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Chronique Alimentaire/Santé : Les composés perfluorés, par Bayard

1. GÉNÉRALITÉS SUR LES COMPOSÉS PERFLUORÉS

1.1 Utilisations et réglementations

Les PFC, ou substances perfluoroalkylées (PFAS), sont une large famille de composés aliphatiques fluorés, comportant à la fois une chaîne carbonée perfluorée apolaire (hydrophobe) et un groupement fortement polaire (hydrophile).

Cette composition leur confère une stabilité thermique et chimique très élevée ainsi qu’un caractère amphiphile à l’origine de leurs propriétés tensioactives (surfactant).

Ils sont ainsi utilisés depuis les années 1950 dans de nombreuses applications industrielles et dans les produits de consommation courante : traitements antitaches et imperméabilisants (vêtements, tapis, cuir, chaussures, etc.), enduits résistants aux matières grasses (emballages alimentaires), revêtements antiadhésifs, cosmétiques, mousses antiincendie, produits phytosanitaires (pesticides et insecticides), fluides hydrauliques pour l’aviation, produits électroniques, chromage dur, agents tensio-actifs pour les puits de pétrole et les mines, placages de métaux (chrome), etc.

Il existe plusieurs catégories de composés per- et polyfluorés dont les 3 plus grandes sont :

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- les carboxylates d’alkyls perfluorés (PFCAs) qui comprennent notamment l’acide perfluorooctanoïque (PFOA), principalement utilisés comme agents actifs dans la production de son sel d’ammonium et du polytétrafluoroéthylène utilisé comme revêtement anti-adhésif (Téflon®) ;

- les sulfonates d’alkyls perfluorés (PFSAs) qui comprennent notamment le sulfonate de perfluorooctane (PFOS), principalement utilisés comme imperméabilisants et enduits résistants aux matières grasses ;

- les sulfamides d’alkyls perfluorés, qui comprennent notamment le perfluorooctanesulfonamide (PFOSA), et qui sont des précurseurs de la synthèse des autres PFC, en particulier du PFOS. Les autres catégories de composés per- et polyfluorés sont : les fluoro-télomères alcools (FTOHs), les esters d'acide phosphoriques d’alkyls polyfluorés (PAPs), acides phosphiniques d’alkyls perfluorés (PFPiAs), acides sulfoniques de fluorotélomères (FTSs), et enfin les polyfluoropolyesters (PFPEs). Certains de ces composés sont étudiés dans des études de biosurveillance à l’étranger (Allemagne, Australie).

En 2009, le PFOS a été inclus par le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE) dans la liste des substances couvertes par la convention de Stockholm sur les polluants organiques persistants (POP) et fait ainsi l’objet d’une attention particulière en vue de protéger la santé humaine et l’environnement. En 2015, le PFOA a été inscrit à la liste des substances couvertes par la Convention de Stockholm. Elle limite ainsi leur production et leur utilisation.

En France, l’usage des PFC (PFOS et PFOA) est encadré depuis 2009, du fait de l’application du règlement REACH1 (Registration, Evaluation, Authorisation and Restriction of Chemicals) relatif aux restrictions applicables à certaines substances dangereuses. Depuis le 20 juin 2013, ces substances figurent dans la liste des substances dites SVHC (Substance of Very High Concern), nécessitant une déclaration d’utilisation.

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La production de certains PFC (PFOS) est en forte diminution depuis 2002 en Europe et aux Etats-Unis, mais subsiste dans d’autres pays comme la Chine. Ainsi, la majorité des produits contenant des PFC sont produits en dehors de l’Union européenne (UE). Certains pays comme le Canada ou les Etats-Unis via l’US-EPA (Environmental Protection Agency) et d’autres de l’Union européenne, via l’EDCH comme l’Allemagne, les Pays Bas, Le Royaume Uni, la Suède, l’Italie, le Danemark ont proposé des valeurs de concentrations règlementaires pour l’eau potable. Pour l’US-EPA, elles sont fixées à 0,07 µg L-1 et pour le PFOA et le PFOS. Pour l’Allemagne, la somme des concentrations en PFOS et en PFOA ne doit pas dépasser 0,3 µg L-1 et pour l’Italie, les valeurs limites dans l’eau destinée à la consommation humaine sont de 0,03 µg L-1 pour le PFOS et de 0,5 µg L-1 pour le PFOA .

L’Anses a été saisie en 2015 par la Direction générale de la santé (DGS) pour la réalisation d’une expertise relative à « l’évaluation des risques sanitaires liés aux composés alkyls perfluorés dans les eaux destinées à la consommation humaine ». La réponse à cette saisine a été rendue en 2017. Elle avait mis en évidence une contamination d’origine anthropique par plusieurs molécules perfluorés, fixé des valeurs sanitaires maximales pour plusieurs PFAS et avait émis des recommandations à prendre en compte notamment dans le cadre de la procédure de révision de la Directive européenne 98/83/CE du 3 novembre 1998 relative à la qualité des eaux destinées à la consommation humaine.

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1.2 Exposition de la population

Comme un grand nombre de polluants organiques persistants (POP), la présence des PFC dans l’environnement est uniquement d’origine anthropique et s’explique par leur relargage tout au long du cycle de vie des produits manufacturés dans lesquels ils sont utilisés. Du fait de leur large utilisation et de leurs propriétés chimiques (hydrophobe et hydrophile), les PFC se retrouvent facilement dans tous les compartiments de l’environnement : eau, air, sols et sédiments (en particulier en milieu urbain, à proximité des aéroports et des sites d’entraînement pour la lutte contre les incendies). Les PFC sont également susceptibles de se bioaccumuler chez l’animal et d’être ainsi présents dans la chaîne alimentaire et in fine dans l’organisme humain.

Les expositions alimentaires

D’après les données de la littérature, l’alimentation (incluant l’eau de boisson) constitue la principale voie d’exposition de la population générale aux PFC, y compris chez les femmes enceintes. Selon ces études, cette voie contribuerait à plus de 90 % de l’exposition totale aux PFC.

La deuxième étude de l’alimentation totale française (EAT 2), conduite par l’Anses, a confirmé le fait que l’eau et les produits de la mer (poissons, mollusques et crustacés) sont les aliments dans lesquels les PFC sont les plus fréquemment retrouvés aux niveaux de concentration les plus élevés. Selon cette étude, les PFC, en particulier les PFOA et PFOS, sont également retrouvés dans les viandes, volailles, gibiers et charcuteries ainsi que dans les légumes hors pommes de terre et les plats composés.

Une contamination de l’alimentation est également possible du fait de la migration des PFC présents dans les emballages en papier et carton vers les aliments. Néanmoins, la plupart des PFC sont rarement mesurés à des niveaux quantifiés dans les aliments ; des concentrations inférieures à la limite de détection ont été reportées dans 98 % des échantillons analysés dans l’étude EAT 2. Le PFOS est le composé perfluoré le plus souvent quantifié dans l’alimentation.

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L’air intérieur et les poussières domestiques

La présence dans l’air intérieur et les poussières domestiques de PFC constitue également une voie importante d’exposition via l’inhalation ou l’ingestion involontaire de poussières ; cette voie d’exposition pouvant, chez certains sujets, compter pour près de 50 % de l’exposition totale. Les PFC volatils, tel que le PFOSA, sont retrouvés dans la phase gazeuse de l’air, tandis que les PFC peu volatils, tel que le PFOA, sont retrouvés dans la phase particulaire de l’air. Le PFOS est le composé présent aux concentrations les plus élevées dans l’air intérieur et les poussières, et celui qui contribue le plus à l’exposition par cette voie (14 %). Les concentrations en PFC mesurées dans l’air intérieur des bureaux sont généralement plus élevées que celles retrouvées dans l’air intérieur des logements. Cette différence pourrait s’expliquer par la présence dans ces espaces de nombreux équipement en plastiques et textiles contenant des PFC. Seules quelques données de concentrations en PFC dans les poussières présentes dans les logements, les voitures, les classes d’école et bureaux, sont disponibles en France. Des premières données de concentrations en PFC dans l’air intérieur et les poussières de logements français seront prochainement produites dans le cadre d’une convention de recherche et de développement, financée par l’Anses, entre l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) et le Centre hospitalier universitaire (CHU) de Rennes.

Les contacts avec les produits manufacturés

Le contact direct avec les produits manufacturés dans lesquels les PFC sont utilisés, peut constituer une source d’exposition via l’absorption cutanée et l’ingestion involontaire (contact main-bouche). Cette voie d’exposition concerne essentiellement le contact avec les textiles, en particulier les vêtements qui constituent la principale source d’utilisation des PFC (au niveau mondial près de 50 % des PFC produits sont utilisés pour la fabrication des vêtements) ; parmi les vêtements, ceux pour la pratique du ski contiennent le plus de PFC. Le relargage des PFC présents dans les vêtements augmente lors du lavage.

Les expositions professionnelles

Des expositions professionnelles peuvent également avoir lieu dans les usines de production, les métallurgies réalisant du chromage dur, les industries textiles, les sites d’entraînement à la lutte contre les incendies ou encore les sites de traitement des déchets.

1.3 Devenir dans l’organisme

L’absorption, la distribution et le métabolisme des PFC ont été peu étudiés et seules des données issues d’études chez l’animal (principalement chez le rat), sont actuellement disponibles.

Absorption et distribution

Lors d’une exposition alimentaire, l’absorption des PFC ingérés est quasiment complète (comprise entre 50 % et 95 %) et instantanée (demi-vie d’absorption inférieure à 2 heures). Une fois absorbés, les PFC se distribuent majoritairement dans le foie, le sang, les poumons, les reins et les os. Contrairement à la majorité des POP, les PFC n’étant qu’en partie lipophile, ils s’accumulent peu dans les tissus adipeux. La bioaccumulation dans l’organisme semble néanmoins dépendre des composés (mise en évidence d’une bioaccumulation du PFOSA dans le foie) et de l’exposition (mise en évidence d’une bioaccumulation en cas d’exposition répétée). Aucune étude expérimentale n’a permis d’estimer chez l’homme ou l’animal le taux d’absorption et la distribution des PFC lors d’une exposition par voie respiratoire ou cutanée. Des études conduites chez le rat ont néanmoins mis en évidence l’existence d’une absorption rapide du PFOA lors d’une exposition par inhalation (demi-vie d’absorption estimée à environ 1 heure).

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Métabolisme

Selon les connaissances actuelles, il n’existe pas de mécanisme de métabolisation des PFC dans l’organisme. Une biodégradation des précurseurs des PFC semble néanmoins possible. Le PFOA est absorbé principalement par voie orale et, dans une moindre mesure, par les voies cutanée et respiratoire. Le foie, le sang et les reins sont les sites majeurs de distribution chez le rat. Il est capable de traverser la barrière hémato-placentaire et est retrouvé principalement dans le foie fœtal. Son mode d’excrétion est fonction du sexe.

Élimination

La principale voie d’élimination des PFC absorbés par voie orale est biliaire ; néanmoins, l’élimination urinaire des PFC semble négligeable, des estimations montrant que moins de 0,1 % des PFC absorbés sont présents dans les urines. Aucune étude n’a permis de déterminer la cinétique d’élimination des PFC suite à une exposition par inhalation ou par contact cutané. Les demi-vies d’élimination des PFC, estimées chez des sujets exposés professionnellement, sont comprises entre 4 ans et 9 ans. Ces demi-vies d’élimination dépendent à la fois de la taille de la chaîne carbonée des composés (augmentation pour les chaînes carbonées longues), de l’âge du sujet (augmentation avec l’âge) et le sexe (plus rapide chez les hommes par rapport aux femmes). Chez les femmes, la grossesse et l’allaitement constituent des voies d’élimination importantes des PFC qui peuvent alors être transmis au nourrisson. En effet, des études ont mis en évidence une diminution de la charge corporelle des mères avec la parité.

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1.4 Effets sanitaires

À l’exception des PFOS et PFOA, il existe peu d’études ayant permis d’estimer l’impact sanitaire d’une exposition aux autres PFC. Des études épidémiologiques ont rapporté des effets des PFOS et PFOA sur la reproduction : altération de la fertilité et de la morphologie spermatique, effets hépatiques par une augmentation du taux de cholestérol et des enzymes sériques, effets cardiovasculaires par un risque d’hypertension artérielle et de pré-éclampsie, effets endocriniens par une augmentation du risque de maladies thyroïdiennes, Par ailleurs, un effet de l’exposition prénatale au PFOA sur le poids à la naissance a été mis en évidence.

Des études expérimentales conduites chez le rat ont mis en évidence l’existence d’effets sur le développement de la glande mammaire, liés à une modification de la sensibilité aux hormones stéroïdes, lors d’une exposition prénatale au PFOA.

COMMENT EVITER LES PFC?

Eviter les nouveaux matériaux traités aux PFC (bien lire les étiquettes) type moquette, mobilier de salon, literie et accessoires Trouver des matériaux non-traités ; si vos matériaux se révèlent traités, veillez à bien les recouvrir

Choisir des vêtements sans étiquette Teflonou Scotchgard. Les matériaux anti-tâche et anti-humidité sont ainsi étiquetés. Quand c’est possible, opter pour du coton ou de la laine non traitée

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Eviter les poêles anti-adhésives et les ustensiles de cuisine de même catégorie Opter plutôt pour l’acier inoxydable ou les matériaux en fonte

Halte aux emballages type fast food et anti-gras Les emballages de fast-food sont traités la plupart du temps

Utiliser de vraies assiettes au lieu de la vaisselle en papier

Revenir à la préparation des popcorn maison Les revêtements intérieurs des sacs de popcorn destinés au micro-ondes contiennent des PFC

Choisir des préparations cosmétiques sans ingrédients « PFTE » ou « perfluoro »

 

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