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Libye (11 - 21 janvier 2001) De Tripoli à Benghazi par la route côtière (Extraits)

Vue de Benghazi 

Par Péroncel-Hugoz

TRAVAUX DIVERS - Largeur + 2.jpgNotre confrère Peroncel-Hugoz, qui fut longtemps correspondant du Monde dans l'aire arabe, et a publié plusieurs essais sur l'Islam, travaille maintenant à Casablanca pour le 360,  principal site de la presse francophone en ligne au Royaume chérifien. Il tient aussi son Journal d'un royaliste français au Maroc, dont la Nouvelle Revue Universelle a déjà publié des extraits. Nous en ferons autant désormais, en publiant chaque semaine, généralement le jeudi, des passages inédits de ce Journal.  LFAR  •

 

ph - Copie (2).jpgQUAND KADHAFI GOUVERNAIT SANS PARTAGE...  TRISTE ESCALE A BENGHAZI (3/3)

JANVIER 2001

Après l'interminable route côtière de Tripoli à Benghazi, « route de l'unité » réalisée jadis par les Italiens (toujours eux, je n'y peux rien !) pour relier enfin la Tripolitaine « romaine » à la Cyrénaïque « grecque », nous voici dans l'ancienne Bérénice devenue Benghazi; un nom peu rassurant pour les chrétiens car « gazi », à prononcer « razi », d'où notre mot « razzia », désigne en arabe et en turc le « pourfendeur des mécréants », c'est-à-dire nous, les non-musulmans... Même le plus ou moins laïque (et en tout cas islamophobe au sens précis du terme) Kémal Ataturk, père de la République turque, fut salué par ses compatriotes de l'avantageux titre, en Islam, d'El Ghazi... Le razzieur... C'est dire...

Bref nous voilà à Benghazi où il y a  encore moins d'Européens qu'à Tripoli et où la décrépitude et la saleté de cette grande ville font peine. Comme les Benghaziotes passent pour d'incorrigibles monarchistes, on y voit plus qu'ailleurs des types trop bien nippés pour ne pas être des policiers en civil... Il paraît que la prison est archipleine et que, de temps en temps, on fusille quelques prévenus afin de faire de la place, en prévision de nouveaux prisonniers... Et pour « kadhafier » de force les Benghaziotes, partout d'immenses portraits du dictateur, régulièrement renouvelés, contrairement aux banderoles dilatées de la « républicaine » Tripoli où il n'y a pas d'efforts à faire...

A Benghazi, jamais en retard d'une pose grotesque, le « colonel-guide» apparaît sur de géantes affiches en consommateur du miel local, en casque de mineur, en chef arabe, en chechia caca d'oie, bien sûr aussi en militaire doré sur tranches et toujours, toujours, en tout déguisement, avec de grosses lunettes noires. Kadhafi ad nauseam...

Selon mon chauffeur-guide-interprète, dont je connais maintenant la fidélité royaliste, lorsque le grand orientaliste Jacques Berque, plutôt favorable en 1969 au jeune putschiste Kadhafi (Berque le pied-noir fut, ne l'oublions pas, malgré ses immenses talents d'arabisant - il a même retraduit le Coran ! -, Berque, donc se serait écrié, tout déconfit, après son séjour en Libye : « Le régime Kadhafi est une des formes socialistes du malheur ! ». Berque, c'est connu, avait conservé un grand fond d'honnêteté. Je me répète sa formule (applicable sans doute aussi à l'Egypte nasserienne ou à l'Algérie indépendante), tout en avalant, dans un restaurant de Benghazi, mes spaghettis trop cuites, arrosées de ketchup américain froid et plus ou moins sucré, et en buvant un infâme coca-cola made in Libya plein de sucre et de produits chimiques...

Vous avez dit « au bon temps du roi Idriss » ?... •  (Fin)

 

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