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Laideur de la peinture dite moderne, beauté de la peinture classique, par Gilles Lenormand.

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Vénus et Cupidon

 

Charles-Joseph Natoire est né à Nîmes le 3 mars 1700, et mourut à Castel Gandolfo le 23 août 1777.

De son vivant, Natoire était mis à l'égal de François Boucher.

Directeur de l' Académie de France à Rome de 1751 à 1775, il jouit d'une grande autorité dans le monde artistique.

Comme ses maîtres François Lemoyne et Galloche, il est le peintre de la grâce, de la volupté et de la joie de vivre.

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Psyché obtenant de Proserpine l'elixir de beauté

 

Sa touche chaude et sensuelle est sans doute trop gracieuse pour la peinture d'histoire, trop frivole pour la peinture religieuse. Il reste avant tout comme l'auteur de l'admirable suite de l’Histoire de Psyché pour le salon de la Princesse de l' hôtel de Soubise à Paris, ainsi que des cartons de l’Histoire de Don Quichotte pour la Manufacture de Beauvais, conservés pour la plupart au château de Compiègne.

Issu d'une bonne famille catholique originaire de Lorraine, Charles-Joseph Natoire est né à Nîmes en 1700, fils de Florent Natoire, sculpteur, et de sa femme Catherine Mauric. Son père, après lui avoir donné ses premières leçons de dessin, l'envoie à Paris en 1717 pour compléter sa formation dans l'atelier de Louis Galloche (1670-1761), peintre du Roi et professeur à l' Académie royale de peinture et de sculpture, puis auprès de François Lemoyne, dont l'enseignement le marquera fortement.

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Adam et Ève chassés du Paradis terrestre

 

Le 30 août 1721, il obtient le Premier Grand Prix de Rome avec un Manué offre un sacrifice au Seigneur pour obtenir un fils qui fut Sanson qui lui ouvrit les portes du voyage de Rome (1724-1727), où il peignit les Marchands chassés du Temple. Le 30 juin 1723, il est nommé pensionnaire de l' Académie de France à Rome où il parvient en octobre de la même année.

Il exécute une copie de L'enlèvement des Sabines de Pierre de Cortone, un dessus-de-porte représentant Diane pour le Palais Mancini, où l'Académie de France à Rome s'installe en 1725, et remporte en décembre 1725 le premier prix de peinture de l' Académie de Saint-Luc avec un dessin intitulé Mosè che nel ritorno dal monte Sinai si mostra al popolo con faccia risplendente. En 1728, il peint pour l'ambassadeur de France, le cardinal de Polignac, un tableau représentant Jésus chassant les marchands hors du Temple.

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Psyché à sa toilette

 

Natoire repart pour Paris au début de 1729. Sur le chemin du retour, il passe quelque temps à Venise. Il est agréé à l'Académie royale de peinture et de sculpture le 30 septembre 1730.

Sa réputation s'établit rapidement et il reçoit d'importantes commandes avant même d'être membre à part entière de l'Académie. Dès 1731, pour le château de La Chapelle-Godefroy à Saint-Aubin (Aube) appartenant à Philibert Orry, contrôleur général des finances, qui devait succéder au duc d'Antin comme directeur général des Bâtiments du Roi en 1736, il travaille ainsi à une Histoire des Dieux en neuf tableaux, une Histoire de Clovis en six tableaux, une Histoire de Télémaque en six tableaux et Les Quatre Saisons. Natoire n'achèvera ce travail qu'en 1740. En 1732, il exécute également trois dessus-de-porte aux sujets tirés de l' Ancien Testament pour l'hôtel du duc d'Antin à Paris.

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Le triomphe de Bacchus

 

En juin 1734, il participe à l'Exposition de la Jeunesse de la place Dauphine avec une Galathée. Cette année-là il reçoit sa première commande royale pour la chambre de la reine au château de Versailles et il est reçu membre de l'Académie le 31 décembre avec un Vénus commande à Vulcain des armes pour Énée et se consacra à la grande décoration, travaillant soit pour des églises (Saint Étienne parmi les docteurs, 1745), soit pour le roi (la Jeunesse et la Vertu présentant les Filles de France, 1734, chambre de la reine ; Allégories aux Muses, 1745), soit enfin pour des particuliers. Dès lors, il exécute de nombreuses commandes royales, pour les petits appartements du château de Fontainebleau, pour le cabinet et la salle à manger du Roi au château de Versailles, pour le château de Marly, pour la Bibliothèque royale, etc.

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Vénus et Cupidon

 

En 1735, Natoire exécute le premier carton de la célèbre série de tapisseries de l’Histoire de Don Quichotte réalisées par la Manufacture de Beauvais pour le fermier général Pierre Grimod du Fort (1692-1748). En 1737, il reçoit la commande du cycle de l’Histoire de Psyché pour le salon ovale de la Princesse, réalisé par Germain Boffrand à l' hôtel de Soubise à Paris, l'une de ses créations les plus remarquables.

Ses grands cycles mythologiques et historiques — 8 sujets de l'Histoire de Psyché (1737-1739), 10 sujets de l'Histoire des dieux, 6 sujets de l'Histoire de Clovis, 4 sujets de l'Histoire de Télémaque peints entre 1731 et 1740 pour le château de la Chapelle Godefroy en Champagne — révèlent une compréhension des principes de la grande décoration, qui l'a justement rendu célèbre.

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Le réveil de Vénus

 

Ce sens décoratif se manifesta aussi dans les cartons de tapisserie qu'il exécuta soit pour la manufacture des Gobelins : Repas d'Antoine et Cléopâtre, Entrevue d'Antoine et Cléopâtre à Tarse, soit pour Beauvais (Histoire de Don Quichotte en 13 cartons [1735-1745], dont 10 subsistent actuellement, qui est connue dans son intégralité par les tapisseries de l'archevêché d'Aix-en-Provence) : vision héroïque, plus “ moderne ” que la suite contemporaine de C. A. Coypel.

Peu avant son départ pour Rome, Natoire exécuta la décoration de la chapelle de l'hospice des Enfants-Trouvés à Paris, détruite à la fin du xixe s., mais connue grâce aux gravures de Fessard, décoration illusionniste d'une virtuosité étourdissante, qui prouve que la grande tradition baroque du plafond en trompe-l'œil ne se limitait pas en France au xviiie s. à l'Apothéose d'Hercule de Lemoyne.

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La source

 

À partir de 1741, il réalise les cartons de l’Histoire de Marc-Antoine pour la Manufacture des Gobelins.

En 1747, il s'exerce à un genre qui lui restera peu familier, le portrait, avec un Louis, dauphin de France. Il se montre plus à l'aise dans la peinture religieuse avec des toiles telles que Saint Étienne devant les docteurs portant de faux témoignages contre lui, peinte en 1745 pour la chapelle Saint-Symphorien de l' église Saint-Germain-des-Prés.

Il participe aussi au remarquable décor illusionniste de la chapelle de l'hôpital des Enfants-Trouvés (1746-1750), construit par Germain Boffrand dans l' île de la Cité à Paris et malheureusement détruit au XIXe siècle.

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Diane et Actéon

 

En 1747, il participe au concours organisé par le nouveau directeur général des Bâtiments du Roi, Le Normant de Tournehem, avec le magnifique Triomphe de Bacchus du musée du Louvre.

En 1751, Natoire est nommé directeur de l' Académie de France à Rome à la suite de J. F. de Troy. Cette nomination, aussi prestigieuse qu’elle soit, va néanmoins sceller la fin de sa carrière. Éloigné de la Cour, Natoire ne deviendra pas Premier peintre du Roi, se voyant préférer ses rivaux, Carle Van Loo puis François Boucher. En outre, il va quasiment cesser de peindre.

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Venus et Adonis

 

Natoire se consacra alors principalement à son rôle de pédagogue et en revanche, il se montre, au moins dans les premières années, un directeur actif, poussant les pensionnaires à multiplier les envois et leur recommandant de dessiner la campagne romaine.

Anobli en avril 1753, il reçoit, en 1755, l' ordre de Saint-Michel, qu'il attendait avec impatience.

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Le repas de Cléopâtre et de Marc Antoine

 

Durant son second séjour romain, sa principale réalisation personnelle est la fresque de l’Apothéose de saint Louis au plafond de l' église Saint-Louis-des-Français (1754-1756). Mais, au moment où le néoclassicisme est en train de devenir à la mode, le parti du peintre, qui s'inspire du plafond de Sebastiano Conca à Sainte-Cécile, semble manquer d'originalité et de force, et lui vaut de vives critiques.

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Télémaque dans l'île de Calypso

 

Natoire va ensuite se borner à réaliser de nombreux dessins de la campagne romaine et de ses environs qui comptent, par leur spontanéité, parmi les meilleurs exemples du paysage au xviiie s. et qui sont une des sources, trop souvent négligées, de l'art d'Hubert Robert, mais peu de toiles. Il devient de plus en plus dévot. En 1767, l'architecte Adrien Mouton, chassé de l'Académie, lui intente un procès qu'il finira par gagner en 1770, Natoire se voyant condamner à 20 000 livres de dommages et intérêts ainsi qu'aux dépens.

Il est accusé d'erreurs administratives et le nouveau directeur général des Bâtiments, le comte d'Angiviller, le met à la retraite d'office en juin 1775 et remplacé par Vien. Il se retire à Castel Gandolfo où il meurt deux ans plus tard. L'exposition de 1977 a montré l'importance de la production de l'ami et rival de Boucher.

 

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Bacchantes et satyres

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