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Laideur de la peinture dite moderne, beauté de la peinture classique, par Gilles Lenormand.

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Autoportrait

 

Madame Cavé, née Marie-Élisabeth Blavot à Paris entre 1806 et 1810 et morte à Neuilly-sur-Seine le , fut à la fois artiste peintre et enseignante de dessin.

Elle épousa son cousin le peintre Clément Boulanger, puis le directeur des arts Edmond Cavé, dont elle resta veuve.

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Louis XIII vainqueur d'un tournoi au Louvre

 

Connue pendant la Monarchie de Juillet comme Madame Cavé à cause des fonctions officielles de son mari, elle entretenait de bons rapports tant avec les néoclassiques admirateurs d'Ingres qu'avec les romantiques qui se reconnaissaient en Eugène Delacroix, dont elle était amie. Après son veuvage, elle enseigna le dessin aux jeunes filles et publia sous le second Empire deux plaquettes didactiques sur le dessin et la couleur, et, plus tard, des réflexions sur la conduite et la place des femmes dans la société.

Fille de rentiers, Marie-Élisabeth Blavot naît en 1806, 1809 ou 1810, dans une famille apparentée au général Leclerc, époux de Pauline Bonaparte. Élevée dans une pension de jeunes filles, elle apprend le dessin et l'aquarelle avec Camille Roqueplan, puis la peinture de genre avec Clément Boulanger, un élève d'Ingres, dont le maître fera son portrait vers 1830. Elle épousera Clément Boulanger, en 1831 après avoir eu de lui un fils, Albert, né à Rome en 1830. Dans sa jeunesse, elle se fait aussi appeler Marie Monchablon, du nom de sa mère.

Se gouvernant avec prudence, sachant être belle et charmante, elle mène cependant une vie assez indépendante, avec une carrière de peintre ininterrompue jusqu'en 1855. À partir de 1836, elle donne des cours de dessin et de peinture dans une école de jeunes filles.

En 1833, elle rencontre Eugène Delacroix à un bal. Il lui offre en 1837 un petit tableau, Charles Quint au monastère de Yuste (18 × 26 cm). Ils voyagent en Flandre en 1839. Ils resteront proches jusqu'à la mort du peintre.

Après la mort de Clément Boulanger, à Magnésie en Turquie où il avait obtenu un poste d'artiste au service de la mission archéologique dirigée par Charles Texier, le , elle se remarie à Edmond Cavé, son aîné d'une dizaine d'années, en 1843. Elle publie en 1850 sa méthode d'apprentissage du dessin, Le dessin sans maître, et ouvre son propre cours de dessin la même année.

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Les Derniers Moments

 

Veuve en 1852, elle poursuit son activité d'enseignement et ses publications, atteignant une certaine notoriété sous le nom de Madame Cavé, et obtenant plusieurs commandes officielles pour des peintures d'église.

Bien que la position de son mari, directeur des beaux-arts au Ministère de l'Intérieur de 1843 à 1848, ait certainement été utile à sa carrière artistique, on ne peut, comme le font certains auteurs, attribuer à celui-ci une influence déterminante. Marie-Élisabeth Blavot est présente au Salon et appréciée par la critique avant son mariage à Cavé, et sa carrière, ainsi que les commandes officielles, se poursuivent après que la révolution de 1848 a coûté à son mari son poste, et après la mort de celui-ci. D'autres auteurs attribuent la notoriété de Madame Cavé à ses relations intimes avec Delacroix ; on peut leur faire la même objection. Marie-Élisabeth Blavot, puis Boulanger, puis Cavé, fut en relation avec le milieu artistique de son époque, et capable de comprendre en artiste les propos des artistes ses contemporains.

En peinture, elle paraît plusieurs fois au Salon, avec une critique assez favorable, qui la loue de ne pas être sortie de son rôle et de son talent de femme. Elle-même écrira dans son Le dessin sans maître de 1850 : « car trop souvent des idées de grande peinture, de peinture d'histoire, comme on dit de nos jours, viennent troubler [l'esprit des jeunes filles]. L'ambition d'égaler les hommes, de rivaliser avec eux, les perd. ». En 1847, elle présente des tableaux montrant des enfants ; « sa touche est légère et sa couleur lumineuse : elle aime les belles étoffes chatoyantes et les ajustements coquets, et le luxe des parures des anciennes cours ».

En 1863, elle expose des « aquarelles vigoureuses, hautes en couleur et d'une énergie toute masculine » à l'exposition permanente organisée à partir de cette année.

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La Conversation auprès du lit

 

En pédagogie, elle écrit d'abord un ouvrage d'enseignement artistique, Le dessin sans maître (1850), qui expose la Méthode Cavé, qu'elle dit avoir mis au point dans son enseignement depuis 1847. Il s'agit d'exercer la mémoire visuelle, aptitude de base pour le dessin. Eugène Delacroix écrit une critique favorable dans la Revue des Deux Mondes de . La méthode sera examinée favorablement par une commission en 1850, ainsi que la méthode Lecoq, inspirée par le même concept. Le ministère de l'Instruction publique mit la méthode Cavé à l'essai dans les écoles normales primaires de Caen et de Douai en 1862, et, plus tard la même année, à celle de Chartres, avec des résultats jugés assez satisfaisants pour en recommander l'adoption dans les autres écoles normales. Les arguments des rapporteurs en faveur de l'enseignement du dessin n'empêchèrent pas que celui-ci fût considéré comme un art d'agrément, plutôt que comme une capacité industrielle ; il est impossible de dire jusqu'à quel point l'une et l'autre des méthodes furent appliquées, sinon par leurs inventeurs.

Madame Cavé, ainsi qu'elle était connue à cette époque, écrit ensuite L'aquarelle sans maître, où elle traite de la couleur. Ces deux petits livres mêlent une méthode d'apprentissage, des conseils pratiques, des réflexions d'ordre théorique sur l'art et les métiers artistiques, et des moralités sur la place des femmes dans la société. Les ouvrages qu'elle publie ensuite ne contiendront plus que des considérations morales. Madame veuve Cavé est une catholique de plus en plus fervente, en quoi elle diffère peu de ses contemporains de la génération née sous l'Empire.

Passé la soixantaine, veuve, toujours connue comme Madame Cavé, elle semble avoir abandonné la peinture. Elle fonde en 1866 une société dont le but est de permettre aux femmes tombées dans la pauvreté et qui « ne sont pas habituées à la misère » de vivre de leur travail, la « Corporation des abeilles ». Elles pouvaient y apporter des « ouvrages de dame » vendues ensuite à des personnes de la société

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La bataille d'Ivry

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