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Laideur de la peinture dite moderne, beauté de la peinture classique, par Gilles Lenormand

Ci-dessus : Charles II d'Orléans

Corneille de Lyon Peintre français (La Haye 1500/1510  – Lyon 1574).

Originaire de La Haye, Corneille de Lyon fut ainsi surnommé à cause de sa longue résidence dans cette ville, où il vivait sans doute depuis un certain temps quand le poète Jean Second vint le voir en 1534.

Corneille est mentionné comme peintre du Dauphin, le futur Henri II; naturalisé en 1547, il porte, en 1551, le titre de peintre et valet de chambre du roi.

Sa dernière mention à Lyon date de 1574 ; il a dû mourir peu après.

Le portrait de Pierre Aymeric, qui porte au revers une inscription selon laquelle il fut peint en 1533 par Corneille de La Haye, peut servir de base à l'attribution d'un grand nombre de portraits du début de sa carrière.

La technique et le caractère de ses tableaux font penser qu'il s'est formé en Flandre. H. Bouchot a reconstitué son œuvre à partir des peintures qui lui étaient attribuées dans la collection de Roger de Gaignières. Quelques-unes ont été retrouvées à Versailles (Mme de Pompadour de la maison des Cars ; Beatrix Pacheco), à Chantilly (Madame de Lansac), au Louvre (Charles de La Rochefoucauld, comte de Randan (ci dessous); Jacques Bertaut).

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Charles de La Rochefoucauld, comte de Randan

 

On y a ajouté certains tableaux portant au revers le cachet de Colbert de Torcy, qui vendit pour le roi, en 1715, la collection Gaignières (Charles de Cossé-Brissac). Par comparaison, on peut attribuer à Corneille de Lyon de rares peintures : le Portrait présumé de Clément Marot. Ses œuvres, peintes sur fond bleu ou vert, d'une exécution minutieuse et d'un style raffiné, sont toujours de petites dimensions (portraits en buste de la noblesse et de l'élite françaises entre 1530 et 1570). Elles eurent une vogue attestée par des mentions anciennes et l'existence de nombreuses copies.

Corneille de Lyon eut un atelier prospère où l'aidèrent son fils, Corneille, et sa fille, elle-même renommée comme un excellent peintre. Son influence est sensible sur certains artistes (comme le Maître de Rieux-Châteauneuf) et paraît avoir eu un rayonnement international. On ne peut lui attribuer avec certitude aucun dessin ce qui laisse supposer qu'il peint directement sur le support, technique rare à l'époque, qui prouve un grand savoir-faire..

L'art de Corneille est novateur et tranche avec les canons du portrait de l'époque. Produites en grande quantité, ces œuvres trouvent leur public et le terme de « Corneille » est finalement utilisé pour désigner ces petits portraits. Après sa mort, il tombe progressivement dans l'oubli. Redécouvert au XIXème  siècle, l'établissement du corpus de ces œuvres se révèle complexe et passe par des périodes de confusions et d'erreurs.

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Louise de Rieux

 

Corneille réussit « la synthèse de sa culture nordique et de la tradition de Perréal, vive à Lyon. Naturels et immédiats, toujours vifs d'expression et lumineux de matière, ses portraits, tels ceux de Pierre Aymeric ou de la duchesse d'Étampes, se caractérisent, selon les cas, par des accents graphiques francs qui se distinguent de la manière plus fondue de Clouet et s'inscrivent dans le lignage d'un Lucas de Leyde, ou par une fluidité de matière et une transparence dans les carnations qui lui sont propres et qui sont inédites ».

Les portraits réalisés par Corneille sont pratiquement des miniatures, généralement de la taille d’une carte postale. Il travaille principalement à l'huile sur des supports de bois. Il peint les zones de chair très légèrement alors que les arrière-plans naturels sont plus forts.

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Antoine de Bourbon

 

Cette utilisation des petites dimensions tranche avec la vogue en cours à son époque : « le portrait de grandeur nature s'imposait comme l'index de compétences dans le genre. Durant les années au cours desquelles Corneille faisait le commerce de ses petits panneaux, on observe même une vogue pour d'imposantes représentations en pied, d'abord dans les territoires des Habsbourg, puis dans presque toutes les cours princières ».

Ce parti-pris de réaliser de petits formats l'entraîne à ne représenter que la tête et le buste. Ceux-ci sont orientés soit à gauche, soit à droite. La lumière provient quasi exclusivement de la gauche, ce qui signifie qu'il avait l'habitude de traiter tout le monde de la même manière, et au même endroit de son atelier. Il choisit pour les portraits féminins presque toujours une orientation vers la lumière, ce qui l'amène à adoucir les ombres, à peine marquées. Lorsqu'il fait tourner la tête vers la droite, Corneille marque davantage les contrastes, notamment autour de l'œil gauche du modèle, sur le front ou la joue. Ce jeu sur les ombres est volontaire, comme en témoigne le tableau de Claude de France, orienté vers la droite, avec des ombres fortement détachées. Une copie d'atelier inversée montre ainsi un visage quasiment sans ombre. De manière générale, l'artiste atténue les ombres à partir des années 1540, ces derniers tableaux n'en portant presque pas.

Cette volonté de ne représenter que la tête et le buste est mise en lumière lorsque Corneille essaie de placer dans le cadre les bras et les mains du modèle. Cela aboutit parfois à des compositions défectueuses comme dans le portrait de François de Montmorency ou l’inconnu aux gants du musée d'arts d'Indianapolis. Le visage très réussi tranche avec le reste du corps, maladroit, signe peut être d'une production hâtive, et preuve de l'absence de véritable préparation du tableau.

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Gabrielle de Rochechouart

 

À la différence de nombreux portraitistes de cour contemporains de Corneille, celui-ci n'accorde pas une grande importance à la parure. Les vêtements sont réalisés avec précision, mais il n'y a que rarement des broderies ou des perles. De tels ornements sont réservés aux personnages prestigieux. Ces modèles sont toujours réalisés sobrement sur fond vert, des trois-quarts, en buste ou à mi-corps. Les regards, les cheveux et les barbes sont détaillés avec soin. Parmi les anonymes, nombreux sont probablement des notables lyonnais ou des voyageurs passant dans la ville, attirés par les foires.

Corneille se concentre sur les traits principaux du visage. Il fait systématiquement les poils de barbe ou les cheveux presque un à un. À l'inverse, il dessine très peu de cils. L'œil est réalisé avec un point blanc dans l'iris, et une autre couleur pour le modelé. La plupart du temps, la direction des regards des notables et bourgeois sont fixés sur les personnes qui regardent le tableau, tandis que les personnes de haut rang regardent l'horizon, le lointain. Les lèvres sont délicatement travaillées, avec la commissure indiquée d'une ligne sombre et la lèvre inférieure rehaussée d'une ombre. L'une des rares parties du visage quelquefois plus hâtivement traitées sont les oreilles.

Corneille traite les fonds de ces tableaux par des à-plat de couleur. Il utilise le plus souvent du vert, vert olive ou vert tilleul. Il peint les fonds moins fréquemment en bleu, et plus rarement en marron ou même noir. Les couleurs de fond sont souvent travaillées et retravaillées pour apporter une harmonie à l'ensemble, pour réagir en contraste avec les tons du portrait. Ainsi, on ne trouve chez aucun tableau de Corneille de fond parfaitement uni.

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René de Batarnay, comte du Bouchage

 

lafautearousseau

 

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