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Laideur de la peinture dite moderne, beauté de la peinture classique, par Gilles Lenormand.

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Les Grandes marguerites

 

Séraphine Louis dite Séraphine de Senlis, née à Arsy (Oise) le et morte le à Villers-sous-Erquery (Oise), est une artiste peintre dont l'œuvre est rattachée à l'art naïf.

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L'Arbre de vie

 

Séraphine Louis est née à Arsy, petite commune de l'Oise, près de Compiègne, le . Son père était manouvrier et sa mère venait d'une famille de paysans. Elle perd sa mère le jour de son premier anniversaire, et son père, remarié, meurt alors qu'elle n'a pas tout à fait sept ans; elle est alors recueillie par sa sœur aînée.

Très jeune, Séraphine Louis travaille comme bergère, puis, à partir de 1881, en tant que domestique chez les sœurs de la Providence à Clermont (Oise). En 1901, elle commence à travailler comme femme de ménage dans des familles bourgeoises de Senlis.

Tout en travaillant, Séraphine se met à peindre à la bougie dans un grand isolement et une certaine pauvreté et se lance, petit à petit, dans l'établissement d'une œuvre considérable.

Autodidacte, elle s'inspire d’images pieuses de tradition catholique. Ses motifs décoratifs répétés, ses tableaux gorgés de lumière et de couleurs, sont parfois interprétés comme le reflet de son état psychique (« extase »).

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Les Grappes de raisins

 

Installé à Senlis depuis 1912, le collectionneur d'art allemand Wilhelm Uhde, découvre les peintures de Séraphine Louis lors d'une visite qu'il rend à des connaissances. Il apporte son soutien à cette femme d'humble condition. Cependant, il est obligé de quitter la France en quand éclate la grande guerre. Il ne reprend contact avec Séraphine Louis qu'en 1927, à l'occasion d'une exposition locale à Senlis. Son soutien permet à Séraphine Louis de peindre des toiles de deux mètres de hauteur. En 1929, Uhde organise une exposition Les peintres du Cœur sacré qui permet à Séraphine Louis d'accéder à une certaine notoriété (Le monde la surnomme Séraphine de Senlis) à une certaine prospérité financière qu'elle ne sait gérer et dilapide au fur et à mesure. 

 

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Bouquet de fleurs d'été

 

À partir de 1930, la Grande Dépression éloigne les acheteurs d'œuvres d'art et ne permet plus à Wilhelm Uhde d'acheter ses peintures à Séraphine Louis ce qui la perturbe gravement. Elle sombre alors dans la folie, et on l'interne pour « psychose chronique » le à l' hôpital psychiatrique de Clermont. Elle refuse d'y pratiquer son art.

Ses œuvres sont pourtant exposées par le collectionneur Wilhelm Uhde : en 1932, à l'exposition Les Primitifs modernes à Paris ; en 1937-1938, à l'exposition Les Maîtres populaires de la réalité, à Paris, Zürich, New York ( MoMA ) ; en 1942, à l'exposition Les Primitifs du XXe siècle à Paris ; en 1945, à l'exposition personnelle de Séraphine de Senlis à Paris.

Comme Camille Claudel, sa contemporaine exacte, Séraphine Louis meurt de faim dans un hôpital psychiatrique. Atteinte d'un cancer du sein et dans la misère la plus totale, elle s'éteint le dans l'annexe de l'hôpital à Villers-sous-Erquery, dans les dures conditions des asiles sous l' Occupation allemande et dans l'indifférence générale. Son dossier médical conservé à l'hôpital de Senlis porte la mention « cueille de l'herbe pour manger la nuit ; mange des détritus ».

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Fleurs et fruits

 

Séraphine de Senlis est enterrée dans une fosse anonyme du carré des indigents au cimetière de Clermont. Elle avait pourtant exprimé, dans ses dernières volontés, le souhait de voir graver sur sa tombe cette mention : « Ici repose Séraphine Louis, sans rivale, et attendant la résurrection bienheureuse ».

Le musée Maillol à Paris, le musée d'Art et d'Archéologie de Senlis, le musée d'art naïf de Nice, le musée du Vieux-Château de Laval, le LaM à Villeneuve-d'Ascq conservent plusieurs de ses œuvres. En Allemagne, le musée Charlotte-Zander de Bönnigheim possède une vaste collection de ses œuvres.

La vie et l'œuvre de Séraphine de Senlis ont fait l'objet d'un film franco - belge de Martin Provost, Séraphine, sorti en 2008, avec l'actrice belge Yolande Moreau dans le rôle de l'artiste. Très proche de la réalité et conforme aux biographies de la peintre (ce qui a valu au producteur du film et au scénariste une condamnation pour plagiat du livre de Vircondelet), ce film contribua un peu plus à sa notoriété.

Séraphine de Senlis préparait elle-même ses couleurs de façon rudimentaire, mais soignée. Elle n'en a jamais véritablement dévoilé la composition mais, suite à une expertise des toiles, il a été établi qu'elle avait recours à de la peinture Ripolin qu'elle mélangeait à d'autres produits (thèse reprise dans le film). Plus tard, un peu plus riche, grâce à l'aide de Wilhelm Uhde, elle a utilisé du vernis. Fait remarquable, ses pigments posent assez peu de problèmes de conservation. Ses peintures ont un aspect mat, presque ciré. Parfois, la signature est gravée au couteau, révélant une sous-couche de couleur contrastée. Il semble qu'elle ait signé ses peintures avant de les peindre.

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L'Arbre de Paradis

 

Ses tableaux comportent presque tous, dans le quart inférieur, une zone qui semble représenter un autre ordre que le reste de l'image : les fruits et les fleurs continuent à s'épanouir dans cette région mais d'autres éléments, des herbes ou des feuilles plus sombres, invitent à interpréter cet espace comme une sorte de souterrain inconscient où tout s'enracine. Ce principe de composition se retrouve dans de nombreuses œuvres.

Le besoin irrépressible de création fait de Séraphine de Senlis, pour reprendre les termes du conservateur du musée Maillol, Bertrand Lorquin, une artiste dévorée par « cette fameuse nécessité intérieure dont parlait Kandinsky ». Toutefois, il semble que la fonction subjective de sa peinture ait été incompatible avec la notoriété en raison de sa culpabilité mélancolique, de sorte qu'elle fut déstabilisée par sa réussite, s'empressant de dilapider ses gains.

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Bouquet de fleurs

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