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En réponse aux questions de deux lecteurs, par Bayard (III/III)

Bonjour, chers lecteurs; voici la troisième et dernière partie de ma réponse à vos questions, qui porte sur les remèdes bio : c'est un peu long, un peu technique, désolé...

 

Un remède bio - ou remède naturel, ou remède de grand-mère - est une préparation élaborée à des fins médicinales à partir de produits naturels. Par définition, ces remèdes s'opposent aux produits commercialisés de nos jours par les laboratoires pharmaceutiques tels que les gélules, les comprimés et les granulés.

Ces préparations sont appelées ainsi, car elles étaient omniprésentes avant l'arrivée massive des médicaments. Elles sont généralement confectionnées à partir de plantes entières, d'une association de plusieurs plantes ou d'une partie de la plante : racine, écorce, bois, tige, feuilles, fleurs, fruit, graines, suc, huile essentielle...

Quels sont les bienfaits de ces remèdes et les indications à respecter dans leur usage ?

Ces remèdes sont naturels, bon marché et faciles à préparer. Plusieurs ouvrages citent les plantes médicinales incluses dans les différentes pharmacopées nationales et internationales, leurs propriétés, leurs indications, leurs modes d'administration, leurs associations possibles, leurs contre-indications, leurs effets indésirables et leurs précautions d'usage.

Ce sont des traitements naturels abordables, car un grand nombre de plantes utilisées en phytothérapie ( médecine fondée sur les extraits de plantes et les principes actifs naturels) poussent spontanément dans nos contrées. Par exemple, le citron et la menthe sont deux remèdes naturels aux nombreux bienfaits que l'on trouve dans tous les marchés. Par ailleurs, contrairement à certains médicaments, ces remèdes ne sont pas toxiques ou très peu. Par conséquent, le risque d'effet indésirable est peu élevé. Ces effets sont généralement légers et surviennent surtout en cas de surdosage.

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Ces remèdes peuvent être indiqués dans la prise en charge :

des douleurs (effet analgésique) : douleur dentaire (clou de girofle), migraine (grande camomille), douleurs musculaires (tisanes de plantes drainantes), douleurs des règles (onagre et armoise), arthrose (curcuma)...

- de la fièvre (effet fébrifuge) : les tisanes de thym avec du gingembre frais, les tisanes de fleurs de tilleul, les tisanes de fleurs de camomille, les bouillons de légumes, les jus de légumes, les jus de fruit frais, les serviettes d'eau froide appliquées sur la nuque et sur le visage, donc près des centres de régulation de la température, et au niveau des plis de l'aine...

- des troubles digestifs (effet antispasmodique, digestif, dépuratif) :le bicarbonate de soude, la cannelle, le gingembre, le clou de girofle, la menthe, la coriandre, le persil, les graines de fenouil, le thym, les huiles essentielles...

- des troubles du sommeil (effet sédatif) : le houblon, la valériane, la passiflore...

- des troubles urinaires (effet diurétique) : cantharis 5 ch (homéopathie), formica rufa 5 ch (homéopathie), sérum anticolibacilaire D8 (homéopathie), staphysagria 30 ch et colibacillum 5 ch (homéopathie), gynélys, fragonia et macérat huileux de calendula, ergyphilus plus, la canneberge,de l'eau et des boissons à volonté, mélange de vergerette, feuilles bucchu, piloselle, prèle, fumeterre et aubépine à boire, infusion aux fleurs de bruyère, tisanes de thym, tisanes de mélilot, tisanes d'eucalyptus, tisanes de busserole...

- des troubles hépatiques (effet cholagogue) : l'ail et les oignons, le pissenlit, le miel, les choux, le radis noir, la betterave, les fruits, le curcuma, l'avocat

- des troubles de la circulation sanguine(effet tonique veineux) : le cyprès, le mélilot, la vigne rouge, le petit houx, le marronnier, l'hamamélis, les tisanes ou les crèmes de plantes (orthosiphon, piloselle), les cures de 3 semaines de tisanes ou de gélules...

- des troubles cardiaques (effet tonique cardiaque) : l'aubépine, la mélisse, l'olivier...

- des maladies respiratoires (effet expectorant) : le miel, le sirop maison (miel, pincée de piment en poudre et jus de citron), le grop (eau bouillante, rhum, citron, miel), le sirop à base d'oignons et de miel, la tisane de thym, l'huile essentielle de benjoin à inhaler, l'huile essentielle de sental à inhaler et... l'humidificateur d'air !

- de l'obésité, de l'hypertension et autres affections cardiovasculaires (effet hypotenseur, hypocholestérolémiant) : activité physique, limitation de la consommation du sel, arrêt du réglisse et du pastis, arrêt de la pilule contraceptive, tout faire pour obtenir la perte du surpoids, consommation d'ail, d'olivier et d'aubépine...

- des troubles du cycle menstruel(effet emménagogue) : le gattilier, le persil, la sauge, l'hamamélis, le houblon...

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Naturels donc inoffensifs ?

 

Tombées en désuétude avec l’essor de l’industrie pharmaceutique, les préparations à base d’herbes médicinales reviennent en force en réaction aux scandales sanitaires, par refus du «tout-industriel» et du «tout-chimique», mais aussi par envie d’un retour aux sources, source de satisfaction à trouver soi-même une solution écologique et économique.

Ce retour de la créativité s’observe dans des domaines aussi variés que la santé, la beauté, les tâches domestiques, etc. Conséquence, les sites consacrés à ces remèdes sont légion, auxquels viennent s’ajouter de nouveaux livres sur le sujet, édités chaque année, des magazines spécialisés, des féminins qui y vont tous de leur petite recette et même la naissance d’ateliers d’initiation aux herbes médicinales, à défaut de pouvoir acquérir un vrai diplôme d’herboriste, supprimé en France en 1941 et jamais rétabli alors que ce métier est reconnu dans d’autres pays d’Europe!

remedes-naturel-poules.jpgPourtant, les herbes médicinales ne sont pas toujours inoffensives. Or, si leurs principes actifs sont à l’origine de l’élaboration de nombreux médicaments, les plantes peuvent être aussi responsables d’effets secondaires. Ainsi, les amandes amères que l’on trouve dans les noyaux des fruits sont parfois consommées pour leurs vertus anticancéreuses (ou en cuisine, pour agrémenter une confiture d’abricots). Or elles contiennent des substances dérivées du cyanure libérées en présence d’une enzyme, présente dans les cellules cancéreuses mais pas seulement puisque les centres antipoison rapportent des cas d’intoxication, notamment chez l’enfant. D’ailleurs, les données sur les doses toxiques d’amandes amères ne sont pas simples à interpréter.

Les mauvaises utilisations d'huiles essentiellesfont également l’objet d’appels réguliers. Des rituels ancestraux de désenvoûtement au cours desquels les victimes absorbent par exemple des métaux lourds (tels que le plomb) sont sources d’intoxications aiguës ou chroniques. Attention encore aux vieux remèdes intéressants pour la recherche, mais pas forcément judicieux en pratique. Prenosn comme exemple, autrefois utilisé en prévention des infections sexuellement transmissibles, le jus de citron, testé depuis en laboratoire, présente bien un certain pouvoir d’inactivation sur le virus du sida. Pour autant, rien ne dit qu’il en est de même quand il est injecté dans le vagin et que cette pratique est sans risque. Mettre du jus de citron à la place d’un préservatif dont l’efficacité est, elle, incontestable c’est prendre le gros risque de ne pas être protégé.

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Enfin, avec certaines pratiques farfelues, il n’y a même pas un fond de vérité. Sucer le venin en cas de morsure de serpent, mettre de l’antipuce à un enfant pour en finir avec ses poux, c’est carrément dangereux. Boire du lait en cas d’empoisonnement, c’est inefficace.

Ces remèdes bidons posent d’ailleurs la question de la fiabilité des sources: ce n’est pas parce qu’une personne dit l’avoir testé avec succès que c’est vrai. Ce n’est pas non plus parce qu’un escargot en mange que c’est comestible. Et ce n’est pas parce que ça a poussé à la troisième lune ou que c’est naturel que c’est sans danger, sinon, les champignons hallucinogènes seraient inoffensifs. Avant de prendre n’importe quoi, il est indispensable de vérifier les sources et de croiser l’information avec des livres spécialisés, l’avis d’un phytothérapeute, l’appel à un centre antipoison, etc.: si elles abondent toutes dans le même sens, alors, c’est rassurant.

De toute façon, quand on débute, autant s’en tenir aux remèdes faciles à préparer et qui font l’unanimité.

De façon générale, on se sert des parties aériennes d'une plante pour faire une infusion (une cuillerée à soupe que l’on laisse infuser, hors du feu, dix minutes, dans l’équivalent d’une tasse d’eau portée à ébullition). Avec les parties souterraines ou solides d’une plante, on fait plutôt des décoctions (racines, écorces, etc. sont plongées dans une eau froide portée à ébullition et laissés de 2 à 10 min sur le feu). Bien utilisé, cela fait souvent du bien.

 

 

Conseils de lectures : revues/ouvrages de références (niveau TOUT PUBLIC)

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- 250 remèdes naturels à faire soi même (Claudine Luu)

- Le dictionnaire des remèdes naturels : 300 remèdes naturels sans ordonnance (Alpen)

- 1001 remèdes naturels (Laurel Vukovic)

- L'almanach nature des remèdes maisons (Brigitte Mars et  Chrystle Fielder)

- Infusions et vieux remèdes (Juliette Brabant-Hamonic)

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 les prix varient entre 10 et 25 euros suivant l'ouvrage et les fournisseurs; on peut en trouver certains en téléchargements.

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