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PAUVRE FLANDRIN !

Marcelin Flandrin (1889-1957) Maroc, c. 1930. Kasbah de Belkacem à Rissani 

Par Péroncel-Hugoz 

TRAVAUX DIVERS - Largeur + 2.jpgNotre confrère Péroncel-Hugoz, longtemps correspondant du Monde dans l'aire arabe, a publié plusieurs essais sur l'Islam, et il travaille maintenant à Casablanca pour le 360,  l'un des principaux titres de la presse francophone en ligne au Royaume chérifien. Il tient aussi son Journal d'un royaliste français au Maroc, dont la Nouvelle Revue Universelle a déjà donné des extraits. Nous en faisons autant, depuis janvier 2016, en publiant chaque semaine, généralement le jeudi, des passages inédits de ce Journal.  LFAR  •  

 

IMG - JPEG - Copie.jpgCASA, FEVRIER 2013 

J'ai collaboré, à la demande du réputé galeriste et critique d'art Aziz Daki, à la publication, par la Banque populaire marocaine, d'un gros album basé sur les photos du pied-noir Marcelin Flandrin, né à Bône et qui vécut au Maroc, semble-t-il, de 1907 à 1957. Ce véritable artiste a laissé 100.000 clichés dont 40.000 appartiennent à ladite Banque et touchent tous les aspects du Maroc protectoral, depuis le sultan jusqu'aux vagabonds via les colons. Et c'est là que le bât a blessé : il fallait éliminer ces derniers comme s'ils n'avaient pas existé. Une encyclopédie soviétique en somme dans un royaume réputé libéral... Je me suis insurgé : « Mais c'est du pur racisme ! Imaginez qu'on publie un livre illustré sur l'Andalousie musulmane en éliminant les représentations d'Arabes... Il y aurait un scandale mondial. » Eh ! bien l'exclusion des Européens du Maroc colonial ne fait aucune vague nulle part. Sur 500 photos choisies, deux seulement montrent, à Casa, des passants européens... Mais pas un agriculteur, pas un contrôleur civil, pas un officier des Affaires indigènes, ces gens auxquels Hassan II rendit pourtant hommage après l'indépendance... 

PS de fin 2016 : Plus tard, un haut cadre de la Banque populaire me dira : « C’était un sous-fifre des archives, bêtement anti-Lyautey, qui agissait de lui-même, sans aucun ordre supérieur ». Je lui rétorquai : « Fort bien, mais le mal est fait et l'album, par ailleurs fort intéressant, répand partout l'image absolument fausse d'un Maroc des années 1920 - 1950 pratiquement sans Européens, alors qu'ils étaient un demi-million dans l'Empire chérifien... » 

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