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Laideur de la peinture dite moderne, beauté de la peinture classique, par Gilles Lenormand

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Henri de la Rochejaquelin

 

Pierre-Narcisse Baron Guérin (Paris 1774 – Rome 1833).

Il naît le à Paris, de parents thiernois.

Fils d'un marchand quincaillier du Pont-au-Change, il fut admis dès onze ans, donc en 1785, à l'école de l'Académie royale de peinture et de sculpture; il fut l'élève d' Hughes Taraval, de Nicolas Guy Brenet puis de Jean-Baptiste Regnault. 

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Énée & Didon

 

Il fut un des meilleurs artistes de la seconde période néoclassique – sévère et expressif d'abord, un peu mièvre ensuite – et assura par son professorat, à Paris puis à l'Académie de France à Rome, la transition avec la génération romantique ou éclectique (Andromaque et Pyrrhus, 1810).

Il concourut en 1793 pour le grand prix avec le Corps de Brutus rapporté à Rome. La suppression de l'Académie et la gravité des événements suspendirent les concours jusqu'en 1797, année pendant laquelle Guérin remporta, avec la Mort de Caton d'Utique, l'un des 3 grands prix de peinture attribués (le premier grand prix de Rome). Au Salon de 1799, le Retour de Marcus Sextus, qui fut son premier tableau remarquable, connut un succès tout à fait extraordinaire pour des motifs sentimentaux et politiques. Pour répondre à l'obligation des travaux à exécuter au titre de " pensionnaire de la République ", Guérin présenta Orphée au tombeau d'Eurydice et L'Offrande à Esculape. Il est un temps pressenti pour marier Julie Le Brun, fille d' Élizabeth Vigée Lebrun, mais celle-ci tombe amoureuse du secrétaire du directeur du théâtre impérial de Saint-Pétersbourg . Des manifestations enthousiastes accueillirent, en 1802, Phèdre et Hippolyte.

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Le retour de Marcus Sextus

 

Il est décoré de la Légion d'honneur en 1803. Avant de partir pour l'École française des beaux-arts à Rome, en décembre 1803, le peintre livra l'Offrande à Esculape ou la Piété filiale, prix d'encouragement obtenu en 1800 ; le public appréciera le tableau au Salon de 1804. Guérin se rend ensuite en Italie où il passe plusieurs années et y séjourna jusqu'en novembre 1805 : pendant ce temps, deux voyages à Naples lui apportèrent l'éblouissement d'une Antiquité imprégnée de poésie virgilienne.

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Oreste annonçant à Hermione la mort de Pyrrhus

 

Au Salon de 1808 furent exposés Bonaparte pardonnant aux révoltés du Caire et les Bergers au tombeau d'Amyntas; l'opinion du public se révéla nuancée. De retour à Paris, il reparaît au Salon de 1810 avec trois tableaux : L' Aurore enlevant Céphale — composition froidement accueillie —, Andromaque et Pyrrhus et Bonaparte pardonnant aux révoltés du Caire, toile qui donne lieu à de vives critiques.; Guérin, qui avait exécuté le tableau L' Aurore enlevant Céphale pour le comte de Sommariva, en effectua, pour le prince Youssoupoff, une variante, à laquelle le tableau Iris et Morphée servit de pendant.

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Bonaparte fait grâce aux révoltés du Caire
 

Cette même année, Guérin ouvre à Paris un atelier bientôt très fréquenté, d'où sont sortis les peintres romantiques les plus notables : Théodore Géricault, Ary Scheffer et son frère Henry Scheffer, Léon Cogniet, Victor Orsel, Paul Huet, Alaux, Périn, Orsel ou encore Eugène Delacroix.

Les circonstances ne lui permirent pas d'achever la Mort du maréchal Lannes. Le gouvernement de la Restauration confia à Guérin des travaux qui restèrent à l'état de projets ou d'ébauches (Saint Louis rendant la justice sous le chêne de Vincennes) ; celui-ci mena cependant à terme des portraits de généraux vendéens, qui décorèrent la salle des gardes au château de Saint-Cloud : Henri de La Rochejaquelein, présenté en 1817, et Louis de La Rochejaquelein, en 1819 ; il peignit aussi le Prince de Talmond. Parmi les œuvres représentatives que Guérin produisit ensuite, Énée et Didon attira, avec Clytemnestre , l'attention générale au Salon de 1817 et le sujet fut très vif.

Un peu plus tard, Guérin réalisa, comme modèle de bannière pour les Gobelins, Sainte Geneviève bergère, puis il termina en 1822, pour la sacristie de la basilique de Saint-Denis, une commande passée en 1811, Philippe le Hardi apporte à Saint-Denis le corps de son père, Saint Louis.

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Clytemnestre hésitant avant de frapper Agamemnon endormi

 

Professeur à l' École royale des beaux-arts de Paris, il est institué officiellement le , en remplacement de Claude Dejoux mort la même année. Il sera lui-même remplacé en 1833 par Paul Delaroche. Chargé d'établir, en commission, un rapport sur la lithographie, il produisit quatre essais, dont le Paresseux et le Vigilant. Membre de l' Institut en 1815 (fauteuil 9), puis Nommé en 1816 à la direction de l'Académie de France à Rome, il renonce puis accepte, en 1822, la direction de l' Académie de France à Rome, qu'il garde jusqu'en 1828; durant les six années de sa fonction, il ne put guère peindre.

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Morphée et Iris

 

En 1829, il fut fait baron par Charles X et reprit à Paris son activité de professeur aux côtés de Gérard, Gros et Ingres, tout en ébauchant sa grande toile de la Mort de Priam ou la Dernière Nuit de Troie, dont il avait médité la composition à Rome.

En février 1833, après une grave maladie, il partit pour la Villa Médicis à Rome, où il mourut le 6 juillet. Son tombeau est à Saint-Louis-des-Français.

 

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La Mort de Priam

 

Pierre Guérin fit une brillante carrière de peintre d'histoire ; il connut la faveur des gouvernements sans en rechercher les commandes ; il préférait les thèmes librement choisis et longuement élaborés. Son art, formé dans un atelier qui perpétuait des traditions de métier solide, refléta d'abord les préoccupations “ romaines ” de la période révolutionnaire ; le Retour de Marcus Sextus termina cette phase par un appel à la réconciliation. Désormais, le peintre se consacra surtout à l'expression des passions sur des sujets empruntés à la tradition classique. Admirateur de l'Antiquité, de Raphaël et de Poussin, il fut proche de l'esthéticien Quatremère de Quincy.

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Énée & Didon

 

Son style présente des formes épurées, sur un schéma géométrique de composition, une unité faite de la convergence des composantes en vue de signifier une idée, et des effets scéniques peut-être empruntés au théâtre. La discipline que s'imposait Guérin cachait une ardeur extrême, que décela Baudelaire : la Dernière Nuit de Troie clôt dans un fantastique final l'œuvre de ce dramaturge, qui occupe une place tout à fait originale dans la peinture française du début du XIXème siècles.

Les tableaux et dessins de Guérin sont notamment conservés à Paris (Louvre et E. N. S. B. A.), Angers, Arras, Bayeux, Bayonne, Bordeaux, Boulogne-sur-Mer, Caen, Cholet, Compiègne, Coutances, Dijon, Lille, Orléans, Rouen, Thiers (hôpital), Valenciennes, Versailles, La Orotava (hôtel de ville, île de Tenerife, Canaries), Saint-Pétersbourg, Moscou, Cambridge, Hartford et Louisville (États-Unis).

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Phèdre et Hippolyte

 

Il a comme élèves : Guillaume Bodinier (1795-1872), Augustin Burdet (1798-1870), Léon Cogniet (1794-1880), Alexandre Colin (1798-1875), Eugène Delacroix (1798-1863), François-Xavier Dupré (1803-1871), Théodore Géricault (1791-1824), Louis-Pierre Henriquel-Dupont (1797-1892), Paul Huet (1803-1869), Victor Orsel (1795-1850), Ary Scheffer (1795-1858), Henry Scheffer (1798-1862), Charles-Auguste van den Berghe (1798-1853), élève en 1825, Pierre Michel Adam (1799-1853).

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