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Journal d'un royaliste français au Maroc - Page 2

  • FEDALA - MOHAMEDIA

    L'église Saint-Jacques-de-Fédala

     

    Par Péroncel-Hugoz 

    TRAVAUX DIVERS - Largeur + 2.jpgNotre confrère Péroncel-Hugoz, longtemps correspondant du Monde dans l'aire arabe, a publié plusieurs essais sur l'Islam, et il travaille maintenant à Casablanca pour le 360,  l'un des principaux titres de la presse francophone en ligne au Royaume chérifien. Il tient aussi son Journal d'un royaliste français au Maroc, dont la Nouvelle Revue Universelle a déjà donné des extraits. Nous en faisons autant, depuis janvier 2016, en publiant chaque semaine, généralement le jeudi, des passages inédits de ce Journal.  LFAR  •  

     

    PERONCEL 4.jpgDIMANCHE 10 FEVRIER 2013 - EGLISE SAINT-JACQUES

    Plusieurs musulmans en vêtements européens ont assisté à notre messe dominicale. Je remarquai moi-même, devant mon banc, trois Marocaines dont deux, genre étudiantes ollé-ollé, priant et chantant. Au moment de la communion, deux de mes voisines se dirigent vers l'autel mais un servant de choeur africain qui, apparemment, les connaissait, va au-devant d'elles et les éconduit. Elle se retirent, rouges de confusion. Le curé, après coup, indique qu'il n'avait pas été prévenu de cette incursion. Curiosité ?  Provocation ? Conversion ? Chaque fois on se perd en conjectures car ces intrusions ne sont pas inédites, notamment à Mohamedia.

    Sous le curé précédent, (il y a environ 5 ans), une femme voilée, puis dévoilée, assista longtemps à notre office, immobile, muette, énigmatique.

    Rappelons que nous, non-musulmans, n'avons pas le droit - Allah merci pour la tranquillité des musulmans car les touristes nous envahissent - d'entrer dans les mosquées du Royaume. C'est un usage local non écrit que le maréchal Lyautey fit codifier par le sultan Youssef 1er (1912-1927) et qui est heureusement resté en vigueur sous les règnes suivants. 

    Vous pouvez retrouver l'ensemble des textes parus depuis le 14 janvier 2016 en cliquant sur le lien suivant : Journal d'un royaliste français au Maroc.

  • MINUTE DE VERITE

    Le Radeau de Mahomet publié en 1983

     

    Par Péroncel-Hugoz 

    TRAVAUX DIVERS - Largeur + 2.jpgNotre confrère Péroncel-Hugoz, longtemps correspondant du Monde dans l'aire arabe, a publié plusieurs essais sur l'Islam, et il travaille maintenant à Casablanca pour le 360,  l'un des principaux titres de la presse francophone en ligne au Royaume chérifien. Il tient aussi son Journal d'un royaliste français au Maroc, dont la Nouvelle Revue Universelle a déjà donné des extraits. Nous en faisons autant, depuis janvier 2016, en publiant chaque semaine, généralement le jeudi, des passages inédits de ce Journal.  LFAR  •  

     

    ph - Copie 3.jpgRABAT, MARDI 5 FEVRIER 2013

    Je mets pour la première fois les pieds au Centre français Jacques Bergue à Rabat, un des instruments de notre science orientaliste moderne. D'habitude, j'évite, car j'y suis mal vu : mon royalisme, mon Radeau de Mahomet* me font comme une auréole de souffre parmi tous ces gauchards ultra-politiquement corrects... mais cette fois j'accompagne un vieil ami marocain, un confrère, Abdelkader Mana, avec qui je suis en désaccord sur presque tout mais dont j'apprécie le travail de Téléaste culturel sur son pays ainsi que la francophilie. Il parle ce soir de son maître en anthropologie, feu Georges Lapassade (1924-2008). A un moment, Mana, l'honnête, le spontané Mana, a ce cri du coeur qui pétrifie l'assistance naturellement très « correcte » : « Lapassade a souffert d'une seule chose lors de ses enquêtes au Maroc sur les pratiques confrériques : son exclusion de tel lieu ou de telle cérémonie en tant que non-musulman » ... Et toc ! Où était donc passée la fameuse tolérance de l'Islam dont on nous rebat les oreilles, surtout lorsque, comme en ce moment, l'Islam étale justement son... « intolérance » (affaire des caricatures de Mahomet, sort des chrétiens d'Orient etc...)

    Le soir, de retour chez moi, j'écoute je ne sais quelle radio où des journalistes français parlent de notre intervention au Mali où commencent - enfin ! - à arriver des soldats africains, maintenant que le gros du travail contre les islamistes  a été sans doute accompli par l'armée française... Mais, là, la question est ailleurs : mes confrères veulent dire que les militaires tchadiens sont mieux accueillis au Mali que les militaires togolais ; ils savent que ce meilleur accueil est dû, bien sûr, à l'identité de religion entre Maliens et Tchadiens, la plupart des Togolais étant chrétiens, mais mes confrères ne l'avoueront jamais et donc ils vasouillent, ils bégaient, ils se taisent... 

    * Essai sur l'islamisme politique publié en 1983

  • DEMOCRATES SANS MEMOIRE...

     Tunisie : manifestation islamiste contre l'éviction de Morsi en Egypte

     

    Par Péroncel-Hugoz 

    TRAVAUX DIVERS - Largeur + 2.jpgNotre confrère Péroncel-Hugoz, longtemps correspondant du Monde dans l'aire arabe, a publié plusieurs essais sur l'Islam, et il travaille maintenant à Casablanca pour le 360,  l'un des principaux titres de la presse francophone en ligne au Royaume chérifien. Il tient aussi son Journal d'un royaliste français au Maroc, dont la Nouvelle Revue Universelle a déjà donné des extraits. Nous en faisons autant, depuis janvier 2016, en publiant chaque semaine, généralement le jeudi, des passages inédits de ce Journal.  LFAR  •  

     

    peroncel1.jpgFEVRIER 2013

    Les gouvernements islamistes du Caire et Tunis ont été régulièrement, démocratiquement élus sous les applaudissements des démocrates des deux rives du Mare Nostrum. Maintenant que ces gouvernements mènent une politique... islamiste, ce qui est bien normal puisque ce courant a gagné la majorité électorale, eh ! bien c'est oublié des journalistes, des politiciens des deux rives opposés aux islamistes. Du coup, ils crient à la « dictature » et manifestent... Mémoire courte ! C'est comme en France, quand les ouvriers ne votent plus comme le veulent les intellos parisiens, eh ! bien ceux-ci condamnent ces électeurs indociles au statut infamant de « populistes » ... Ceux qui réclament à cors et à cris la « démocratie » devraient se souvenir que ce système peut amener aussi bien Hitler que de Gaulle, et l'assumer au lieu de vouer les mal-votants aux gémonies... 

    (Peu de jours après, l'eurodéputé souverainiste Paul-Marie Coûteaux, en m'invitant sur Radio-Courtoisie pour parler de la Tunisie, me donne l'occasion de développer ce qui précède). 

  • PAUVRE FLANDRIN !

    Marcelin Flandrin (1889-1957) Maroc, c. 1930. Kasbah de Belkacem à Rissani 

    Par Péroncel-Hugoz 

    TRAVAUX DIVERS - Largeur + 2.jpgNotre confrère Péroncel-Hugoz, longtemps correspondant du Monde dans l'aire arabe, a publié plusieurs essais sur l'Islam, et il travaille maintenant à Casablanca pour le 360,  l'un des principaux titres de la presse francophone en ligne au Royaume chérifien. Il tient aussi son Journal d'un royaliste français au Maroc, dont la Nouvelle Revue Universelle a déjà donné des extraits. Nous en faisons autant, depuis janvier 2016, en publiant chaque semaine, généralement le jeudi, des passages inédits de ce Journal.  LFAR  •  

     

    IMG - JPEG - Copie.jpgCASA, FEVRIER 2013 

    J'ai collaboré, à la demande du réputé galeriste et critique d'art Aziz Daki, à la publication, par la Banque populaire marocaine, d'un gros album basé sur les photos du pied-noir Marcelin Flandrin, né à Bône et qui vécut au Maroc, semble-t-il, de 1907 à 1957. Ce véritable artiste a laissé 100.000 clichés dont 40.000 appartiennent à ladite Banque et touchent tous les aspects du Maroc protectoral, depuis le sultan jusqu'aux vagabonds via les colons. Et c'est là que le bât a blessé : il fallait éliminer ces derniers comme s'ils n'avaient pas existé. Une encyclopédie soviétique en somme dans un royaume réputé libéral... Je me suis insurgé : « Mais c'est du pur racisme ! Imaginez qu'on publie un livre illustré sur l'Andalousie musulmane en éliminant les représentations d'Arabes... Il y aurait un scandale mondial. » Eh ! bien l'exclusion des Européens du Maroc colonial ne fait aucune vague nulle part. Sur 500 photos choisies, deux seulement montrent, à Casa, des passants européens... Mais pas un agriculteur, pas un contrôleur civil, pas un officier des Affaires indigènes, ces gens auxquels Hassan II rendit pourtant hommage après l'indépendance... 

    PS de fin 2016 : Plus tard, un haut cadre de la Banque populaire me dira : « C’était un sous-fifre des archives, bêtement anti-Lyautey, qui agissait de lui-même, sans aucun ordre supérieur ». Je lui rétorquai : « Fort bien, mais le mal est fait et l'album, par ailleurs fort intéressant, répand partout l'image absolument fausse d'un Maroc des années 1920 - 1950 pratiquement sans Européens, alors qu'ils étaient un demi-million dans l'Empire chérifien... » 

  • Chef d'Etat ou midinette ?

    François Hollande et son homologue malien Dioncounda Traoré, à Tombouctou, au Mali, le 2 février 2013. (REUTERS)

     

    Par Péroncel-Hugoz 

    TRAVAUX DIVERS - Largeur + 2.jpgNotre confrère Péroncel-Hugoz, longtemps correspondant du Monde dans l'aire arabe, a publié plusieurs essais sur l'Islam, et il travaille maintenant à Casablanca pour le 360,  l'un des principaux titres de la presse francophone en ligne au Royaume chérifien. Il tient aussi son Journal d'un royaliste français au Maroc, dont la Nouvelle Revue Universelle a déjà donné des extraits. Nous en faisons autant, depuis janvier 2016, en publiant chaque semaine, généralement le jeudi, des passages inédits de ce Journal.  LFAR  •  

     

    IMG - JPEG - Copie - Copie.jpgDEBUT FEVRIER 2013

    L'armée française ayant chassé (provisoirement à mon avis) les djihadistes arabes du Mali septentrional, le président Hollande va passer quelques heures à Tombouctou et Bamako. A sa descente d'avion, avec le Chef de l'Etat malien, au commandant local des forces françaises, Hollande, tel une midinette, ne trouve rien d'autre à dire que : « Je vous ai vu à la télé !... » (Euronews, 1er février 2013, station diffusant depuis Ecully, près Lyon, en France).

    CASA, 3 FEVRIER 2013

    Dans l'hypercentre ravalé de Casa, on a aussi renouvelé des plaques de rue : celle qui portait le nom de l'affreux Aristide Briand, type même du ministre républicard mou et incapable, s'est muée en... Astride Briand... Bien fait pour lui ! 

  • JOURNAL DE TRAM A CASA

    Le Roi Mohamed VI inaugure la première ligne du tramway de Casablanca accompagné du Premier ministre français, Jean-Marc Ayrault

     

    Par Péroncel-Hugoz 

    TRAVAUX DIVERS - Largeur + 2.jpgNotre confrère Péroncel-Hugoz, longtemps correspondant du Monde dans l'aire arabe, a publié plusieurs essais sur l'Islam, et il travaille maintenant à Casablanca pour le 360,  l'un des principaux titres de la presse francophone en ligne au Royaume chérifien. Il tient aussi son Journal d'un royaliste français au Maroc, dont la Nouvelle Revue Universelle a déjà donné des extraits. Nous en faisons autant, depuis janvier 2016, en publiant chaque semaine, généralement le jeudi, des passages inédits de ce Journal.  LFAR  • 

     

    PERONCEL 3.jpgMERCREDI 30 JANVIER 2013

    La ligne unique, inaugurée par le roi en personne, va du quartier populaire de Sidi-Moumen à la plage chic d'Aïn-Diab. Une quarantaine de kilomètres à travers la mégapole avec près de cinquante stations. L'ingénierie et le matériel sont français. La main-d'oeuvre a été bien sûr marocaine, mais  aussi turque. Tout est bilingue arabe-français. Les noms des arrêts vont de la grande histoire (Ibn-Tachfine; le régent judéo-nègre Bahmed etc); les marxistes locaux (Ali Yata, Mohamed Zafzaf etc) via les noms de lieux ou d'institutions les plus communs : Anciens Abattoirs, Forces-Auxiliaires (dites Merda par les titis casaouis...).

    Le centre-ville a été en partie chaulé de frais sur le trajet du tram. La surprise la plus agréable sont les banlieues à « mauvaise réputation » (Hay-Mohamedi, Sidi-Moumen) couvertes d'immeubles neufs où j'habiterais sans rechigner, les trottoirs refaits et plus propres qu'en ville, les arbres plantés partout, les magasins pareils à ceux des autres secteurs de la ville, les gens contents se faisant photographier devant leur tram. « Fi Takadoum ! » Il y a  du progrès enfin dans Casa. On ne remarque pratiquement plus de bidonvilles tout au long du parcours mais plutôt de nouveaux bâtiments officiels de style chérifien, des postes, des dispensaires, des banques etc.

    Et des enseignes parlant à un coeur français : Versailles, Coiffure de France etc. alors que les « beaux quartiers », comme partout, font maintenant dans l'anglo-américain. A Moha ma petite gare est devenue un... Rail Center... 

  • DE LA LIBYE AU MALI, VU DU MAROC (fin)

    Jeunes Maliens se réjouissant de l'intervention française et brandissant un drapeau tricolore dans les rues de Bamako. © AFP

     

    Par Péroncel-Hugoz 

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    PERONCEL 4.jpgJANVIER 2013

    En voyant les images des Maliens brandissant des drapeaux français (suite à l'intervention française contre les islamistes armés) et même s'en faire des boubous* et criant « Vive la France ! », me reviennent à l'esprit les scènes tout à fait comparables de francophilie populaire à Benghazi, en Libye, où, à présent, on brûle nos trois couleurs, on appelle à tuer les Français, ces «chrétiens » qui se permettent de canarder des « vrais croyants » au Mali... On peut supposer que l'avenue Président Sarkozy de Benghazi a déjà été débaptisée...

    Souvent peuple varie, bien fol est qui s'y fie... pour paraphraser François 1er. 

    * Vaste robe traditionnelle au sud du Sahara

  • MOULOUD 1434

    La date de naissance du Prophète est fixée au 12 du mois de Rabi'-Al-Awwal selon le calendrier musulman. Pour l'année 2013, ce jour tombe le jeudi 24 janvier 

     

    Par Péroncel-Hugoz 

    TRAVAUX DIVERS - Largeur + 2.jpgNotre confrère Péroncel-Hugoz, longtemps correspondant du Monde dans l'aire arabe, a publié plusieurs essais sur l'Islam, et il travaille maintenant à Casablanca pour le 360l'un des principaux titres de la presse francophone en ligne au Royaume chérifien. Il tient aussi son Journal d'un royaliste français au Maroc, dont la Nouvelle Revue Universelle a déjà donné des extraits. Nous en faisons autant, depuis janvier 2016, en publiant chaque semaine, généralement le jeudi, des passages inédits de ce Journal.  LFAR  •

     

    ph - Copie (2).jpg(FIN JANVIER 2013)

    C'est la Noël musulmane, la célébration de la nativité de Mahomet, mais dans les pays gouvernés par des Chérifs, comme la Jordanie, le Maroc ou Brunei, c'est aussi la fête du fondateur de l'unité nationale.

    Ici le roi préside une veillée coranique dans une mosquée de sa capitale et ses sujets prient, se reposent, se réunissent, mais en principe sans alcool, denrée dont la vente est interdite ces jours-ci à travers tout le Royaume mais reprendra après le Mouloud.

    A la veille de cette fête, je vais chez une infirmière, femme voilée, d'un certain âge, afin qu'elle me refasse un pansement pour mon doigt blessé. Comme je m'apprête, en la quittant, à lui souhaiter un bon Mouloud, elle m'interrompt et me dit : « Souhaite-moi un bon mokabala (partie de foot) pour ce  soir » ... L'équipe marocaine de ballon est en effet en lice ce jour-là en Afrique du Sud pour la Coupe africaine... 

  • ECHOS DU MALI

    Le roi Mohammed VI accueilli par le président IBK à son arrivée au Mali, le 18 février 2014
    © REUTERS/Joe Penney
     

    Par Péroncel-Hugoz 

    TRAVAUX DIVERS - Largeur + 2.jpgNotre confrère Péroncel-Hugoz, longtemps correspondant du Monde dans l'aire arabe, a publié plusieurs essais sur l'Islam, et il travaille maintenant à Casablanca pour le 360l'un des principaux titres de la presse francophone en ligne au Royaume chérifien. Il tient aussi son Journal d'un royaliste français au Maroc, dont la Nouvelle Revue Universelle a déjà donné des extraits. Nous en faisons autant, depuis janvier 2016, en publiant chaque semaine, généralement le jeudi, des passages inédits de ce Journal.  LFAR  •

     

    peroncel1.jpgJANVIER 2013

    Interrogations musulmanes au Maroc, après que le président Hollande n'a pas craint de lancer une expédition anachronique pour contrer les djihadistes au Mali :

    1. Les Chrétiens veulent-ils empêcher l'application de la charia au Mali ?

    2. Pourquoi alors combattre les djihadistes au Mali alors que Paris les aide en Syrie et y souhaite leur victoire ?

    3. La France a perdu pour rien 90 soldats en Afghanistan, où son armée se trouve encore. Ne risque-t-elle pas de subir de nouvelles pertes humaines au Mali ?*

    4. Comment se fait-il que Bernard-Henry Lévy, idéologue de l'intervention sarkozyste armée en Libye, n'ait encore rien dit à propos de l'intervention hollandiste au Mali ?

    * A la date de fin 2016, huit soldats français sont déjà tombés au Mali... Pour rien ? 

  • Journal d'un royaliste français au Maroc ...

     L'auteur en 2004

     

    Par Péroncel-Hugoz

    TRAVAUX DIVERS - Largeur + 2.jpgNotre confrère Péroncel-Hugoz, longtemps correspondant du Monde dans l'aire arabe, a publié plusieurs essais sur l'Islam, et il travaille maintenant à Casablanca pour le 360l'un des principaux titres de la presse francophone en ligne au Royaume chérifien. Il tient aussi son Journal d'un royaliste français au Maroc, dont la Nouvelle Revue Universelle a déjà donné des extraits. Nous en faisons autant, depuis janvier 2016, en publiant chaque semaine, généralement le jeudi, des passages inédits de ce Journal.  LFAR  •

     

    Nous vous proposons aujourd'hui de retrouver l'ensemble des textes parus depuis le 14 janvier 2016 en cliquant sur le lien ci-dessous.  

     

    Journal d'un royaliste français au Maroc

     

    Prochaine chronique : jeudi 8 décembre 2016.

  • MORT D'UN CHEIKH AMBITIEUX 

     Le cheikh Abdesselam Yacine

     

    Par Péroncel-Hugoz

    TRAVAUX DIVERS - Largeur + 2.jpgNotre confrère Péroncel-Hugoz, longtemps correspondant du Monde dans l'aire arabe, a publié plusieurs essais sur l'Islam, et il travaille maintenant à Casablanca pour le 360l'un des principaux titres de la presse francophone en ligne au Royaume chérifien. Il tient aussi son Journal d'un royaliste français au Maroc, dont la Nouvelle Revue Universelle a déjà donné des extraits. Nous en faisons autant, depuis janvier 2016, en publiant chaque semaine, généralement le jeudi, des passages inédits de ce Journal.  LFAR  •

     

    IMG - JPEG - Copie.jpgJEUDI 13 DECEMBRE 2012, RABAT

    Le Net nous apprend que le cheikh Abdesselam Yacine est décédé ce jour à Rabat. Il avait fondé en 1973 le mouvement islamique, politique et social, Adl Wa Ihsane, Justice et Bienfaisance. Il se disait Idrisside, descendant donc de la première dynastie chérifienne, qui fonda le Maroc musulman étatique et dynastique, autour de l'an 800. Les deux premiers Idrssides, Idriss 1er et Idriss II sont devenus les saints protecteurs du Maroc, à Moulay-Idriss et à Fez.

    Le défunt se disait « républicain » (c'est surtout sa vibrionnante fille Nadia qui est anti-monarchique) mais en même temps il rêvait d'être le calife du Maroc voire de l'Islam sunnite entier... Il contestait aux Alaouites la commanderie des croyants et dans sa lettre ouverte à Hassan II, « L'Islam ou le Déluge » (1974), il disait parler d'égal à égal, si ce n'est de supérieur à subordonné, au père de Mohammed VI, qui le fit un temps enfermer comme détraqué.

    Néanmoins il avait des partisans qui, en 2011, participèrent durant quelques mois aux manifs gauchardes des villes marocaines. Le Palais les court-circuita avec ses réformes, appuyé sur la robuste et durable popularité du monarque actuel. Lequel fit remettre le cheikh en liberté en 2000, sans reconnaître son mouvement, mais en le tolérant assez largement...

    Les réactions marocaines francophones, en majorité, sont plutôt hostiles à Cheikh Yacine, du type : « Ne comptez pas sur moi pour sangloter ! ». 

    Si Justice et Bienfaisance ne trouve pas de nouveau chef charismatique (Lalla Nadia ferait peut-être l'affaire, comme Marine succédant à Le Pen ?) ce sera peut-être tout bénéfice pour Justice et Développement, le parti islamique au pouvoir à Rabat depuis 2011, avec la bénédiction royale, et auquel le « yacinisme » pouvait porter ombrage*.

    Deux choses importantes mais peu connues sur Cheikh Yacine : il fut, de profession, inspecteur de français ; il fut formé - d'abord, religieusement, par les fameuses confréries de Boutchiches, à présent très en vogue et très royalistes... 

    * Note de 2016 : Finalement, Nadia a été écartée et Yacine a été remplacé par un autre vieux cheikh, qui ne fait guère parler de lui. 

  • UNE LECON MAROCAINE DE ROYALISME AUX FRANCAIS

    Déferlement de drapeaux chérifiens rouge coquelicot 

     

    Par Péroncel-Hugoz

    TRAVAUX DIVERS - Largeur + 2.jpgNotre confrère Péroncel-Hugoz, longtemps correspondant du Monde dans l'aire arabe, a publié plusieurs essais sur l'Islam, et il travaille maintenant à Casablanca pour le 360l'un des principaux titres de la presse francophone en ligne au Royaume chérifien. Il tient aussi son Journal d'un royaliste français au Maroc, dont la Nouvelle Revue Universelle a déjà donné des extraits. Nous en faisons autant, depuis janvier 2016, en publiant chaque semaine, généralement le jeudi, des passages inédits de ce Journal.  LFAR  •

     

    IMG - JPEG - Copie - Copie.jpgRABAT, 12 DECEMBRE 2012  

    Habituellement les hommes politiques ne traitent pas des affaires nationales devant des hôtes officiels étrangers. Le chef du gouvernement marocain, Si Abdelillah, l'a fait, jeudi 12 décembre à Rabat, en présence de son collègue français, Jean-Marc Ayrault, car il s'agissait du retrait d'accréditation à un journaliste de l'Agence France-Presse en poste au Maroc. Ce confrère aurait parlé du parti Authenticité et Modernité comme « proche du Palais » et donc du roi. 

    Devant le républicain laïcard bête et même pas méchant Ayrault, Abdelillah Benkirane a martelé : « Il faut que les Français sachent ceci : au Maroc, nous avons des choses sacrées. Dans notre Constitution, Sa Majesté le roi, de son plein gré, a éliminé l'article parlant de sa « sacralité » mais les Marocains aiment beaucoup le roi, le respectent beaucoup et n'aiment pas que son nom soit mêlé à n'importe quoi ! » 

    Et il a poursuivi devant la délégation française qui prenait là une bonne leçon pour notre pays où, à part le « politiquement correct » importé des Etats-Unis d'Amérique, plus rien n'est ni sacré ni respecté : « Nous n'aimons pas entendre parler d'un « parti du roi » parce qu'il n'y a pas de « parti du roi ». Le « parti du roi » c'est le Maroc et les Marocains ! »* 

    Bien envoyée, cette jolie leçon de royauté arbitrale, au-dessus des partis par définition, leçon administrée à un régime, en France, où le chef de l'Etat républicain est, par définition, juge et parti (ou partie)...   

    * Note de 2016 : le parti d'Abdelillah Benkirane ayant derechef remporté les élections législatives, le roi l'a reconduit dans ses fonctions de président du gouvernement marocain.

    Retrouvez l'intégralité de ce journal (extraits parus) dans Lafautearousseau ...

    Journal d'un royaliste français au Maroc

  • Blanc et noir sur fond coquelicot 

    Déferlement de drapeaux chérifiens rouge coquelicot 

     

    Par Péroncel-Hugoz

    TRAVAUX DIVERS - Largeur + 2.jpgNotre confrère Peroncel-Hugoz, longtemps correspondant du Monde dans l'aire arabe, a publié plusieurs essais sur l'Islam, et il travaille maintenant à Casablanca pour le 360l'un des principaux titres de la presse francophone en ligne au Royaume chérifien. Il tient aussi son Journal d'un royaliste français au Maroc, dont la Nouvelle Revue Universelle a déjà donné des extraits. Nous en faisons autant, depuis janvier 2016, en publiant chaque semaine, généralement le jeudi, des passages inédits de ce Journal.  LFAR  •  

     

    1580318363.2.jpgCHOSES VECUES, RABAT, MAI 2008 

    Ayant reçu un carton de presse venant de la Fédération royale marocaine des sports pour l'ouverture du championnat mondial de lutte libre (tous les coups sont permis mais c'est à 80% de la frime...), au Stade marocain (fondé en 1919) de Rabat, je m'y rends surtout pour voir sportifs et spectateurs, tous debout, chantant à pleins poumons, en arabe, l'hymne royal : Dieu, la Patrie, le Roi. Tout ça dans un déferlement inouï de drapeaux chérifiens rouge coquelicot et de tambours populaires amenés par l'assistance pour chauffer encore un peu plus l'atmosphère.

    Commence alors le défilé des délégations, Turquie en tête, hégémonie lutteuse oblige, chaque groupe de sportifs arborant des survètos aux couleurs rappelant leur pays : orange pour la Hollande, vert et blanc pour l'Arabie-Séoudite, blanc et violet pour le Qatar etc... Arrive le tour de la France : d'abord aucun indigène de l'Hexagone parmi nos lutteurs, seulement des Africains, des Turcs, des Arabes... Et tous en survètos noir et blanc ! Nos couleurs ont-elles changé, sont-elles devenues comme les non-couleurs de la Bretagne ou de Lisbonne ? Non, c'est une image de plus de la « culture de mort » dénoncée par Jean-Paul II, symbolisée par le noir de deuil des tenues féminines, des devantures de restaurant ou de boulangeries (ne parlons pas des cabarets, noirs même à l'intérieur), des draps noirs, des assiettes noires, des layettes noires et j'en passe...

    Au passage de la délégation « française », j'ai honte devant les deux confrères marocains avec lesquels je suis venu, eux si fièrement nationalistes et qui vont huer les lutteurs thaïs ou japonais, même quand ils sont manifestement supérieurs aux lutteurs marocains. Je ne regrette quand même pas d'être venu car, au moins durant l'hymne royal, j'aurai eu un excellent moment, j'aurai « compensé ». Lyautey, jadis, faisait pareil ici, en transférant son royalisme français sur le service de la Couronne alaouite. Et le maréchal-résident avait même la délectation, en tenant l'étrier du sultan Moulay Youssef, qui aurait pu être son fils, de faire enrager à Paris les républicains type Herriot, Daladier ou Briand dont la seule évocation me donne la nausée...

    Le résultat de leur « oeuvre », c'est une France qui n'a même plus assez de sportifs autochtones, une France en train de disparaître...  

  • FRANCO ET LES ARABES

    Hassan II et le général Franco dans les années 60 

     

    Par Péroncel-Hugoz

    TRAVAUX DIVERS - Largeur + 2.jpgNotre confrère Peroncel-Hugoz, longtemps correspondant du Monde dans l'aire arabe, a publié plusieurs essais sur l'Islam, et il travaille maintenant à Casablanca pour le 360l'un des principaux titres de la presse francophone en ligne au Royaume chérifien. Il tient aussi son Journal d'un royaliste français au Maroc, dont la Nouvelle Revue Universelle a déjà donné des extraits. Nous en faisons autant, depuis janvier 2016, en publiant chaque semaine, généralement le jeudi, des passages inédits de ce Journal.  LFAR  • 

     

    3960562315.3.jpgLAAYOUN (SAHARA MAROCAIN), 6-8 MARS 2010

    Rencontres avec les notabilités locales : gouverneur, maire, élus divers, membres du Conseil royal sur le Sahara, chefs de tribus etc... plus quelques ambassadeurs étrangers en déplacement dans la province sud contestée du Royaume chérifien (Croatie, Corée du Sud, Gambie, Centrafrique, Congo-Brazza, Azerbaïdjan, Bruneï etc...). Chacun presque y va de son couplet anti-Franco, lequel, effectivement résista un peu à la décolonisation du Sahara atlantique. Ce n'est quand même pas l'essentiel qu'on devrait retenir du Caudillo quand on est arabe et musulman. Finalement, lassé de ces attaques contre un défunt qui a sauvé l'Ibérie du communisme et qui a restauré la royauté à Madrid, entre autres bienfaits, je fais une sortie à ma manière : « N'oubliez jamais, Ya Sida*, que Franco prit le pouvoir avec des Marocains et fit toute sa vie confiance à une garde composée de Marocains. Que Franco manifesta sa sympathie aux Arabes, à l'Islam en se refusant toujours à reconnaître l'Etat d'Israël. » Chacun se regarde, certains opinent, aucun ne me contredit. Je suis tenté d'ajouter : « Souvenez-vous aussi que de Gaulle, autre allié des Arabes, voulut, avant de mourir, après  sa démission, en 1969, connaître Franco et qu'une fois face au Caudillo il lui dit, solennellement : "Finalement, vous avez été positif pour l'Espagne. Vous lui avez évité de sombrer dans le communisme." » Last not least, Franco évita aux Espagnols d'être emportés dans la mortelle tourmente de la Seconde Guerre mondiale ... Et il fit de la misérable et détruite Espagne la dixième puissance économique mondiale !  

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  • Saïgon 1950 ...

    Saïgon à l'époque française 

     

    Par Péroncel-Hugoz

    TRAVAUX DIVERS - Largeur + 2.jpgNotre confrère Peroncel-Hugoz, longtemps correspondant du Monde dans l'aire arabe, a publié plusieurs essais sur l'Islam, et il travaille maintenant à Casablanca pour le 360l'un des principaux titres de la presse francophone en ligne au Royaume chérifien. Il tient aussi son Journal d'un royaliste français au Maroc, dont la Nouvelle Revue Universelle a déjà donné des extraits. Nous en faisons autant, depuis janvier 2016, en publiant chaque semaine, généralement le jeudi, des passages inédits de ce Journal.  LFAR  • 

     

    ph - Copie (2).jpgSAIGON 1950 CONSIDERE DEPUIS CASABLANCA

    Un lecteur fidèle, et qui connaît mes goûts, m'envoie de la documentation sur l'expo du Havre consacrée à Roger Chapelet (1903-1995), ce peintre de marine voyageur qui retranscrit le monde vu du large, de Gibraltar aux glaces nordiques, du Maroc à Saïgon. Saïgon 1950, avec ses gros bateaux blancs et ses frêles jonques noires, sur le Mékong, au bas même de la capitale de Cochinchine. 1950, c'était le début de la fin, avec encore des raisons d'espérer de pouvoir garder un pied français dans ce qui fut l'un de nos paradis coloniaux, avec ces femmes indigènes à la grâce si légère et qui aimèrent tant nos soldats, nos colons et nos fonctionnaires en tenue de toile claire...

    Ce Chapelet, au nom sans doute un tantinet ridicule à notre époque moqueuse à l'endroit de ce qui évoque notre religion, est un peu le pendant pictural des Brauquier ou Dekobra des années Art déco.

    Pour ma part, je ne vis vraiment Saïgon que vers 2000, moment bête et frustrant où l'ancien empire de Bao-Daï réussissait à marier la stérilité communiste à la vulgarité libre-échangiste, où « Vietnam » était le nouveau nom des trois « Ky » : la colonie de Cochinchine et le protectorat d'Annam et Tonkin; où Saïgon était affublée du nom d'un fauteur de guerre, Ho-Chi-Minh, nom que l'usage populaire refuse toujours, paraît-il, à l'heure où j'écris ces lignes* et où Saïgon recevait le ministre français de la Francophonie, Catherine Tasca (une fille de vichyste, venue par expiation au socialisme mitterrandien et qui avait honte de sa fonction, connotée « colonialiste »...), pour amadouer la France et sa force industrielle car, à la langue de de Gaulle elle préférait depuis un bail déjà le baragouin des Amerlocks ...

    Eh bien, un demi-siècle après son passage à Saïgon, Chapelet n'y aurait pas été dépaysé : mêmes longs bateaux blancs, mêmes lestes jonques, même va-et-vient d'embarcations donnant le tournis sur ce large morceau de fleuve qui tient lieu de port à la ville cochinchinoise. Je ne sais plus quel vice-ministre ou conseiller diplomatique m'invite comme envoyé du Monde à dîner sur un énorme restaurant flottant : cuisine chinoise, service à la russe et, afin de me « faire plaisir » le directeur de l'établissement vient en personne me dire : « Maintenant un peu de musique française... » Et éclate alors, dans la tiède nuit saïgonaise où j'espérais oublier un moment et la France déchirée actuelle et l'Indochine actuelle en train d'être avalée par l'ogre Marx, l'affreuse rengaine en français ou plutôt en francarabe, « Didi », du grimaçant chanteur algérien planqué en France (pléonasme) Khaled...

    Bref, à Saïgon-Ho-Chi-Minh-Ville, je bus le calice jusqu'à la lie... 

    * Texte écrit en deux temps