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En réponse aux questions de deux lecteurs, par Bayard (I/III)

Dans les précédents sujets évoqués dans la rubrique Alimentaire/Santé, nous avons parlé de nos besoins nutritionnels journaliers, et mis l'accent surtout sur ce qu'il fallait absolument - ou du moins autant que possible - éviter dans les divers produits de consommation. En abordant ces sujets un par un, on avait des éléments de repères précis sur ce qui constitue réellement notre alimentation au quotidien de nos jours. Il est normal que les fidèles lecteurs de notre blog lafautearousseau se posent plusieurs questions : je vais tâcher de commencer à y répondre, en les remerciant tout d'abord de l'intérêt qu'ils portent à cette chronique......

1. LES FOURNISSEURS

Quel est le degré de fiabilité des fournisseurs actuels ? C'est sur ce sujet que nous allons essayer de préciser au mieux les choses, de développer et pourquoi pas de débattre afin de vous aider à vous faire une opinion la plus juste possible. Tout d'abord, quand on se pose la question des fournisseurs, une interrogation se pose immédiatement, à savoir LA QUALITE DU PRODUIT DEPEND ELLE OBLIGATOIREMENT DE SON PRIX ? En se servant de l'opposition, de la comparaison entre LES MARCHES LOCAUX ET LES GRANDES DISTRIBUTIONS, nous pouvons avoir des éléments concrets de réponse, à défaut de certitudes finales.

Examinons cela point par point, méthodiquement.

LES PRODUITS DES MARCHES LOCAUX SONT MEILLEURS ?

Les produits vendus sur les marchés peuvent être bien meilleurs que ceux proposés par la grande distribution, mais ils peuvent être bien pires. La qualité est plus homogène dans la grande distribution. Les marchés, surtout ceux des grandes villes, sont de plus en plus composés de revendeurs qui se fournissent généralement dans les marchés de gros. Dans ceux-ci, on trouve de très bons produits, mais également des marchandises d’une qualité similaire à celle proposée par la grande distribution. Dans ce cas, acheter sur le marché n’apporte aucun avantage en termes gustatifs ou de qualité. Et s’approvisionner chez un agriculteur qui vend en direct sur le marché n’est pas non plus une garantie de qualité puisqu’il peut très bien produire de manière intensive, en recourant massivement aux pesticides. Comment être sûr d’acheter vraiment "meilleur" ? Tout simplement, en prenant le temps de faire le tour du marché, de regarder les produits et leurs prix, de parler avec les commerçants mais aussi avec les clients. Il faut poser des questions et les bonnes. Le marché est une meilleure place pour accéder à la qualité, mais il requiert des efforts et des connaissances.

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LES PRODUITS DU MARCHE SONT PLUS FRAIS ?

C'est la vérité. D’ailleurs, si les marchés perdaient cet atout, ils perdraient tout puisque les consommateurs viennent avant tout pour la fraîcheur des produits. Les produits sont plus frais sur le marché car ils sont toujours achetés du matin : un revendeur ne ramène jamais de produits, il ne stocke pas. Contrairement à la grande distribution où les fruits et les légumes peuvent être conservés au froid pendant 8 à 15 jours voire plus, ce qui leur fait d’ailleurs perdre des vitamines et donc de la qualité nutritive.

LE MARCHE PRIVILEGIE-T-IL LES CIRCUITS COURTS ?

Disons que c'est plutôt mitigé. Côté grande distribution, les enseignes cherchent de plus en plus à nouer des partenariats avec des producteurs locaux. Côté marchés, certains revendeurs s’approvisionnent directement chez les producteurs ou privilégient le local lorsqu’ils achètent dans des marchés de gros mais ce n’est bien sûr pas une règle. De même, certains agriculteurs vendent sur les marchés leur production, mais également des produits qu’ils peuvent avoir achetés en circuits courts ou en circuits longs…

Tout cela est difficilement lisible pour le consommateur et c’est bien le problème. Une expérimentation baptisée « Ici, c’est local » a été mise en application à savoir : apposer directement sur les produits des étiquettes de couleur. Elle est verte si le produit est vendu en direct, orange s’il est issu d’un circuit court et violette si le circuit est plus long. Ce système, très apprécié des clients, commence à se diffuser dans les communes françaises. Mais ce n’est pas facile car la résistance est très forte chez certains agriculteurs et commerçants qui n’ont rien à gagner avec la transparence, au contraire.

La difficulté réside aussi dans la définition des termes : Filière courte ne veut pas dire locale : un circuit court, c’est lorsqu’il y a un seul intermédiaire entre le producteur et le consommateur. Et puis, il n’est pas possible de s’approvisionner toujours localement, sinon on ne pourrait pas avoir tous les produits de consommation à notre service. En allant un peu plus loin, la grosse différence c'est que sur le marché, on trouve principalement des fruits de saison, alors qu'en grande distribution, vous pouvez trouvez absolument de tout, et ce toute l'année. De plus, circuit court ou pas, tous les fruits et légumes ne poussent pas partout en France. Donc même sur un circuit court, les prix varieront de toute façon suivant l'éloignement du producteur. Et puis il est plus facile d’écouler son stock en 15 jours qu'en 1 jour.

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LE MARCHE PERMET-IL D'ECONOMISER ?

Les enquêtes prouvent que les consommateurs qui ne font jamais le marché pensent que les prix y sont plus élevés, ce qui n’est pas vrai. Pour autant, ils ne sont pas forcément moins chers, tout dépend des catégories de produit et des saisons. Si la grande distribution propose des prix très attractifs sur le porc industriel et le bœuf de race laitière, le bœuf de race à viande et le poulet fermier y seront plus onéreux que sur les marchés. Pour les fruits et légumes, ceux de pleine saison seront toujours moins chers sur les marchés. Les prix sont également variables d’un marché à un autre, les commerçants s’adaptant logiquement au bassin de vie où ils s’installent.

Mais attention avec les places réputées très bon marché car il n’y a pas de cadeau dans le commerce : si les prix sont très bas, c’est que les produits sont très mauvais, très traités chimiquement. Les revendeurs ne repartant jamais avec leurs produits, les prix vont baisser au fil de la matinée. Les meilleures affaires se réalisent donc en fin de marché. En résumé, la Grande Distribution casse les prix. Mais les mandataires des MIN, qui sont-ils ? Que font ils ? Acheter le moins cher et vendre le plus cher...

 

LE MARCHE REMUNERE-IL MIEUX LES PAYSANS ?

Tout dépend des cas. Un agriculteur vendra son produit pour un prix très modeste à la grande distribution, au même prix à un revendeur en circuit long, un peu plus cher à un revendeur en circuit court, et beaucoup plus cher s’il vend en direct sur le marché. Toutefois, la grande distribution noue de plus en plus de partenariats locaux, notamment sur des produits de qualité, et les agriculteurs peuvent alors vendre leurs produits à des prix relativement bons. Il est très difficile de vendre aux enseignes, la compétition étant internationale, et c'est la raison pour laquelle cela n'arrive que très rarement...

AU FINAL, il est possible de trouver des produits locaux de qualité dans la Grande distribution, mais c'est rare, de même qu'il est possible de trouver des produits plus spécifiques sur les marchés de Noël, mais c'est rare également.

Par contre ne vous imaginez pas - hors saison - manger des produits de haut rang, pas chers, de qualité gustative et nutritionnelle, sans résidus de pesticides...

En grande surface , les fruits et légumes sont souvent de 2ème choix, au prix du 1er. Les fruits de saison y sont souvent horribles et verts. Les fruits et légumes "du soleil" n'en ont le plus souvent que le nom : pour trouver de beaux et bon fruits et légumes, et cela peu importe le temps, ou l'endroit, privilégiez le marché local. On a donné de mauvaises habitudes aux gens en vendant n'importe quoi, n'importe quand. Maintenant, il faut revenir a une culture raisonnée (que se soit du sol ou des gens); l'inconvénient, ce sont les gros trusts alimentaires qui s'y refusent, voulant toujours gagner plus.  Ils s'entendent, s'unissent et mènent la danse tout en promettant santé et bien être optimaux.

Il y a aussi une autre différence de taille. Faire les course en super ou hyper, cela peut être une corvée; par contre faire le marché est bien souvent un réel plaisir. Pour la qualité il faut se renseigner un peu. En hyper on peut profiter des produits d'appel qui sont souvent vendus à prix coûtant, mais le prix "promo" de l'hyper est souvent le prix courant du marché. Sur les marchés il faut essayer autant que possible de trouver des petits producteurs mais c'est de plus en plus rare. On peut accepter de payer plus cher si on est certain que les produits sont de qualité. Il faut privilégier les légumes dits moches ou réputés peu ou pas présentables, car ils ont plus de chances d'être produits artisanalement...

Et bien sûr, pour ceux qui ont la chance de pouvoir le faire, cultiver pour soi-même ou sa famille permet de n'utiliser aucun engrais, aucun produit chimique : la qualité gustative est alors incomparable...

 CONSEILS PRATIQUES

- produits locaux estampillés Locavore à Monoprix

- produits bio sans insecticides à Naturalia

- éviter les Grandes Distributions comme LECLERC ou PROMOCASH qui passent par leurs propres centrales d'achat, travaillent avec de grosses marges. Ils prennent leurs marges et les commerçant du marché qui s'y approvisionnent aussi...

CONSEILS DE LECTURE : REVUES/OUVRAGES DE REFERENCES (niveau TOUT PUBLIC)

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- En toute saison. Le marché des fruits et légumes en France, d'Antoine De Raymond;

- Sociologie des grandes cultures ; au coeur du modèle industriel agricole, d'Antoine De Raymond;

- Les circuits courts alimentaires : entre marché et innovation sociale, de Yuna Chiffoleau;

- Innovation et développement dans les systèmes agricoles et alimentaires, de Yuna Chiffoleau;

- Les circuits courts alimentaires : bien manger dans les territoires, de Yuna Chiffoleau;

- Agriculture paysanne, circuits courts, territoires périurbains, de Yuna Chiffoleau;

- Les coulisses du commerce équitable, de Christian Jacquiau;

(Les prix varient entre 13 euros et 22 euros suivant l'ouvrage et les fournisseurs; on peut en trouver certains en téléchargements).

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(A suivre : jeudi prochain, la deuxième partie de ma réponse à vos questions portera sur les vitamines...)

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