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Laideur de la peinture dite moderne, beauté de la peinture classique, par Gilles Lenormand.

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Portrait d'Alexis de Tocqueville

 

Théodore Chassériau, né le à Santa Bárbara de Samaná à l'île de Saint-Domingue (actuelle République dominicaine ), est mort le à Paris.

Son père, envoyé de France à Saint-Domingue, redoutant les séditions des Noirs pour sa femme et ses enfants, les installa à Paris en 1822, sous l'égide de son fils aîné. Ce frère, de dix-huit ans plus âgé que le jeune Théodore, encouragea sa vocation artistique extraordinairement précoce et, plus tard, fonctionnaire influent, lui assura le plus intelligent appui.

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Les Deux sœurs

 

En 1831, Chassériau entra dans l'atelier d'Ingres, qui, dès la première heure, comprit les dons exceptionnels de cet adolescent, qu'il désira emmener à Rome quand il fut nommé directeur de l'Académie de France en 1834 ; mais la gêne pécuniaire obligea le jeune élève à remettre ce voyage. Il fut alors livré à lui-même, mais, à quinze ans, il était déjà en possession de son métier et lié aux artistes et aux écrivains les plus en vue. Le Salon de 1836 reçut de lui 6 peintures; 4 d'entre elles — des portraits — sont maintenant au Louvre : la Mère de l'artiste, Adèle Chassériau, Ernest Chassériau, le Peintre Marilhat. Le succès remporté au Salon de 1839 (Vénus marine et Suzanne au bain, Louvre) lui valut une commande dont le gain permit son départ pour l'Italie. Il séjourna six mois à Rome et à Naples. De cette époque date le prodigieux Portrait de Lacordaire (1840, Louvre).

En retrouvant Ingres, il s'aperçut de leur dissension. La morbidesse, le charme ambigu, le frémissement coloré des figures de Chassériau, caractères dus sans doute à ses origines créoles, parurent au maître, autoritaire et partial, autant de traits d'insoumission à sa doctrine. Pourtant, soit que sa formation initiale l'ait marqué de façon indélébile, soit qu'elle ait répondu à une aptitude innée, Chassériau, tout au cours de sa vie, témoigna de sa dette envers Ingres. Andromède (1840), Toilette d'Esther (1842, les Deux Sœurs (1843, ci dessus), Mademoiselle Cabarrus (1848), le Tepidarium (1853) montrent une sinuosité linéaire alliée à un statisme antique d'esprit ingresque.

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Révérend Père Henri-Dominique Lacordaire

 

Néanmoins, à partir de 1842, de nouvelles tendances s'affirment dans l'art de Chassériau, un attrait grandissant pour la couleur, pour les formes plus mobiles, pour des sujets empruntés à des auteurs goûtés des romantiques, tel Shakespeare (peintures et lithographies tirées d'Othello, 1844). Son voyage en Algérie, en 1846, détermina le choc qui confirma ces inclinations. Son contact avec l'Orient révéla une entente sincère avec la lumière et le mouvement (Cavaliers arabes emportant leurs morts, 1850). La critique voulut voir dans cette expression nouvelle une imitation de Delacroix qui fit, en 1832, un voyage au Maroc, à Alger et en Espagne. L'influence de celui-ci fut indéniable, mais le mot pastiche ne peut être prononcé.

Chassériau, artiste au tempérament complexe, sut marier à l'enseignement reçu un exemple diamétralement opposé, créant un œuvre original. Ce double aspect se fait jour dans ses grandes peintures murales, partie essentielle de sa production.

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Sainte Marie l'Égyptienne

 

À Paris, il décora une chapelle à Saint-Merri (Histoire de sainte Marie l'Égyptienne, 1844, ci dessus), les fonts baptismaux de Saint-Roch (Saint Philippe baptisant l'eunuque de la reine d'Éthiopie, Saint François-Xavier apôtre des Indes et du Japon, 1853), l'hémicycle de Saint-Philippe-du-Roule (Descente de croix, 1855) et l'escalier de la Cour des comptes (1844-1848), son plus prestigieux ensemble, incendié lors de la Commune (d'importants vestiges dégradés par le feu en subsistent au Louvre : la Paix, la Guerre, le Commerce).

De l'art de Chassériau émane une sorte de charme mystérieux, suscité en grande partie par le type féminin que des femmes admirées ou passionnément aimées, la sœur de l'artiste Adèle, Alice Ozy (la Nymphe endormie), la princesse Cantacuzène, parmi tant d'autres, lui ont suggéré.

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Bataille de cavaliers arabes autour d'un étendard

 

Cet art, à la fois noble et voluptueux, fut la source de l'inspiration de deux grands artistes de la seconde moitié du siècle : Puvis de Chavannes et Gustave Moreau. Grâce, en particulier, aux donations d'un neveu de l'artiste, le baron Arthur Chassériau, le Louvre conserve un ensemble considérable de toiles, d'esquisses peintes et de dessins de Chassériau.

Gustave Moreau réalisera en hommage à son ami et sans doute maître le tableau Le Jeune Homme et la Mort.

Le frère aîné du peintre, Frédéric-Victor-Charles Chassériau, a fait don des esquisses pour la chapelle des fonts de l' église Saint-Roch et de l’hémicycle de l' église Saint-Philippe-du-Roule au Musée de la ville de Paris ( Petit Palais ).

L’œuvre de Chassériau a fait l’objet d’une des plus grandes donations faites aux musées nationaux. En 1936, le cousin issu de germain du peintre, le baron Arthur Chassériau, donna aux musées nationaux l'ensemble des œuvres de Chassériau qu'il avait mis une vie à réunir, soit 74 peintures et quelque 2 200 dessins. Ces œuvres sont aujourd’hui conservées à Paris au musée du Louvre (où une salle lui est consacrée), au musée d'Orsay, à Poitiers au musée Sainte-Croix, et dans divers musées français.

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Esther se parant pour être présentée au roi Ahasuerus, dit La Toilette d'Esther

 

Les peintures de Chassériau sont exposées sur les quatre continents au travers des collections permanentes des musées nord américains ( États-Unis et Canada ), en Asie au Musée national de l'art occidental de Tokyo et en Afrique au Musée national des beaux-arts d'Alger. Les principaux musées nord américains sont les Metropolitan Museum of Art de New York, Fogg Art Museum de l' université Harvard, National Gallery of Art de Washington, Detroit Institute of Arts, Museum of the Art Rhode Island School of Design, J. Paul Getty Museum, l' Art Institute of Chicago et le Musée des beaux-arts de Montréal.

La dernière grande rétrospective des œuvres de Chassériau s'est tenue en 2017 au Musée national de l'art occidental de Tokyo sur le thème Théodore Chassériau : Parfum exotique.

Avant celle de Tokyo, il y eut en 2002, la grande rétrospective « Théodore Chassériau (1819-1856), Un autre romantisme » au Grand Palais à Paris. Elle s'est déplacée par la suite au Metropolitan Museum of Art de New York et au musée des beaux-arts de Strasbourg.

 

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Portrait d'Alphonse de Lamartine

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