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Laideur de la peinture dite moderne, beauté de la peinture classique, par Gilles Lenormand

Aujourd'hui : Charles LE BRUN (II/II) (retrouvez ici la première partie, parue dimanche dernier)

Avec ses aides, Le Brun décora de 1678 à 1684 la voûte de la galerie des Glaces; aux symboliques Travaux d'Hercule prévus initialement fut substitué un vaste programme célébrant, dans un langage mi-historique, mi-allégorique, les actions les plus glorieuses du monarque; l'ensemble fut complété par les plafonds des salons de la Guerre et de la Paix.

En même temps, Le Brun dessinait d'innombrables projets pour des sculptures, des fontaines, des meubles, des détails de décoration intérieure ainsi que pour des fêtes et des cérémonies. On lui doit les modèles des principales tentures de tapisserie tissées aux Gobelins : les Quatre Éléments, les Quatre Saisons, l'Histoire de Méléagre, les Mois ou les Maisons royales et l'Histoire du roi, qui illustre avec précision plusieurs épisodes du règne. Le Brun s'occupa même d'architecture; avec Claude Perrault et Le Vau, il fut chargé de mettre au point le projet de la colonnade du Louvre; de 1679 à 1686, il dessina la décoration peinte des façades de Marly.

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Alexandre et Porus

 

La mort de Colbert, en 1683, le priva d'un protecteur efficace. Malgré la faveur du roi, Le Brun dut affronter une cabale fomentée par la jalousie de Pierre Mignard et soutenue par Louvois. La conduite des grands travaux de décoration lui fut retirée. Dans ses dernières années, Le Brun se remit à peindre des tableaux de chevalet, où le souvenir de Poussin se laisse reconnaître. La suite de la Vie de Jésus, commandée par le roi, comprend une Adoration des bergers (ci dessous) où l'émotion naît d'un bel effet de clair-obscur, comme dans celle que Le Brun peignit pour lui-même, avec plus de ferveur encore. Le maître mourut alors que triomphait la cabale ; Mignard lui succéda dans toutes ses charges.

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L'œuvre de Le Brun n'est pas seulement le témoignage d'une carrière – la plus éclatante de son siècle. Son style est mâle, grave, héroïque, parfois brutal à ses débuts. L'exécution est large, sans le raffinement d'un La Hire ou d'un Le Sueur, et le coloris moins vif et plus chaud que celui de la plupart des maîtres français du siècle. Le Brun est à l'aise dans l'allégorie, pour laquelle il trouve d'emblée des formes lisibles et vivantes. Ce don lui permet d'exceller dans la grande décoration. Cependant, le réalisme ne perd jamais ses droits ; il inspire des morceaux savoureux, surtout dans les ouvrages de la première période (par exemple le poêle et le chat du Sommeil de l'Enfant Jésus, ci dessous), mais encore dans certains de la maturité, comme l'escalier des Ambassadeurs ou les tapisseries de l'Histoire du roi.

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Le Brun n'aurait pu venir à bout de ses entreprises sans l'intervention de nombreux aides. Cela explique certaines faiblesses d'exécution, que l'on relève surtout dans les grands décors de la période versaillaise. Alors que Jean-Baptiste de Champaigne (1631-1681), Noël Coypel (1628-1707), Antoine Paillet (1626-1701), Michel II Corneille (1642-1708), Jean-Baptiste Corneille (1649-1695), René Antoine Houasse (1645-1710) etc..., travaillant sous sa direction, ont préservé leur marque individuelle, d'autres peintres, tels Louis Licherie (1629-1687) ou François Verdier (1651-1730), neveu par alliance du maître, reflètent plus directement son influence.

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Parmi les collaborateurs de Le Brun, il faut aussi faire la part des spécialistes : Jacques Rousseau (1630-1693), qui peignait des architectures en trompe-l'œil (ci dessus, Alexandre dans Babylone); Jean-Baptiste Monnoyer (1634-1699), auteur de somptueuses natures mortes; Belin de Fontenay (1653-1715), peintre de fleurs; sans omettre Adam Frans Van der Meulen (1632-1690), le peintre des batailles, auquel Le Brun confiait des fonds de paysage pour ses modèles de tapisserie.

La carrière officielle de Le Brun déborde, on l'a vu, le domaine de la peinture. La richesse incroyable de son invention est illustrée par les dessins qu'il livrait au talent des sculpteurs, des ciseleurs, des menuisiers, des orfèvres, des tapissiers.

Il se contentait le plus souvent de leur fournir des « pensées » qui admettaient d'assez grandes libertés d'exécution, mais assuraient l'unité du style décoratif qui accompagne la période la plus brillante du règne de Louis XIV.

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Portrait équestre du Chancelier Séguier

 

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