nos beaux chants traditionnels en latin ou français d'avant le concile-dévastateur Vatican II. « Notre cité se trouve dans les cieux / Nous verrons l'Epouse de l'Agneau / Resplendissante de la gloire de Dieu / Céleste Jérusalem ! »...

    Qui est cette épouse ? L'Eglise ? On ne sait trop... Si des musulmans qui, déjà, se moquent de ces catholiques « adorant un mouton puis mangeant la chair de leur dieu » entendent parler de cette « Epouse de l'Agneau », ils seront renforcés dans leur idée baroque du christianisme...  

    Retrouvez l'ensemble des textes parus depuis le 14 janvier 2016 en cliquant sur le lien suivant : Journal d'un royaliste français au Maroc.

  • IIIème dimanche de Carême [1/8]

    Ancien chef d'Etat africain et académicien français, Léopold Senghor

     

    Par Péroncel-Hugoz 

    TRAVAUX DIVERS - Largeur + 2.jpgNotre confrère Péroncel-Hugoz, longtemps correspondant du Monde dans l'aire arabe, a publié plusieurs essais sur l'Islam, et il travaille maintenant à Casablanca pour le 360,  l'un des principaux titres de la presse francophone en ligne au Royaume chérifien. Il tient aussi son Journal d'un royaliste français au Maroc, dont la Nouvelle Revue Universelle a déjà donné des extraits. Nous en faisons autant, depuis janvier 2016, en publiant chaque semaine, généralement le jeudi, des passages inédits de ce Journal.  LFAR    

     

    IMG - JPEG - Copie - Copie.jpgMohamedia, 8 Mars 2015

    A la messe, en voyant toutes ces belles Négresses* qui ont abandonné leurs amples boubous pour des jeans et autres pantalons ultra-collants, je pense à ce que me disait un éditeur libano-marocain, en marge du récent Salon du livre casaoui, au sujet de ces jeunes musulmanes voilées qui tortillent du popotin : Dans les deux cas, les hommes normaux sont provoqués par ces appâts plus que moulés... Et après ces femmes se plaignent de « harcèlement sexuel ... » Ironie de l'affaire, le même éditeur choqué vient de publier un essai sur ou plutôt contre ledit harcèlement...

    A la même messe, je note les tenues débraillées des paroissiennes européennes bon chic bon genre : elles viennent à l'office dans des pantalons de maison, pas collants, eux, mais flasques, froissés, et portés avec des chaussures de sport type baskets...

    Finalement, à tout prendre, esthétiquement et moralement, je préfère et de loin tchadors, jilbabs et autres voiles islamiques, jamais laids, jamais provocants, toujours décents.  

    * Note de 2016 : j'emploie toujours dans mes écrits « le beau mot de Nègre » (et ses dérivés), selon l'expression du Sénégalais Léopold Senghor, l'un des pères de la Négritude littéraire ; « beau mot » qu'utilisèrent aussi Camus ou Sartre. Ancien chef d'Etat africain et académicien français, Senghor non seulement m'encouragea par lettre à résister au « vocabulairement correct » mais encore, non sans malice, il me confia avoir forgé le néologisme « Nègrerie », pour désigner un lieu habité par des gens venus d'Afrique noire, comme on dit de longue date « juiverie » ou « morerie ».

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  • DAMAS A LA BELLE EPOQUE par Péroncel-Hugoz (Suite de la semaine passée) 

    Damas en 1920 sous la neige

    Nous interrompons cette semaine pour la seconde fois le Journal du Maroc de notre ami Péroncel-Hugoz, pour laisser place à quelques-unes de ses Notes damascènes, dans lesquelles il puisa, au cours de la décennie 1980, et pour ses reportages dans Le Monde et pour son premier livre de voyages, Villes du Sud (1990).

     

    2878832644.2.jpgII. FEMMES « SERIEUSES » ET FEMMES « EVAPOREES » ...  

    ...Une chance quand même : aucun gratte-ciel ne fait, pour le moment, concurrence aux trois minarets dits de Jésus-Christ, du Sultan-Qaitbay et de la Fiancée qui signalent, de loin, la Mosquée des Omeyades. Damas à l'horizon, malgré ses agrandissements, conserve un profil homogène qui sera peut-être épargné si les « jaillissements « de béton restent cantonnés à la banlieue de Mezzé. Cela se devrait si la capitale de la République arabe de Syrie tient à rester encore un tant soit peu ce « grain de beauté sur la joue du monde » qui, à travers l'air arabe, lui vaut le doux surnom d'Ech-Cham, préféré au rauque et officiel Dimachq, dont nous avons tiré « Damas ».

    Bien que Roland Dorgelès assure y avoir atteint « l’Orient de la légende », les souks sous verrières de Damas n'ont pas l'ampleur de ceux d'Alep, mais on en prend aisément son parti en retrouvant Chez Bagdache les plus célèbres glaces à la pistache de tout le Machrek, nom arabe du Levant, ou en palpant, Chez Obeid, les nappes de coton brodées à la damascène. Plus introvertie encore que les autres capitales islamiques, Damas met ses talents au service du palais et du toucher, plaisirs domestiques. Il est symptomatique qu'en Europe elle ait donné son nom à l'étoffe la plus synonyme de confort cossu. Comme à Fez, même bourgeoisie dévote, politicienne et frondeuse, intéressée, calculatrice... « inébranlablement fidèle à ses conceptions de la vie » notent encore les frères Tharaud. Commerçante et prosaïque, mais raffinée, Damas a érigé en dogme la bonne chère et le confort, et aussi le secret de la vie privée. Eté comme hiver, les femmes-comme-il-faut ne se risquent dehors qu'en redingote et cagoules noires, celles qui affrontent la rue en cheveux ou en fichu, pourtant descendu jusqu'au sourcil et noué sur le menton, ne peuvent être que des « évaporées », ou des chrétiennes totalement inféodées aux modes étrangères...  

    Les cafés ou les veillées à domicile entre hommes furent longtemps, à Damas, le théâtre de débats politiques redoutés ou attendus dans tout le Proche-Orient car on y refaisait, au nom du sacro-saint arabisme, la carte régionale. Le Croissant fertile rêvé allait parfois du Koweït à Chypre, l'île gréco-turque comprise. La présence en chaque lieu public, chaque réunion privée un peu nombreuse, d'un espion du pouvoir étant devenu, sous le général Hafez El Assad, une donnée courante, comme dans la Roumanie des Ceaucescu.

    Les Damascènes se sont peu à peu, et non sans chagrin, résignés à ne plus refaire « le monde arabe », un mot mal compris par « qui-vous-savez » risquant de vous perdre. A en croire les organisations humanitaires occidentales, mais elles ont peut-être trop d'imagination, aucun régime de la planète n'utilise, de nos jours*, autant de modes de torture pour faire tout avouer aux suspects y inclus ce qu'ils n'ont même jamais eu l'intention d'entreprendre... Un tel climat est nécessaire, comme l'air qu'on respire, à une dictature. Aussi, autour du café ou du thé, le niveau des conversations a-t-il bien baissé. On y parle affaires ou sport, on y raconte des blagues sur le mode d'un « racisme » régional semblable à celui des Français à l'endroit des Belges et des Suisses, les Syriens de Homs faisant ici les frais de la galéjade : « Un garçon de café homsiote à qui on avait commandé deux consommations et un verre d'eau apporte le tout, plus un verre vide. - Pourquoi ce verre sans rien ? - Au cas où quelqu'un n'aurait pas envie de boire... » 

    Parfois on s'élève un peu, posant même au romantique pour évoquer cet autre roi Fayçal, mélancolique guerrier hachémite, découvert au Hedjaz par Lawrence d'Arabie pour les besoins de la révolte arabe contre les Ottomans. Ce prince prit Damas et l'aima brièvement mais fortement, entre le départ des Turcs et l'arrivée des Français, et avant d'être expédié sur le trône de la rugueuse Mésopotamie. Le Mandat français, ensuite, fut une longue bouderie nationaliste, non sans sympathies réciproques, aussi ardentes que contrariées. Puis Damas vit à travers ses moucharabiehs les chars de l'aube, monotones prémices de putschs toujours recommencés : la Syrie s'éloignait de l'Occident dans une brume de pronunciamientos. Les Damascènes s'exilèrent en foule, suivis d'autres citadins d'Alep, de Homs, de Hama, de Lattaquié : de 1956 à 1969, 57% des Syriens ayant reçu une formation supérieure ou technique s'échappèrent vers le Liban, la France ou les Amériques. En douze ans, la nation perdit 65% de ses médecins et 61% de ses ingénieurs. Aujourd'hui, le régime est toujours militaire mais il a le mérite, si l'on ose dire, de n'avoir pas changé depuis 1970.  Fin

    * C'est-à-dire vers 1985-1990. En 2017, on pourrait émettre une identique remarque, même en tenant compte d'une guerre civile entamée en 2011.

  • DAMAS A LA BELLE EPOQUE par Péroncel-Hugoz

    Damas - Le boulevard de la Victoire - vers 1920 

     

    Nous interrompons cette semaine et la semaine prochaine le Journal du Maroc de notre ami Péroncel-Hugoz, pour laisser place à quelques-unes de ses Notes damascènes, dans lesquelles il puisa, au cours de la décennie 1980, et pour ses reportages dans Le Monde et pour son premier livre de voyages, Villes du Sud (1990).

     

    Jean-Pierre_Péroncel-Hugoz_à_Salé.jpgC'était alors, en Syrie, l'époque du dictateur « Assad 1er », père d' « Assad II », son fils, toujours au pouvoir ; une époque non pas « belle » mais où le pays des Omeyades était en paix, armée certes mais en paix, où les étrangers non-musulmans pouvaient parcourir ce magnifique pays, encore plein de souvenirs français, sans risque, et où les chrétiens indigènes, sans être traités d'égal à égal avec les « vrais croyants » (mahométans bien sûr), voyaient leurs églises et leurs biens respectés en général. La minorité parachiite des noçaïris (ou alaouites) a installé en Syrie depuis près d'un demi-siècle une dictature impitoyable mais moins négative pour les non-musulmans que les régimes sunnites dictatoriaux ayant succédé au Mandat français après la Seconde Guerre mondiale. 

     
    I. DU MARBRE AU BETON... 

    Quand on entre à Damas on traverse la Ghouta, oasis sans palmiers. Des chemins s'en vont sous les poiriers et les pruniers : sur l'un d'entre eux, la conversion d'un certain Saül de Tarse changea la face du monde. En attendant de pénétrer dans la ville par « la rue qu'on appelle la droite » où Les Actes des Apôtres font résider le disciple et qui porte toujours le même nom, arrêtons-nous à Mléah, chez Maître Walid. Sa demeure est en terre brune séchée, à un seul étage. Dans le petit patio rouge et blanc des géraniums accouplés au jasmin, on s'assoit le temps de s'approvisionner en pommes confites et en amareddine, « la lune de la religion », pâte d'abricot dont on fait jusqu'au Caire, surtout pendant Ramadan, des sirops et des sorbets doux-acides dont même Bonaparte, en Orient, raffola. A Damas, émule de Sybaris, Mahomet ne voulut se transporter que par l'imagination, jugeant qu'il serait péché de « contempler le paradis sur terre » ... Préservé de tels scrupules par son agnosticisme, Ernest Renan trouva « calme et bonheur » sous les ramures damascènes. Le mont Kassioun, bloc rose et beige d'où le pouvoir a un œil sur la capitale, est aussi l'observatoire du voyageur. Alphonse de Lamartine, vêtu à l'arabe, découvrit de là, vers 1830, « le plus magnifique et le plus étrange horizon qui ait jamais étonné un regard d’homme ». Le poète fut ébloui par « les remparts de marbre jaune et noir... le labyrinthe de jardins, de vergers, de palais... les sept branches du fleuve et les ruisseaux sans nombre ». 

    Damas, simple chef-lieu ottoman sous le nom ronflant de pachalik, renfermait alors dans son « enceinte dorée » quelques 400.000 âmes. Elle en compte aujourd'hui* de un à deux millions selon que l'on consulte les registres du recensement ou ceux du ministre du Ravitaillement (il y a peut-être des resquilleurs...). La verdure de la Ghouta est partout grignotée par les constructions neuves ; l'à-pic du djebel Kassioun même n'a pas rebuté les financiers koweïtiens, qui, à coup de dynamite, y ont taillé des terrasses pour bâtir villas et cafés ; au-dessus des platanes de la route de Beyrouth montent d'amphigouriques palaces internationaux ; entre l'aérodrome militaire de Mezzé et la rotonde des Omeyades s'élève, le long d'une autoroute, la masse sarcellesque du Nouveau-Damas.

    Sans Damas

    Tolède n'eût pas été,

    Bagdad n'eût pas connu

    Les splendeurs des fils d'Abbas,

    nous rappelle Ahmed Chaouki, le Victor Hugo égyptien. Mais « la rumeur qui mène au fond de la mémoire ce nom prestigieux de Damas » ne se traduit guère pour nous aujourd'hui, comme déjà il y a trois quarts de siècle pour Jérôme et Jean Tharaud, que par « quelques mosquées, des tombeaux, deux ou trois palais bâtis dans la banalité moderne ». En proie à un charroi effrayant, le cœur de la capitale syrienne est lui-même en train de se débarrasser allègrement de ses quelques charmes. Nuit et jour, tout est chantier. Marteaux-piqueurs et boutoirs d'acier ont fait cause commune contre le profil rétro-provincial d'un centre resté marqué par la domination turque finissante et par quatre ou cinq lustres de tutelle française. Tout au plus peut-on espérer que la colonne de bronze marquant, sur la place Merjé, l'établissement du télégraphe entre Istamboul et La Mecque restera debout. Entichée de ciment armé et de macadam, la municipalité, par « modernisme », a déjà sacrifié sans remords les arbres bordant le fleuve Barada, après avoir enseveli sous le béton une partie de ce littéraire cours d’eau ; elle a pris maintenant pour cible la très démodée, quoique toujours utile, gare du Hedjaz, exemple amusant et rare de l'architecture stambouliote des derniers califes ottomans. A la suite des interventions d'intellectuels syriens éclairés, dont le scénariste et critique du Caire, Rafik Saban, les autorités de Damas ont décidé de sauver de la destruction la gare du Hedjaz.     (À suivre la semaine prochaine) 

    ∗ Vers 1985