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Laideur de la peinture dite moderne, beauté de la peinture classique, par Gilles Lenormand.

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Rencontre de Prince Albert d'Angleterre avec l'Empereur Napoléon III sur les hauts de Boulogne

 

A F de Prades (nom d'artiste d’Alfred Frank de Prades), né le 24 mars 1825 et mort le 7 juillet 1885, est un peintre français établi en Grande-Bretagne...

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Le 79e Régiment à pied écossais posté au Camp de Chobham

 

Bien connu en Grande-Bretagne pendant sa vie pour ses tableaux équestres et ses sujets militaires, son style suivait celui de George Stubbs (1724-1806) dont les toiles sont appréciées de la noblesse sportive du Royaume-Uni du XIXème siècle, scellant le renom de cet artiste d'environ 1850 jusqu'à sa mort en 1885.

Alfred Frank de Prades (nom de naissance : Anacharsis François Prestreau) est né dans la commune de Lunel (Hérault, France), fils d'un négociant-commis huguenot, Émile-Jacob-Phillipe-Marie-Alexandre Prades-Prestreau (Gênes, 1794-Londres, 1858) et son épouse, Pascale-Victoire Garnier (Lunel, 1806-Meulan-en-Yvelines, 1875). Les informations sur sa vie jusqu'à l'âge de 26 sont clairsemées, mais il est certain qu'il se trouvait en Angleterre dès l'âge de 16 ans, après que son père a abandonné sa mère à Paris puis s'est établi à Londres avec ses deux fils aînés, Anacharsis-François et Émile-Henri (1828 à Paris - 1875 à Londres). C'est aussi à ce moment-là qu'Émile Prestreau change leur nom de famille de Prestreau pour Prades

Couramment, il n'est pas connu chez qui Prades était en apprentissage ou quelle formation artistique lui est donné, mais il faisait des sujets équestres dès l'âge de 13 ans d'une main assez sûre. Sa toile Down the Stretch (« Dans la ligne droite », ci dessous), bien qu'un peu naïve d'exécution, montre son intérêt à la course de chevaux et sa connaissance innée de l'anatomie équestre.

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Dans la ligne droite

 

A F de Prades, participant régulier aux expositions de la British Institution, faisait partie de ce groupe d'artistes des années 1850 qui résistaient au formalisme de la Royal Academy of Arts anglaise. En revanche, de Prades a été accepté à au moins trois reprises aux expositions de la Royal Academy, où il a commencé un tableau monumental en 1857, On the Heights near Boulogne, 8th September 1854: Present: HM the Emperor Louis-Napoléon; HRH Prince Albert, KG; the Duke of Newcastle, Marshal Vaillant, General Lord Seaton, General Weatherall, Colonel Fleury, Colonel Daniell, the Baron de Bourgoing, Marquis de Soulongeon, General Gray, Colonel Biddulph, etc, etc. (« Sur les hauts près de Boulogne, le 8 septembre 1854, etc. »), lequel tableau apparaissait en gravure dans le journal Illustrated London News l'année précédente. Il expose plusieurs autres œuvres à la Royal Academy de 1861 à 1879, aussi bien qu'à la Royal Society of British Artists et à la Walker Art Gallery (Liverpool). Quelques-unes de ses œuvres se trouvent à la Royal Society of British Artists et la Walker Art Gallery (Liverpool). D'autres œuvres se trouvent au National Army Museum, (10 associated works), à la Walker Art Gallery, au Bristol Museum and Art Gallery, et dans la Royal Collection, entre autres. Le roi Édouard VII d'Angleterre a demandé à de Prades un portrait de son cheval de pur-sang Fairplay, gagnant de la Household Brigade Cup en 1882 dans l'hippodrome de Sandown Park, portrait toujours présent dans la Collection royale britannique.

Célibataire et gentilhomme de style anglais, Frank de Prades vivait en Angleterre aux alentours de Covent Garden/Fitzrovia à Londres, tandis qu'il voyageait souvent, puisque ses peintures étaient pour la plupart réalisées pour la noblesse anglaise dans leurs domaines ou par des militaires de rang désirant se voir peint dans leur gloire sur le champs d'honneur.

A F de Prades meurt le 7 juillet 1885 devant chez lui au 8 Southampton Street (Londres) ayant subi une chute mortelle d'un fiacre, et est inhumé avec son frère cadet, Émile-Henri et sa belle-sœur, Annie Boles de Prades au cimetière de Kensal Green à Londres.

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Sir Briggs, cheval de bataille renommé de Godfrey Morgan (1er vicomte Tredegar)

 

Un fond énigmatique obscurcit depuis longtemps cet artiste faute de documentation. Pourtant, l'histoire politique et révolutionnaire de sa famille peut éclaircir pourquoi son nom de naissance est caché derrière son nom professionnel, et pourquoi le monde artistique manque d'informations de base sur cet artiste franco-anglais prolifique et reconnu.

Dans les années 1780, deux frères aventuriers d'Occitanie nommés Pierre et Jean-Jacques Prades-Prestreau, originaires de Lunel (Hérault, Languedoc-Roussillon) élaboraient une entreprise maritime internationale reliant la France, la Ligurie et le royaume de Deux Sicile représentant neuf manufacturiers français de divers ports parsemés dans la mer Méditerranée. À la Révolution française, Pierre épousa la politique jacobine et lui causa bien d'ennuis à Naples. Marié en 1791 à Claire Piccinni, la fille du célèbre compositeur d'opera buffa, Niccolò Piccinni, Prades-Prestreau, causa aussi au compositeur bien des ennuis. Piccinni qui était subventionné par la sœur de Marie-Antoinette, Marie-Caroline d'Autriche, reine de Naples, a été emprisonné pendant quatre ans à cause des activités insurrectionnistes de Pierre Prades-Prestreau et d'autres Jacobins français qui fomentaient des émeutes dans les Deux-Siciles.

Plus tard, Pierre Prades-Prestreau agissait en tant que 5e colonne et garde d'avance pour la pénétration de Napoléon à Gênes et à Naples, et prenait la fonction d'Inspecteur de fourrage de l'armée française en Italie en 1800.

Le fils de Pierre, le rentier et magnat Émile Pierre Prestreau sera lui aussi politiquement un progressiste, et même un supporteur des socialistes-démocrates en France contre la monarchie restaurée de Louis-Philippe. En 1838, il disparaît de sa résidence à Paris avec ses deux fils ainés, au même moment le futur Napoléon III se réfugiait dans la capitale anglaise. Vivant en Southwark et côtoyant ses cousins musicaux Piccinni dès lors établis à Londres, Émile modifia son nom de famille de Prestreau en Prades, le sobriquet ancestral de son père, tandis que plus tard son fils-peintre, Anacharsis François anglicisait ses prénoms en « Alfred Frank » pour mieux être accepté par la bourgeoisie de Fitzrovia et par la noblesse anglaise avec qui il vécut sa vie durant.

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A cheval, au front

 

Frank de Prades est impliqué lui aussi dans des émeutes politiques, une fois pendant les élections à Nottingham (Angleterre) au mois d'avril 1865 lorsqu'il rendait visite à Sir Robert où il y était invité pour une grande « house party » et pour peindre Lady Clifton montée sur son cheval. Lors de son séjour, Sir Robert, qui à l'époque se présentait aux élections parlementaires, est accusé de provoquer de grandes émeutes violentes pour se venger de ses adversaires politiques. Au cours des audiences judiciaires en avril 1866, M. de Prades fut entendu quant à sa participation dans le débâcle. Lors d'une séance où il est menacé lui-même d'avoir monté les assauts, il s'est défendu en affirmant qu'il était presque identique en apparence à Sir Robert, ce qui aurait pu confondre la foule et les témoins. À la fin de l'affaire, Sir Robert est libéré des accusations, et de Prades y échappe aussi.

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Robert le Diable, un de plus grands chevaux de course du XIXe siècle

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