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Laideur de la peinture dite moderne, beauté de la peinture classique, par Gilles Lenormand.

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Salambô et les Colombes

 

Georges-Antoine Rochegrosse né à Versailles le et mort à El Biar (Algérie) le peintre, décorateur et illustrateur.

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Illustration pour Trois légendes d'or, d'argent et de cuivre

 

Georges-Antoine Rochegrosse naît d'Élise Marie Bourotte (1828-1904) et de Jules Jean Baptiste Rochegrosse qui meurt en 1874. En 1875, sa mère se remarie avec le poète Théodore de Banville dont Georges-Antoine devient le fils adoptif. Il fréquente les artistes et les hommes de lettres que son beau-père reçoit chez lui : Paul Verlaine, Stéphane Mallarmé, Arthur Rimbaud, Victor Hugo et Gustave Flaubert.

Il débute sa formation de peintre auprès d'Alfred Dehodencq, puis entre en 1871 à l'Académie Julian à Paris dans les ateliers de Jules Joseph Lefebvre et Gustave Boulanger, et termine ses études à l'École des beaux-arts de Paris. Il concourt par deux fois sans succès pour le prix de Rome en 1880 et 1881, et débute au Salon de 1882 où il est médaillé. L'année suivante, il obtient une bourse pour effectuer un voyage d'études qui lui permet de parcourir toute l'Europe.

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Le Chevalier aux fleurs

 

Au début de sa carrière, il pratique la peinture d'histoire et d'une histoire conçue de façon grandiose et théâtrale (Vitellius traîné dans les rues de Rome par la populace, 1882; Andromaque, 1883). Ces tableaux, d'un lyrisme tragique, sont exécutés dans une pâte épaisse et souple avec des effets brusques de couleurs violentes. Certains détails, visages ou natures mortes sont de véritables morceaux de bravoure (la Mort de César, 1887, musée de Grenoble). Rochegrosse se tourna ensuite vers une peinture plus symboliste, presque préraphaélite (le Chevalier aux fleurs, 1893), et allia cette inspiration fantastique à son goût de l'Orientalisme dans des œuvres au coloris exaspéré qui rappellent par leur dépaysement les rêves barbares de Gustave Moreau (la Légende merveilleuse de la reine de Saba et du roi Salomon, triptyque, Salon de 1901).

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Illustration pour Thaïs

 

L'artiste fournit de nombreuses illustrations : dès 1878, ses dessins furent publiés dans la Vie moderne aux côtés de ceux de Forain ; il réalisa de nombreuses aquarelles pour illustrer Salammbô de Gustave Flaubert (1900). Sa technique est alors précieuse, ses tons, rares, en complet accord avec la sensibilité du romancier. Il illustra aussi les Burgraves de Hugo, la Samaritaine de Rostand, les Trophées de Heredia et les Princesses de Banville. Fréquentant les milieux symbolistes, il dessina des décors pour le théâtre de l'Œuvre de Lugné-Poe (la Belle au bois dormant de H. Bataille et R. d'Humières). Rochegrosse décora le grand escalier de la bibliothèque de la Sorbonne (le Chant des Muses éveillant l'âme humaine, 1898) et exécuta des affiches (Pénélope de Gabriel Fauré, 1913) et des cartons de tapisserie (la Conquête de l'Afrique, Gobelins, exposée en 1900).

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Sarah Bernhardt (en costume de scène)

 

Il s'essaye au symbolisme. Peintre reconnu et apprécié de la bonne société, Rochegrosse est nommé chevalier de la Légion d'honneur en 1892. Puis il se tourne vers l'orientalisme en découvrant l'Algérie en 1894, où il fait connaissance de Marie Leblon, qu'il épouse en 1896. Elle est l'amour de sa vie, sa femme, sa muse et son modèle. Il vit et travaille dans la maison de la cité Chaptal à Paris, qui hébergera plus tard le théâtre du Grand-Guignol.

Il s'établit avec son épouse à El Biar, dans la banlieue d'Alger, en 1900. Il fait chaque été le voyage à Paris où il est membre du jury du Salon des artistes français. Le couple demeure au début dans la villa des Oliviers, puis s'installe dans un petit pavillon. Le couple fait construire une villa baptisé Djenan Meryem (le Jardin de Marie). Ils passent l'hiver en Algérie et l'été à Paris. Ils font construire une maison plus simple à Sidi-Ferruch le long de la plage. En 1910, Rochegrosse fait réaliser un atelier, Dar es Saouar, où il reçoit ses élèves. La même année, il est promu officier de la Légion d'honneur. À partir d', il parraine l'artiste Jeanne Granès, qui ouvre une école d'art à Alger : il se charge de l'atelier de peinture.

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Incendie de Persepolis

 

En 1905, il est professeur à l'Académie Druet, fondée à Paris en 1904 par le peintre Antoine Druet (1857-1921). Admiré par ses contemporains, en particulier son beau-père Théodore de Banville ou Conan Doyle, il est un membre influent de la Société des peintres orientalistes français. Rochegrosse expose non seulement à Paris, mais aussi au Salon des artistes algériens et préside le jury de l'Union artistique de l'Afrique du Nord dès 1925, ainsi que le Syndicat professionnel des artistes algériens6.

Il est profondément marqué par la Première Guerre mondiale et par la mort de son épouse, en 1920, des suites d'une maladie contractée à l'hôpital d'Alger où elle était infirmière. Inconsolable, il va jusqu'à ajouter le « M » de Marie à sa signature (G. M. Rochegrosse). Sa peinture prend alors un tour plus pessimiste se teintant de religiosité. Il puise de plus en plus son inspiration dans le jardin de sa villa algérienne. Il en représente maintes fois les allées et la végétation luxuriante. Il finit par épouser sa gouvernante Antoinette Arnau, revient à Alger en 1937 et meurt l'année suivante. Son corps est transféré et inhumé à Paris au cimetière du Montparnasse.

 

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Inclinable beauté

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